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Entre eux

Summary:

Quelque chose cloche. Kirishima en est convaincu. Une intuition, un sixième sens, qu'importe, mais il sait que quelque chose se trame entre Midoriya et Bakugo. Après un pari avec Denki, à lui de tout mettre en oeuvre pour découvrir quoi, à ses risques et périls... (Smut ; Explicite ; Threesome / Au gré des chapitres, KiriDeku, BakuDeku, KiriBaku, KiriBakuDeku)

Chapter 1: Puisque j'vous dis qu'il s'passe un truc

Chapter Text

Quelque chose clochait.

 

Voilà ce que se répétait Eijiro, appuyé sur son pupitre, les yeux légèrement plissés en direction de Bakugo et Midoriya, apparemment occupés à terminer le cas pratique que leur avait confié Aizawa avant de s’allonger faire la sieste. A vrai dire, il ruminait cette pensée depuis déjà quelques semaines, plus précisément depuis la rentrée de la classe de terminale A au lycée UA. Il ne savait l’expliquer, un sixième sens, une intuition, mais il en était sûr, quelque chose clochait.

 

Alors qu’une nouvelle - et a priori, leur dernière (il était temps, à 19 ans !) - année en tant qu’apprentis-héros commençait, il avait d’abord vu, puis attentivement observé Bakugo et Midoriya, qui se comportaient… normalement. Trop normalement. Et c’était ça, le hic. Si les événements survenus au cours de leurs années de seconde et de première les avaient forcément rapprochés - il en était allé ainsi de toute la classe, sans compter les affinités se créant forcément ici et là, preuve en était de sa propre relation avec Bakugo et Denki -, il ne s’était pas attendu à assister à des échanges aussi normaux entre Bakugo et Midoriya pour autant, la normalité devant se comprendre comme le premier vociférant sur le second, ainsi qu’il le faisait avec toute la classe.

Il était de notoriété publique, lors de leur rentrée en seconde A, qu’un passif existait entre Midoriya et Bakugo, lequel semblait vouer une haine envers le premier, les poussant sans cesse dans une compétition acharnée. L’ensemble de la classe avait par la suite vu leur relation évoluer, d’ennemis à rivaux, de rivaux à ce qui pouvait le plus s’apparenter à des amis, tout comme lui-même l’était avec Bakugo. Mais Eijiro ne se souvenait pas, au moment où ils s’étaient tous séparés afin de profiter des deux semaines de vacances d’été qui leur étaient accordées, que Bakugo et Midoriya passaient autant de temps ensemble. Qu’ils se tournaient spontanément l’un vers l’autre quand il s’agissait de travailler en groupe, ou de faire un exercice pratique. Qu’ils s’entraînaient ensemble en dehors des heures de cours - ensemble, alors que, malgré les nombreuses demandes d’Eijiro afin qu’ils mettent au point des exercices à réaliser à deux afin d’augmenter leurs performances physiques, Bakugo avait refusé, ou plus exactement l’avait envoyé chier, comme à son habitude. Quand est-ce que ça s’était produit ? Et qu’est-ce qui s’était passé, au juste ?

 

Ainsi cogitait-il tandis qu’à son côté, Denki et Hanta bavassaient à propos des perfectionnements qu’ils songeaient à apporter à leurs costumes respectifs, suite à la proposition de la Filière Assistance, que tous avaient accueillie avec joie.

 

- Non mais tu vois, une radio, c’est bien, mais je pensais demander à avoir une oreillette sans fil, plutôt. Plus discret et moderne, je suis pas un talkie-walkie non plus. Quoique, c’est vrai que l’antenne me va bien, t’en dis quoi, Eij…? Eij ?

 

Eijiro sursauta quand son ami lui donna un coup de coude dans les côtes.

 

- Hein ?

- Oreillette ou radio ?

- Denki, tu sais que j’écoute pas de musique si elle sort pas d’une bonne enceinte avec les basses qui vont avec.

- Quoi ? Mais de quoi tu me parles ? lui répondit Denki, sourcils froncés, tandis que Hanta prenait un air offusqué devant l’inattention de leur ami.

- Toi, de quoi tu m’parles ?! rétorqua Eijiro.

- De mon costume. Tu sais, mon costume de super-héros. Celui que je mets pour faire des choses super-héroïques. Et draguer des super-héroïnes.

- Ah, ça… J’en sais rien, répondit distraitement Eijiro, en haussant les épaules et dirigeant à nouveau son regard vers la cible de son attention. Il pouvait voir, derrière la silhouette massive de Mezo, Bakugo martyriser son crayon en vociférant sur Midoriya, occupé à écrire consciencieusement une réponse tout en l’ignorant royalement.

- Comment ça, « ah ça » ? s’offusqua Denki.

 

Devant la distraction de son ami, qui ne lui répondit pas, il lui saisit le bras et activa brièvement son Alter.

 

- AIE !!!!!!

- Qu’est-ce que tu fous ?

- Putain, Denki, t’es sérieux là ?! s’exclama Eijiro en frottant son avant-bras tout engourdi tandis que ses cheveux se hérissaient encore plus que d’habitude, chargés d’électricité statique.

- Calme-toi, gros bébé, c’était qu’une châtaigne, répondit Denki avec nonchalance, avant de répéter sa question.

- Comment ça, qu’est-ce que je fous ? Je bosse sur le cas pratique que Aizawa nous a filé.

- Et mon cul c’est du Pokémon ? Tu crois qu’on t’a pas vu ? (A cet instant, Hanta se redressa sur sa chaise et haussa les sourcils, démontrant que, lui en tout cas, n’avait effectivement rien vu.) Qu’est-ce que t’as avec Bakugo et Midoriya ?

 

Eijiro se maudit intérieurement. Il avait tendance à oublier que Denki, que tout le monde prenait pour un idiot en raison de ses nombreuses frasques causées par son pouvoir, était observateur et plus perspicace que ce à quoi on s’attendait. Et puis, pas besoin d’être fin détective pour comprendre que quelque chose le tracassait quand même la question de l’amélioration de leurs costumes le laissait de marbre.

Il jeta un oeil autour de lui, vérifiant que personne, et surtout pas Mina, ne les écoutait, et se pencha vers ses deux amis.

 

- Vous trouvez pas que Bakugo et Midoriya sont… bizarres ? Ne vous retournez pas ! rajouta-t-il précipitamment alors que Denki et Hanta se tournaient de concert vers le côté gauche de la salle pour les observer. Il grimaça quand Denki fit même mine de se lever de sa chaise pour mieux les voir, dissimulés derrière Mezo.

- Bizarres comment ? demanda Hanta en fronçant les sourcils, se penchant par-dessus l’épaule de Denki.

- Ils se comportent comme des êtres civilisés, quoi ! répondit Eijiro à voix basse. Enfin… aussi civilisés que ce qu’on peut attendre d’eux, ajouta-t-il quand Bakugo, furieux que Midoriya persiste à l’ignorer dans son monologue, cassa son crayon en trois, les jointures de sa main blanchies, tandis que Midoriya relevait la tête de sa feuille et esquissait un sourire devant la tête encore plus énervée de son ami.

- Ça fait un bout de temps qu’ils sont potes, maintenant, commenta Denki avec raison. C’est maintenant que ça te frappe ?

- Potes, d’accord… Mais j’sais pas… J’ai l’impression que quelque chose a changé dans leur relation, pas vous ? Regardez-les, ils sont tout le temps fourrés ensemble.

- T’abuses… Ça m’a pas frappé moi, intervint Hanta.

- Ils passent pas mal de temps ensemble, insista Eijiro.

- Comme toi et moi, rétorqua Denki.

- Ils s’entraînent le soir à la salle de sport !

- Comme Hanta et moi.

- Ils ont l’air d’avoir une sorte de complicité qui n’était pas là avant ! persista-t-il, s’énervant devant le sourire moqueur et incrédule qu’il voyait apparaître sur les visages de Denki et Hanta.

- Mais dis donc… T’es jaloux ?

- Quoi ?!

- C’est évident, dit Hanta, l’index levé d’un ton docte. C’est toi, le meilleur ami de Bakugo. C’est toi, celui qui lui rentres dans le lard sans avoir peur de te prendre une rouste, et qui peux lui parler comme à n’importe qui sans y perdre tes cheveux, ponctuant son torse de son index à chaque « toi ».

- Et maintenant qu’il est devenu ami avec Midoriya, qu’il passe du temps avec lui, tu te sens délaissé et trahi, poursuivit Denki en gloussant.

- Vous êtes cons putain ! persiffla Eijiro tandis que Denki et Midoriya ricanaient comme des gargouilles devant les rougeurs qui apparaissaient sur ses joues. Sérieux, on peut pas causer avec vous ! Je vous dis qu’il se passe un truc et ça n’a rien à voir avec moi !

 

Il serra les poings et résista à l’envie d’activer son Alter pour en coller une à Denki, qui s’esclaffait tellement qu’il en glissa de sa chaise.

 

- Sérieux les gars… Vous vous êtes jamais demandé s’il y avait pas un truc entre eux ?

 

A ces mots, Denki, qui venait de se rassoir sur sa chaise, recouvra son sérieux et lorgna encore en direction de leurs deux camarades, à l’instar de Hanta.

 

- Midoriya, gay ? dit-il en se grattant la tête, comme explorant toutes les possibilités que cela impliquait. J’en sais rien… Tu pousses un peu, là, nan ?

- Et tu te poses même pas la question pour Bakugo ?! demanda Hanta, ahuri par le tour que prenait la conversation.

- Crois-en mon gaydar, Hanta, répondit le blond en levant à son tour son index. Il ne se plante jamais. Je sens ces choses-là, rappelle-toi, combien de temps ça m’a pris avant de te dire qu’Eij était de l’autre bord ?

 

A ces mots, Eijiro leva les yeux au ciel, l’air blasé mais esquissant un sourire au souvenir de l’an dernier de Hanta et Denki venant le voir après les cours, ce dernier lui demandant sans aucune gêne si son admiration pour Crimson Riot n’était pas l’expression de son homosexualité refoulée, ce à quoi il lui avait rétorqué qu’il n’y avait absolument rien de refoulé dans son goût pour les hommes. Denki avait ri et était passé à autre chose, sans en faire tout un plat, parce que c’était Denki et qu’Eijiro ne s’était jamais senti obligé ni de se cacher, ni de lui dissimuler son goût pour les pectoraux bien dessinés au détriment des formes voluptueuses qui faisaient rêver son ami. Cela n’avait d’ailleurs rien changé à leur relation, pas plus qu’à leur dynamique.

Aux mots de Denki, Hanta acquiesça.

 

- Je te le dis, poursuivit Denki, Bakugo est aussi hétéro que Aizawa est hyperactif.

- Mais tu te bases sur quoi pour dire ça ?!

- Sur rien, sur tout, sur mon intuition ! s’agita Denki devant la remise en question de son savoir en la matière. Et si ça te suffit pas, poursuivit-il devant l’air incrédule de son ami, regarde les faits ! Fait numéro 1 : Bakugo n’a jamais regardé aucune fille de la classe depuis la seconde ! Même pas Momo !

- C’est pas pour autant que…

- Fait numéro deux ! le coupa-t-il en lui mettant son index et son majeur sous le nez. Quand on lui parle de filles, il rebondit pas, il calcule pas, niet, nada, nothing, walou ! Il ne dit même pas qu’il est d’accord ou pas, il passe juste à un autre sujet ! Ça veut bien dire qu’il est même pas intéressé par l’idée !

- Peut-être qu’il sort déjà avec une fille qui n’est pas dans le lycée… avança Hanta.

- Mais quand est-ce qu’il trouverait le moyen d’être avec quelqu’un alors qu’il bouge pas de là ? Il passe son temps ici, avec nous, et il est jamais parti du lycée et a encore moins accueilli quelqu’un ici ! souligna Denki, tandis qu’Eijiro assistait à l’échange d’un air amusé.

 

Malgré tout, il se félicitait d’avoir évoqué le sujet avec cette commère électrique au regard des précieux renseignements qu’elle emmagasinait sur tout le monde, sans parler des détails apportés par Mina et ses ragots.

 

Hanta sembla impressionné par la liste des arguments fournis par Denki et réfléchit, avant de capituler et de lâcher :

- OK, t’as gagné, Bakugo est gay. Mais Midoriya ?

- C’est là que ça se complique, admit Denki, l’air pourtant plus excité que rebuté par le défi que représentait la détermination de l’orientation sexuelle du jeune apprenti-héros. On sait tous qu’il a eu un crush pour Uraraka en seconde, mais ça lui est vite passé, et depuis, rien.

- Même s’il a aussi eu l’air d’en pincer pour Todoroki… glissa Eijiro, rien que pour voir comment Denki allait rebondir sur cette piste glissante.

- Simple rumeur, trancha ce dernier d’un ton catégorique. Il l’a juste aidé à mieux gérer son Alter, parce que c’est un mec adorable qui aime venir au secours des gens.

- Et s’il passait plus de temps avec Bakugo pour l’aider aussi, justement ? demanda Hanta.

- L’aider ? répéta Eijiro d’un ton incrédule. L’aider pour ?

- J’en sais rien, pour ses devoirs, pour ses entraînements…

- Bakugo est le 2e de la classe juste derrière lui depuis bientôt quatre ans, en comptant l’année de stage pratique rajoutée entre notre première et notre terminale, observa Denki tandis qu’Eijiro hochait la tête d’un air approbateur. Il a besoin de l’aide de personne, et même si c’était le cas, il serait bien trop fier pour l’admettre, le demander et l’accepter, encore plus venant d’Izuku.

 

Le silence se fit pendant que chacun méditait sur ce que cela impliquait.

 

- Alors, Midoriya serait hétéro et Bakugo gay, résuma Hanta.

- Exactement, confirma Denki. Ce qui fait, ajouta-t-il en se tournant vers Eijiro d’un air triomphant, que ta théorie est complètement foireuse !

- Vous en savez rien ! rétorqua Eijiro, agacé d’être en minorité face à ses deux camarades qui continuaient à le regarder d’un air mi-amusé, mi-condescendant.

- J’ai une idée ! s’exclama Denki, le visage éclairé par ce qui devait être une brillante idée.

- Quoi ?

- Tu n’as qu’à enquêter de ton côté et nous faire un rapport.

 

Bon, pas si brillante que ça.

 

- Quoi ? répéta Eijiro, qui n’était pas sûr de comprendre où l’autre voulait en venir.

- Enquête de ton côté. Surveille-les, traîne avec eux plus souvent, j’en sais rien, débrouille-toi mais enquête. Je te parie ce que tu veux qu’il ne se passe rien entre eux, mais tu peux toujours essayer de me prouver le contraire, proposa Denki, dont le regard pétillant montrait le plaisir que ce dernier prenait à ce pari.

Hanta n’était pas en reste, sautillant sur sa chaise comme un enfant en attendant la réponse d’Eijiro.

 

Eijiro prit le temps de considérer son offre, pesant le pour et le contre. Il savait que sa curiosité était piquée depuis quelques semaines. Il était aussi convaincu, même s’il se garda bien d’en parler à ses amis, qu’il se serait lancé dans une telle enquête avec ou sans le pari de Denki. Mais de devoir investiguer en leur faisant des rapports réguliers, sachant que lui et Hanta étaient susceptibles de tout faire foirer par leur subtilité inexistante… A laquelle s’ajoutait, pensa-t-il en grimaçant, sa propre tendance à mettre les pieds dans le plat et foncer tête baissée pour élaborer une stratégie après coup.

 

Le défi était aussi de taille vu les liens qu’il entretenait avec les deux principaux concernés. Bien que meilleur ami de Katsuki - enfin, aux dernières nouvelles, si Midoriya n’avait pas définitivement pris sa place -, ils ne discutaient pas de sa vie amoureuse et sexuelle. Jamais. Eijiro ne se privait pourtant pas de lui faire part de ses propres crush, des confidences auxquelles Katsuki répondait par son mode de communication habituel, à savoir des grognements et des critiques plus ou moins fondées. Rajouté à ça son caractère de merde et son besoin de solitude, lui qui perdait déjà patience quand Eijiro lui demandait de l’accompagner à la salle ou à la cafétéria… Et enfin, il y avait Midoriya. S’ils s’étaient toujours bien entendus, au point de pouvoir le considérer comme un bon ami, Izuku était quelqu’un de résolument discret et pudique. L’avantage était qu’il était facile de lire en lui comme dans un livre ouvert, mais encore fallait-il en avoir la possibilité avec Katsuki qui semblait n’être jamais bien loin.

 

Leur coller aux basques serait difficile, et mener une enquête sur leur relation carrément suicidaire. Un sourire étira ses lèvres. Une mission digne d’un mec viril, quoi.

 

- Ça marche ! s’exclama-t-il en tapant dans la main de Denki.