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Renaissance

Summary:

Le soir de la bataille de Poudlard, Drago Malfoy n’est qu’un Mangemort survivant qui attend que son sort soit scellé. Quelle espérance peut-il avoir alors qu’il porte la Marque des Ténèbres et qu’il fait partie du camp des perdants. Et bien il peut toujours compter sur un ami, un thé, un gâteau et une chevalière !

Notes:

Bonjour à tous
Une petite histoire dont l'idée de départ provient du compte Instagram potter.fictions. N'hésitez pas à les suivre sur Instagram, ou sur Discord Potterfictions.
Le Potterficlet #3 était "chevalière". J'ai trouvé cette entrée super intéressante mais en 200 mots maximum... ce que je suis incapable de faire!
Donc je publie ici ce que j'ai écrit.
Merci à eux pour cette idée.

Work Text:

Drago était là, assis sur un banc collé contre le mur dans un coin de la Grande Salle de Poudlard. Il était épuisé, courbatu et surtout totalement indifférent à toute sensation, comme éteint. Comment pouvait-il ne pas être mort ? D'ailleurs, était-il encore vivant ? Et s'il l'était, pour quoi faire, que restait-il à vivre ? Il était un Mangemort survivant qui allait pourrir dans une prison grise perdue au milieu de l'océan, oublié de tous. Autant être mort …

Il regardait les dalles de pierre au sol. Il suivait des yeux toutes les veines, les marbrures, et les fissures, s'accrochant aux dessins, et aux formes que son esprit anéanti construisait.

Le soleil avait enfin percé les nuages et était en train de descendre dans le ciel, colorant d'orange la fin de l'après-midi. Ses rayons entraient par les larges baies de la grande salle et faisaient étinceler des minuscules grains de poussières qui retombaient doucement sur le sol après la bataille.

Il avait vaguement conscience d'un brouhaha de voix, de pleurs, de rires autour de lui, mais ne cherchait pas à distinguer les mots ni qui les prononçait. Il ne voulait pas savoir qui était vivant ou mort. Il savait que ses parents étaient à quelques mètres de lui mais il ne les entendait pas. Il ne voulait pas les regarder ou les écouter. Leurs mots étaient perdus pour lui. Il ne restait que leur présence pour adoucir le moment.

Tout à coup un elfe de maison se matérialisa devant lui.

- « Maitre Drago ! » Et il s'inclina lorsque ses yeux se posèrent sur le petit être. Une de ses oreilles était entourée d'un bandage impeccable.

- « Voici votre thé avec deux sucres et un peu de lait, comme vous l'aimez, avec un gâteau aux myrtilles ». Reprit l'elfe fièrement en lui tendant un petit plateau. – « Vous devez manger ! »

Drago resta pétrifié quelques secondes avant de poser doucement le plateau en équilibre sur ses genoux.

- « Qui t'a envoyé ? » murmura-t-il de sa voix éraillée.

- « Un ami de Maître Drago bien sûr ! Il a dit que vous deviez manger et prendre des forces car vous en avez besoin. » Et l'elfe disparut d'un claquement de doigts.

Drago contempla la grande salle mais personne ne le regardait. Comme il prenait délicatement la tasse pour sentir le doux parfum du thé, un petit papier plié qui était caché sous la tasse, tomba sur le plateau.

Déconcerté, il le ramassa du bout des doigts, le déplia et lut le message :

« Cet héritage de Serpentard a été trouvé aujourd'hui sur le sol de la Chambre des Secrets. Il n'y a pas de danger avec celui-ci. Je te le transmets, fais-en bon usage ! »

Drago relut le message plusieurs fois et balaya du regard le plateau. Il n'y avait rien d'autre, à part une tasse et une petite assiette avec le gâteau. Hésitant, Drago leva les yeux sur la foule dans la salle, mais personne ne semblait faire attention à lui. Il souleva l'assiette. Rien non plus. Ce devait être une farce. Il but deux gorgées et apprécia la douceur et le réconfort que la boisson lui apportait. C'est fou ce qu'une simple tasse de thé pouvait faire ressentir à quelqu'un qui se sentait mort à l'intérieur. Ses épaules se détendirent un peu et les muscles de son dos se relâchèrent lorsqu'il s'adossa au mur derrière le banc. Il reprit une gorgée de son thé et le savoura les yeux fermés. Puis il prit le gâteau. Merlin, qu'il sentait bon ! Il mordit le biscuit et ses dents s'arrêtèrent sur quelque chose de dur ! Il y avait un objet dans le gâteau. Une farce subtile comme un conte de fées moldu. Il le dégagea précautionneusement et l'observa. C'était une chevalière.

Il parcourut à nouveau des yeux la grande salle, les gens étaient toujours occupés, même ses parents ne le regardaient pas.

Alors il observa plus attentivement la chevalière. Elle était en métal noir, sans doute en or gris recouvert de rhodium. Un sceau en forme de doubles serpents était sculpté sur le chaton et le long de leurs écailles, il déchiffra les mots « Tenebris Tollere».

Le cerveau de Drago se mit soudain à tourner à plein régime : Les serpents, l'expression latine, l'héritage de Salazar Serpentard, les mots écrits sur le papier « fais-en bon usage ». Qui est-ce qui lui donnait cette chevalière et surtout pourquoi ? Machinalement il reprit une gorgée de son thé. « Supprimer les Ténèbres », c'était ce qu'il souhaitait en fin de compte. Que tout ce cauchemar s'arrête !

Il avait perdu la guerre, il n'avait plus ni espérance, ni lumière. Alors qu'importe, il pouvait aller au bout de son voyage et prendre le risque d'être maudit.

A peine avait-il glissé la chevalière à son auriculaire gauche selon la tradition, que les serpents se mirent à briller et une chaleur douce se propagea, remontant jusqu'à son avant-bras.

Il était à la fois surpris que cela se produise et en même temps il savait ce qui se passait là-bas. Tout à coup la Marque des Ténèbres chauffa fortement avant de tiédir, la magie voyageait le long de son bras, son poignet, son petit doigt. Les serpents devinrent dorés pendant quelques dizaines de secondes et enfin noirs comme auparavant. Drago releva doucement sa manche, et dévoila une peau pâle, fine et parfaitement lisse, sans tâche. Il était libre.

Il pouvait se lever et espérer une vie sans maître, sans contrainte, sans prison. Bien sûr il resterait toujours ses remords et des excuses à présenter à beaucoup de personne, mais le poids de sa honte avait disparu.

Il leva à nouveau les yeux face à la grande salle, et là juste à droite, à la grande table des Gryffondors, Harry Potter le regardait franchement avec un léger sourire. Il acquiesça faiblement de la tête en direction de Drago puis reprit sa conversation avec sa voisine.

Harry Potter, après lui avoir sauver la vie, venait de lui rendre la liberté d'être ce qu'il voulait. Il se jura qu'il ne le décevrait pas.