Work Text:
Matéo Sanchez est mort.
Il se doutait que ça allait arriver.
Son corps était là, à ses pieds, une balle dans l’épaule, dans le bras, en pleine tête.
Merci le gilet par balle.
Tout semble irréel autour de lui.
Le sol sous ses pieds n’est plus stable, les voix sont distordu, il a comme des hauts le cœur, mais son cœur ne bouge plus.
Le docteur parle, il n’entend pas.
Le capitaine parle, il n’entend pas.
Le capitaine part, il le suit.
“Eeh capitaine..”
Non.
Quel idiot.
Personne n’entend les morts.
Et sa voix sonne mal, autant qu’il s'arrête.
Il y a une voiture avec un gars qui prend le capitaine pour le ramener.
Il regarde la voiture partir.
Pourquoi est- il là ?
Son cœur bat plus, son corps est déjà bien loin, et lui il est là.
Il veut rejoindre ses amis, leur dire qu’il est toujours ici.
Mais non.
Il ne l’est plus.
Le temps passe bizarrement, parfois au ralenti, parfois assez vite pour qu’il ai l’impression de s'être téléporté.
Il ne pourra plus jamais conduire.
Ses amis sont là, Miguel a l'air énervé un peu, Lenny aussi il a l’impression.
Sa n’a servi à rien.
Plus rien ne sert à rien.
Il peut peut-être apaiser la colère.
Se venger.
Alors il rejoint le capitaine.
Le Capitaine parle.
C’est un gars blond qui parle mal des vagos avec des drôles de lunettes, aussi grandes que son front.
Vu de sa perspective, c’est drôle.
Il est déformé, un peu.
Quoi qu’il en soit, le capitaine n'a pas l'air bien et lui, il est là.
Et lui, il aime pas les vagos.
Il posera problème.
Mais il ne peut rien faire.
Rien du tout.
Il ne pourra plus jamais rire.
Il les suit.
Attend il fait jour ?
Peu importe.
Le capitaine n’est plus là.
C’est l’autre qui s’occupe du cas.
C’est quoi son nom ?
Harris ?
Peu importe, c’est celui qui lui vole ses menus mais qui le laisse partir.
Pas le meilleur flic, tant mieux.
Il vient d’aboyer dans sa radio ?
Et le voilà reparti.
Le blondinet n'est pas prêt d'être engagé…
Autant attendre.
Attend…
Pourquoi il fait ça ?
Pourquoi il attend ?
Il devrait être au quartier à surveiller.
Il ne pourra plus jamais surveiller le quartier.
Et voilà un gars en peignoir.
Ça donne envie de rire.
Mais son rire sonne creux.
Des bras cassé ce LSPD.
Mais ça a l'air drôle.
On dirait une tonne de Miguel, pas sympa avec leurs collègues, mais au final, ça en devient drôle.
Il pourrait se plaire à observer ça.
Non.
Non non non.
Il n'aime pas la police.
Ni les chiens.
Revoilà l’homme en peignoir.
Et encore un autre homme.
Trop de gens.
Il aime pas ça..
Une voiture de vagos ?
Attend pause pause…
Qui ? Quand ? Quoi ?
Il prend l’épaule de Panis, il doit lui demander.
C’est bizarre.
Il voulait le faire se retourner mais raté.
Sa main a traversé.
Et il s'est senti… en vie.
C’est comme souligné par le léger soupir que lâcha Panis.
Un soupir comme celui qu’il pourrait lâcher.
Comme lui.
C'était lui.
Il parle de voiture, de conduire, lui aussi il aime conduire, lui aussi, il sait conduire.
Mais il aime le iench et il court en caleçon autour du lspd.
Un point en moins pour son ami blond.
Ami ? oula non.
C’est la police.
Il est juste marrant.
Pourquoi il le suis ?
Il ne pourra plus jamais courir.
Le blond est engagé.
“défoncer les vagos”
Stop.
Il lui attrape à nouveau l’épaule, juste un instant, pour tester, juste comme ça.
Il bégaie, ajuste son discours pour le lieutenant, normal.
Matéo est déçu.
Il en reparle.
Les vagos encore accuser.
Ça l'irrite.
Mais il ne peut rien faire, rien dire.
Voilà les cellules.
Non.
Il ne veut plus les voir.
Il n’ira plus jamais ?
Le capitaine.
Il est là.
Et l’autre raconte encore son histoire.
“Les défoncer”.
Il renifle, et le policier aussi.
Bizarre.
Haylie rigole.
Qu’est-ce qu’elle fait là ?
Qu’est-ce qu’ils ont dit ?
L’autre policier est gêné.
Il se moque de son nom.
Le capitaine va en fédé.
C’est insupportable.
Les écho des balles lui reviennent.
Non.
Une voiture jaune !
Ah non, juste quelqu’un avec un klaxon.
Ils parlent, quel enfer.
Matéo n’a pas envie d'être là.
De parler.
Il presse Panis de rentrer dans sa voiture et ce dernier, grogne, soupire, quoi qu’il arrive, il le refait.
Il refait comme lui.
Le policier a refait comme lui.
Le iench est dans la voiture, insupportable.
Il entendra plus jamais la voix ?
Les Vagos passent.
Il ne sait pas quel jour c’est.
Juste ses amis sont là.
Pourquoi il reste avec ce policier ?
Il le voit se tendre, alors Matéo lui attrape l’épaule.
Et Panis est gentil, courtois.
Il a envie de les frapper oui.
Mais quelque chose l’en empêche.
Alors il reste sérieux, sympa, comme avec tous les autres.
Un professionnalisme sans faille, même si aidé par la présence de Matéo.
Panis regarde son épaule.
Et Matéo se sent mal.
Ça fait quelques jours qu’il lui tient compagnie, et jamais il n’avait fait le moindre mouvement montrant qu’il le voyait.
Mais là, il l’a regardé, dans les yeux.
Enfin il croit.
Peu importe.
Matéo reste collé à lui.
Tout le temps, pour essayer de l’influencer.
Il a compris comment ça marche, parfois, juste quelques fois, il peut parler.
Le lieutenant et le capitaine l’ont reconnue.
Ça fait combien de temps qu’il est là ?
Est-ce que c’est l’habitude ou est-ce qu’il commence vraiment a bien aimer être là ?
Au LSPD, avec le policier.
Avec Panis.
En fait, il ne peut pas que parler.
Il influence, tout.
C’est comme s’il était en vie à travers lui.
Il pourrait s’y habituer.
