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Language:
Français
Stats:
Published:
2024-11-11
Words:
1,657
Chapters:
1/1
Kudos:
2
Hits:
44

The Apparition

Summary:

Tu le ferais pour moi ? Pour notre amour Sungie ?

 

Oui.

•Why are you never real ?

Work Text:

Comme tous les soirs mes tourments prennent.
À l'instant où mes yeux se ferment, le noir qui m'entoure me paraît familier.
Une maison sans porte, sans fenêtre, une maison dans mon cœur, une maison où il est là.

Omniprésent, de par son odeur légèrement épicée ou par ses photos qui tapissent aussi bien les murs que mon cœur.

Chaque nuit je le vois, il est là avec moi et il me parle, de sa journée, de ses tracas, de son professeur qui ne le lâche plus ou de sa sœur qui meurt d'envie de me rencontrer.
Et moi j'écoute, pas le son des vagues aux loin ou celui des mouettes agonisantes mais sa voix, si douce et ferme que je voudrais l'emprisonner dans un coquillage et la garder pour toujours avec moi.

Cette voix qui s'estompe quand le soleil se lève, elle qui devient floue et distante, qui se distorde pour ne plus se reformer.
Mon rêve qui devient cauchemar, l'image qui part progressivement tandis que mon réveil sonne. Ce réveil qui me harcèle depuis des années sans jamais me laisser me noyer dans ce paradis endormi.

Et les larmes s'envolent, elles pleurent leur amour parti, l'amour d'une âme qui s'envole au petit matin.
Elles crient comme ma raison qui ne devient que folie.

Mes jambes sont lourdes le matin, un jour de plus sans qu'il ne soit là, à mes côtés, à me sourire comme il le fait si bien.
Mes genoux crient à l'aide car je ne les utilise jamais sauf pour parcourir la route des enfers qui mène à mon école.
Cette route sinueuse, grisâtre et vide; tout est vide sans lui, sans l'étoile qui illumine mes pensées.

Alors la musique me réconforte, elle soigne mon cœur malade même si sa présence aurait pu me sauver de la mort, je résiste.
Chaque jour je marche, je ne prends pas le bus, je marche seulement, pour essayer d'oublier.

D'oublier notre lien immuable, notre petit quelque chose qui est ma raison d'être.
Seulement, quand j'arrive et que la réalité me rattrape je souris, pour le monde et pour mes amis mais avant tout pour lui, je sais qu'il m'observe.
Je le sais même sans pouvoir le toucher, son amour me transperce et articule mes membres vides d'ambition.

Je vois son nom partout, dans les couloirs et dans les murs, dans les paroles des professeurs, dans les nuages qui étourdissent ma vision.

Il me hante, me poursuit sans vergogne partout où je vais, il ne me laisse pas l'oublier.
Je n'ai plus le choix depuis longtemps mais j'ai cessé de lutter, plus rien ne me libérera de son emprise.

Son regard sur mon corps, ses pensées qui complètent les miennes, ses doigts dans mes cheveux; tout ça me retient, tout ça et plein d'autres choses.
Tous ces moments qui restent ancrés dans ma tête, qui me font voler et redescendre aussi vite.
Pourquoi vivre sans lui quand il est la raison de ma présence sur ce sol froid et abrupt ?
Il m'a prévenu, m'a averti du danger, des gens qui voudraient s'en prendre à moi, des médicaments qui me feraient l'oublier.
Toutes ces nuits à le vouloir dans mes bras sans le pouvoir, simplement parce qu'ils me l'avaient repris, tous ces soignants au regard apeuré devant mon état, je sais maintenant, j'ai compris que je ne voulais que lui.

Seulement lui m'est nécessaire, il peut me soigner de tout parce qu'il m'aime, parce que son amour pour moi est la solution même s'il n'existe seulement que pour moi.
Je n'ai pas le choix, je dois le garder pour moi, l'aimer en secret sinon il me sera arraché, sinon mon monde s'effondrera.

Tu m'appelles, dans la nuit, dans les étoiles, dans mes rêves de toi et même dehors.
Au soleil tu cries mon nom, celui que personne n'entend et que tu es le seul à connaître.
Tu le dis, tu le murmures, tu le susurres, il glisse sur tes lèvres comme si elles n'étaient faites que pour le prononcer.

Malgré ça je ne peux pas te rejoindre, je te revois sans cesse sans pouvoir te toucher, te sentir.
J'aimerais tant pouvoir te faire visiter mes coins préférés, que l'on écoute la radio, seuls dans une voiture au-dessus d'une falaise devant un coucher de soleil.
Que tout le monde se retourne en nous voyant tellement notre amour rayonnerait.
Mais ça n'arrive pas, jamais et je le sais, pourtant j'espère.

Jours et nuits je me languis, de ta voix, de tes sourires et de tes bras, si accueillants et chaleureux, bien plus que n'importe quel autre endroit sur terre.

Alors j'erre, j'essaie de vivre, de me raccrocher à la moindre parcelle de vie pour rester ici.
Pourtant je n'ai jamais été à plaindre, mes parents sont adorables bien que je sois fils unique, j'ai des amis gentils et drôles qui se préoccupent de moi, un chien aimant et de bonnes notes.

Mais tu n'es pas là, l'étincelle qui illumine ma vie s'estompe le matin alors tout est fade, aucune couleur ne paraît vraiment belle quand tu n'es pas là, je deviens aveugle quand tu n'es pas là, même si tu l'es tout le temps.

Il est là, certaines fois je le vois, son sourire, son nez aussi droit qu'il pourrait l'être, et son regard, uniquement sur moi et pour moi.
Il est en moi, dans mes pensées à longueur de journée, dans mes pages de cours griffonné sur un coin, mais surtout dans mon cœur.
Depuis deux ans il a envahi ma vie, il l'a monopolisée comme il sait si bien le faire, il a volé mon cœur et mon esprit.
Je pourrais le rejoindre, je le sais, il me le dit souvent d'ailleurs, il me le murmure le soir quand les lumières sont éteintes et que les odeurs deviennent plus fortes.
Il sait, il me dicte avec un sourire et quand mes paupières se ferment après le cachet de trop, il me redemande.

- Tu le ferais pour moi ? Pour notre amour Sungie ?

Alors je rigole et change de sujet, car ma raison refuse mais mon cœur plonge, sans réfléchir dans le tourbillon qu'est sa présence.
Je sais, je le connais sur le bout des doigts alors je sais. Qu'il est triste et qu'à chaque fois qu'il me pose la question, il espère, et j'espère aussi.

J'espère avoir le courage de le rejoindre, de pouvoir enfin le serrer dans mes bras, de pouvoir sentir son odeur et me plonger dans ses yeux devant le ciel qui se couche.
Mais je ne peux pas, je m'en empêche, je pourrais sacrifier le monde pour lui, pour pouvoir le serrer dans mes bras un instant.

Alors j'attends, j'attends l'opportunité, j'attends le bon moment, le bon soir, la bonne dose peut-être, même si je ne prends plus les cachets des médecins, je les garde pour le bon jour.
Il m'a dit que c'était la façon la plus douce, et je ne veux pas souffrir, lui non plus, même si je souffre de son absence constante.
Je vois bien le regard des autres sur moi, sur mes cernes et mon regard dans le vide, sur l'espoir qui semble m'avoir quitté depuis bien longtemps mais je continue d'avancer, de ramper pour m'accrocher à la vie qu'il me reste, au temps si précieux qui s'écoule plus vite que je ne le pensais en ce vendredi soir.

Ce vendredi à l'hôpital, je suis seul, encore une fois, dans notre monde, à le voir dans mes pensées et à l'imaginer à côté de moi, tout sourire.

Puis, il recommence à disparaître, comme il le fait souvent mais, il n'est pas pareil, il disparaît rapidement et froidement, sans même un mot.

Ce n'est pas normal, mais après tout qu'est-ce qui l'est, depuis deux ans plus rien n'est réel, et tout est irréel.
Je m'inquiète, pour lui, pour mon amour parti trop tôt, trop spontanément à mon goût.

Alors je pleure, mes larmes ont le goût de l'amertume et de l'amour mais aussi de la tristesse et du manque, car même s'il est là, partout, je ne le vois pas.
Pour la première fois depuis des années je me sens vide, sans lui, je ne le ressens plus, son regard au-dessus de mon épaule, son odeur qui effleure parfois mes narines, rien.
Plus aucune trace de lui, comme si rien ne s'était jamais passé, comme si j'étais seul, depuis le début.

Et pendant que l'orage s'annonce je meurs de l'intérieur, et je sais, je sais qu'il ne reviendra pas, que je ne sentirai plus jamais sa présence réconfortante.
Je sais que l'eau que j'ai bu il y a quelques minutes n'était pas simplement infectée mais juste truquée, on m'avait drogué, manipulé pour me l'arracher, pour nous séparer.

Ils savaient, tout et rien à la fois, seulement ce qu'ils voulaient entendre et pas ce qui était vrai.
Ils me croyaient, mais pas totalement, me prenaient pour un fou, seulement à cause de mon amour.

Je savais, à présent j'avais compris que s'il n'était pas là, s'il lui était impossible de me rejoindre alors, je le ferais pour lui, je réaliserais l'impensable.
Pour nous, pour ces moments hors du temps, de joie et pour certains de tristesse, pour tous ces baisers échangés et ces regards si particuliers.

Moi qui étais prêt à tout donner pour lui, je lui donnais ma vie.
Sur cette rambarde de l'hôpital, je souriais.
Car je savais, encore, je savais, qu'il m'attendait.

Je l'imaginais devant moi, tendre les bras pour me rattraper, pour abréger ma souffrance, pour que je vienne dans ses bras et que nos membres puissent enfin se rencontrer, pour de vrai.

Peut-être que c'était ma destinée, peut-être que je ne vivais que pour mourir, si c'est le cas alors je ne suis plus triste car je souris.
Je souris devant ma vie, devant ces moments joyeux qui ne contiennent que lui, et alors ma décision se fait.

Je saute, pour lui, pour moi, pour nous.

Fin