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Anti-Everything but You

Summary:

5 fois où les proches de Tsukishima et Yamaguchi furent surpris par leur façon d’agir, et 1 fois où personne ne le fut.

Traduction en français de la fic de Vi_olet11.

Notes:

  • A translation of [Restricted Work] by (Log in to access.)

Tous les crédits vont évidemment à l’auteure Vi_olet11, que je remercie (thank you so much!) de m'avoir autorisée à traduire cette fanfic qu’on peut retrouver ici : https://archiveofourown.org/works/30279858

Première fois que je traduis une fic, j’ai essayé de faire de mon mieux pour rendre justice à cette adorable ff Tsukkiyama originellement en anglais tout en contribuant à enrichir le fandom Haikyu français d’AO3 !
Je m’excuse d’avance si ma traduction n’est pas parfaite, je comprends généralement bien l’anglais mais je suis assez loin d’être totalement bilingue haha 
Petite note d’ailleurs au sujet de la traduction, j’ai laissé les suffixes honorifiques japonais.
EGALEMENT, TW insulte homophobe à la partie 5.

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

1. Les terminales

Dès le moment où il se retrouva en équipe avec lui pendant leur premier match en trois contre trois, Daichi sut que Tsukishima avait mauvais caractère.

L’adolescent possédait en effet un esprit vif et acéré et savait manier les mots pour toujours frapper là où ça faisait le plus mal.

Daichi ne voulait cependant pas le juger hâtivement, sans connaître ses expériences passées qui auraient pu l'affecter et l'inciter à se comporter d'une telle façon, mais se retrouva tout de même à évoquer le sujet des nouveaux secondes avec ses camarades de terminale :

— J’ai l’impression que Yamaguchi suit Tsukishima comme un toutou perdu. Et il m'a l'air plutôt timide, dit Suga, tout en glissant un regard vers Daichi qui acquiesça.

— Ils sont amis depuis leur enfance, non ? demanda Kiyoko.

— Ouais, alors on pourrait penser que Tsukishima le traiterait mieux puisqu'ils sont amis depuis si longtemps, mais il est aussi distant avec lui qu’il ne l’est avec les autres, continua Suga.

— Pour être honnête, s'il n'était pas dans l'équipe de volley, je ne lui parlerais même pas.

L’aveu d’Asahi fit rire Suga, qui le gratifia d’une tape dans le dos.

— T'es trop tendu, Asahi. Tsukishima n’aurait aucun mal à te détruire avec sa répartie !

— J’ai noté qu’au contraire, il est en réalité poli et respectueux envers ses aînés… enfin, à l'exception de Nishinoya et Tanaka, fit remarquer Daichi.

— Je pense qu’il a du mal avec les personnalités exubérantes, et que c’est pour cette raison qu’il se retrouve à les provoquer. En fait, c’est le même problème qu’avec Tanaka et sa grande gueule. J'espère juste que ça ne va pas nous poser problème pendant les matchs.

— Eh, sinon, vous ne pensez pas que Tsukishima harcèle Yamaguchi, quand même ? demanda brusquement Asahi.

Les terminales se figèrent, réfléchissant sérieusement à cette possibilité.

— Je ne pense pas, mais on devrait quand même l'avoir à l'œil, au cas où.

 

Daichi fut préoccupé pendant plusieurs semaines. Tsukishima continuait d'être désagréable voire parfois méchant envers le pauvre garçon, lui ordonnant sans cesse de se taire ; et même si Yamaguchi n’avait pas l’air particulièrement affecté par cela, il faisait toujours l’effort de s’excuser.

Un jour, cependant, les terminales furent contraints de revoir radicalement leur opinion sur Tsukishima.            

Lorsque ce dernier arriva à l’entraînement sans Yamaguchi, tout le monde se précipita vers lui et l'encercla pour lui poser mille et une questions sur l’absence de son ami.

— Lâchez-moi, et arrêtez de parler tous en même temps ! s'exclama Tsukishima d'un ton sec et cassant. 

Tout le monde se tut. Ce n’était pas dans les habitudes de Tsukishima de réagir ainsi. Il était certes souvent impoli et sarcastique, mais jamais il n'élevait la voix plus que nécessaire.

— Yamaguchi est malade, et sa mère n'a pas voulu le laisser aller en cours, donc il se repose chez lui, expliqua-t-il, soupirant et se massant le nez.

— Oh non, j'espère qu'il guérira vite, réagit Hinata, l’air contrarié.

— J’espère que tu vas tenir le coup, Tsukishima, dit Ennoshita. 

Tsukishima fronça les sourcils à cela, mais ne fit pas de commentaire et partit s'échauffer.

— Pourquoi tu lui as dit ça, Ennoshita ? s’enquit Daichi, accompagné du reste des terminales.

— Observez bien Tsukishima pendant l’entraînement d’aujourd’hui, et constatez la différence, répondit-il avec un léger sourire.

— C'est vrai qu'il a l'air à côté de la plaque, rit Suga.

Pendant le reste de l’entraînement, tous gardèrent leurs distances avec Tsukishima qui semblait bien plus enclin à s’énerver que d’ordinaire ; et même Takeda-sensei et Yachi pouvaient remarquer que ses performances au volley n’étaient pas aussi bonnes que d’habitude.

— Et nous qui pensions que Yamaguchi ne faisait que suivre docilement Tsukishima… commença Suga.

Au même moment, les terminales aperçurent Tsukishima se tourner sur le côté et commencer à ouvrir la bouche pour dire quelque chose, avant de la refermer quand il se rendit compte qu’il n’y avait personne pour l’écouter.

— Mais en fait, si on observe plus attentivement, c'est peut-être l’inverse, poursuivit Asahi d’un ton amusé.

— On a visiblement eu tort de s’inquiéter. Ça semble plutôt évident que Tsukishima ne harcèle pas Yamaguchi, conclut Daichi, clôturant leur conversion au sujet de leurs cadets.

 

Le lendemain matin, les membres de l’équipe de volley sursautèrent en entendant la voix de Yamaguchi et en apercevant sa mine irritée.

— C'est bon, Tsukki, je vais bien. Je me sens déjà bien mieux ! affirma-t-il à l’intention de Tsukishima qui le talonnait.

— Yamaguchi, tu ne pouvais même pas bouger de ton lit jusqu'à hier soir, rétorqua Tsukishima, son inquiétude si palpable que même Hinata pouvait la ressentir.

L’absurdité de la situation fit d’ailleurs presque tressaillir ce dernier.

— Eh bien, c'était hier soir. Aujourd'hui est un autre jour. Hey, salut tout le monde !

Yamaguchi considéra certainement que le sujet était désormais clos, et Tsukishima se renfrogna. Ennoshita vint les saluer, le sourire aux lèvres, clairement amusé par leur échange.

— Si jamais tu te sens mal, tu as intérêt à t’asseoir et te reposer, avertit Tsukishima,  et Yamaguchi lui lança un regard peu impressionné.

— Tsukki, t’es pire que ma mère.

— Elle m’a demandé de te surveiller, et elle me tuerait si tu en faisais trop.

— Tu sais très bien qu’elle ne ferait jamais ça, elle t’apprécie trop.

— Allez, arrêtez de vous disputer, vous deux. Commencez à vous échauffer, dit le coach Ukai, qui avait l’air surpris de devoir intervenir de cette façon.

— Qui aurait pu penser que Tsukishima pouvait se chamailler avec quelqu’un non pas par provocation, mais par inquiétude ? chuchota Asahi.

— C’est seulement parce que c’est Yamaguchi, affirma Suga en observant un peu plus loin le central forcer Yamaguchi à boire un peu d’eau.

— Eh bien, ça prouve une fois de plus qu’on n’avait vraiment pas besoin de s’inquiéter pour eux. En fait, ils sont réellement proches et dépendent beaucoup l’un de l’autre.

— Honnêtement, ça ne me surprendrait pas du tout s’ils avouaient être en couple ou qu’ils aient au moins l’un pour l’autre des sentiments dépassant la simple amitié, dit Suga.


2. Yachi

Yachi n’avait pas honte d’admettre qu’au début, les membres de l’équipe de volley masculine la terrorisaient. Cela prit du temps, mais elle s’habitua peu à peu à chacun d’entre eux et désormais, ils ne l’effrayaient plus du tout – pas même Tanaka et Nishinoya qui se faisaient pourtant constamment remarquer pour leurs bouffonneries.

Cependant, la jeune manager était toujours assez réticente à l’idée de se trouver en présence de Tsukishima. Elle se sentait quelque peu coupable, puisqu’il se montrait toujours poli envers elle. Mais elle n’y pouvait rien, son aura glaciale lui faisait froid dans le dos.

— Tsukki a toujours été comme ça. Sa grande taille intimide tout le monde, donc il s’est bâti cette attitude froide et distante comme une sorte de mécanisme de défense, lui avait expliqué Yamaguchi lorsqu’elle s’était sentie assez audacieuse pour demander d’où lui venait son caractère.

— Mais toi, tu n’as pas peur de lui, fit-elle remarquer, ce qui déclencha le rire de Yamaguchi.

— Je le connais depuis bien avant qu’il se soit forgé cette carapace. Je sais plein de trucs vraiment embarrassants sur lui et puis je connais toute sa famille. D’ailleurs, en réalité, ils le considèrent un peu comme leur bébé. Je n’ai vraiment aucune raison d’avoir peur de lui !

Yachi trouvait remarquable que Yamaguchi puisse s’être lié d’amitié avec Tsukishima pendant leur enfance, mais se demanda tout de même si Tsukishima voyait leur relation de la même manière que Yamaguchi.

Elle trouva sa réponse plus tard, dans des circonstances bien malencontreuses. 

L’équipe de Karasuno avait un match d’entraînement contre une école dont Yachi avait oublié le nom. Après avoir profité d’une pause pour aller aux toilettes, la jeune fille se retrouva subitement encerclée et acculée par trois garçons grands et costaux alors qu’elle voulait simplement retourner assister au match en cours.

— Hey, hey, regardez ce qu’on a là. Une mignonne petite nana de Karasuno. Puisqu’on a perdu contre leur équipe, on ne devrait pas trouver un moyen de se venger ? l’un d’eux dit, essayant de toucher et d’attraper Yachi qui l’évita tant bien que mal, sentant la peur l’envahir.

— N-non, laissez-moi tranquille, articula-t-elle d’une voix tremblante, mais cela ne fit que faire rire les trois garçons.

— Je crois pas, ma belle. Tu vas nous suivre.

Yachi pria pour que quelqu’un la sauve de cette situation, alors qu’elle essayait désespérément de s’échapper de leur emprise.

— Hey ! Qu’est-ce que vous fichez avec notre manager ?! entendit-elle une voix familière crier.

Yachi sentit, soulagée, les battements frénétiques de son cœur se calmer quand la figure de Yamaguchi apparut dans son champ de vision. Cependant, son soulagement fut de courte durée quand elle s’aperçut qu’il était seul – oh, comme elle aurait apprécié le voir arriver accompagné. Par exemple, par Tanaka ou Nishinoya, qui étaient du genre à savoir se battre ; ou encore Daichi, Kageyama, ou Tsukishima : leur allure intimidante suffirait probablement à faire fuir les trois garçons se tenant face à elle.

— Oh, oh, et un autre qui s’en mêle. Eh bien, aucun soucis pour nous.

Yamaguchi réagit en prenant un air moqueur et s’avança vers eux, l’aversion qu’il ressentait à leur égard pouvant se lire très distinctement sur son visage. Yachi se sentit tout de même légèrement plus en sécurité en la présence de Yamaguchi, qui s’était positionné devant elle pour la protéger.

— Tu fais vraiment pitié, lâcha ce dernier. Embêter notre manager juste pour te sentir mieux après ta défaite cuisante contre nous, c’est vraiment pathétique.

Yachi tira un coup sec sur la veste de Yamaguchi, l’implorant silencieusement de se montrer plus prudent. Bon sang, qu’est-ce qu’il pensait bien faire ? Était-il au courant qu’il ne faisait que les provoquer davantage ?

— Tu oses nous parler comme ça, alors que t’es juste un remplaçant seulement bon à rester sur le banc ?

Yamaguchi grinça des dents.

— Je suis un serveur désigné, répliqua-t-il, contenant sa colère et se forçant à rester calme. Sauf que mes services n’étaient même pas requis, puisque votre équipe était tellement faible qu’on n’avait même pas besoin de s’embêter à jouer sérieusement.

Le plus grand d’entre eux leva le poing pour le frapper, mais Yamaguchi l’esquiva, attrapant Yachi au passage et lui faisant un geste pour qu’elle se saisisse de cette opportunité pour s’enfuir.

— Cours, va chercher les autres ou le coach Ukai ! dit-il en essayant de contenir les trois garçons pour qu’elle puisse s’échapper.

Yachi n’avait pas envie de laisser Yamaguchi là, mais elle savait qu’il valait mieux essayer d’aller chercher quelqu’un qui pourrait lui apporter de l’aide plutôt que de n’être qu’un boulet pour lui. Elle se força à courir du plus vite qu’elle pouvait, appelant pour qu’on vienne l’aider. Elle n’eut pas le temps de freiner quand une figure apparut à une intersection et finit par se cogner contre une surface ferme et serait certainement tombée si deux mains n’avaient pas attrapé fermement ses bras pour la restabiliser.

— Yachi-san, tout va bien ?

Yachi aurait pu presque pleurer de soulagement lorsqu’elle se rendit compte que le torse contre lequel elle s’était heurtée appartenait à Tsukishima, qui était en compagnie de Daichi et Suga.

— Il faut… Il faut l’aider, vite. Yamaguchi, je veux dire. Il va mourir !

L’expression de Tsukishima se fit immédiatement plus grave. Ses yeux ambre s’obscurcirent et il s’élança à la rescousse de son ami, plus rapide que jamais, Daichi à ses trousses.

— Ah, si seulement il pouvait courir aussi vite pendant les entraînements, marmonna Suga avant de se tourner vers Yachi, affichant un sourire doux et indulgent. Tu peux me dire ce qu’il s’est passé ?

Elle lui raconta tout, aussi vite qu’elle le put. Suga tenta de la calmer, puis composa le numéro de Takeda. Il la rassura en lui garantissant que Tsukishima et Daichi n’auraient aucun problème à s’occuper des trois lycéens qui l’avaient agressée.

— Comment tu peux en être sûr ?

— Justement, allons voir. Et ne t’inquiète pas, tu seras en sécurité avec moi.

Hésitante, Yachi suivit Sugawara jusqu’aux lieux de l’incident. Se positionnant timidement derrière le passeur aux cheveux cendrés, elle risqua un coup d’œil pour évaluer la situation, seulement pour voir que les trois garçons semblaient assommés. Tsukishima s’était accroupi devant Yamaguchi, tenant un mouchoir pour limiter les dégâts du nez en sang de son ami.

— Yamaguchi-kun ! Oh mon dieu, est-ce que ça va ? Tu ne vas pas mourir, quand même ? cria Yachi, s’agenouillant aux côtés du garçon.

— Ah, Yachi-san. Tout va bien. Merci d’avoir été chercher Tsukki et Daichi-san à temps, dit Yamaguchi, sa voix étouffée par le mouchoir.

— La ferme, Yamaguchi. Évite de parler.

— Désolé, Tsukki.

Tsukishima laissa échapper un soupir et fit reposer sa tête sur l’épaule de Yamaguchi, ce dernier levant une main pour ébouriffer légèrement ses cheveux.

— Quand je t’ai vu comme ça, j’ai cru que ça serait comme à l’époque.

— À l’époque ? questionna Daichi, après avoir informé Takeda de la situation, ce dernier venant tout juste d’arriver sur les lieux.

— Ah, oui, j’ai été harcelé quand j’étais plus jeune. Et puis un jour, ça s’est vraiment mal terminé. J’ai fini avec des points de suture et le principal de notre école a dû s’en mêler. Après ça, Tsukki ne me lâchait plus d’une semelle, raconta Yamaguchi en souriant légèrement au blond, qui répondit avec un regard noir.

— Tais-toi, Yamaguchi.

— Désolé, Tsukki.

Yachi lança un regard stupéfait à ses deux camarades. Enfin, le reste des coachs et des professeurs arrivèrent sur place, et les lycéens se retrouvèrent dans l’obligation de relater une nouvelle fois toute l’histoire. À la fin de leur récit, le coach et le professeur de l’école des trois brutes s’inclinèrent devant Yamaguchi et Yachi afin de s’excuser pour le comportement de leurs élèves.

— Yamaguchi, tu as subi du harcèlement et pourtant, tu n’as pas eu peur de me défendre. Tu es si courageux ! Merci encore ! Je suis vraiment désolée que tu aies fini blessé à cause de moi ! dit Yachi, en s’inclinant devant lui.

— Ne t’en fais pas, Yachi-san. Je suis juste content que tu ailles bien.

— Allons-y, Yamaguchi. Oba-san va s’inquiéter, sinon, fit Tsukishima en agrippant le poignet de Yamaguchi.

— Ah, est-ce qu’on peut éviter de lui en parler ?

— Elle est infirmière, Yamaguchi. Tu ne vas pas pouvoir le lui cacher.

— Tsukki, reste avec moi ce soir ! Comme ça, elle ne se mettra pas en colère.

— Elle n’aurait pas besoin de se mettre en colère si tu lui disais simplement la vérité.

— C’est vrai, mais allez, Tsukki, s’il te plaît !

— Ouais, ouais, d’accord. Arrête de pleurnicher, maintenant.

Yachi les fixa pendant un moment, regardant leurs silhouettes s’éloigner lentement. Elle eut un léger mouvement de recul lorsqu’elle remarqua que Daichi et Suga étaient toujours là, arborant tous les deux un air complice.

— Étonnée par la façon d’agir de Tsukishima ?

Yachi hocha la tête.

— Je crois que je commence à comprendre pourquoi Yamaguchi-kun n’a jamais eu peur de Tsukishima-kun malgré son caractère. En fait, Tsukishima-kun est profondément attaché à Yamaguchi-kun ; c’est pour ça que Yamaguchi-kun n’a vraiment aucune raison de le craindre. Ah, je suis presque jalouse de leur relation…

Suga et Daichi échangèrent un regard entendu avant d’escorter la jeune manager jusqu’au car.


3. Kuroo, Bokuto & Akaashi

— Je crois bien que j’ai mis le binoclard de votre équipe de mauvaise humeur, hier, entendit Yamaguchi, et reconnut la voix du capitaine de Nekoma qui discutait avec Daichi.

La veille, il avait effectivement remarqué que Tsukishima était plus sur les nerfs que d’habitude ; ignorant presque Yamaguchi à son retour dans les dortoirs.

Le garçon aux taches de rousseur soupira, puis se dirigea vers le quatuor de lycéens en pleine conversation ; Asahi expliquant les raisons qu’il le poussait à penser que Tsukishima nourrissait un sentiment d’infériorité à l’égard d’Hinata.

— Je ne sais pas si ça a lien, mais ma sœur a déjà mentionné un gars qui s’appelait Tsukishima à Karasuno, à l’époque du Petit Géant, dit Tanaka, et les deux terminales à ses côtés le fixèrent, sidérés.

— Tsukishima a un frère plus âgé ? demanda Daichi.

— Je n’en suis pas sûr. Ils peuvent juste avoir le même nom, mais ne pas être de la même famille.

— Non, c’était bien le frère de Tsukki, les interrompt Yamaguchi, qui rougit quand tous les regards se tournèrent vers lui.

— Ah oui, Yamaguchi, tu connais Tsukishima depuis longtemps, non ? dit Asahi en tapotant l’herbe à côté de lui.

— Mmh, depuis l’école primaire. Tsukki n’a pas toujours été comme ça, dit Yamaguchi en s’asseyant aux côtés d’Asahi, et ses yeux s’emplirent de tristesse. Vous ne me croirez sûrement pas, mais Tsukki souriait beaucoup plus à cette époque, surtout quand il passait du temps avec son frère. Il l’adorait, mais…

— Yamaguchi, le coupa Tsukishima.

Le garçon sursauta violemment quand il entendit son ami d’enfance appeler son nom et prit un air penaud.

— Pas besoin de parler de ce pauvre type. Viens, on va commencer.

— Désolé, Tsukki.

Yamaguchi s’inclina devant ses aînés et suivit Tsukishima jusqu’au gymnase. Le reste du groupe continua de les regarder avec curiosité.

— Donc, il y a bien une histoire qui explique le comportement renfermé de Tsukishima, fit Kuroo d’un ton songeur, tout en se relevant.

— Je crois que ça ne nous concerne pas et qu’on ne devrait pas s’en mêler, dit Daichi. Mais bon, les connaissant, je pense que c’est très probable que Yamaguchi ait une petite discussion avec lui pour le raisonner et l’engueuler par rapport à tout ça.

— L’engueuler, vraiment ? demanda Kuroo, visiblement confus.

Les trois garçons gloussèrent tout en observant les deux secondes discutant près des murs du gymnase.

— Tu serais étonné. Yamaguchi est le seul qui peut changer la manière d’agir de Tsukishima.

 

Plus tard, vers la fin de journée, Kuroo fut surpris de voir Tsukishima le rejoindre dans le gymnase pour s’entraîner davantage. 

Enfin… pour être tout à fait exact, Tsukishima était à l’origine venu leur poser une simple question, mais après que Bokuto ait fait de son mieux pour lui répondre, les deux capitaines réussirent à le piéger pour le convaincre de jouer un peu au volley avec eux. Mais bon, ce n’était qu’un simple détail.

— Hé, dis, est-ce que ton pote aux taches de rousseur t’a incité à venir ? le questionna Kuroo, en plein étirement.

Tsukishima fronça les sourcils.

— C’est qui, ce mec aux taches de rousseur ? demanda Bokuto, excité à l’idée quelqu’un d’autre rejoigne potentiellement leur entraînement officieux.

— Arrêtez de le désigner par ses taches de rousseur, il n’aime pas ça, marmonna Tsukishima. Mais d’un autre côté, en y réfléchissant, ça pourrait l’aider à ne plus être aussi complexé par ça… ajouta-t-il, l’air pensif.

— Tsukki, tu n’as pas répondu à ma question, dit Kuroo, faisant claquer ses doigts devant le blond pour attirer son attention, mais ce dernier le repoussa avec brutalité.

— Ne m’appelle pas Tsukki. Et puis de toute façon, qu’est-ce ça peut te faire, que ce soit lui qui m’ait poussé à venir ou non ? 

Il se dirigea en trombe vers la sortie du gymnase, les laissant déconcertés. Bokuto et Akaashi se tournèrent ensuite vers Kuroo :

— C’était quoi, ça ?

Kuroo expliqua alors ce qu’il connaissait de la situation, d’après ce que les corbeaux de Karasuno lui avaient raconté un peu plus tôt.

— Je parie qu’il est venu nous voir et nous parler parce qu’il a eu des reproches de son pote, exactement comme l’avait prédit Daichi tout à l’heure.

Les deux hiboux de Fukurōdani haussèrent les épaules en réponse, n’ajoutant rien, connaissant à peine le garçon aux taches de rousseur dont Kuroo parlait.

 

C’était seulement le dernier jour que les trois lycéens japonais purent comprendre dans quelle mesure le comportement de Tsukishima était différent quand Yamaguchi était dans les parages.

Kuroo, Akaashi et Bokuto ne faisaient que passer devant les dortoirs de Karasuno quand ils entendirent soudainement la voix de Tsukishima et se stoppèrent net. Kuroo et Bokuto se rapprochèrent de la source du bruit pour espionner leur cadet, ayant du mal à croire que Tsukishima pouvait adopter un ton si doux et affectueux.

— Réveille-toi, Yamaguchi. On a entraînement.

Ils observèrent Tsukishima éloigner l’oreiller du garçon encore endormi et manoeuvrer celui-ci de telle sorte à le faire asseoir. Il ne réagit presque pas quand Yamaguchi renversa sa tête contre son épaule et qu’il glissa ses bras autour de Tsukishima pour l’étreindre.

— Sérieux, Yama, tu fais ça à chaque fois. Allez, lève-toi, soupira le blond, avant de froncer les sourcils quand la seule réponse de Yamaguchi fit de le serrer davantage.

— T-Tsukishima tolère qu’on le prenne dans les bras comme ça ? chuchota Bokuto sans parvenir à être discret.

Kuroo lui intima de se taire.

— Ferme-là, mec. Il va nous entendre !

Par chance, Tsukishima ne sembla pas les entendre. Un sourire en coin se forma sur ses lèvres alors qu’il enfonçait ses doigts dans les côtes de Yamaguchi. Ce dernier se réveilla brusquement en poussant une sorte de couinement et s’écarta rapidement de Tsukishima.

— Hah, ça marche toujours.

— T’es méchant avec moi, Tsukki, bouda Yamaguchi.

Comme pour se rattraper, Tsukishima s’approcha de lui et lui tendit une main pour l’aider à se lever.

— Au fait, tu deviens vraiment collant quand tu dors, Yamaguchi.

— La ferme, Tsukki. Tu dis ça, mais ça ne te dérange même pas, sinon, tu me l’aurais déjà reproché.

— Prépare-toi et va prendre ton bain, rétorqua-t-il, ses oreilles prenant une teinte rouge alors qu’il s’affairait à replier le futon de Yamaguchi.

— J’y vais, Tsukki.

Ce fut le signal du trio pour s’éloigner des dortoirs de Karasuno avant que Yamaguchi ne les prenne en flagrant délit d’espionnage. Ils restèrent tous les trois silencieux, méditant sur la scène dont ils venaient d’être témoins.

— Ce Yamaguchi est vraiment spécial, dit Bokuto.

— Je pense que ça s’explique par le fait qu’ils ont grandi ensemble. C’est un peu comme toi et Kenma, non ? demanda Akaashi à Kuroo, qui hocha la tête.

— C’est similaire, oui. Même si j’ai vraiment dû mal à croire que Tsukishima tolère la manière dont Yamaguchi se comporte avec lui et ne lui dise rien.

— J’ai un peu l’impression que c’est l’exception qui confirme la règle.

Kuroo et Akaashi échangèrent un regard, comprenant qu’ils étaient arrivés à la même conclusion : Yamaguchi était vraiment cher à Tsukishima.


4. Shimada

Shimada prit conscience du manque de confiance en lui de Tadashi dès le moment où il le prit sous son aile, après que le garçon soit venu le voir en implorant son aide. En apprenant à connaître l’adolescent, il put néanmoins constater que son extérieur sensible et sa personnalité candide ne faisaient pas de lui quelqu’un qui se laissait marcher sur les pieds. Yamaguchi était en réalité tout à fait capable de défendre ses amis quand c’était nécessaire.

Cependant, quand on le charriait sur ses propres compétences, Tadashi avait bien plus tendance à se laisser faire et essayait à peine de se défendre.

Quand Shimada vit Tsukishima pour la première fois, il trouva, comme tout le monde, que le garçon était odieux et franchement imbuvable. Il s’était même très sérieusement demandé comment Tadashi pouvait être ami avec quelqu’un comme lui.

Tadashi étant peu assuré, Shimada s’inquiétait que le comportement peu démonstratif et distant de Tsukishima finisse par le blesser. C’est pourquoi, un jour, il tenta d’aborder le sujet avec subtilité :

— Dis, Tadashi, Tsukishima et toi êtes amis, non ?

Tadashi releva la tête après avoir pris une gorgée d’eau de sa gourde et Shimada fut stupéfait par la manière dont le visage de Tadashi s’était subitement éclairé à la mention de Tsukishima.

— Ouaip, Tsukki et moi sommes amis depuis environ six ans maintenant.

— Il a toujours été aussi cynique ?

Tadashi secoua la tête et Shimada leva un sourcil, peu convaincu par sa réponse.

— Tsukki est tellement cool. Avec sa taille et sa répartie, il a pu faire peur aux brutes qui me harcelaient. Tu sais, il m’a vraiment beaucoup aidé, quand on était gamins. Enfin, encore aujourd’hui, il m’aide toujours si j’ai besoin de lui. Il est très intelligent, même si des fois, il a besoin d’aide en sciences et en maths. Je me sens vraiment plus en sécurité à ses côtés, c’est vraiment le meilleur ami que je puisse avoir. J’ai envie de réussir tous mes services flottants, comme ça je pourrais me tenir fièrement à ses côtés sur le terrain !

Bien sûr, Shimada savait que Tadashi appréciait et admirait beaucoup Tsukishima, mais sa tirade lui permit de comprendre qu’il le vénérait presque. Il se demanda succinctement si le blond était aussi attaché à Tadashi que Tadashi l’était à lui, puisqu’il ne laissait rien transparaître.

 

Quelque temps plus tard, Shimada fut étonné quand Tsukishima l’entraîna à l’écart de l’équipe afin d’avoir une conversation privée, juste après leur victoire contre Inarizaki.

— Tsukishima, pourquoi tu voulais me voir ? Quelque chose ne va pas ?

Tsukishima hésita une fraction de seconde avant de s’incliner poliment devant lui, ce qui étonna franchement Shimada.

— Je voulais vous remercier, Shimada-san. Vous avez été un vrai mentor pour Yamaguchi, vous l’avez soutenu et êtes resté à ses côtés quand je n’ai pas pu le faire.

— Je vois, mais pourquoi me dire ça maintenant ? questionna Shimada, alors que Tsukishima se redressait.

— Je vous ai vu aider Yamaguchi à se concentrer à un moment crucial pendant le match et lui redonner confiance en ses capacités à faire de bons services, expliqua-t-il. Bien sûr, je croyais déjà en lui, mais je voyais bien que ce n’était pas suffisant. Il avait besoin qu’on l’aide à avoir confiance en lui-même, un rôle que je n’ai pas été capable de remplir. Donc, merci encore d’avoir été là pour lui.

Shimada sourit, se morigénant intérieurement d’avoir douté de Tsukishima pendant tout ce temps. Il était clair maintenant que le blond était tout aussi attaché à Tadashi que Tadashi l’était à lui ; formant un duo parfaitement équilibré.

— Tu sais, j’ai entendu beaucoup de choses à ton sujet, Tsukki. Tadashi parle toujours de toi avec tant de fierté dans ses yeux, et il n’arrête pas de répéter à quel point il est chanceux de t’avoir pour meilleur ami. Il s’est tellement entraîné pour réussir ses services flottants, simplement pour s’assurer d’être digne de toi et d’être à ton niveau. Je pense que tu te sous-estimes. Tu l’aides bien plus que tu ne le penses en restant simplement à ses côtés.

Différentes émotions traversèrent le visage de Tsukishima, allant de la surprise à l’incrédulité. Il jeta un coup d'œil rapide à Yamaguchi, qui parlait et riait avec l’équipe un peu plus loin.

Shimada écarquilla les yeux quand il remarqua la lueur purement adoratrice dans les yeux de Tsukishima, qui avait le regard fixé sur Tadashi.

— De nous deux, c’est moi qui suis le plus chanceux de l’avoir comme ami depuis toutes ces années, dit-il doucement. Quand il trouve que je me comporte comme un minable, il n’hésite jamais à me réprimander et me pousse à faire toujours mieux. Honnêtement, je ne sais pas où j’en serais sans lui.

Clôturant la conversation avec un mouvement de tête vers Shimada, Tsukishima rejoignit ensuite Tadashi et le reste de l’équipe. Shimada put ensuite contempler avec un regard neuf Tsukishima retourner timidement le sourire rayonnant que Tadashi lui offrait.


5. Les secondes

— Yamaguchi-san ?

Yamaguchi se retourna pour voir trois des cinq nouveaux secondes le fixer avec nervosité et leur répondit avec un sourire, espérant apaiser leurs craintes.

— Vous avez besoin d’aide pour quelque chose en particulier ?

— Hum, en fait, on espérait que tu puisses nous apprendre comment contrer, dit l’un des plus courageux, Uehara.

Yamaguchi cligna des yeux, surpris, puis tourna son regard dans la direction de Tsukishima et Kageyama qui s’entraînaient à leurs attaques offensives.

— Tsukki est le meilleur au contre de toute l’équipe, pour quoi ne pas lui demander ? Il pourra vous apprendre plus de choses que moi.

— Tsukishima-senpai nous fait peur ! s’exclama brusquement Hiro, avant de prendre une expression horrifiée, comme s’il ne revenait pas d’avoir osé dire tout haut ce que les autres pensaient tout bas.

Yamaguchi gloussa et son regard s’adoucit quand il examina les trois secondes se tenant devant lui. Il se rappela avoir été un jour comme eux ; tout aussi facilement impressionnable par ceux qui paraissaient plus grands et plus forts que lui. Mais heureusement, depuis qu’il était ami avec Tsukishima, cela avait bien changé.

— Ne vous en faites pas, Tsukki ne mord pas. Venez, je vais lui demander pour vous.

Le trio échangea un regard nerveux mais aucun d’eux ne tenta de protester. Yamaguchi les conduisit vers le terrain où les terminales s’entraînaient. 

— Tsukki !

Le blond se redressa avec une expression ennuyée, levant un sourcil quand il comprit que c’était le capitaine de l’équipe qui l’appelait.

— Ah, Yamaguchi.

— Aide-les à s’exercer au contre, tu veux ? fit Yamaguchi, poussant les trois secondes vers Tsukishima.

Tsukishima les dévisagea pendant quelques secondes, effrayant davantage les trois adolescents déjà apeurés. Yamaguchi leva les yeux au ciel.

— Arrête ça, Tsukki, lui intima-t-il en lui frappant légèrement l’épaule.

Tsukishima soupira, mais fit signe au trio de le suivre dans un autre coin du gymnase, où il se lança dans des explications sur les différentes stratégies de défense afin de les aider à progresser.

— Yams, peu importe le nombre de fois où j’en suis témoin, je suis toujours impressionnée de voir comment Tsukishima t’écoute et fait ce que tu lui demandes, dit Yachi en jetant un regard à Yamaguchi, qui lui sourit.

— Tu ne me croirais pas si je te disais toutes les manières que j’ai de le faire chanter.

— Si, si, je te crois, dit Yachi en riant.

Après leur entraînement matinal, Yamaguchi offrit des beignets de viande achetés à la boutique Sakanoshita à ses coéquipiers, qui le remercièrent chaleureusement. C’était Daichi qui avait instauré cette tradition, qu’Ennoshita et Yamaguchi avaient ensuite perpétuée. 

— Merci, Yama ! s’exclama Hinata en s’emparant de son beignet et de celui de Kageyama.

Le duo se lança alors dans une compétition pour savoir qui pouvait manger le plus rapidement, ce qui fit sourire Yamaguchi. Il tendit ensuite le dernier beignet à Tsukishima, qui le gratifia d’un hochement de tête reconnaissant.

— Kei, c’est bien toi ? appela une voix masculine derrière eux.

La troupe de lycéens se tendit à l’entente du prénom de Tsukishima. Yamaguchi sentit son meilleur ami se raidir alors que ce dernier se tournait à contrecoeur vers l’origine de la voix.

— Ah, j’avais raison. Ça fait tellement longtemps, Kei.

— Ils se ressemblent, fit remarquer Takashi à voix basse à l’intention de ses camarades.

Il n’avait pas tort. L’homme, même s’il était dépourvu de lunettes, était une copie conforme de Tsukishima, partageant la même chevelure blonde et le même regard ambre.

— Qu’est-ce que tu fiches ici ? questionna Tsukishima d’un ton si glacial que le reste du groupe en frissonna.

Le sourire de l’homme s’évanouit.

— Je n’ai pas le droit de vouloir voir mon fils ?

— Je ne suis pas ton fils, grogna Tsukishima d’un air sinistre, rendant nerveux ses cadets les plus craintifs.

— Ne dis pas n’importe quoi, Kei. Akiteru et toi êtes toujours mes enfants.

— Vous avez perdu votre statut de père dès le moment où vous avez couché avec une autre ! s’interposa Yamaguchi.

Choqués de son intervention, tous les regards se tournèrent vers ce dernier. C’était la première fois qu’ils entendaient leur capitaine s’exprimer avec autant de venin dans la voix.

— La meilleure chose que Hana-san ait jamais faite, c’était de divorcer, espèce d’enfoiré infidèle, continua-t-il.

— T’es qui pour me parler comme ça, sale morveux ? Fais attention à ce que tu dis, répliqua l’homme d’un ton sec.

Cela sembla réveiller quelque chose chez Tsukishima, qui s’avança vers son père et se dressa de toute sa hauteur dans une posture menaçante, notant avec satisfaction qu’il était plus grand que ce dernier.

— Comment tu peux oser t’adresser à lui comme ça, espèce de salaud ? Ne t’approche plus jamais de moi, et encore moins de Yamaguchi. Tu ferais mieux d’espérer que je ne te revois plus jamais, parce que je ne te laisserais pas t’en sortir indemne.

— Tsukki, murmura Yamaguchi en attrapant le poignet de Tsukishima. 

Témoin de ce contact physique, l’homme plissa les yeux.

— Qu’est-ce que c’est que ça ? T’es un pédé, maintenant, Kei ? T’es tombé bien bas, depuis que je suis parti, hein ?

Yamaguchi et le reste de l’équipe tressaillirent à l’entente de l’insulte homophobe. Il lâcha avec un peu d’hésitation le poignet de Tsukishima, alors que le regard de ce dernier s’était assombri.

— Connard ! Donne-moi une bonne raison de ne pas te frapper maintenant ! vociféra-t-il en attrapant l’homme par le col.

— Tsukishima, lâche-le.

Soit Tsukishima n’avait pas entendu le coach Ukai qui venait de sortir de son magasin, soit il l’ignorait totalement – ce qui semblait bien plus probable. 

Le père de Tsukishima ricana.

— Pathétique, comme d’habitude, Kei. Ta mère a été trop indulgente, son éducation a fait de toi un faible.

Comprenant que Tsukishima était à deux doigts de frapper son père, Yamaguchi bondit et attrapa son bras pour essayer de l’en empêcher.

— Tsukki, s’il te plaît, arrête ! l’implora-t-il.

Les secondes observèrent Tsukishima relâcher enfin son père après avoir échangé un regard avec Yamaguchi, complètement médusés.

— Je te hais et j’espère ne plus jamais te revoir, dit Tsukishima, le ton toujours aussi froid et dur, avant de partir sans un second regard vers son géniteur.

— Vous faites du mal à la famille de Tsukki depuis bien trop longtemps, dit Yamaguchi en suivant Tsukishima, ses yeux trahissant sa colère. 

Les lycéens virent ensuite Yamaguchi prendre la main de Tsukishima, ce dernier semblant s’être recroquevillé sur lui-même. Ils pouvaient les voir discuter entre eux, mais furent incapables de décrypter leur conversation.

Le coach Ukai lança un regard mauvais à l’homme qui se tenait toujours là.

— Partez avant que j’appelle les flics.

L’homme roula des yeux, mais obéit. Les secondes échangèrent un bref regard avant de se tourner vers Hinata et Kageyama.

— Qu’est-ce qui s’est passé, là ? demanda Sakiyama, un élève de première.

— Je sais pas. Yamaguchi et Tsukishima ont grandi ensemble, donc il y a souvent des moments où ils sont les seuls à comprendre ce qu’il se passe, dit Hinata.

— De ce qu’on a pu voir, en tout cas, le père de Tsukishima-senpai est un sacré salopard, conclut Fukuyo, un autre première.

— Je sais que je ne devrais pas dire ça, mais c’était tellement sexy quand Tsukishima-senpai s’est énervé parce que le mec a insulté Yamaguchi-san, dit Hanazawa, un première qui lisait certainement trop de yaoi, les yeux brillants.

— Tu as raison, tu aurais dû garder ça pour toi, répliqua Kawada, l’air impassible.

— Yamaguchi a toujours été le préféré de Tsukishima, déclara Kageyama en buvant son lait. 

Il fronça les sourcils quand des regards surpris se tournèrent vers lui, ses coéquipiers manifestement déconcertés par son étonnante lucidité.

— Quoi, pourquoi vous me regardez comme ça ?

— Wow, je ne m’attendais pas à ça de ta part, Bakeyama !

— Hein, qu’est-ce que ça veut dire ?! Imbécile !

Leurs cadets soupirèrent devant le spectacle du duo qui avait commencé à se chamailler. Leur coach leur demanda ensuite de déguerpir avant de réprimander Kageyama et Hinata pour leur boucan.

Sur la route du retour, les secondes discutèrent ensuite de ce qu’il venait de se produire. Akiba laissa échapper une exclamation de surprise quand il aperçut Yamaguchi et Tsukishima dans un parc pour enfants se trouvant sur leur chemin. Il intima immédiatement à ses camarades de se taire. Ils se cachèrent ensuite derrière un large buisson pour observer incognito leurs aînés de terminale.

Tsukishima et Yamaguchi étaient assis l’un à côté de l’autre, Tsukishima reposant sa tête sur l’épaule de Yamaguchi pendant que le garçon aux taches de rousseur jouait avec les cheveux de son ami tout en lui murmurant des paroles réconfortantes.

— Les gars, on devrait se barrer, dit Hiro tout bas, détournant le regard quand Yamaguchi pressa un baiser sur le front de Tsukishima. 

Ses camarades poussèrent un soupir.

— Tu as raison, répondit Soma avant de s’éloigner lentement.

Il attrapa Uehara et Akiba au passage, laissant Tsukishima et Yamaguchi dans leur moment intime.


+1

— Salut tout le monde, comment ça va ? Votre semaine s’est bien passée ? demanda Suga en se glissant sur le siège juste à côté de Daichi. 

Cette semaine, c’était Asahi qui avait sélectionné le restaurant dans lequel les quatre adultes s’étaient retrouvés. Après leur diplôme, ils étaient en effet restés en contact et organisaient régulièrement des sorties ensemble.

— Les clients sont souvent chiants en ce moment, grogna Tanaka Kiyoko en se frottant le nez, irritée.

— Ah, je te comprends. De mon côté, il y a une hausse de la délinquance en ce moment, fit Daichi avant d’appeler le serveur pour qu’il prenne leur commande.

En attendant leurs plats, Asahi sortit quelques-uns de ses designs afin de solliciter l’opinion de ses anciens camarades de Karasuno. 

— Tu es vraiment bon dans ton domaine, Asahi, le congratula Suga.

Asahi rougit furieusement et les remercia. Il leur demanda ensuite s’ils avaient eux aussi été invités à un certain mariage.

— Oui, répondit Suga, en souriant. Je l’avais prédit depuis leur première année de lycée.

— Et dire qu’Asahi a réussi à nous convaincre pendant un temps que Tsukishima harcelait Yamaguchi, dit Daichi en secouant la tête, l’expression tendre.

— Saeko-san m’a racontée que Tsukishima a fait sa demande en emmenant Yamaguchi pique-niquer sur leur colline préférée, leur expliqua Kiyoko.

— C’est romantique, commenta Asahi en buvant une gorgée de sa boisson.

— Il faut absolument qu’on aille faire les magasins pour avoir une tenue à porter à leur mariage.

La discussion sur le mariage à venir se poursuivit ensuite avec les prédictions de chacun concernant la façon dont l’évènement se déroulerait, et les quatre amis évoquèrent avec nostalgie certains souvenirs de leurs deux plus jeunes camarades, bientôt unis de manière officielle.

*

Quand elle reçut le faire-part dans sa boîte aux lettres, Yachi était heureuse que sa colocataire ne soit pas présente pour entendre le couinement d’excitation qu’elle laissa involontairement échapper. Elle se précipita dans sa chambre et attrapa son téléphone.

— Tadashi ! Je viens juste de recevoir votre faire-part ! s’exclama-t-elle dès que ce dernier décrocha. 

Elle entendit un petit rire au bout du fil.

— Désolé, Hitoka, ‘Dashi est en train de prendre son bain. Mais je suis content que tu aies bien reçu notre invitation.

Yachi rougit de sa maladresse mais se reprit vite, saluant Tsukishima.

— Mais attends, Tadashi va prendre ton nom de famille, du coup ?

— Ouais, c’est ce qu’il voulait. Je lui ai tout de même dit qu’il ne pourrait plus m’appeler Tsukki, puisqu’il deviendrait lui-même un Tsukki.

— Je doute qu’il arrête de t’appeler comme ça un jour, répondit Yachi.

— Et ça ne me dérange pas, du moment qu’il est heureux.

Yachi pouvait entendre le ton tendre et adorateur dans la voix habituellement apathique du jeune homme. Elle se demanda comment elle avait pu un jour le redouter, alors qu’il était si clairement épris de Yamaguchi.

— Tu le rends heureux, Kei. Depuis le lycée, tout le monde sait que vous deux, c’est pour la vie.

— Merci, Hitoka, répondit-il en esquissant un doux sourire.

— Kei, c’est qui ? entendit Hitoka.

Sa bouche s’étira en un sourire quand elle nota la voix de Tsukishima devenir plus tendre et affectueuse alors qu’il s’adressait à son fiancé.

— Salut, Hitoka !

— Tadashi ! Je viens de recevoir le faire-part, tout est vraiment superbe !

— Dit la personne qui l’a designée, rit Yamaguchi.

Yachi était convaincue qu’elle n’avait besoin que du rire de son ami pour se sentir heureuse.

— Et j’en suis très fière.

— Moi aussi, je suis fier de toi. Ah, au fait, je devais te demander : est-ce que tu serais prête à être ma demoiselle d’honneur, Hitoka ?

Yachi resta silencieuse quelques secondes, sentant des larmes couler le long de ses joues.

— Tu… tu me ferais confiance avec une telle responsabilité ?

— Évidemment, tu es ma meilleure amie.

— J’accepte, répondit-elle, sentant son cœur se réchauffer quand elle entendit Yamaguchi pousser un soupir de soulagement.

— Merci, Hitoka !

*

— Testu, quand est-ce que tu rentres à la maison ?

Kuroo releva le nez de sa paperasse et regarda avec curiosité son écran d’ordinateur, où il était en appel vidéo avec Kenma.

— Encore deux heures, chaton. Pourquoi ? Je te manque déjà ? le taquina-t-il avec un sourire en coin, et Kenma leva les yeux au ciel en réponse.

— Non, on a juste eu du courrier qui devrait potentiellement t’intéresser.

— Oh ? Quelque chose de scandaleux ? questionna Kuroo en arquant ses sourcils.

— Rappelle-moi pourquoi je t’aime, déjà ? grogna Kenma. Et non, c’est pas ça. Dépêche-toi simplement de rentrer, poursuivit-il avant de subitement couper court à leur appel, laissant Kuroo amusé.

Kuroo reçut ensuite un SMS sans texte, contenant uniquement un emoji cœur . Ce geste simple constituait pour Kuroo une preuve évidente que son petit ami, en dépit de sa fâcheuse tendance à lui raccrocher au nez quand il s’amusait un peu trop à l’embêter,  - l’aimait malgré tout.

De retour chez lui, Kuroo reçut un appel de Bokuto et décrocha sans perdre une seconde.

— Hey, Kō, qu’est-ce qu’il y a ?

— Notre pote Tsukki va se marier !

Kuroo tourna son regard vers Kenma, qui venait de sortir de sa chambre en l’entendant rentrer.

— J’imagine que Bokuto a gâché la surprise, dit Kenma en allant chercher l’enveloppe dans leur salle à manger et en la tendant à Kuroo.

— Tsukki a finalement fait sa demande ! Incroyable ! s’exclama-t-il en examinant le faire-part sous ses yeux.

— C’était simplement une question de temps, déclara Akaashi qui venait d’apparaître aux côtés de Bokuto.

— J’étais certain que ça arriverait, surtout quand on a vu à quel point Tsukki était amoureux, dit Kuroo.

Il pressa ensuite un baiser sur le front de Kenma, lui murmurant « je suis enfin rentré ». Kenma rougit légèrement et entendit Bokuto pousser une exclamation qui ressemblait étrangement à un hululement. Akaashi réprimanda Bokuto pour la forme, mais semblait en réalité plus amusé que contrarié.

— Hey, hey, hey, on devrait appeler Tsukki !

Kenma s’affala sur le canapé près de Kuroo tandis que Bokuto invitait Tsukishima à participer leur appel vidéo :

— Qu’est-ce qu’il y a ? Ah, bonjour, Akaashi-san, Kenma.

— Bah et moi, Tsukki ? Bon, bref, félicitations, mec !

— J’en déduis que vous avez reçu notre invitation ?

— Toujours aussi perspicace, Tsukki, lui répondit Kuroo, alors que Bokuto l’asticotait déjà pour savoir qui serait son témoin.

— J’ai un frère pour ça, vous savez ?

Kuroo put voir Bokuto prendre une expression boudeuse, puis entendit ensuite une voix lointaine appeler Tsukishima par son prénom.

— Dans la chambre, ‘Dashi, répondit Tsukishima.

Il leva un sourcil interrogateur en voyant Bokuto et Kuroo afficher tous deux le même sourire narquois.

— Quoi, qu’est-ce que vous avez ?

— Tu es tellement affectueux avec lui, dit Kuroo.

— Et alors ? C’est mon fiancé, rétorqua-t-il en plissant les yeux.

Un visage constellé de taches de rousseur apparut tout près de Tsukishima. Le regard de Yamaguchi s’illumina quand il reconnut les quatre visages affichés à l’écran.

— Coucou tout le monde.

— Hé, félicitations !

Le futur Tsukishima gloussa tout en se pressant contre son fiancé, qui changea de position pour lui faire de la place.

— Merci, Bokuto-san. J’espère que vous pourrez tous venir au mariage.

— On ne manquerait ça pour rien au monde, sourit Akaashi.

Kenma répéta à peu de choses près la même chose, confirmant ainsi la présence du quatuor à l’évènement.

*

Après avoir fait la fermeture de son magasin, Shimada fut surpris de voir une étrange enveloppe ornementée dans sa boîte aux lettres en rentrant chez lui tardivement dans la soirée. Un large sourire fleurit sur son visage alors qu’il ne pouvait détourner les yeux des mots inscrits sur le faire-part qu’il tenait.

 

Vous êtes cordialement invité(s) au mariage de 

Yamaguchi Tadashi & Tsukishima Kei

 

Shimada, 22:12

Je viens juste de recevoir votre faire-part ! Félicitations, Tadashi. J’y serai.

Tadashi, 22:13

Shimada-san ! Comment tu vas ? Je suis content que tu puisses venir.

Shimada, 22:14

Ça va. Je ne louperai pas ton mariage. À vrai dire, je m’y attendais depuis ta première année de lycée.

Tadashi, 22:14

Comment ça ?

Shimada, 22:15

C’était évident que vous étiez déjà très attachés l’un à l’autre. Et puis, je savais que Tsukki te demanderait en mariage un jour ou l’autre depuis votre match contre Inarizaki.

Tadashi, 22:16

Hein, vraiment ?? Pourquoi tu dis ça ?

Shimada, 22:16

Hahaha demande à ton fiancé ce qu’il m’a dit ce jour là.

 

Shimada mit son téléphone de côté pour aller se doucher, sachant pertinemment que Tadashi irait se renseigner auprès de Tsukishima pour comprendre ce qu’il avait voulu dire. Il sortit une vingtaine de minutes plus tard, enroulant ses cheveux dans sa serviette, voyant qu’il avait plusieurs messages non lus.

 

Tadashi, 22:30

Shimada-san, Tsukki n’a pas voulu me répondre !  (。•́︿•̀。)

Tadashi, 22:31

Il m’a juste demandé de te remercier, mais il ne m’a pas dit pour quoi.

Tadashi, 22:31

Par contre, il m’a raconté que tu lui avais dit à quel point je ne faisais que parler de lui, à l’époque. (•́///•̀)

Tadashi, 22:32

Ahhh, c’était super gênant... Heureusement que les rôles se sont inversés depuis. (/。•̀__•̀。\)

Tadashi, 22:33

Raconte-moi ce qu’il t’a dit, Shimada-san, s’il te plaiiiiit. J’ai envie de l’embêter (•̀ W •̀) 9

Shimada gloussa puis daigna donner à son ancien disciple des informations compromettantes sur son fiancé.

*

Hiro retira ses chaussures et annonça : « Je suis rentré ».

— Nii-san, il y a une lettre sur la table pour toi ! dit sa sœur Mizuki, qui regardait la télévision, assise sur le canapé.

— Merci, Mizu.

Il posa son sac par terre et il écarquilla les yeux quand il vit le nom de ses deux aînés sur l’enveloppe. Il l’ouvrit et prit immédiatement en photo le faire-part, puis l’envoya ensuite sur la conversation de groupe.

 

Hiro, 17:45

Yamaguchi-san et Tsukishima-senpai vont se marier ! (。•́ () •̀。)

Uehara, 17:45

(\\•́ () •̀//) J’ai pas eu mon invitation, moi !

Takahashi, 17:45

Sûrement encore dans ta boîte aux lettres, abruti !

Akiba, 17:46

Ahhhh ! Je savais qu’ils se marieraient un jour ! (*^W^*)

Soma, 17:46

De ce qu’on a pu voir au lycée, ils étaient très amoureux l’un de l’autre donc ça ne m’étonne pas.

Uehara, 17:47

Il faut absolument qu’on porte des vêtements assortis à leur mariage ! Oh, et il faut aussi qu’on aille faire les magasins ensemble, pour leur acheter des cadeaux ! Vous êtes libres quand ?!

Akiba, 17:47

Je suis libre cette semaine, et la semaine pro !

Hiro, 17:48 

Moi aussi. Vous me manquez, les gars.

 

Hiro sourit aux messages envoyés par ses amis. Il regarda pensivement par la fenêtre, repensant à ses deux aînés à l’époque du lycée, où tout le club savait que les deux étaient déjà très épris l’un de l’autre. Hiro songea comment Tsukishima, après l’incident avec son père, avait été disposé à baisser sa garde et à se montrer vulnérable avec Yamaguchi, un signe évident de la confiance et de l’amour qu’il lui portait. Il leur souhaitait sincèrement le meilleur pour eux et leur future vie de couple marié.

Notes:

Je me suis rendue compte à quel point la compréhension écrite et la traduction demandent des compétences assez différentes, c’est un exercice vraiment complexe, donc si jamais il y a des phrases qui ne sonnent pas très bien, voire sont grammaticalement fausses, ne pas hésiter à me le faire remarquer 😌