Chapter 1: Prélude
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[Maison des Gilbert]
Katherine arriva devant la maison des Gilbert, la robe d'Elena dans les bras. Elle avait passé la journée à observer, à s'assurer que tout était en ordre. Cinq cents ans à protéger sa lignée de loin, et maintenant elle était là, dans la peau de sa descendante, parce que les voyageurs étaient revenus.
Les voyageurs.
Son sang se glaça à cette seule pensée. Ils veulent le double. Ils veulent Elena. Et ils ne l'auront pas. Jamais.
Elle avait reçu l'information il y a trois jours. Des voyageurs étaient arrivés à Mystic Falls, cherchant le doppelgänger Petrova. Pas pour un rituel cette fois – Klaus n'était plus une menace. Non, c'était pire. Ils voulaient utiliser Elena pour leurs propres desseins obscurs, leurs malédictions ancestrales.
Katherine avait immédiatement pris sa décision. Elle devait être proche. Elle devait pouvoir agir rapidement si nécessaire. Et le meilleur moyen était de devenir Elena elle-même, au moins temporairement, pendant qu'elle traquerait ces voyageurs et les éliminerait un par un.
Damon sortit de la maison, l'interrompant dans ses pensées.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
[POV Katherine]
Katherine leva les yeux vers lui, ajustant instantanément son expression pour refléter celle d'Elena. Trop facile. Après cent quarante-cinq ans, je connais vos manières par cœur, vous deux.
« J'ai essayé médiocrement et en vain de faire ce qu'il fallait. »
« C'est-à-dire ? »
« Aucune importance. Donne, je te débarrasse. »
Il lui prit la robe des mains et la posa. Katherine observa ses mouvements, notant la tension dans ses épaules, cette vulnérabilité qu'il essayait toujours de cacher. Toujours le même Damon. Toujours à jouer les durs alors qu'au fond, tu es juste un petit garçon perdu.
« Merci beaucoup. »
« Quand je suis revenu dans cette ville, mon objectif était de la détruire et ce soir je me suis surpris à vouloir la protéger coute que coute. Comment c'est arrivé ? Je suis pas un héros moi, je fais pas le bien, j'ai pas ça en moi. »
Katherine sentit quelque chose se tordre dans sa poitrine. Tu n'as jamais été le méchant que tu prétends être, Damon. C'était ton problème. Tu voulais tellement être aimé que tu es devenu cruel.
Elle choisit ses mots avec soin, des mots qu'Elena aurait pu dire, mais qui portaient aussi sa propre vérité.
« Peut-être que si, peut-être que tu redeviens juste le vrai Damon et pas celui que tu es devenu, en aimant une femme qui ne vous méritait pas ni l'un ni l'autre. »
Une femme qui ne vous méritait pas. Les mots sonnaient étranges dans sa bouche. Pas parce que j'étais trop mauvaise pour vous. Mais parce que mon cœur appartenait déjà à quelqu'un d'autre. Parce que vous étiez juste des distractions, des tentatives pathétiques de combler un vide qui ne pouvait pas l'être.
« Non. C'est un truc réservé à mon frère, à toi et à Bonnie. Elle a toutes les raisons de me haïr et pourtant elle a aidé Stefan à me sauver. »
« Pourquoi ça a l'air de te surprendre ? »
« Parce qu'elle l'a fait pour toi, ce qui veut dire que quelque part en cours de route, tu as décidé que je valais la peine d'être sauvé et je voudrais te remercier pour ça. »
« Y'a pas de quoi. »
Il l'embrassa sur la joue, et Katherine se figea imperceptiblement. Trop proche. Il est trop proche.
Leurs regards se croisèrent, et Katherine vit l'instant où Damon prit sa décision. Avant qu'elle ne puisse réagir, il l'embrassa.
Et Katherine se figea complètement.
Non.
Non, non, non.
Ce baiser. Cette façon dont ses lèvres bougeaient contre les siennes. Cette pression, cette intensité, cette faim.
C'est exactement comme ça qu'il m'embrassait.
La réalisation la frappa comme un coup de poing. Cent quarante-cinq ans plus tard, et Damon embrassait encore Katherine Pierce. Pas Elena Gilbert. Il embrassait le fantôme, le souvenir, l'obsession qui l'avait défini pendant plus d'un siècle.
Mon Dieu, Damon. Tu ne l'aimes pas. Tu ne l'aimes pas vraiment. Tu m'aimes encore, moi. Ou plutôt, tu aimes l'idée de moi. Et Elena... pauvre Elena... elle n'est qu'un substitut.
Une copie. Un moyen de revivre ce que tu penses avoir perdu.
La nausée monta en elle. C'est pour ça que tu es revenu. Pas pour elle. Pour moi. Pour avoir une seconde chance avec mon visage, mon corps, ma voix. Mais pas mon cœur. Jamais mon cœur.
Elle le repoussa, plus brusquement qu'elle ne l'aurait voulu.
« Non Damon, je ne suis pas comme Katherine. Je ne jouerais pas à ce jeu-là avec vous deux. »
Les mots portaient une double signification que Damon ne pouvait pas comprendre. Non, Elena n'est pas comme moi. Mais toi, Damon ? Tu es exactement le même qu'il y a cent quarante-cinq ans. Toujours à me chercher Katherine.
Jenna arriva et les interrompit, et Katherine se sentit presque soulagée.
« Salut. »
« Il est tard. Tu ferais peut-être mieux de rentrer. »
Katherine récupéra la robe et rentra, maintenant le personnage d'Elena. Jenna la suivit, son regard scrutateur et inquiet.
« À quoi tu joues Elena ? »
Katherine se tourna vers elle, le masque d'Elena parfaitement en place. « J'ai pas envie d'en parler. »
Jenna soupira, s'approchant. « Écoute, je sais que c'est compliqué avec Stefan et... » Elle hésita. « Et Damon. Mais tu dois être prudente, ma chérie. Ces frères... il y a quelque chose entre eux et leur passé qui... »
Si tu savais, Jenna. Si tu savais à quel point tu as raison.
« Je sais », dit Katherine doucement, avec la voix d'Elena. « Je sais. »
Jenna posa une main sur son épaule. « Bon, je dois aller à la caserne des pompiers. Des formalités à remplir. Ça va aller ?»
Katherine hocha la tête, son esprit déjà en train de calculer. La caserne des pompiers. Jenna sera absente. Parfait.
« Oui, ça ira. J'ai des devoirs à faire de toute façon. »
« D'accord. » Jenna l'embrassa sur le front. « Bonne nuit, ma chérie. Et Elena ? Fais attention à ton cœur, okay ? »
Trop tard pour ça, Jenna. Mon cœur a été perdu il y a cinq cents ans.
« Promis. Bonne nuit. »
***
Une fois dans la chambre d'Elena, Katherine ferma la porte et s'appuya contre elle, respirant profondément. Elle laissa tomber le masque, juste un instant, juste assez pour être Katerina Petrova.
Ce baiser.
Elle porta ses doigts à ses lèvres, dégoûtée. Damon n'a pas embrassé Elena. Il m'a embrassée, moi. Il embrasse un fantôme vieux de cent quarante-cinq ans à travers le visage de sa descendante.
La réalisation était à la fois troublante et révélatrice. Stefan et Damon – tous les deux – étaient encore obsédés par elle. Tous les deux voyaient Katherine quand ils regardaient Elena. Tous les deux projetaient leurs sentiments non résolus, leur amour toxique, leur besoin maladif sur cette pauvre fille innocente qui avait juste eu le malheur de naître avec le même visage.
Elena mérite tellement mieux, pensa Katherine avec une clarté douloureuse. Elle mérite quelqu'un qui la voit, elle. Pas mon ombre. Pas mon fantôme. Pas cette version idéalisée de moi qu'ils ont construite dans leurs têtes.
Elle s'approcha de la fenêtre, regardant Damon partir dans la nuit. Il se touchait la lèvre, et Katherine pouvait presque voir ses pensées. Il pense à moi. Même maintenant. Même après tout ce temps. Il pense à Katherine Pierce et au baiser qu'il vient de voler à Elena Gilbert.
Pathétique.
Elle pensa au voyageurs, vous ne l'aurez pas, se promit-elle silencieusement. J'ai passé dix-sept ans à la protéger de loin. J'ai renoncé à chercher Elijah pour la garder en sécurité.
Je ne la laisserai pas tomber maintenant.
Et je ne la laisserai pas devenir ce que j'étais – un objet de désir pour deux frères qui ne peuvent pas voir au-delà de leur propre obsession.
Elle regarda la photo sur la table de nuit. Elena et ses parents, souriants, heureux, vivants.
Je te protégerai, pensa Katherine, touchant doucement le visage d'Elena sur la photo. De tout. Des voyageurs. Des dangers surnaturels. Et même de Stefan et Damon, s'il le faut.
Parce que tu mérites d'être aimée pour toi-même. Pas comme un substitut. Pas comme une réincarnation. Mais comme Elena Gilbert.
Tu auras ta vie. Tu auras tout ce que je n'ai jamais eu. Je te le promets.
***
Dans une maison abandonnée de l'autre côté de la ville, cinq voyageurs se réunirent autour d'une carte.
« Le double est ici », dit l'un d'eux, son doigt pointant vers le centre de Mystic Falls. « On le sent. »
« On doit envoyer un message », répondit un autre.
Mais ils ne savaient pas. Ils ne savaient pas que Katherine Pierce les chassait déjà. Que la survivante ultime, celle qui avait échappé à Klaus pendant cinq cents ans, était maintenant leur prédateur.
Et Katherine Pierce ne perdait jamais quand il s'agissait de protéger ce qui lui appartenait.
Elena Gilbert était sa descendante. Son sang. Sa responsabilité.
Et personne –, ni les voyageurs, ni même les frères Salvatore avec leur amour toxique et leur obsession maladive – ne lui prendrait ce qu'elle avait juré de protéger.
La chasse venait de commencer.
Et cette fois, Katherine ne se contentait pas de survivre.
Cette fois, elle était le prédateur.
Chapter 2: La Nuit des Masques
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La cuisine des Gilbert baignait dans une obscurité presque complète, à peine troublée par la lueur argentée de la lune filtrant à travers les rideaux. John fouillait distraitement dans le réfrigérateur lorsqu'une présence se matérialisa derrière lui, silencieuse comme l'ombre elle-même. Un frisson glacé remonta le long de sa colonne vertébrale avant même qu'il ne se retourne.
« Tu m'as fait une de ces peurs », lâcha-t-il en portant la main à son cœur, le souffle court.
La silhouette recula d'un pas, et dans la pénombre, un sourire énigmatique se dessina sur des lèvres qu'il connaissait trop bien. « Désolée », murmura-t-elle avec une douceur trompeuse.
John referma lentement la porte du réfrigérateur, cherchant dans l'obscurité à distinguer les traits de celle qui se tenait devant lui. « Jenna est là ? » demanda-t-il, une pointe d'espoir dans la voix.
« Je ne sais pas. » Un soupir s'échappa de ses lèvres, et son regard se durcit imperceptiblement. « Je ne suis pas Elena, John. »
Le silence qui suivit fut plus glacial que tous les hivers de Mystic Falls réunis. Le sang de John se figea dans ses veines.
« Katherine ? » Le nom franchit ses lèvres comme une prière maudite.
« Oui. »
***
À l'étage, Jeremy gisait sur son lit dans un sommeil qui ressemblait davantage à la mort qu'au repos. Sur sa table de nuit, une boîte de somnifères vide témoignait de son geste désespéré, tandis que la lune projetait sur son visage blême des ombres inquiétantes.
***
Dehors, Elena remontait l'allée menant à la maison, son téléphone pressé contre son oreille. La frustration perçait dans sa voix. « J'ai cherché partout, Stefan. »
« Tu crois qu'on te les a volés ? » La voix de son petit ami crépitait dans l'appareil, teintée d'inquiétude.
« Ouais. Je ne vois que ça. Quelqu'un m'a piqué mes affaires. » Elle fouillait rageusement dans son sac, à la recherche de ses clés qui semblaient s'être volatilisées.
***
Dans la cuisine, Katherine s'approchait de John avec cette grâce féline et prédatrice qui la caractérisait depuis cinq siècles. Chacun de ses mouvements était calculé, dangereux, hypnotique. John reculait instinctivement, comme une proie face à son prédateur.
« Que fais-tu ici ? » Sa voix tremblait malgré lui.
Katherine inclina légèrement la tête, et dans ses yeux se reflétait une curiosité presque enfantine. « Je voulais la voir. »
***
« Je viens te chercher ? » proposa Stefan au téléphone.
Elena déverrouillait enfin la porte, son épaule poussant contre le battant. « Non. Je vérifie que Jeremy va bien et je file à l'hôpital. On se retrouve là-bas. »
« Compte sur moi. »
Un sourire traversa le visage d'Elena malgré l'épuisement de cette soirée interminable. « Génial. Je t'aime, Stefan. »
« Moi aussi. Je t'aime. »
***
Au même instant, Katherine levait brusquement la main, ordonnant le silence. John se figea, retenant son souffle. Tous deux écoutaient les bruits de la maison qui s'éveillait.
***
« Jeremy ? T'es couché ? » La voix d'Elena résonnait dans le couloir désert, se heurtant au silence. Une inquiétude sourde s'insinuait en elle. « Jeremy ? »
Elle poussa violemment la porte de la chambre de son frère. Ce qu'elle découvrit lui glaça le sang. Jeremy gisait, immobile comme un gisant de pierre, son teint cireux évoquant celui d'un cadavre.
« Jeremy ! Jeremy ! » Son cri déchirant fendit la nuit. Elle se précipita sur lui, le secoua avec une violence née du désespoir. « Je t'en supplie, Jeremy. Réveille-toi ! »
Les paupières du jeune homme s'ouvrirent brusquement, et il inspira profondément, comme un noyé remontant à la surface.
***
John se précipita vers l’escalier, mais Katherine posa une main sur son bras.
"Il respire, souffla-t-elle. Il ira bien. On doit parler".
John la dévisagea, partagé entre colère et inquiétude, avant de lui faire signe de sortir.
***
Quelques minutes plus tard, Stefan faisait irruption dans la maison. L'escalier craqua sous ses pas précipités. Dans la chambre, Jeremy était assis sur son lit, hébété, le regard perdu dans le vague.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Stefan en s'agenouillant près de lui.
Elena débitait son explication d'une traite, les mots se bousculant dans sa bouche. « Il a dit qu'Anna lui avait donné du sang. Il a avalé une boîte de médicaments. Et là, je ne sais pas... Il a l'air d'aller bien. Mais qu'est-ce que tu en penses ? Du coup, je ne suis pas sûre. »
Stefan examina la boîte vide, puis se tourna vers Jeremy. Lorsqu'il tenta de vérifier ses pupilles, le jeune homme le repoussa avec humeur.
« Jeremy, regarde-moi ! »
« Arrête ! Je vais bien. Rien n'a changé. Je me sens toujours pareil. »
Elena se tordait les mains, l'angoisse lui nouant l'estomac. « Je demande à quelqu'un de venir l'examiner, tu crois ? »
« Non. Il va bien. » Stefan relâcha Jeremy, qui laissa échapper un juron étouffé.
« Je ne suis pas un vampire ? Et merde. »
« Pourquoi tu dis ça ? Pourquoi tu voudrais en devenir un ? »
Jeremy se retourna vers sa sœur, et dans ses yeux rougis brillait une douleur qui la transperça. « Tu n'es pas au courant de ce qui est arrivé à Anna ce soir ? » Sa voix se brisa. « Elle est morte. »
Stefan le força à se rasseoir, plongeant son regard dans le sien avec une intensité qui ne tolérait aucune échappatoire. « Jeremy. Jeremy ! Écoute-moi. J'ai beaucoup de peine pour Anna, tu peux me croire, mais j'ai quelque chose d'important à te dire. Ton corps élimine son sang à chaque seconde qui passe. Si tu retentes de te suicider maintenant, tu risques d'y rester. » Une légère claque ponctua ses paroles. « Hé ! T'as compris ce que je t'ai dit ? »
« Stefan... » murmura Elena, inquiète de sa brutalité.
« Oui. J'ai compris. »
« Ok. » Stefan relâcha son étreinte. Elena s'approcha, le visage ravagé par l'inquiétude. « Et les médicaments alors ? »
« La dose n'était pas mortelle. Ils n'ont pas agi grâce au sang d'Anna. »
***
L’air est lourd, chargé d’électricité. John fixe Katherine, la mâchoire crispée, la méfiance à fleur de peau.
« Tu ne peux pas l'approcher. »
Katherine soupira, et un éclair de frustration traversa son visage comme un orage d'été. « Je sais. Au départ, je voulais seulement la voir. » Elle marqua une pause, et son expression se fit soudain grave, presque vulnérable. « Mais j'ai appris que des Voyageurs ont eu vent du fait qu'un autre double était là. »
John se raidit, tous ses instincts de survie en alerte. « Les Voyageurs ? »
Katherine hocha la tête lentement, et dans ses yeux millénaires dansait une lueur inquiétante. « Ils vont venir pour elle, John. Et quand ils le feront, ni toi, ni les Salvatore ne pourrez les arrêter. »
***
L'hôpital de Mystic Falls baignait dans cette atmosphère étrange propre aux établissements médicaux la nuit, où le temps semble suspendu entre la vie et la mort. Dans un couloir aux néons blafards, Bonnie se précipitait vers Matt, qui était affalé sur une chaise en plastique, la tête entre les mains, le portrait même du désespoir.
« Comment va Caroline ? »
Matt leva vers elle un regard hanté qui la glaça. « Les nouvelles ne sont pas bonnes. »
« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« On était en voiture. C'était Tyler qui conduisait et... et tout à coup, il a entendu un bruit. » Matt passa une main tremblante dans ses cheveux. « Ça lui a filé une migraine, un truc de malade. Il a perdu le contrôle de la voiture. Au début, je croyais que Caroline allait bien. Et puis... on s'est rendu compte qu'elle n'allait pas si bien que ça. »
Bonnie porta sa main à sa bouche, le monde vacillant autour d'elle.
***
Plus loin dans les dédales de l'hôpital, Damon Salvatore arrivait d'un pas rapide, sa démarche habituellement nonchalante remplacée par une urgence inhabituelle. Il rejoignit Liz Forbes qui faisait les cent pas tel un animal en cage.
« Liz ? J'ai sauté dans la voiture dès que j'ai eu votre message. Comment va-t-elle ? »
Liz s'arrêta, et le désespoir qui se lisait sur son visage brisa quelque chose en Damon. « Elle est au bloc opératoire. Ils font... ils font ce qu'ils peuvent pour la sauver. » Elle agrippa son bras avec la force du désespoir. « Damon, il faut que vous m'aidiez. »
« Bien sûr. Je vous écoute. »
Ils s'éloignèrent dans un recoin plus discret du couloir. Liz baissa la voix jusqu'au murmure. « Richard Lockwood est mort. Les agents l'ont pris pour un vampire. Ils l'ont enfermé dans le bâtiment. »
Damon fronça les sourcils, sincèrement surpris. « Le maire était un vampire ? »
« Non. Non. Non. Il y a eu un malentendu. »
« Ah. »
« Il se serait effondré comme les autres quand John a activé l'instrument... Mais je sais que ce n'était pas un vampire. Je le connaissais depuis toujours, je m'en serais rendu compte. » Sa voix se brisa, et les larmes qu'elle retenait depuis des heures débordèrent enfin. « Maintenant, Carol va exiger des explications et moi, je suis incapable de penser à autre chose qu'à Caroline... Je ne sais pas ce qui... »
Les mots moururent dans sa gorge. Sans réfléchir, Damon la serra dans ses bras, maladroit mais sincère dans ce geste de réconfort.
« Ne vous inquiétez pas. Là, ça va aller. »
***
Une heure plus tard, à l'autre bout du couloir, à l'hôpital, Elena arrivait en courant, ses cheveux volant derrière elle. Elle rejoignit Bonnie dont le visage portait les stigmates du chagrin.
« Bonnie ? Comment elle va ? »
« Elle est affaiblie. On ne sait pas si elle va s'en sortir. »
Au loin, Damon les observait, et quelque chose dans son regard changea imperceptiblement.
« Quoi ? » Elena chancela, et Bonnie la rattrapa, la serrant contre elle. « Tu ne peux pas la sauver ? Si tu te sers de ta magie ? »
La voix de Damon les interrompit, tranchante comme une lame. « Elle ne sait pas le faire. Je me trompe ? »
Bonnie se dégagea de l'étreinte, essuyant rageusement ses larmes. « Non. J'en sais rien. »
« Et oui. Et pour cause, Emily s'est entraînée pendant des années avant d'y parvenir. »
« En tout cas, je sais neutraliser un vampire et je n'ai pas eu besoin de beaucoup m'entraîner. »
Un sourire fantôme effleura les lèvres de Damon avant qu'il ne se tourne vers Elena. « Je peux toujours lui donner de mon sang. »
« Quoi ? Non, pas question. »
« Juste pour qu'elle guérisse. Il y a aucun danger ici. Elle l'aura éliminé dans vingt-quatre heures, ça ne pourra que l'aider. »
« C'est trop risqué. Je ne peux pas te laisser faire ça. »
La voix de Bonnie claqua dans le couloir, dure et décidée. « Fais-le ! »
Elena se tourna vers son amie, estomaquée. « Bonnie... »
« Il s'agit de Caroline. On ne va pas rester là à la regarder mourir... Fais-le ! »
Damon inclina légèrement la tête, et dans ses yeux bleus dansait une lueur calculatrice. « Si je la sauve, toi et moi, on s'accorde une trêve. »
« Non... » Bonnie soutint son regard sans ciller. « Mais tu le ferais quand même... pour Elena. »
Un sourire énigmatique étira les lèvres de Damon. Il ne confirma ni n'infirma, se contentant d'un léger haussement de sourcils. Bonnie s'éloigna rapidement, incapable de supporter plus longtemps sa présence.
Damon reporta son attention sur Elena, qui le regardait comme si elle le voyait pour la première fois. « J'imagine que c'est la dernière chose que tu as envie de faire dans un moment comme celui-là. Mais on devrait parler de ce qui s'est passé tout à l'heure. »
« Tout à l'heure ? »
« Quand je t'ai raccompagnée. »
Elena fronça les sourcils, une incompréhension totale se peignant sur son visage. « De quoi tu parles ? »
Damon soupira, une pointe d'exaspération perçant dans sa voix. « Oh ! Ne fais pas l'innocente ! »
« T'es passé à quelle heure ? »
« Sérieux ! » Il la dévisageait intensément, cherchant dans ses yeux un signe qu'elle jouait la comédie. « Tout à l'heure, sous le porche, on a discuté. J'ai fait quelque chose de stupide en t'embrassant. Tu m'as dit que tu étais désolée mais que tu ne jouerais pas à ça. Tu as dit que tu n'étais pas comme Katherine. »
« Mais de quoi tu parles ? »
Damon l'attrapa par le bras alors qu'elle tentait de s'éloigner, sa poigne ferme mais non brutale. « Attends ! Si tu veux oublier ce qui s'est passé, c'est ton droit. Moi, je ne peux pas. Je suis désolé. »
La voix de Jenna résonna soudain dans le couloir. « Elena ? »
« Oh ! » Damon relâcha immédiatement son emprise, une expression étrange traversant son visage.
Jenna approchait rapidement, le visage marqué par l'inquiétude. « Je suis partie dès que j'ai eu ton message. Comment va Caroline ? »
Elena la dévisagea avec confusion. « Où tu étais passée ? »
« J'étais à la caserne des pompiers, j'avais des formalités à remplir. Mais tu le sais, je t'ai dit où j'allais avant de partir. »
« Non. Tu ne m'as rien dit. »
« Si, je te l'ai dit. »
Damon les observait, et lentement, très lentement, la compréhension se fit jour sur son visage. Ses yeux s'élargirent imperceptiblement.
« Non, tu ne m'as rien dit. »
« Si, je te l'ai dit. »
Les deux femmes se fixaient avec une obstination farouche, aucune ne voulant céder. Et soudain, Damon réagit, la réalisation le frappant comme un coup de poing.
« Oh ! Non. Dis-moi que c'est une blague. »
Il les laissa là, interloquées, et s'éloigna rapidement dans le couloir, son esprit s'emballant à toute vitesse. Katherine était de retour. Et elle jouait déjà son jeu mortel.
Chapter 3: Le Retour de l'Ombre
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La nuit enveloppait la maison des Gilbert d'un silence presque palpable. Dans la chambre de Jeremy, seule la respiration régulière du jeune homme troublait la quiétude. Stefan veillait, immobile dans le fauteuil près du lit, telle une statue de marbre gardant son sanctuaire. Ses sens de vampire restaient en alerte malgré l'apparence paisible de la scène.
Soudain, le cliquetis métallique d'une clé dans la serrure résonna en bas. Stefan se redressa imperceptiblement, tous ses instincts en éveil.
***
Katherine franchit le seuil de la maison avec l'aisance de quelqu'un rentrant chez soi. Stefan descendit l'escalier à pas silencieux, la rejoignant dans l'entrée. Son visage se détendit à la vue de celle qu'il prenait pour Elena.
« Alors ? Comment va Caroline ? »
« Je ne sais pas. »
Elle s'apprêtait à poursuivre lorsque quelque chose dans son parfum, dans l'inclinaison de sa tête, dans l'éclat de son regard déclencha une alarme primitive dans l'esprit de Stefan.
En une fraction de seconde qui sembla se dilater à l'infini, il la saisit et la projeta violemment contre le mur, ses crocs jaillissant de ses gencives dans un sifflement menaçant.
« Katherine. »
Un sourire s'épanouit sur les lèvres de la vampire. « Bonjour, Stefan. »
Il se jeta sur elle avec toute la rage accumulée depuis cent quarante-cinq ans, la plaquant contre le mur avec une force qui aurait pulvérisé les os d'un humain. Mais Katherine n'était pas humaine. D'un mouvement fluide, elle le retourna, utilisant son propre élan contre lui avec une grâce millénaire. Stefan la repoussa de nouveau, et ils tournoyèrent dans l'entrée comme deux danseurs mortels.
Le grincement de la porte d'entrée figea Stefan une fraction de seconde. Katherine en profita avec l'instinct d'une prédatrice née. Elle le projeta au sol dans un fracas sourd et disparut par la fenêtre dans un tourbillon d'ombre, laissant derrière elle le parfum fantôme de sa présence.
Elena et Damon franchirent le seuil au moment même où Stefan se relevait péniblement, la mâchoire serrée.
« Stefan ? » La voix d'Elena tremblait d'inquiétude.
« Elena. » Le soulagement inonda son regard.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Damon balaya la pièce du regard, lisant la scène comme un livre ouvert. « Katherine est venue ici. »
Elena porta sa main à sa bouche, le choc la privant de tout autre geste.
***
Quelques minutes plus tard, ils s'étaient regroupés autour de la table de la cuisine, formant un triangle tendu où circulaient les questions et les non-dits.
« Elle t'a dit ce qu'elle voulait ? » demanda Damon, son habituelle nonchalance teintée d'une gravité inhabituelle.
« Non. »
« Voilà une femme qui a le don de soigner ses entrées. »
« Tu l'as vue ? »
« Elle s'est fait passer pour Elena quand je l'ai croisée plus tôt dans la soirée. »
Elena se redressa sur sa chaise, une détermination nouvelle durcissant ses traits. « J'ai prévenu Jeremy. J'arrête de lui mentir. »
Stefan posa sa main sur la sienne. « Ça va ? »
« Non. Ça ne va pas. » Sa voix se brisa légèrement. « Je croyais que si on se débarrassait des autres vampires, tout rentrerait dans l'ordre. »
« Je sais. C'est ce qu'on croyait tous. »
« Katherine est entrée dans la maison, ce qui veut dire qu'elle a été invitée. On fait quoi maintenant ? » Elle les fixa tour à tour, cherchant dans leurs regards une réponse qu'ils ne possédaient pas.
« Nos valises. »
Elena fusilla Damon du regard. « Tu nous aides beaucoup. Merci. »
« Si Katherine voulait ta mort, tu serais morte depuis longtemps et ce n'est pas le cas. » Damon se pencha en avant, son regard bleu perçant le sien. « Elle doit donc avoir d'autres projets. »
Elena se laissa retomber sur sa chaise, le poids de cette journée interminable l'écrasant comme une pierre tombale.
Stefan acquiesça lentement. « Oui. Et nous, on a intérêt à découvrir ce qu'elle a derrière la tête en évitant de la provoquer au passage... » Il se tourna vers son frère. « Qu'est-ce qui s'est passé quand tu l'as prise pour Elena ? »
Damon eut soudain l'air d'un écolier pris en faute, ce qui était assez inhabituel pour être remarquable. « Hum ! Au risque de creuser un nouveau sillon sur un front déjà largement couvert de rides... je l'ai... embrassée. »
Stefan se raidit, une expression dangereuse assombrissant ses traits. « Tu veux dire quoi par "embrasser" ? »
« Eh bien, tu sais... quand deux lèvres s'avancent vers deux autres et font... » Damon produisit un bruit de baiser exagérément sonore.
Stefan se jeta sur lui avec la rapidité d'un serpent frappant, mais Damon l'esquiva avec cette grâce insouciante qui le caractérisait depuis cent soixante-quatre ans.
« Sois pas si prévisible. »
« Non. Attends ! » Elena s'interposa entre eux, ses mains sur le torse de Stefan. « Il a embrassé Katherine. Pas moi. » Elle fixa Damon avec une intensité qui ne laissait place à aucune ambiguïté. « On n'a pas le temps de se prendre la tête avec cette histoire. »
« Plus tard », promit Stefan d'une voix qui ressemblait davantage à une menace qu'à un report.
Damon soutint le regard de son frère et acquiesça lentement, une compréhension muette passant entre eux.
« John sait quelque chose, c'est obligé. Katherine était là aussi. »
« C'est Katherine. » Damon se leva, sa silhouette se découpant contre les ombres de la cuisine. « Elle adore manipuler les gens et tu te fourres le doigt dans l'œil si tu crois pouvoir découvrir ce qu'elle manigance avant qu'elle l'ait décidé. »
« Non. Elle a raison. » Stefan rejoignit Damon, formant un front uni malgré leurs tensions. « Il y a des chances que John ait appris quelque chose par Isobel. Ta mère était en contact avec Katherine. Ça vaut peut-être le coup de le faire parler. »
« J'ai une meilleure idée. »
Elena soupira, l'exaspération perçant dans sa voix. « Et qu'est-ce que c'est ? »
« Je vais ignorer cette espèce de garce. Salut. » Damon se dirigea vers la porte d'un pas décidé.
« T'es sûr que c'est un bon calcul ? »
« Si Katherine pense qu'on l'ignore, elle sortira de son trou et elle tentera quelque chose. »
Stefan croisa les bras. « Ouais. Et après ? »
Un sourire carnassier étira les lèvres de Damon. « Je l'empalerai. Je lui arracherai la tête. Quelque chose de poétique. J'improviserai. »
Il disparut dans la nuit, les laissant incrédules dans le sillage de son départ théâtral.
***
Le matin suivant baigna l'hôpital de Mystic Falls d'une lumière dorée qui contrastait cruellement avec les drames de la veille. Matt rejoignit Bonnie dans le couloir lumineux, ses traits tirés trahissant une nuit sans sommeil.
« Salut, Matt. »
« Salut. »
« T'es resté toute la nuit ? »
« Ouais, avec le shérif. »
Bonnie hésita, puis demanda avec une désinvolture feinte : « Personne d'autre ? »
« Si, Damon a fait un saut relativement tard dans la soirée. »
« Comment va Caroline ? »
Le visage de Matt s'illumina pour la première fois. « Viens voir par toi-même ! »
***
Ils poussèrent ensemble la porte de la chambre, et ce que Bonnie découvrit lui coupa le souffle. Caroline était assise dans son lit, parfaitement éveillée, regardant la télévision avec l'enthousiasme d'une personne qui n'avait pas frôlé la mort quelques heures auparavant.
« C'est mon émission préférée. »
Bonnie se jeta dans ses bras avec une violence née du soulagement et de l'amour.
« Serre pas si fort. C'est encore douloureux. »
« Désolée ! »
« C'est pas grave. » Caroline souriait, ses yeux brillants. « Les médecins disent que je me rétablis vite. »
« À mon tour ! » Matt se pencha et l'embrassa avec une tendresse qui fit monter les larmes aux yeux de Bonnie.
« T'es à croquer. » Caroline se tourna vers son amie. « Pourquoi tu pleures ? »
« Oh ! Bonnie. »
« Je suis contente que tu ailles mieux. »
Caroline tendit les bras vers eux deux. « Oh ! Je vous adore. »
« Nous aussi, on t'adore. »
***
La maison des Lockwood bourdonnait de murmures étouffés et de condoléances convenues. Les invités en tenue sombre circulaient entre les pièces comme des ombres, rendant hommage à Richard Lockwood. Dans un coin du salon, Damon tentait de jouer les médiateurs entre deux femmes au bord de l'explosion.
« Je veux savoir qui est responsable de la mort de mon mari. » La voix de Carol Lockwood était tranchante comme du verre brisé.
Liz soutint son regard sans ciller. « Je mène déjà l'enquête, mais tu dois être honnête avec moi... Est-ce que Richard a été sensible aux effets de l'invention pour une raison particulière ? »
« Qu'est-ce que tu insinues ? » Carol se raidit, l'offense colorant ses joues. « Que Richard était un vampire ? »
Les deux femmes se foudroyèrent du regard, l'air entre elles crépitant de tension.
« Non. Non. Non. » Damon s'interposa physiquement, ses mains levées en geste d'apaisement. « Personne n'insinue ça. »
« Tes hommes se sont plantés purement et simplement. » Carol cracha les mots comme du poison. « Ce qui fait de toi l'unique responsable. »
« Carol, je crois... »
« Si Richard n'avait pas aidé John Gilbert à mettre son plan débile à exécution, on n'en serait pas là aujourd'hui. » Liz ne reculait pas d'un pouce.
« Liz. Est-ce... »
« Quelqu'un s'est arrangé pour que mon mari soit tué. »
Damon changea de tactique, sa voix se faisant douce, presque hypnotique. « Nous sommes tous à cran. Carol, vous venez de perdre un être cher comme toute la ville. Alors il faut qu'on se serre les coudes. Qu'on se fasse confiance. Hein ? On va s'en sortir. »
Les deux femmes acquiescèrent, leurs armures craquant légèrement pour laisser transparaître le chagrin brut.
***
À l'entrée, Tyler accueillait les invités avec le stoïcisme d'un jeune homme qui n'avait pas encore pleinement réalisé qu'il était désormais orphelin de père. L'arrivée d'un homme aux cheveux bruns et au sourire facile le tira de sa torpeur.
« Le retour de la brebis galeuse. »
« Tyler ? » L'homme s'arrêta net, visiblement stupéfait. « C'est pas vrai. Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Dans ma tête, je te donnais pas plus de douze ans. »
« J'en avais à peine dix la dernière fois qu'on s'est vus, Oncle Mason. »
« Approche. » Mason l'attira dans une étreinte virile qui sentait la route et l'aventure. « Je suis content de te revoir. »
« Ouais. Moi aussi, ça me fait plaisir. Reste pas là. Entre ! »
Les deux hommes disparurent dans les profondeurs de la maison, laissant derrière eux le fantôme d'une relation familiale qui n'avait jamais eu l'occasion de s'épanouir.
***
Elena et Stefan se tenaient devant la porte de la chambre de John, l'appréhension palpable entre eux.
« C'est bon. T'es prête ? »
Elena acquiesça, rassemblant son courage comme un bouclier. Ils entrèrent dans la chambre où John gisait, spectral dans son lit d'hôpital improvisé.
« Hum ! Euh ! John ? »
Il ouvrit les yeux, la méfiance s'y inscrivant immédiatement. Stefan leva une main apaisante.
« C'est moi. Je ne suis pas Katherine. »
« On sait qu'elle était là. »
« Et on veut savoir pourquoi. »
« Où est-elle ? » La voix de John était rauque, teintée de quelque chose qui ressemblait presque à de la peur.
« À vous de nous le dire. »
« J'en ai aucune idée. »
Elena s'approcha du lit, sa voix se faisant suppliante. « Je t'en prie. Dis-nous pourquoi elle est ici. Qu'est-ce qu'elle cherche ? »
John détourna le regard, son silence plus éloquent que n'importe quelle parole.
« Elle va revenir. » Stefan se pencha légèrement. « On ne pourra pas vous aider si vous n'avez pas confiance en nous. »
« En toi ? » Le mépris dans sa voix aurait pu couper du métal.
« En votre fille, alors ? »
« Ma fille devrait t'avoir planté un pieu dans le cœur depuis longtemps... » John fixa Stefan avec une haine pure et cristalline. « Je n'ai jamais été en contact direct avec Katherine.
Elle n'avait pas confiance en moi... Alors soit tu me tues maintenant, soit tu t'en vas. Parce que je ne supporte pas une seconde de plus de te voir avec ma fille. »
« Tu es aveuglé par la haine. » Elena recula, les larmes menaçant de déborder. « Tout ce que tu vas y gagner, c'est de te faire tuer. »
Elle s'enfuit de la chambre, son chagrin résonnant dans le couloir silencieux. Stefan s'apprêta à partir, mais quelque chose en lui se rompit. Il se retourna et en une fraction de seconde, se jeta sur John.
« Vous n'avez pas peur de mourir ? » Il saisit John à la gorge, ses crocs brillant dangereusement. « Ça tombe bien. J'ai d'autres projets pour vous. »
Stefan se mordit le poignet, et avant que John ne puisse protester, lui força le sang entre les lèvres. Le liquide sombre coula dans sa gorge tandis qu'il se débattait faiblement.
« Maintenant, mon sang coule dans vos veines. » Stefan le relâcha avec dégoût. « Tout ce qui me reste à faire, c'est vous tuer. Alors je vous donne un bon conseil : disparaissez !
Elena ne veut pas de vous dans sa vie. Vous aurez éliminé mon sang dans vingt-quatre heures, ça vous laisse assez de temps pour quitter la ville. Et si j'apprends que vous êtes toujours là, je me ferai un plaisir de vous transformer en vampire et je vous regarderai vous haïr encore plus que vous ne vous haïssez déjà. »
Il le relâcha brutalement, John s'effondrant contre les oreillers comme une poupée désarticulée.
« Le compte à rebours est lancé. »
Stefan quitta la chambre, laissant John seul avec sa peur et le goût métallique du sang vampire dans sa bouche.
Chapter 4: Les Masques Tombent
Chapter Text
Le salon des Lockwood bourdonnait toujours de conversations feutrées lorsque Liz rejoignit Damon près du buffet, où il grignotait distraitement des petits-fours sans réel appétit.
« C'est qui le type avec Carol ? » demanda-t-il en désignant d'un mouvement de tête discret l'homme aux cheveux bruns qui consolait la veuve.
« C'est le frère cadet de Richard, Mason Lockwood. »
Damon arqua un sourcil, son intérêt piqué. « Un membre du conseil ? Comme John Gilbert l'était avant qu'il se pointe. »
« Il n'a rien à voir avec John. » Liz secoua la tête avec conviction. « Et d'une, ce n'est pas un imbécile et de deux, il ne croit pas aux vampires. Il rejette en bloc tout ce qui touche au conseil. Sa seule préoccupation, c'est de trouver la vague parfaite. »
« Hum ! Merci, à plus tard. »
Liz s'éloigna, le laissant seul. Damon tendit l'oreille, utilisant son ouïe surnaturelle pour capter la conversation lointaine entre Carol et Mason.
« J'ai encore des rêves pleins la tête », disait Mason avec une mélancolie palpable.
« J'imagine », répondit Carol d'une voix brisée.
***
À l'entrée, Katherine franchissait le seuil avec assurance. Tyler l'accueillit immédiatement, son visage s'illuminant légèrement malgré son chagrin.
« Salut, Elena. C'est gentil de passer. »
Katherine lui serra la main avec un sourire charmeur qui aurait pu faire fondre la glace. « Vas-y ! Entre ! »
Elle pénétra dans la maison comme si elle en connaissait chaque recoin, ce qui était probablement le cas après cent quarante-cinq ans.
***
Sur le parking de l'hôpital, Elena et Stefan marchaient vers sa voiture, la lumière du jour semblant presque déplacée après l'obscurité des dernières heures.
« Bon, il faut que je passe prendre Jenna et Jeremy à la maison. Ils m'attendent pour aller chez les Lockwood. » Elena marqua une pause, se tournant vers lui. « Comment ça s'est terminé avec John ? »
« Oh ! J'ai... Je lui ai demandé de partir. »
Elena lui lança un regard entendu. « Demander ? Tu l'as menacé. »
Stefan eut au moins la décence de paraître contrit. « Oui. Je l'ai menacé. »
« Ok. Je ne veux pas qu'il reste ici. Je sais que je ne devrais pas penser ça de mon père, mais... » Sa voix se brisa légèrement. « Je ne veux pas de quelqu'un comme lui dans ma vie, ni celle de Jeremy. »
« Je sais... je sais. » Stefan l'attira dans ses bras, et elle s'y blottit comme dans un refuge.
« On fait quoi maintenant ? »
« Maintenant... il faut que je m'occupe de Damon. »
Elena se dégagea légèrement, le regard inquiet. « Ne te dispute pas avec lui ! C'est... »
« Il était prêt à t'embrasser. Je ne peux pas laisser passer ça. »
« C'est pas ça qui devrait te préoccuper. C'est Katherine. » Elena posa sa main sur son torse, le forçant à la regarder. « Elle vous a déjà embrouillé les idées et Damon perd vite les pédales quand il s'agit d'elle. La dernière chose à faire, c'est envenimer la situation. En plus, Damon a dit que quand Katherine s'est fait passer pour moi, elle l'avait arrêté en lui disant qu'elle ne jouerait pas à ce jeu. Que je n'étais pas comme elle. »
Stefan la fixa, surpris par cette révélation qui changeait tout.
***
De retour chez les Lockwood, Bonnie intercepta Damon près du buffet avec la détermination d'un procureur face à un criminel.
« Tu savais, toi, que l'instrument avait agi sur Tyler Lockwood ? »
« Sur lui, non... » Damon engloutit un autre petit-four. « Mais sur son père, oui. »
« Tu ne veux pas savoir quoi ? »
« Oh ! Si, Bonnie. » Il se tourna vers elle, son sarcasme affûté comme une lame. « J'adorerais savoir pourquoi un type qui n'était pas un vampire a été victime de l'instrument de
torture que tu as laissé John Gilbert utiliser contre nous. Hum ! En parlant de ta mauvaise conscience, comment va Caroline ? »
« Elle se sent beaucoup mieux. »
« Ne me remercie pas ! »
« C'est à toi de me remercier. »
Damon fronça les sourcils. « Pourquoi moi je te remercierais ? »
« Pour t'avoir accordé un sursis. »
« T'as vraiment aucune pitié pour ceux qui font de bonnes actions. »
« Pas quand le mal est déjà fait... » Bonnie se rapprocha, sa voix se faisant plus menaçante. « Je sais qui tu es. T'as peut-être emboîné Elena et le shérif, et la grande majorité des gens, mais pas moi. »
« Oh !... »
« Un faux pas et je n'hésiterai pas à me débarrasser de toi. »
Damon sourit avec condescendance. « Faut vraiment que tu ailles mollo sur les potions, tu commences à te prendre pour une star. »
Bonnie le fixa intensément, et soudain, une douleur atroce transperça le crâne de Damon. Il chancela, portant la main à sa tempe.
« Excuse-moi ! Tu disais ? »
Damon, pour une fois à court de répartie, la laissa partir sans un mot. Bonnie traversa le salon et rejoignit celle qu'elle croyait être Elena.
« C'est pas vrai. Damon va finir par me rendre dingue. » Elle soupira avec exaspération. « Monsieur se pavane comme si ça faisait de lui un héros qu'il ait guéri Caroline, sauf que
c'est de sa faute si toute cette histoire est arrivée. »
Katherine l'observait avec un amusement évident. « Tu es une sorcière Bennett, tu peux largement faire tout ce que tu veux. »
« Ça y est. C'est passé. J'ai surmonté mes envies de meurtre. Merci. »
Bonnie toucha le bras de Katherine pour la réconforter, et c'est à cet instant que le monde bascula. Une vision la frappa comme la foudre, déchirant le voile de l'illusion. Ce n'était pas Elena. Ce ne l'avait jamais été.
« Euh ! Je crois que je vais aller voir Tyler, lui faire mes condoléances. Je reviens. »
« D'accord. »
***
Bonnie se précipita dans une pièce vide, ses mains tremblant tandis qu'elle composait frénétiquement le numéro d'Elena.
« Allô. »
« Elena ? Dis-moi où tu es ? » La panique perçait dans chaque syllabe.
« Je sais. Je suis en retard. Écoute, je monte dans la voiture là. J'arrive. »
La communication se coupa. Bonnie resta figée, horrifiée, et se retrouva soudain nez à nez avec Katherine qui se tenait dans l'encadrement de la porte.
« Les présentations n'ont pas été faites. Je m'appelle Katherine. »
« Je sais qui vous êtes. » Bonnie recula instinctivement.
« Évidemment. Tu es sa meilleure amie. »
Bonnie tenta de fuir, mais Katherine fut plus rapide. Bonnie concentra sa magie, et la douleur explosa dans le crâne de Katherine. Mais la vampire ne flancha même pas, son sourire s'élargissant.
« Ça fait un sacré bout de temps que je traîne dans les parages. Tu vas devoir faire mieux que ça. »
Katherine l'attrapa et la plaqua contre le mur avec une facilité déconcertante. Bonnie, terrifiée mais refusant d'abandonner, utilisa sa magie pour projeter violemment les portes de la pièce vers l'extérieur. Katherine se contrôla immédiatement, relâchant légèrement sa prise.
« Joli. »
La voix de Stefan résonna depuis le couloir. « Katherine ? »
« Stefan. » Elle se tourna vers lui avec un sourire presque chaleureux.
« Laisse-la tranquille ! »
« Je n'allais pas lui faire de mal. »
Katherine relâcha Bonnie et s'approcha de Stefan avec une grâce féline. Bonnie, soulagée mais profondément troublée, resta adossée au mur. Katherine n'allait vraiment rien lui faire ?
***
Stefan et Katherine déambulaient maintenant parmi les invités, deux fantômes du passé évoluant dans le présent.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Après la façon dont tu m'as traitée hier soir, je me suis dit qu'une rencontre en public serait moins violente. »
« Tu prends un peu trop de risques, tu ne crois pas ? Elena peut arriver à tout moment. »
« Je sais. Damon est là lui aussi, quelque part. Je l'évite depuis tout à l'heure. »
Matt les interrompit avec son sourire désarmant. « Salut. »
« Bonjour. »
« Caroline va mieux, je suis soulagé. Merci Elena. »
Katherine lui sourit gracieusement, jouant son rôle à la perfection. Matt s'éloigna, inconscient du danger.
« Qu'est-il arrivé à cette jeune fille, Caroline ? »
« Tu devrais partir maintenant. »
« Pas encore. »
« Et si tu me disais ce que tu fais là ? »
« Je voulais la voir. »
Stefan se rapprocha, sa frustration palpable. « À quoi tu joues ? Qu'est-ce que tu manigances ? »
« Pourquoi tu veux jouer avec moi ? » Katherine inclina la tête, ses yeux le sondant.
Ils se fixèrent intensément, et dans ce regard passa cent quarante-cinq ans d'histoire, de mensonges, de trahisons.
« J'en sais rien. Je ne peux pas jouer si je ne connais pas les règles. »
« Je ne vais pas faire ça. »
Katherine s'éloigna, et après une brève hésitation, Stefan la suivit comme un papillon attiré par une flamme qu'il savait mortelle.
***
Elena arrivait devant la maison des Lockwood avec Jenna et Jeremy, l'appréhension nouant son estomac.
« On dirait que toute la ville est au rendez-vous », observa Jenna.
« C'est normal. C'est... c'était notre maire. »
Jeremy soupira avec l'exaspération d'un adolescent. « Pourquoi ils ne réservent pas tout ce tralala à l'enterrement ? »
« Ah ! Parce que c'est la tradition. » Jenna prit un ton maternel. « Les Lockwood ont été là pour nous, à nous de les soutenir. Il y en a pas pour longtemps. On dépose la nourriture.
On fait nos condoléances et on rentre. »
« Une visite éclair, ça me va comme plan. »
Au loin, Elena croisa le regard de Damon. Quelque chose dans ses yeux la fit frissonner.
« Vous n'avez qu'à passer devant. J'arrive tout de suite. D'accord ? »
Elle traversa la pelouse et le rejoignit, consciente du poids de leur conversation à venir.
« Salut. Alors... comment tu te sens ? »
« Mieux que jamais. Je suis sur un petit nuage. Merci de demander. » Le sarcasme dans sa voix aurait pu couper du verre.
« Allez, Damon ! »
« Quoi, Elena ? »
« On peut en parler sans qu'il y ait de malaise. On est proches maintenant. Je veux vraiment savoir comment tu te sens. »
« Je t'ai embrassée, je me suis fait jeter. Ce qui a dû bien faire marrer ton sosie. Je ressens quoi à ton avis ? »
« Tu en as gros sur le cœur. »
« Tu sais bien que c'est impossible. Je n'ai pas de cœur. »
« Rectification : tu ne veux pas admettre que tu en as un. » Elena se rapprocha, sa voix se faisant plus douce. « Tu te mets en colère, tu gardes tout pour toi et tu finis par faire une bêtise. »
« T'es morte de trouille ? Tu as peur que Katherine me titille et me fasse sortir de mes gonds. Mais je te rassure, j'y arrive très bien sans elle. »
Damon s'apprêta à partir, mais quelque chose le retint. « Quand même, j'aimerais savoir... euh... »
Elena se tourna vers lui, attendant.
« Pourquoi ça te surprend autant que j'aie eu envie de t'embrasser ? »
« C'est pas ça qui me surprend... » Elle soutint son regard. « C'est que Katherine ait dit exactement ce que j'aurais dit. »
La douleur qui traversa le visage de Damon fut aussi visible qu'une plaie ouverte. « Hum ! Ça... ça fait mal. »
Bonnie surgit brusquement, l'interrompant. « Elena ? »
« Bonnie. Qu'est-ce qui se passe ? »
Bonnie resta muette, le choc la privant de tous ses mots.
***
Dans le bureau de Richard Lockwood, Jeremy découvrit Tyler en train de boire, seul dans la pénombre.
« Oh ! Pardon. Je cherchais... »
« Les toilettes sont dans le couloir. »
Jeremy, mal à l'aise, s'avança néanmoins dans la pièce. « Hum ! Au fait, je t'ai pas encore dit à quel point j'étais désolé. »
« J'ai passé la journée à recevoir des condoléances de personnes qui n'en pensaient pas un mot. »
« Je me rappelle quand j'ai perdu mon père, la maison était pleine d'étrangers qui m'expliquaient que c'était un type bien. » Jeremy s'assit, créant une connexion silencieuse. « Tout ça pour te dire que je sais à quel point c'est difficile. »
« Sauf que dans le cas de ton père, c'était pas faux. Le mien était un crétin. »
Tyler continua de boire, et Jeremy le regardait avec une compréhension douloureuse.
« Hum ! C'est vrai qu'il était sacrément atteint. »
Tyler le fusilla du regard, puis tendit la flasque. « J'ai trouvé ça dans un de ses tiroirs. »
Jeremy sourit malgré lui. « Hum ! Waouh ! »
« Il nous engueulera pas, il est mort. »
Après une brève hésitation, Jeremy prit la flasque. « Oh ! Et puis, allons-y après tout ! Ce sera notre secret. »
Mason entra brusquement dans la pièce. « Vous faites quoi tous les deux ? »
Jeremy se tendit immédiatement. Tyler bégaya : « Euh ! Rien ! Euh ! Rien du tout. »
« T'avais pas un truc à faire ? » demanda Mason à Jeremy d'un ton qui ne souffrait aucune contestation.
« Si. Tenez ! » Jeremy rendit la flasque et s'éclipsa rapidement.
Mason et Tyler s'observèrent en silence, puis Mason porta la flasque à ses lèvres et but longuement avant de la rendre à son neveu, qui en prit une autre gorgée dans un rituel silencieux de deuil partagé.
***
Dans le jardin des Lockwood, Stefan et Katherine marchaient parmi les arbres centenaires qui avaient été témoins de tant d'histoires.
« Les Lockwood possèdent beaucoup plus de terres qu'à l'époque. » Katherine observait les environs avec nostalgie. « Ils se sont bâti une petite fortune sur le dos des vampires de la crypte. »
« Au fait, pourquoi tu les as fait tuer ? Hum ! C'est toi qui les avais transformés. »
Katherine soupira, un son presque mélancolique. « Mm. Il n'y a rien de plus agaçant qu'un vampire assoiffé de vengeance. »
« T'as vraiment pas changé. »
Ils s'arrêtèrent sous les branches, et Katherine se tourna vers lui avec une expression qui semblait presque sincère. « Si, en fait. À l'époque, je n'avais pas mes émotions, Stefan. Je
vous ai blessés tous les deux et je le regrette. Emily est morte à cause de moi et ça aussi je le regrette. Mais ce que je regrette davantage, c'est de vous avoir séparés tous les deux. »
« C'est pas la peine d'essayer de me mentir, je ne te crois pas. »
« Si tu le dis. »
« Je n'ai jamais été amoureux de toi, pas une seule seconde. » La colère bouillonnait dans la voix de Stefan. « Tu manipulais mon esprit. Mes sentiments n'étaient pas sincères. »
« En partie, c'est vrai. Mais je ne t'ai enlevé que la peur, pas le reste. »
« La vérité... la vérité c'est que tu es toujours la même femme. Menteuse, égoïste et manipulatrice. Bref, la même garce. » Stefan se rapprocha, menaçant. « Alors quelle que soit la raison de ton retour, fais ce que tu as à faire et va-t-en. Parce que si tu restes, je te traquerai comme une bête et je t'arracherai le cœur de mes propres mains. »
Katherine soupira, presque amusée. « Tu veux savoir pourquoi je suis revenue ? Je suis revenue pour elle. »
« Alors on a un petit problème. Tu ne l'approcheras pas. »
Katherine leva les yeux au ciel et s'en alla, laissant Stefan seul parmi les fantômes du passé.
***
Quelques instants plus tard, Elena rejoignit Stefan dans le jardin, l'inquiétude gravée sur son visage.
« C'est bon. Ça va aller ? »
« Ouais. » Stefan passa une main dans ses cheveux. « J'essayais de la comprendre. Alors je suis rentré bêtement dans son jeu et je l'ai laissée m'atteindre. »
Damon apparut, interrompant leur moment. « J'ai tenté de suivre sa trace, mais elle a disparu. On a une ex complètement dingue en cavale. » Il se tourna vers Elena. « Si j'étais toi, je ferais gaffe. »
« Je retourne à la maison voir Jenna et Jeremy. Prévenez-moi quand vous aurez fini. »
Elena s'éloigna, déboussolée, les laissant face à face.
« Alors ? Tu proposes quoi ? » Damon mima un combat. « Un p'tit combat à mort ? »
Stefan eut un rire sans joie.
« Alors vas-y ! Marque ton territoire ! Menace-moi ! »
« Je ne me battrai pas avec toi. »
« Pourquoi ? »
Stefan explosa soudain. « Katherine va essayer de nous monter l'un contre l'autre. J'espère que tu l'as compris. »
« Oh ! N'aie crainte mon frère ! » Damon sourit avec amertume. « Toi et moi, nous sommes inséparables. »
Stefan lui fit face, sa voix tremblant de rage contenue. « On doit unir nos forces contre elle. Rester soudés ! Alors même si je meurs d'envie de te tuer sur place, je ne me battrai pas avec toi. »
Il s'éloigna, mais Damon lança : « J'ai embrassé Elena. »
Stefan se retourna brusquement, tous ses muscles tendus.
« Parce que tu as des sentiments pour elle. Parce que tu tiens à elle. » Stefan s'approcha lentement. « Je ne laisserai pas Katherine débarquer et réduire à néant cette partie de toi qui, après toutes ces années, est enfin prête à éprouver des sentiments. Elle va tout faire pour te briser, pour nous briser tous les deux. La façon dont on réagira sera déterminante. C'est à nous de décider. »
Ils se fixèrent intensément, cent soixante-quatre ans d'amour fraternel et de trahisons suspendus entre eux.
« Alors je te le répète, je ne me battrai pas avec toi. »
Stefan s'en alla, laissant Damon perplexe et profondément déstabilisé.
***
À la maison des Gilbert, John terminait ses bagages lorsque Jeremy entra pour récupérer quelque chose.
« Jeremy ? »
Jeremy se tourna, surpris. « Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Mes valises. Je suis passé prendre mes affaires. Je m'en vais. »
« C'est ça ton plan ? Maintenant que tu as tué tous les méchants vampires, tu peux quitter la ville. »
« Pas encore tous, mais suffisamment pour l'instant. Dis "Au revoir" à Elena de ma part. »
« T'as qu'à lui dire toi-même. »
John s'arrêta, se tournant vers son neveu. « Il faut que tu comprennes, on m'a appris à haïr les vampires, tous autant qu'ils sont. Ça fait partie de mes convictions et de celles de ton père. »
« Mon père aurait vu les choses différemment. »
« Il aurait peut-être fait les choses différemment, mais il n'y a qu'une façon de les voir. »
Jeremy fixa la chevalière au doigt de John. « La chevalière que tu portes et qui est censée te protéger, c'est celle de mon père. Pas vrai ? »
« Oui. »
« Pourquoi elle ne l'a pas protégé lui ? Pourquoi elle l'a laissé mourir ? »
« Parce que la mort de tes parents n'était pas d'origine surnaturelle. » John toucha la bague avec révérence. « C'était un accident. Rien ne peut nous protéger contre ça. »
« Je me demande ce qu'il penserait de toute cette histoire... de moi. »
« Il penserait que tu es encore jeune. Que tu ne sais pas encore qui tu es. » John se rapprocha. « Mais tu es un Gilbert avant toute autre chose. Mystic Falls avait un lourd secret. Tu l'as découvert et, maintenant, tu as des responsabilités. »
« Je ne crois pas à toutes ces légendes autour de l'héritage familial. »
« Tôt ou tard, il le faudra bien. »
Jeremy resta là, perplexe, tandis que John disparaissait dans la nuit avec ses bagages et ses secrets.
***
Dans le bureau de Richard Lockwood, Tyler fixait les photos de famille avec une rage grandissante. Soudain, dans un accès de fureur, il balaya tout ce qui se trouvait sur le bureau, brisant le cadre photo avec violence.
Carol surgit. « Tyler. Qu'est-ce qui te prend de tout casser ? »
« Je hais mon père. »
Carol tenta de le prendre dans ses bras. « Oh ! Ne dis pas ça, chéri. Je t'interdis de dire... »
Tyler la repoussa avec une force qui la projeta violemment sur le canapé. « Oh ! Ne me touche pas ! T'as compris ! »
« Tyler. »
Mason déboula et se jeta sur Tyler, le maîtrisant avec une facilité surprenante. « Hé ! Ça suffit. »
Il le maintint au sol tandis que Tyler se débattait comme un animal pris au piège.
« Dégage ! Lâche-moi ! »
« Tyler ! Calme-toi ! Tyler ! »
« Lâche-moi ! Je te dis. »
« Tiens-toi tranquille ! Concentre-toi ! »
« Dégage ! Lâche-moi ! »
« Regarde-moi ! Regarde-moi ! Calme-toi ! Ressaisis-toi ! »
Progressivement, Tyler se calma. Mason le relâcha sous les yeux horrifiés de Carol qui venait de comprendre quelque chose de terrible.
« C'est pas vrai. »
***
Le manoir Salvatore se dressait dans l'obscurité lorsque Damon rentra, se servant immédiatement un verre d'alcool. Une présence familière le fit se raidir.
« C'est courageux de ta part de venir jusqu'ici. »
Katherine était assise sur le canapé, parfaitement à l'aise. « Je voulais te dire "Au revoir". »
« Tu nous quittes déjà ? »
« Je le sens quand ma présence n'est pas désirée. »
« Ne fais pas la moue ! C'est pas sexy sur une femme de ton âge. »
« Hum ! Aïe ! Ouh ! »
Damon s'éloigna mais elle le rattrapa, sa main sur son bras. « Je suis désolée. »
« Et si je te tuais à la place... Qu'est-ce qui t'amène ici ? »
« Damon, je suis vraiment désolée. » Sa voix se faisait presque vulnérable. « J'espérais que tu arrêterais, que tu m'oublierais, que tu te rendrais compte à quel point j'étais tout sauf
bien pour toi. »
Soudain, il l'attrapa à la gorge, ses doigts s'enserrant autour de son cou. Mais au lieu de serrer, il l'attira contre lui et l'embrassa avec une passion désespérée qui contenait cent soixante-quatre ans de douleur.
« Damon, arrête. »
Elle se dégagea doucement, sa main sur sa joue. « Tu étais doux et gentil, un peu naïf. Je suis désolée d'avoir été la cause de ton changement. »
Damon resta là, complètement bouleversé, tandis qu'elle s'éloignait dans l'obscurité. Seul dans le silence du manoir, il s'effondra, les larmes qu'il n'avait pas versées depuis un siècle et demi ruisselant enfin sur ses joues.
Chapter 5: Le Prix du Sang
Chapter Text
Elena sortait de sa salle de bain, perdue dans ses pensées, lorsqu'elle découvrit Damon assis sur son lit.
« Tu m'as fait peur. »
« C'était mon tour d'assurer la surveillance du quartier. »
« Merci. C'est gentil de... garder un œil sur nous... sur moi. »
« C'est tout moi. Je suis le fidèle garde du corps. Relax, même en situation de crise. »
Elena le dévisagea attentivement. « Tu as bu de l'alcool ? »
Damon fit signe que oui, un geste presque enfantin.
« Et tu es bouleversé. Ça ne te réussit pas comme mélange. »
« Je ne suis pas bouleversé. Pour être bouleversé, il faut déjà avoir des choses qui te tiennent à cœur. »
« Arrête de te mentir ! » Elena s'approcha. « Tu es bouleversé, admets-le ! »
« Ça t'a surpris que j'aie envisagé que tu puisses m'embrasser. » Il se leva, se rapprochant dangereusement. « T'imagines même pas que je puisse croire que tu en as envie aussi. »
« S'il te plaît ! »
« Que ce qu'on partage tous les deux compte pour toi. La menteuse, c'est toi. » Il était maintenant tout près d'elle. « Quelque chose est en train de naître entre nous, tu le sais très bien. Mais tu préfères me mentir. Mentir à Stefan et pire que tout, tu te mens à toi-même. Je peux le prouver. »
Il l'attrapa et l'embrassa de force.
« Non... Non. Ne fais pas ça ! »
Damon la relâcha, la fixant avec intensité. Elena recula, choquée et blessée.
« Ça ne va pas ! Qu'est-ce que tu as ce soir ? »
« Ne mens pas maintenant ! »
« Arrête ! Tu vaux mieux que ça. Il faut que tu te reprennes. »
« C'est là que tu te trompes. »
Il tenta à nouveau de l'embrasser.
« Non... Non. Non. Non. S'il te plaît. Arrête ! » Elena le repoussa, les larmes aux yeux. « Je tiens beaucoup à toi. Tu m'entends ? Je tiens beaucoup à toi. C'est vrai. Mais... je suis
amoureuse de Stefan. Il n'y aura jamais personne d'autre que Stefan. »
Damon resta figé, désemparé, toutes ses défenses s'effondrant. Jeremy surgit soudain dans la pièce.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Damon relâcha Elena, quelque chose de sombre passant dans ses yeux.
« Rien. Tout va bien. Retourne te coucher ! » ordonna Elena.
« Non. Tout ne va pas bien, Elena. » Damon se tourna vers Jeremy. « Ton frère veut devenir un vampire. »
En un mouvement si rapide qu'il fut presque invisible, Damon attrapa Jeremy et le plaqua contre le mur.
« Aïe ! »
« Lâche-le, Damon ! Je t'en supplie. »
« Tu veux arrêter de souffrir ? » Damon parlait directement à Jeremy, sa voix étrangement calme. « Je ne connais rien de plus facile. Ce qui avait de l'importance pour toi n'en aura
plus. Tout ce que tu as à faire, c'est d'appuyer sur le bouton et clac. »
Le craquement sinistre de la nuque de Jeremy résonna dans la chambre comme le glas d'une cloche funèbre. Son corps s'effondra au sol, inerte, une poupée désarticulée dont on aurait coupé les fils.
« Jeremy. »
Le nom franchit les lèvres d'Elena dans un souffle horrifié. Elle se précipita sur son frère, tombant à genoux près de lui.
« Non... Non... » Les larmes ruisselaient sur ses joues, brûlantes et incontrôlables. « Jeremy. »
Damon les observa un instant, son visage une tempête de regret et de rage froide. Puis, sans un mot, il disparut dans l'obscurité du couloir, laissant derrière lui le chaos qu'il venait de créer.
Elena berçait le corps de Jeremy contre elle, ses sanglots déchirant le silence. Au bout de quelques instants qui lui parurent une éternité, son regard tomba sur la main de son frère. La chevalière. La bague de résurrection brillait faiblement dans la pénombre. Un sanglot de soulagement se mêla à ses pleurs.
***
Dans le salon des Lockwood, Tyler était affalé dans un fauteuil, les yeux dans le vague. Mason le rejoignit, s'asseyant face à lui avec la gravité de quelqu'un portant un lourd secret.
« Ta mère est sortie. Je crois qu'elle s'est shootée au calmant. »
« Je ne voulais pas la faire flipper. » Tyler passa une main tremblante dans ses cheveux. « Je ne sais pas pourquoi je pique des crises. »
« C'est la malédiction des Lockwood. »
Tyler leva brusquement les yeux, cherchant dans le regard de son oncle une explication, un espoir. « Et toi, où tu as chopé l'antidote ? »
« Il n'y a pas d'antidote. » La voix de Mason était lourde d'une tristesse séculaire. « J'ai seulement appris à gérer. »
« Je ne veux pas rester comme ça. J'en peux plus. »
« Personne ne le veut. » Mason se pencha en avant, ses coudes sur ses genoux. « C'est pour ça que c'est une malédiction. »
Tyler resta silencieux, digérant ces paroles qui scellaient son destin comme une condamnation à perpétuité.
***
De retour dans la chambre d'Elena, la scène ressemblait à une pietà moderne. Elena berçait le corps inerte de Jeremy tandis que Stefan se tenait près d'elle, impuissant face à sa douleur.
« Il a vu la chevalière. C'est pour ça qu'il l'a fait. Il savait. »
« Non. » Elena secoua la tête avec véhémence, refusant d'accepter cette excuse. « Il n'a pas vu la bague. »
« C'est à cause de Katherine. » Stefan s'agenouilla près d'eux. « Elle l'a mis hors de lui et tout ce qu'il y avait de bien en lui est parti en fumée. »
« Il n'y a rien de bon en Damon. Plus maintenant. » La voix d'Elena était glaciale, durcie par la trahison et la douleur. « Il a décidé dans quel camp il voulait être. Il ne veut plus rien ressentir. Il veut qu'on le haïsse, c'est plus facile pour lui. » Elle releva les yeux vers Stefan, et dans son regard brillait une haine pure. « Il a eu ce qu'il voulait. »
***
Au manoir Salvatore, Damon errait comme un fantôme dans le salon. La douleur et la colère bouillonnaient en lui telle une tempête contenue trop longtemps. Dans un cri de rage pure, il projeta son verre contre le mur. Le cristal explosa en mille éclats scintillants, comme son humanité qui volait en pièces.
Il s'effondra sur le sol, et pour la deuxième fois en cette nuit maudite, les larmes qu'il avait réprimées pendant cent soixante-quatre ans jaillirent sans retenue. Il pleura sur Katherine, sur Elena, sur l'homme qu'il aurait pu être et sur le monstre qu'il était devenu.
***
Dans la chambre d'Elena, elle continuait de bercer Jeremy, ses larmes tombant sur le visage immobile de son frère. Stefan s'approcha, posant une main réconfortante sur son épaule.
« Je le hais, Stefan. » Chaque mot était un serment, une promesse gravée dans la pierre.
« Ouais... Je sais... Je sais. »
Soudain, Jeremy inspira brusquement, ses yeux s'ouvrant d'un coup comme quelqu'un remontant des profondeurs d'un océan noir.
« Il va bien ? Est-ce qu'il va bien ? » Elena se pencha sur lui, ses mains tremblantes caressant son visage.
« Ça a l'air d'aller. Ça va ? Chut ! »
« Jeremy ? »
« Tout va bien. »
Jeremy cligna des yeux, la réalité revenant progressivement. « Il m'a tué. » Sa voix était rauque, choquée. « Damon m'a tué. »
« Chut ! Tout va bien... Oh ! Oh ! Jeremy. »
Elena le serra contre elle avec une force née du soulagement et de l'amour, très heureuse qu'il soit vivant, même si une partie d'elle était morte à l'instant où son corps avait touché le sol.
***
À l'hôpital, Caroline dormait paisiblement dans son lit, inconsciente du danger qui se glissait dans sa chambre tel un serpent dans l'herbe. Une silhouette émergea de l'ombre, s'approchant de son lit avec la démarche mesurée d'un prédateur.
« Qui êtes-vous ? » Caroline se réveilla en sursaut, son cœur s'emballant instantanément.
« Bonjour, Caroline. » La voix de l'homme était douce, presque chaleureuse, ce qui la rendait d'autant plus terrifiante.
« Qu'est-ce que vous voulez ? »
« Je me demandais si tu pouvais faire passer un message à la petite Elena, aux frères Salvatore et à Katerina de ma part ? » Il s'assit au bord du lit avec une désinvolture dérangeante.
« Attendez ! De quoi vous parlez ? J'y comprends rien. » Caroline recula instinctivement. « Quel message ? »
L'homme se pencha vers elle, et dans ses yeux dansait une lueur ancienne et impitoyable. « Donnez-moi le sosie humain, ou cette ville finira dans les cendres. »
Avant que Caroline ne puisse crier, avant qu'elle ne puisse réagir, l'homme tendit la main et brisa sa nuque d'un geste presque désinvolte. Le craquement résonna dans la chambre silencieuse. Le corps de Caroline s'affaissa contre les oreillers, ses yeux ouverts fixant le plafond sans le voir.
L'homme se leva, lissa sa veste avec soin, et quitta la chambre avec un sourire satisfait. Dans le couloir de l'hôpital, personne ne remarqua l'homme élégant qui s'éloignait dans la nuit.
Derrière lui, dans la chambre 312, Caroline Forbes gisait morte. Mais cette fois, quelque chose de différent se produisait dans son corps immobile. Le sang de Damon, toujours présent dans ses veines, commençait son œuvre sombre et irrévocable.
La transition avait commencé.
Et Mystic Falls ne serait plus jamais la même.
Chapter 6: La nuit de la transformation
Summary:
Cinq siècles après sa fuite, Katherine Pierce revient à Mystic Falls pour traquer les Voyageurs, des sorciers visant Elena Gilbert, son double Petrova. Prenant l’apparence d’Elena, elle infiltre la vie des Gilbert et découvre que Damon ne l’a jamais oubliée. Décidée à protéger sa lignée, elle chasse désormais ses ennemis.
Pendant ce temps, Jeremy tente de se suicider mais survit grâce au sang de vampire. Caroline, gravement blessée, est miraculeusement sauvée par Damon. Damon découvre que la “Elena” qu’il a embrassée était Katherine, ce qui accroît la tension dans la ville.
Katherine manipule les habitants, révélant que sa présence concerne directement Elena. Damon, ébranlé, agit de manière violente et incontrôlée, mettant Jeremy et Elena en danger. Une mystérieuse ombre menace la ville, tuant Caroline mais laissant son sang la sauver.
Mystic Falls bascule ainsi dans une nouvelle ère de ténèbres.
Chapter Text
La chambre d'hôpital baignait dans une obscurité presque totale, troublée seulement par le bip régulier des machines. Caroline gisait immobile dans son lit, son teint aussi pâle que les draps qui l'enveloppaient. Soudain, ses yeux s'ouvrirent brusquement, et elle inspira profondément comme quelqu'un émergeant des profondeurs d'un océan noir.
Elle se redressa, déboussolée, le monde autour d'elle paraissant à la fois trop net et étrangement déformé. Chaque son résonnait avec une clarté surnaturelle, chaque odeur s'imposait à elle avec une intensité bouleversante. Elle se leva en chancelant et sortit dans le couloir, ses jambes encore incertaines sous son poids.
***
« Excusez-moi ! Pourquoi il n'y a personne ? »
Une infirmière leva les yeux de son chariot de médicaments, un sourire patient aux lèvres. « On est en pleine nuit, ma jolie. »
« C'est vrai. » Caroline cligna des yeux, désorientée. Le concept même du temps lui semblait étranger.
L'infirmière émit un petit rire. « Hum ! Hum ! »
« Oh ! Bon. Ne souriez pas. » Caroline fronça les sourcils, agacée par cette condescendance. « Où est ma mère ? »
« Elle est rentrée avec ton copain après le repas du soir et tu as eu la visite d'un homme un peu plus tard. »
Une image floue traversa l'esprit de Caroline – un visage dans l'ombre, des mots inquiétants, puis... le néant. « Vous êtes sûre ? »
« Hum ! »
« Oh ! Oui. Je me souviens. Il... Il a dit qu'il avait un message. » Elle secoua la tête, essayant de dissiper le brouillard. « C'est possible d'avoir un truc à manger ? »
« Le p'tit déjeuner est servi à sept heures. »
« Peut-être, mais j'ai faim. » Une faim comme elle n'en avait jamais connu, dévorante, primitive, terrifiante.
« Retourne dormir, ça vaudra mieux. »
***
Caroline soupira, agacée, et se dirigea vers sa chambre. Mais soudain, elle s'arrêta net. Une odeur – cuivrée, chaude, irrésistiblement attirante – envahit ses narines.
« C'est quoi qui sent comme ça ? »
« Retourne dans ton lit ! »
L'infirmière s'éloigna dans le couloir, laissant Caroline seule avec cette faim dévorante. Elle s'apprêta à rentrer dans sa chambre mais changea d'avis, attirée par l'odeur comme un papillon vers une flamme. Elle se glissa dans une chambre voisine où pendait une poche de sang, luisant faiblement dans la pénombre.
« Qu'est-ce que tu fais dans cette chambre ? »
Caroline sursauta violemment. L'infirmière se tenait derrière elle, les mains sur les hanches.
« J'en sais rien. »
« File te coucher immédiatement ! »
***
Caroline retourna dans sa chambre sous le regard sévère de l'infirmière qui referma la porte avec fermeté. Une fois seule, Caroline sortit une poche de sang qu'elle avait réussi à voler, cachée sous sa blouse d'hôpital. Elle l'approcha de sa bouche, en inspira l'odeur. Sur le coup, la partie rationnelle de son esprit fut dégoûtée. Elle jeta la poche et recracha le sang.
Mais l'odeur... cette odeur insupportable, irrésistible... Elle reprit la poche et la vida goulûment, le sang coulant dans sa gorge comme une promesse de vie éternelle.
Chapter 7: Une vie ordinaire ?
Chapter Text
Le lendemain matin, sous un soleil éclatant, la fête foraine du lycée prenait vie. Elena s'affairait autour des stands, organisant les peluches et vérifiant les listes tandis que Bonnie l'observait avec inquiétude.
« Franchement, j'ai halluciné en voyant Katherine. C'était ton portrait craché. »
« C'est mon ancêtre. Ce n'est pas étonnant. » Elena déplaça une caisse de décorations. « J'ai déplacé les stands des élèves dans la cantine. »
« C'est un vampire, ton ancêtre, et je t'assure que vous n'avez pas seulement un air de famille. » Bonnie se rapprocha, baissant la voix. « Vous vous ressemblez comme deux gouttes d'eau. On aurait dit toi. »
Elena soupira, le poids de cette révélation l'écrasant. « Je ne sais pas pourquoi. Je ne peux pas t'expliquer. Ça me donne la chair de poule. C'est tout ce que je sais. »
« Qu'est-ce qui te dit qu'elle n'est pas toujours dans le coin à se faire passer pour toi ? »
« Rien du tout. Mais je n'ai que deux options : rester là à angoisser parce que je ne sais pas ce qu'elle fait, ou alors installer ces peluches sur le stand du lancer d'anneaux. »
« Et Damon alors ? Tu l'as revu depuis qu'il a tué Jeremy. » Bonnie se reprit. « Pardon ! Depuis qu'il a essayé de tuer Jeremy ? »
« Non. Je ne l'ai pas revu et je n'ai pas l'intention de le revoir. » Elena se tourna vers elle, son regard durci par la détermination. « Écoute, je n'ai pas envie de parler de lui, ni de quoi que ce soit en rapport avec les vampires. D'accord ? »
Elle lui jeta le stock de peluches dans les bras avec plus de force que nécessaire.
« D'accord. Message reçu ! »
« Je suis humaine et j'ai besoin de faire des trucs que font les gens normaux, sinon je vais devenir dingue. »
Bonnie sourit malgré elle. « Ok. Je ne dirai plus rien et je me concentre. On doit faire honneur à Caroline, sinon elle va nous assassiner. Comment elle fait pour nous terroriser ? »
Elena laissa échapper un petit rire. « Elle nous terrorise parce qu'elle n'est pas humaine. Ça doit être ça ? »
« Ouais. Ça doit être ça », répondit Bonnie en pouffant de rire, inconsciente de l'ironie terrible de ses paroles.
***
Dans les couloirs du lycée, Jeremy se tenait devant son casier tandis que Stefan lui tendait des plantes séchées.
« C'est comme ce qu'il y a dans le bracelet qu'Elena t'a offert. »
« C'est grâce à ça que je ne peux pas être hypnotisé. » Jeremy examina les feuilles avec curiosité.
« La Verveine est toxique pour les vampires. »
« Comme un poison ? »
« Ouais. Un poison très efficace qui empêche d'entrer dans la tête. »
Jeremy tourna les feuilles entre ses doigts. « Pourquoi la Verveine ? »
« J'en sais rien. Certaines plantes, qu'elles soient sous forme d'herbe ou de racine, sont tout simplement nocives pour les vampires. »
« Et le pieu dans le cœur ? »
« Mortel s'il est en bois. »
Jeremy leva les yeux, un sourire ironique aux lèvres. « T'es vachement sûr de toi pour quelqu'un qui est en train de me dresser la liste des moyens de te tuer. »
Stefan sourit à son tour. « Si je te soupçonnais de vouloir me tuer, on aurait une autre conversation tous les deux, crois-moi. »
« De toute façon, c'est Damon qui mériterait que je le tue. »
Le sourire de Stefan s'évanouit. « Un p'tit conseil. Ne t'occupe pas de Damon ! Il est plus fort que toi. Tu n'aurais aucune chance. Sans compter qu'il n'est plus tout à fait lui-même, alors essaie de passer à autre chose. »
« Je viens d'être tué par un vampire et ressuscité par une bague magique. » Jeremy referma violemment son casier. « Comment je peux passer à autre chose ? »
« Justement. Aujourd'hui, on a droit à un p'tit divertissement organisé par Elena, l'esclavagiste. »
Elena apparut soudain, essoufflée, une liste à la main.
« Salut, Elena. »
« Salut. Tiens ! Puisque tu es là, Jeremy... »
« Ouais, ouais. Je sais. Je dois mettre en place le jeu des poissons rouges. » Jeremy leva les yeux au ciel. « Trois cents poissons rouges, ça va être le pied ! »
Il s'éloigna d'un pas rageur, laissant Elena inquiète face à Stefan.
« Ouais. Ne t'inquiète pas pour lui ! Ça va aller. Il a besoin de temps, il vient de traverser une épreuve difficile. »
« J'espérais vraiment que s'investir pour cette fête foraine le ramènerait dans le monde des ados ordinaires. »
« Oh ! C'est ça le but de l'opération. »
« Oui. » Elena se rapprocha de lui, glissant sa main dans la sienne. « On va tous se mettre dans la peau du lycéen pas marrant qui vit dans un monde où le mot qui commence par V n'existe pas dans le dictionnaire. »
« Ça marche. »
« Ce soir, tu m'emmènes faire un tour sur la grande roue et quand on sera arrivés au sommet, tu m'embrasseras et mon cœur battra à la chamade comme si j'étais une lycéenne ordinaire. » Elle se hissa sur la pointe des pieds. « T'as compris le thème de la journée ? »
« Ouais. J'ai compris. Et j'aime beaucoup. » Stefan marqua une pause. « Mais j'ai une toute petite question. Euh ! Qu'est-ce qu'on fait pour Damon ? »
« Ah non ! Je ne veux plus entendre le mot qui commence par D. Il a été supprimé de la liste de nos sujets de conversation. »
« Malheureusement, le retour de Katherine l'a beaucoup touché. Ça l'a complètement perturbé. Il ne sait plus trop où il en est. » Stefan la regarda intensément. « Ça peut être dangereux. Qui sait de quoi il serait capable ? »
Elena ne répondit pas, trop agacée pour même envisager cette conversation.
***
Dans le salon des Lockwood, Damon et Carol étaient installés face à face, une théière fumante entre eux.
« Il paraît que John Gilbert a quitté la ville. Il y a un autre point que je voudrais aborder avec vous. » Carol versa le thé avec des gestes précis. « Suite au décès de Richard, c'est moi qui assurerai les fonctions de maire jusqu'aux prochaines élections. Je vais avoir besoin de quelqu'un pour prendre la tête du conseil. »
« Oh !... »
« Cette personne, j'aimerais que ce soit vous. »
Damon prit un air faussement humble. « C'est vous qui voyez, Carol. Je suis moi-même le descendant d'une famille fondatrice. C'est un sujet qui me touche particulièrement. Ce serait donc un honneur pour moi de protéger les habitants de Mystic Falls des vampires. »
Soudain, des voix résonnèrent dans le hall. Tyler et Mason rentraient, leurs rires et chamailleries perturbant la solennité de la conversation.
« Tu ne t'attendais pas à ça ? »
« Oh ! J'hallucine. »
Carol, visiblement agacée, se leva et referma les portes avec fermeté. Damon haussa un sourcil, amusé.
« Vous êtes sûre qu'on peut parler ? »
« C'est seulement Mason, mon beau-frère. Il est de passage. » Carol se rassit avec raideur. « Je ne tiens pas à ce qu'il entende notre conversation. Il ne voulait pas être au conseil quand il vivait ici et je ne vois aucune raison de l'intégrer aujourd'hui. »
Damon acquiesça, mais sa curiosité de vampire était piquée. Il tendit l'oreille, captant la conversation de l'autre côté de la porte.
« On a fait combien de tours ? Sept ? »
« Ah non ! Six. Je ne peux pas compter le dernier. T'étais à la ramasse. »
« Quoi ? »
« Ouais. Je crois même que j'ai vu ta grand-mère te dépasser avec son déambulateur. »
Tyler rit malgré lui. « Ouais. C'est ça. Fous-toi de moi ! Et enlève tes godasses. Elles sont pleines de boue et ma mère est... »
« Ok. »
Le bruit de chaussures tombant au sol. Puis Mason reprit, sa voix se faisant plus sérieuse : « Au fait, ta colère et ton agressivité, tu ne les gères pas mieux quand tu te dépenses comme ça ? »
« Je fais trois sports différents au bahut en plus de mes quatre séances de muscu et de mes trois joggings hebdomadaires, alors j'ai envie de répondre non. »
« Ça te prend sous forme de crise ? »
« Ouais. »
« Raconte comment ça se passe. »
Tyler marqua une pause, et Damon put presque sentir son malaise. « Au début, tout est normal et je me mets en colère, généralement pour des conneries. Et je suis nerveux, alors après la pression monte jusqu'à ce que je pète un câble. »
« C'est le trou noir ? »
« Ouais... » Le bruit d'une bouteille d'eau lancée. « Comme si j'étais aveuglé par la rage. »
« Il y a un scénario habituel ? Genre ça t'arrive une fois par mois pendant la nuit ? »
« Euh ! Je ne suis plus moi. C'est tout ce que je sais. Tu vois, en fait, dans ces moments-là, je deviens quelqu'un d'autre et je déteste ça. »
Damon se redressa légèrement, son intérêt décuplé. Loup-garou, pensa-t-il immédiatement.
« Du thé ? Damon ? »
Carol l'observait avec impatience. Damon revint à la conversation avec un sourire charmeur.
« Euh ! Oui. »
« Tenez ! »
« Merci, Carol. »
Ils burent leur thé en silence, mais l'esprit de Damon était ailleurs, déjà en train d'élaborer des plans.
***
De retour à l'hôpital, Caroline était recroquevillée dans son lit, les rideaux hermétiquement fermés. Elle tendit prudemment la main vers un rai de lumière qui filtrait entre les plis du tissu. Sa peau fuma immédiatement, la douleur la faisant sursauter. Elle retira sa main, observant avec horreur la brûlure qui guérissait déjà.
Matt entra avec un plateau de petit-déjeuner, son sourire habituel aux lèvres. « Ta mère dit que tu ne manges rien. »
« Non. C'est dégoûtant. »
« C'est de la bouffe d'hôpital. C'est normal que ce soit dégoûtant. »
Matt se pencha pour l'embrasser, mais Caroline s'éloigna brusquement, terrifiée à l'idée que le soleil touche son visage. Elle se mit à tousser pour dissimuler le malaise.
« Elle a dit aussi qu'ils te laisseraient sortir demain dans la matinée. »
« La matinée ? » La panique envahit sa voix. « Non. Il faut absolument que je sorte ce soir. »
« Pas question. Tu n'iras pas à la fête foraine. Je sais que c'est difficile à accepter pour quelqu'un d'aussi névrosé que toi qui a besoin de tout contrôler. Mais Elena et Bonnie s'en
occupent. »
« Je ne suis pas névrosée. »
Matt sourit tendrement. « Si tu l'es, mais je trouve ça très mignon, alors ça va. »
« Écoute ! C'est pas à cause de la fête. Si je veux partir plus tôt, c'est parce que cet endroit est vraiment triste à mourir. »
« C'est normal. Tu restes dans le noir. »
Matt s'avança vers les rideaux.
« Ne fais pas ça ! »
Caroline bondit de son lit avec une vitesse surnaturelle, se plaquant contre le mur comme un animal pris au piège.
« C'est quoi ce délire ? »
« Tire les rideaux, s'il te plaît ! »
« Qu'est-ce que tu as ? Ça ne va pas ? »
« Je t'ai dit de les tirer ! » La fureur dans sa voix le fit reculer.
Matt, incrédule face à cette colère, referma les rideaux. « Ça y est. T'es contente ? Je repasserai plus tard. D'accord ? »
Caroline acquiesça, bouleversée, tandis qu'il s'en allait visiblement blessé. Une fois seule, elle s'effondra contre le mur, complètement déboussolée.
***
Au manoir Salvatore, Damon se servait un verre de sang lorsque Stefan entra.
« Un p'tit verre d'hémoglobine ? »
« Non. C'est gentil. Je n'ai pas faim. J'ai déjà mangé. »
« T'as pas peur qu'un beau matin, tous les animaux de la forêt unissent leurs forces et contre-attaquent ? » Damon sirota son verre avec délectation. « Après tout, ils doivent en parler entre eux. »
« En attendant, ça me fait plaisir de voir ça. » Stefan désigna la poche de sang. « De voir que c'est une poche de sang qui te nourrit et pas une jeune étudiante. »
« Hum ! Si jouissif. » Damon se tourna vers son frère avec un sourire carnassier. « T'es là à marcher sur des œufs parce que tu crois que je peux exploser d'une seconde à l'autre.
Ça met un peu de suspense, c'est bien. Elena s'inquiète aussi. »
Stefan le fixa bizarrement, ne sachant comment réagir.
« Je parie que mon nom hante toutes vos conversations. »
« Tu as des nouvelles de Katherine ? »
« Je suis sûr que les Lockwood ont un secret de famille. » Damon changea brusquement de sujet. « L'instrument des Gilbert a agi sur eux mais pas la Verveine, ce ne sont donc pas des vampires. On a affaire à autre chose. »
« Oh ! Alors c'est ça ta... nouvelle obsession ? »
« Ben... Si tu préfères que des créatures surnaturelles non identifiées sévissent dans le coin. » Damon haussa les épaules. « D'accord. Je laisse tomber. »
« Hum ! Hum ! On ne s'est pas encore débarrassés de Katherine. Tu en es conscient et on n'a aucune idée de ce qu'elle manigance. »
« Pzzz ! » Damon soupira théâtralement. « Bien sûr que si. Elle s'est pointée pour crier au monde entier qu'elle avait changé, que nous n'étions rien pour elle. Alors si tu le veux
bien, je vais te laisser gérer ça avec elle. Parce que moi, j'ai des trucs plus importants à faire... Du genre exploser... Santé ! »
Damon se retira avec son verre, laissant Stefan perplexe dans le salon.
***
Caroline se rhabillait rapidement devant le miroir de sa chambre d'hôpital. Elle mit son collier en argent, et la douleur fut immédiate et atroce. Elle l'arracha en criant, mais la brûlure avait déjà disparu, ne laissant qu'une peau parfaite.
L'infirmière entra et ramassa le collier. « C'est joli. »
« Euh ! C'est une copine qui me l'a offert. »
L'infirmière repartit. Seule, Caroline sortit une poche de sang qu'elle avait dissimulée dans le lavabo. Elle en avala une gorgée, et soudain, son visage se transforma. Ses yeux devinrent noirs, des veines sombres apparurent sous sa peau, et ses canines s'allongèrent en crocs acérés.
Elle hurla, horrifiée par son reflet monstrueux.
L'infirmière se précipita dans la chambre. « Ça ne va pas ? »
Caroline se jeta sur elle avec une vitesse surnaturelle, l'attrapant à la gorge. « Vous ne devez en parler à personne ! » Ses yeux plongèrent dans ceux de l'infirmière, la contraignant.
« Vous ne devez en parler à personne ! »
« Je ne dois en parler à personne. » La voix de l'infirmière était monotone, hypnotisée.
« Vous ferez ce que je dis ? »
« Je ferai ce que tu dis. »
« Génial ! » Caroline relâcha légèrement son emprise. « Je commençais à mourir de faim. »
Elle plongea ses crocs dans le cou de l'infirmière, et le sang chaud envahit sa bouche comme une bénédiction et une damnation à la fois. L'infirmière s'affaissa dans ses bras tandis que Caroline se délectait, perdue dans l'extase terrifiante de son premier véritable repas de vampire.
Mystic Falls venait de gagner un nouveau prédateur. Et Caroline Forbes, la fille parfaite, l'organisatrice obsessionnelle, la meilleure amie dévouée, venait de mourir pour laisser place à quelque chose d'éternel et de monstrueux.
Chapter 8: La Nuit des Révélations
Chapter Text
La fête foraine scintillait sous le ciel nocturne de Mystic Falls comme un bijou étincelant, ses lumières colorées chassant les ombres qui semblaient pourtant se terrer dans chaque recoin. Elena et Bonnie circulaient entre les stands, leurs tablettes à la main, orchestrant le chaos organisé avec l'efficacité de généraux sur un champ de bataille.
« Le stand du lancer d'anneaux est en rupture de T-shirts "Twilight" et de poupées des Simpsons. »
Elena leva les yeux au ciel avec un sourire exaspéré. « Ok. Je vais voir si je peux en piquer au club de science. Au fait, un haut-parleur nous a lâché au karaoké. »
« Hé ! Tout va bien, Elena. Respire ! » Bonnie posa une main apaisante sur son bras. « Regarde autour de toi, la fête est un succès. »
« Tu veux dire que je sais faire autre chose que tuer des vampires ? »
« Ouais. C'est fou, non ? »
Elles éclatèrent de rire, un son léger et presque oublié qui résonna comme une promesse de normalité. Puis le regard d'Elena tomba sur un jeune homme aux cheveux blonds qui ajustait des câbles près du stand de barbe à papa.
« Hé ! Euh ! Carter ? »
Le jeune homme se retourna, un sourire désarmant aux lèvres.
« C'est bien ça ? Tu fais partie des forains ? »
« Ça se pourrait. »
« Ok ! Génial. »
Carter laissa son regard glisser vers Bonnie avec une appréciation évidente. « Waouh ! T'as besoin d'aide, ma beauté ? »
Bonnie rougit malgré elle. « Tu ne serais pas un spécialiste des haut-parleurs par hasard ? »
« Et si tu me montrais carrément le problème ? » répondit-il en riant.
Elena donna un coup de coude complice à Bonnie. « Il a raison, Bonnie. Montre-lui carrément le problème. »
« D'accord. Suis-moi ! »
Bonnie s'éloigna avec Carter, et Elena les regarda partir avec un sourire malicieux. Pour un instant, tout paraissait normal. Pour un instant, elles n'étaient que des adolescentes ordinaires.
***
Dans le bureau des Lockwood, Mason fouillait méthodiquement les tiroirs, ses mains expertes cherchant quelque chose de précis. Le grincement de la porte le fit sursauter.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Tyler se tenait dans l'embrasure, les sourcils froncés.
« Hein ! Rien. Je t'attendais. »
« Tu cherches un truc en particulier ? Dis-moi ! »
Mason se redressa, feignant la désinvolture. « En fait, ouais. Tu ne saurais pas où je peux trouver des vieux objets de famille dont on a hérité ? »
Tyler se mit à rire. « T'as déjà claqué tout ton fric ? »
« J'ai tout dilapidé, j'avais vingt-deux ans. Non. Sérieux, je cherche un truc qui appartenait à un de nos ancêtres. Ça doit être là quelque part. »
« Ça ressemble à quoi ? »
« C'est une pierre de lune, à peu près grosse comme un palet de hockey. C'est vieux. C'est moche. Le genre qui ne vaut pas grand-chose. »
Tyler haussa les épaules. « T'es grand ! Tu fais ce que tu veux. Je ne vois pas, mais peut-être que ma mère saura. »
« Ouais. Je lui demanderai. T'es prêt ? »
« Ouais. »
Mason quitta la pièce, suivi de Tyler qui s'attarda un instant sur le seuil, son regard s'attardant sur les endroits que son oncle avait fouillés.
***
À la fête foraine, Damon se matérialisa près du stand de Jeremy comme une ombre détachée de la nuit.
« Oh ! Jeremy ! Content de te revoir vivant ! »
Jeremy le fusilla du regard. « T'es pas un peu vieux pour aller à la fête foraine du lycée ? »
« Oh ! Si, de cent cinquante ans. »
« Ah ! T'es marrant. Tu plaisantes avec moi alors que je pourrais, je ne sais pas, foutre tes plans en l'air en racontant aux gens qui tu es vraiment. »
Le sourire de Damon s'évanouit instantanément. En un mouvement fluide, il agrippa Jeremy et l'éloigna à l'écart de la foule, dans l'ombre d'un stand abandonné.
« Hé ! S'il te plaît. Dis-moi que t'étais pas en train de me menacer. »
« Ça se pourrait bien pourtant. »
Le regard de Damon tomba sur la chevalière de Jeremy, et quelque chose de dangereux passa dans ses yeux. « Oh ! »
Il enserra le cou de Jeremy en le prenant de revers, sa main froide comme la mort. « Alors écoute ! Il y a des trucs qu'il faut que tu évites de faire. Comme te balader en te croyant invulnérable alors que ça serait si facile pour moi de me débarrasser de toi. »
Il le relâcha brusquement, et Jeremy chancela.
« Tu veux dire à tout le monde qui je suis vraiment ? Vas-y ! Essaye ! Et je t'enfoncerai ta précieuse chevalière si profond que tu pourras t'étouffer avec. »
Damon brandit la bague qu'il avait subtilisée pendant qu'il maintenait Jeremy. Il la lui lança en pleine tête et s'éloigna, laissant le jeune homme abasourdi, ramassant sa protection sur le sol poussiéreux.
***
À l'hôpital, Caroline était enfin habillée, prête à partir. L'infirmière attendait sagement sur le lit, son regard vide et obéissant.
« Le médecin a dit que j'étais en pleine forme. Il a signé mon formulaire de sortie. Je ne suis pas obligée d'attendre demain matin. Alors rappelle-moi quand tu auras ce message ! »
Caroline raccrocha avec un soupir de soulagement. « J'ai cru qu'il ne ferait jamais nuit. »
Elle s'approcha de l'infirmière, son regard se posant sur les marques de morsure qui ornaient son cou. « Euh ! Je ne voulais vraiment pas vous faire subir ça. Allez ! Rappelez-moi ce qu'on a dit ! »
« Mon mari a des tendances assez spéciales. »
« Ah ! C'est ça. Excellent ! » Caroline sourit malgré elle. « Bon, ben, ça y est. C'est l'heure. Je vais pouvoir faire un saut à la fête. Je fais partie du comité d'organisation et j'ai peur qu'elle soit complètement ratée. Elena est super. Non, je l'adore. Mais elle n'a aucune idée de ce que le mot "fabuleux" veut dire. »
Elle s'interrompit, une ombre de culpabilité traversant son visage. « Encore une fois, j'aurais préféré ne pas vous faire subir ça, alors si vous pouviez oublier que je vous ai mordue, ça serait génial. En tout cas, moi c'est ce que je vais faire. »
Caroline s'apprêta à partir.
« Que j'oublie quoi ? »
Caroline se retourna, un sourire émerveillé aux lèvres. « Je ne sais pas comment ça marche ce truc, mais c'est mortel. »
Elle disparut dans le couloir, laissant l'infirmière seule avec ses souvenirs réarrangés.
***
Au stand de bras de fer, Tyler dominait tous ses adversaires avec une facilité déconcertante. Au loin, Damon l'observait, rejoint par Stefan.
« Waouh ! Monsieur rôde. »
« Je suis en phase d'observation. »
« Dis plutôt d'obsession ! »
Tyler venait de remporter un nouveau match sous les acclamations de la foule.
« Il a une force étonnante, non ? »
« C'est un sportif de première catégorie. C'est normal qu'il ait de la force. » Stefan croisa les bras. « Tu te fais des films. »
« Je parie que je te bats. » Mason venait de défier son neveu.
« Et voici l'oncle », murmura Damon.
« Allez le surfeur ! Épate-moi ! »
« C'est franchement ridicule. »
Mais Tyler fut vaincu, et l'étonnement se peignit sur son visage.
« Merde ! »
« C'est tout ? » Mason sourit. « On a un nouveau champion. Allez ! À qui le tour ? »
« Euh ! Stefan aimerait bien tenter sa chance. »
« Merci », lâcha Stefan avec sarcasme.
« De rien. »
Stefan s'avança vers la table avec réticence. « Ouais. Je vais... je vais tenter le coup. On ne sait jamais. »
« Allez ! Installe-toi ! »
« Mets-lui une bonne raclée ! » cria Damon.
« Mon frère là-bas pense que je suis plus fort que vous. »
Mason fixa Damon avec une intensité troublante. « Je vais prouver le contraire. »
Le match commença. Stefan opposa toute sa force de vampire, ses muscles se tendant, mais Mason le domina avec une facilité déconcertante. Stefan retourna vers Damon, perplexe et légèrement humilié.
« T'as même pas essayé de lui résister ? »
« Crois-moi, j'ai tout donné ! »
Damon haussa les sourcils, surpris. « Viens avec moi ! »
Stefan le suivit, jetant un dernier regard vers Mason qui souriait tranquillement.
« Alors, est-ce que s'en est un ? »
« Non. Non. Ce n'était pas ce genre de force. Mais c'était pas non plus humain. Je ne sais pas comment dire. »
« Mais qu'est-ce qui se passe dans cette famille ? » Damon serra les poings. « Si les mecs ne sont pas des vampires, ils sont quoi ? »
« Oh ! Euh ! Peut-être que ce sont des tortues ninjas ? »
« Tu ne me fais pas rire. »
« Sinon il reste les zombies ou les loups-garous ? »
« C'est pas le moment de balancer des conneries. »
Stefan se moqua de lui tandis que Damon repéra Carter au loin. « Quoi ? À quoi tu penses ? »
« Est-ce qu'on est dans le monde réel et qu'il n'existe pas plus de loups-garous que de tortues ninjas ? »
Damon s'éloigna vers Carter.
« Pas tortues G.I, tortues ninjas », cria Stefan, mais Damon l'ignorait déjà.
***
Damon coinça Carter près d'un stand. « Hé ! Toi. »
« "Toi", ça a un prénom. »
« Je m'en fiche. »
Damon lui agrippa les épaules fermement. Carter tenta de se dégager.
« C'est quoi, ce délire ? »
Stefan surgit à leurs côtés. « Ne fais pas ça ! C'est une mauvaise idée. »
« Chut... Attends ! C'est juste une petite expérience. » Damon plongea son regard dans celui de Carter. « Tu vas chercher la merde à quelqu'un. Un certain Tyler Lockwood. Tu le provoques jusqu'à ce qu'il pète les plombs. Et quoi qu'il fasse, tu ne lâches pas l'affaire. Compris ? »
« Je ne lâcherai pas l'affaire », répéta Carter d'une voix monocorde.
« Bon garçon. »
Damon le relâcha. Carter s'éloigna d'un pas mécanique. Stefan fusilla son frère du regard.
« Quelqu'un risque d'être blessé. T'en es conscient ? »
« Non. Quelqu'un va exploser de rage incontrôlable. »
« Et ça prouvera quoi, exactement ? »
« Que le jeune Tyler ne sait pas gérer la provocation. On verra bien qui interviendra. Peut-être l'oncle mystérieux avec sa force... un peu trop surnaturelle. »
« Damon... »
Mais Damon s'éloignait déjà en sifflotant, laissant Stefan bouillir sur place.
***
Dans les couloirs déserts du lycée, Damon déambulait seul. Une présence se matérialisa derrière lui. Il pivota.
« Salut, Blondie. Ils t'ont laissée sortir ? »
Il reprit sa marche, mais la voix de Caroline le stoppa net.
« Ma mémoire est revenue. »
Damon se retourna lentement. « De quoi tu te souviens ? »
« Je me souviens de la façon dont tu m'as manipulée. Comment tu m'as bousculée, malmenée. Comment tu effaçais ma mémoire. Comment tu te nourrissais de mon sang. » Sa voix se brisa légèrement. « Comment tu couchais avec moi alors que je ne pouvais pas dire non. »
« T'es complètement cinglée. » Mais le rire nerveux de Damon trahissait son inquiétude.
« Les souvenirs sont revenus petit à petit. Un par un. »
« Tu ne peux pas te souvenir. C'est impossible. À moins que... » Son visage se décomposa. « À moins que tu sois devenue... »
L'inquiétude gagna son regard comme une marée montante.
« J'ai un message à transmettre. De la part d'un homme. Il a dit : "Dites à la petite Elena, aux frères Salvatore et à Katerina : donnez-moi le sosie humain, ou cette ville finira dans les cendres." »
« Attends ! » Damon tenta de l'agripper.
Caroline le projeta violemment contre les casiers. Il s'écrasa avec un bruit métallique qui résonna dans le couloir vide.
« Tu ne me fais plus peur, Damon. »
Elle s'éloigna d'un pas assuré, ses talons claquant sur le sol comme un verdict. Damon resta au sol, sonné, une main sur ses côtes meurtries.
« Aïe... »
Dans l'obscurité du couloir, Damon Salvatore comprit que le monde venait de changer. Caroline Forbes était devenue un vampire. Et quelque part dans les ombres de Mystic Falls, un ennemi inconnu venait de déclarer la guerre.
Chapter 9: Changement
Chapter Text
La fête foraine baignait dans une lumière artificielle qui semblait presque obscène dans sa gaieté. Elena arrangeait machinalement les prix sur son stand lorsqu'une ombre se matérialisa près d'elle. Damon. Son visage portait une expression qu'elle ne lui connaissait pas – quelque chose entre la gravité et l'urgence.
« Elena ? »
« Qu'est-ce que tu veux ? » Sa voix était froide, distante.
« Je sais que je suis la dernière personne que tu as envie de voir, mais tu dois venir avec moi. »
« Je ne sais pas de quoi tu veux parler, et je m'en fiche. »
« Il faut vraiment que tu viennes. Maintenant. » Damon se rapprocha, et l'intensité de son regard la fit frissonner. « Je suis sérieux. »
Elena, agacée mais intriguée malgré elle par son ton, le suivit à contrecœur.
***
Sur le parking faiblement éclairé, Tyler marchait vers sa voiture, les yeux rivés sur son téléphone. Stefan l'observait depuis l'ombre, immobile comme une statue. Carter surgit soudain et le bouscule brutalement.
« Hé ! Fais attention où tu vas ! »
« T'as un problème ? »
« Ouais. Tu viens de me rentrer dedans. »
« Et alors ? Qu'est-ce que tu comptes faire ? »
Carter le poussa avec force. Stefan se rapprocha discrètement, tous ses sens en alerte.
« Un conseil : laisse tomber. »
Carter le poussa à nouveau, plus fort cette fois. Tyler sentait la rage monter en lui comme une marée noire.
« Touche-moi encore et tu vas le regretter. »
Carter lui balança son poing dans la mâchoire. Tyler explosa. Il se jeta sur lui, et ils roulèrent au sol dans une mêlée chaotique, poings et jambes s'entremêlant dans une danse violente.
Mason débarqua en courant. « Hé ! Tyler ! Qu'est-ce qui te prend ?! » Il tenta de les séparer. « Tyler, arrête ! Calme-toi ! »
Il repoussa Carter violemment. « Maintenant, tu dégages. »
Mais Carter, possédé par la compulsion de Damon, revint à la charge. Mason lui enserra le cou, puis se battit avec lui. Carter le projeta au sol. Tyler bondit à nouveau sur Carter.
Mason se redressa d'un mouvement surhumain et repoussa Carter avec une force dévastatrice qui n'avait rien d'humain. Ses yeux brillèrent d'un éclat doré, presque luminescent dans l'obscurité.
« C'est quoi, ces yeux ?! » Tyler recula, la terreur se peignant sur son visage.
Mason aida rapidement Tyler à se relever et l'entraîna loin du parking. « Debout. On s'en va. Tout de suite. »
Stefan émergea de l'ombre et aida Carter à se relever. « Ça va ? Rien de cassé ? »
Carter, secoué, le regardait sans comprendre. « Qu'est-ce qui m'a pris de faire ça ? »
« Tu étais juste au mauvais endroit au mauvais moment. »
Carter resta hébété, le regard vide, tandis que Stefan l'observait avec inquiétude.
***
Au stand des anneaux, Caroline rejoignit Matt qui manipulait les anneaux en plastique coloré.
« Oh ! Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Ils m'ont laissée sortir. Je suis complètement guérie. »
Matt la dévisagea avec inquiétude. « T'es sûre que ça va ? »
« Oui. Je me sens beaucoup mieux. »
« Vraiment ? Parce que tout à l'heure, tu... »
« Je t'ai dit que je suis guérie. »
Elle l'embrassa brusquement, coupant court à toute discussion.
« Ok. Tant mieux. Tu veux essayer ? »
« Ouais. Merci. »
Caroline lança l'anneau. Il traversa l'air comme un projectile et pulvérisa plusieurs bouteilles en verre dans une explosion bruyante qui fit sursauter tout le monde autour.
« Waouh ! » Matt était impressionné. « Bien joué ! T'es une tueuse, toi ! »
Il l'embrassa et la serra dans ses bras. Caroline figea. Son regard dériva inexorablement vers son cou, où le pouls battait, visible, attirant. Les veines sous ses yeux commencèrent à noircir.
« Oh non... »
« Ça ne va pas ? »
« Je... il faut que j'y aille. »
« Mais... »
Elle s'éloigna précipitamment. Matt la suivit, de plus en plus inquiet.
« Caro ! Attends ! » Il lui attrapa le bras. « T'es sûre que tu ne devrais pas retourner à l'hôpital ? »
« Non ! Lâche-moi ! »
Elle se dégagea avec une violence qui le fit chanceler et s'enfuit dans la foule.
***
Dans une salle de classe du lycée, l'atmosphère était lourde, presque suffocante. Elena, Stefan et Damon formaient un triangle tendu.
« Comment c'est possible ? »
« Je lui ai donné mon sang. Quelqu'un l'a tuée. A plus B égale C. »
« Mais pourquoi ? »
« Parce que Katherine est une manipulatrice sadique. C'est probablement elle qui a orchestré tout ça. »
Stefan se frotta le visage avec lassitude. « Ce message... "Dites à la petite Elena, aux frères Salvatore et à Katerina : donnez-moi le sosie humain, ou cette ville finira dans les cendres." Je ne comprends pas ce que ça signifie. »
« Elle joue selon ses propres règles. »
« Pourquoi Caroline ? » La voix d'Elena tremblait.
« Aucune idée. »
« Caroline ne sait pas ce qui lui arrive. Elle doit être en train de perdre la tête. »
« Oh, elle le sait. » Damon s'adossa au bureau. « Le voile que j'avais mis sur ses souvenirs s'est envolé dès qu'elle est entrée en transition. »
« Il faut qu'on la retrouve. »
« Ouais. Et qu'on la tue. »
« Tu ne toucheras pas à Caroline. » Elena se dressa devant lui, furieuse.
« Elle sait qui on est. Ça fait d'elle un danger. On doit s'en débarrasser. »
« Il n'en est pas question. »
« Dois-je vous rappeler le destin tragique de Vicki Donovan ? » Damon se redressa. « Caroline a encore moins de chances de s'en sortir. Sa propre mère est une chasseuse de vampires. Allons droit au dernier chapitre. »
« On ne fera pas ça, Damon. »
Damon se tourna vers Stefan. « Ton silence est éloquent, frangin. » Il soupira. « Il n'y avait pas une fête au lycée la nuit où Stefan a tué Vicki ? Encore une ville où l'histoire se répète. Tu sais que j'ai raison. »
Stefan s'approcha de Damon, menaçant. « On ne tuera pas Caroline. »
Il sortit, suivi d'Elena. Damon resta seul dans la salle de classe vide.
« C'est pourtant la seule solution. »
***
Caroline, hagarde, se cachait derrière un chapiteau. La faim la consumait comme un feu dévorant. Elle aperçut Carter qui passait, une coupure au front. Le sang coulait, rouge et luisant. Elle trembla de tout son corps.
« Hé, ça va ? T'as l'air mal... »
« Non... je suis vraiment désolée. »
« Quoi ? »
Elle bondit sur lui avec une vitesse surnaturelle. Ses crocs percèrent sa peau, et le sang chaud envahit sa bouche. Elle buvait avidement, sauvagement, perdue dans l'extase terrifiante de son premier meurtre.
***
Dans le couloir du lycée, Bonnie et Matt discutaient près des casiers.
« Elle était en colère contre moi. Pourquoi ? Aucune idée. »
« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Elle a pété un câble. C'était comme ça toute la journée. Cool une minute, hystérique la suivante. »
« Elle a failli mourir. C'est forcément traumatisant. »
« Ouais. »
« Et puis... c'est Caroline. »
Matt soupira profondément. « Ouais. J'ai l'habitude de son stress, de ses angoisses. Ça fait partie d'elle. Mais là... c'est différent. C'est pire qu'avant. Je ne sais pas comment l'expliquer. »
Bonnie fronça les sourcils, une inquiétude sourde s'installant en elle.
***
Damon cherchait Caroline dans la fête foraine, un pieu à la main. De leur côté, Stefan et Elena faisaient de même.
« T'es d'accord avec Damon ? Avoue. »
Stefan soupira, visiblement gêné.
« Stefan ? »
Il explosa soudain de rage et fracassa un panneau de bois d'un coup de poing qui résonna comme un coup de canon.
« Stefan ! Hé ! »
Il se retourna, le visage ravagé. « Damon a raison. Pas sur ce qu'on doit faire, mais sur ce qui va arriver. Katherine a condamné Caroline à mort. »
« On ne la laissera pas mourir. » Stefan soupira. « Elle a fait ça pour me punir, c'est ça ? »
« Non. Oui. Je ne sais pas. Pour se venger, pour jouer... Ou alors Damon se trompe et il y a quelque chose qu'on ignore. »
Ils échangèrent un regard chargé d'incertitude et de peur.
***
Tyler et Mason rentraient dans le hall des Lockwood, tous deux encore sous tension.
« On est chez nous maintenant. On peut parler. On n'est plus en terrain hostile. »
« Je t'ai dit de laisser tomber. »
« Où t'as appris à bouger comme ça ? »
« Dans un cours d'arts martiaux brésiliens. Il y a longtemps. »
« Ne me mens pas ! »
« Je ne mens pas. »
« J'ai vu quelque chose. Je ne l'ai pas inventé. »
Mason, qui s'éloignait, revint sur ses pas et se planta devant Tyler, menaçant.
« Tu n'as rien vu. Rien du tout. »
« J'ai vu tes yeux. Ils ont brillé. Comme une lueur dorée. »
« C'était le reflet des phares d'une voiture. »
Tyler laissa échapper un rire incrédule. « Le reflet de phares... Ouais, bien sûr. »
« C'est ça. »
« Tu me prends pour un idiot ? »
Mason explosa. « Ça suffit ! Tu veux vraiment savoir ce que t'as vu ? T'as vu un mec qui en avait marre de devoir aller chercher son petit con de neveu en pleine bagarre ! »
Tyler ne répondit pas. Il tourna les talons et s'en alla, laissant Mason seul avec ses secrets.
***
Elena et Stefan arpentaient les allées désertes de la fête foraine.
« Où elle peut être ? »
Stefan s'immobilisa brusquement, son visage se crispant.
« Qu'est-ce qui se passe ? Tu l'entends ? » Elena se rapprocha, inquiète. « Stefan ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
« L'odeur du sang... » Sa voix était rauque, presque animale. « Je sens l'odeur du sang. »
Il s'élança. Elena le suivit en courant, son cœur battant la chamade.
***
Caroline était effondrée près du corps de Carter, le visage couvert de sang. Elle sanglotait, son corps secoué de spasmes.
« Il est mort. Je l'ai tué... Qu'est-ce qui m'arrive ? Qu'est-ce que j'ai fait ? »
Damon surgit de l'ombre comme une apparition.
« Hé... ça va. Ne pleure pas. Je peux t'aider à te sentir mieux. »
Caroline leva les yeux, remplis d'espoir désespéré. « Tu peux ? Vraiment ? »
« Oui. Il le faut. »
« Qu'est-ce que tu vas faire ? »
« La seule chose qu'il reste à faire. » Il lui caressa doucement le visage. « Je vais te tuer. »
Caroline se releva d'un bond, terrifiée. « S'il te plaît, ne me tue pas ! Je ne veux pas mourir ! »
« Mais, chérie... tu es déjà morte. »
« Non ! Ce n'est pas vrai. Je ne suis pas morte. Alors ne dis pas ça. Contente-toi de m'aider. D'accord ? »
« D'accord. »
« C'est tout ce que je te demande. »
« D'accord. »
« Aide-moi, s'il te plaît ! »
« D'accord. D'accord. »
« S'il te plaît... s'il te plaît... »
Elle se jeta dans ses bras en pleurant. Damon la serra contre lui, et pendant un instant, quelque chose de presque humain passa sur son visage.
« Ça va aller. Tu vas voir... ça va aller. » Plus bas : « C'est le seul moyen. »
Il sortit discrètement le pieu et s'apprêta à le plonger dans son cœur. Stefan surgit comme une furie et le projeta violemment au loin.
« Argh ! Stefan ! »
Elena accourut vers Caroline, mais celle-ci recula, hystérique.
« N'approche pas ! » Elle pointa Elena, puis les frères. « C'est de votre faute ! À tous ! »
« Non... non, Caroline... »
« Non ! »
« Stefan, il faut l'emmener à l'intérieur. »
« Viens, Caroline. Viens avec moi. »
Damon se releva, furieux. « Elle va mourir. Ce n'est qu'une question de temps. »
Stefan se plaça devant Caroline, protecteur. « Peut-être. Mais pas ce soir. »
« Oh, je te dis que si. »
Il ramassa le pieu et fonça vers Caroline. Elena s'interposa, son corps frêle formant un bouclier dérisoire.
« Non. »
Damon s'arrêta net. Ils se firent face, et dans ce regard échangé passa cent soixante-quatre ans d'amour, de haine, de regrets.
« Je t'en prie, Damon. C'est mon amie. »
Ils se jaugèrent du regard. Finalement, Damon recula, la défaite gravée sur son visage.
« Quoi qu'il arrive maintenant... t'es responsable. »
Il s'éloigna dans l'obscurité. Bonnie surgit à ce moment-là.
« Il faut lui nettoyer le visage. »
« Caroline ? » Bonnie aperçut son amie couverte de sang.
« Viens. On y va. »
« Non... tu ne peux pas en être un. C'est impossible. »
Elle s'approcha malgré tout et toucha le bras de Caroline. La réalité la frappa comme une gifle. Elle recula, aperçut le cadavre de Carter. Elle porta une main à sa bouche.
« Oh non... »
« Bonnie... »
« Ne reste pas là ! Va avec Stefan ! »
Stefan entraîna Caroline vers le lycée. Elena se tourna vers Bonnie et la rejoignit, la serrant dans ses bras tandis que son amie tremblait.
***
Dans les toilettes du lycée, Stefan aidait Caroline à se laver le visage. Elle tremblait, le regard vide.
« Ça va ? Regarde-moi. »
« Elle me déteste. »
« Non. »
« Bonnie me déteste. »
« Non. Elle est juste sous le choc. Comme nous tous. »
Il nettoyait délicatement le sang sur son visage, ses gestes étonnamment doux.
« Qu'est-ce que je vais faire pour Matt ? Comment je vais gérer ça avec lui ? »
« Chut... » Il posa une main apaisante sur son épaule. « Une chose après l'autre. Commence par te nettoyer. Allez. Vas-y. »
Caroline se mit à se laver mécaniquement.
« Je suis... je suis une meurtrière. Un monstre. Un horrible monstre. »
« Écoute-moi. Tes émotions sont décuplées. Ça fait partie de la transformation. C'est normal. Tu n'as pas à avoir peur. Fais-moi confiance. »
Caroline explosa soudain et se détourna du miroir. « Ce truc ! Pourquoi ça m'arrive tout le temps ? Je suis affreuse ! »
« Regarde-moi ! » Il la saisit par les épaules. « Caroline ! Regarde-moi ! Allez, regarde mon visage ! »
Caroline leva les yeux. Le visage de Stefan se transforma, les veines noires apparaissant sous ses yeux comme des rivières sombres.
« Regarde sous mes yeux. Tu vois ? Tu vois ça ? »
« Oui... » acquiesça-t-elle en larmes.
« Bien. Quand tu sens que ça arrive, dis-toi que tu vas surmonter cette épreuve. Que tu es assez forte. »
Caroline secoua la tête, désespérée.
« Si, Caroline. Fais-le ! Même si cette sensation te semble agréable, si tu as envie de céder... résiste. Refoule-la. N'y pense plus. » Il la fixait intensément. « Regarde-moi ! Il n'y a que comme ça que tu arriveras à survivre. Essaie. Essaie. »
Stefan respira calmement. Caroline l'imita, ses sanglots se calmant progressivement. Peu à peu, les veines disparurent. Son visage redevint normal.
« C'est bien. »
Il sourit, sincèrement fier d'elle.
« Pourquoi me faire ça à moi ? »
« Je ne sais pas. J'aimerais pouvoir te répondre... » Il prit son visage entre ses mains. « Hé, Caroline. Je te promets de veiller sur toi. Je vais te protéger. Il ne t'arrivera rien. Viens là. Ça va aller. »
Il la prit dans ses bras. Elle s'effondra contre lui, et dans cette étreinte se scellait un pacte silencieux. Stefan Salvatore venait de gagner une protégée. Et Caroline Forbes venait de trouver un mentor dans l'obscurité de sa nouvelle existence immortelle.
Chapter 10: L'Aube des Monstres
Chapter Text
Bonnie fixait le cadavre de Carter, les larmes roulant sur ses joues comme une pluie silencieuse. La mort semblait presque paisible sur son visage, ce qui rendait la scène encore plus insupportable.
« Je ne peux pas croire qu'il soit mort. »
« Arrêtez de pleurnicher. On a un cadavre à enterrer. » La voix de Damon les fit sursauter. Il s'approchait d'un pas nonchalant, comme si de rien n'était. « Je croyais que tu dirigeais les opérations. » Il soupira théâtralement. « Y en a vraiment qui n'ont pas de bol. »
Bonnie pivota, furieuse. Elle leva la main, et Damon s'effondra instantanément, tordu de douleur, les mains sur les tempes comme si son crâne allait exploser.
« Je t'avais dit ce qui arriverait s'il y avait de nouvelles victimes. »
« Ce n'était pas moi ! » grimaça Damon. « Je n'ai rien fait ! »
« Bonnie, je t'assure que ce n'était pas sa faute. »
« À chaque fois que ça tourne mal, Damon y est pour quelque chose. »
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Une flaque d'eau près de Damon s'enflamma soudain, le feu rampant sur lui comme une créature vivante. Il hurla, une plainte primitive et terrifiante.
« Arrête maintenant ! Tu m'entends ? Arrête ! » Elena était paniquée. « Tu vas le tuer si tu continues ! »
Mais Bonnie ne bougeait pas, son regard fixé sur Damon avec une haine pure. Elena se jeta à travers les flammes et secoua Bonnie violemment. Le feu s'éteignit comme une bougie soufflée.
« Bonnie ! Hé ! Arrête ! »
« Quoi ? Pourquoi t'as fait ça ? » Bonnie la regardait, hagarde. « Pourquoi tu ne m'as pas laissée aller jusqu'au bout ? »
« Parce qu'on n'est pas des tueuses. On ne peut pas devenir des tueuses. » Elena la serra dans ses bras avec force. « Allez, viens. D'accord ? »
Elles s'éloignèrent, laissant Damon au sol, agonisant, fumant, ses vêtements carbonisés témoignant de ce qu'il venait de subir.
***
Dans le couloir du lycée, Elena était appuyée contre son casier, respirant profondément pour calmer les battements affolés de son cœur. Stefan la rejoignit, son visage portant le poids de la nuit.
« Elena ? Caroline va bien pour l'instant. Je retournerai la voir plus tard. »
« Qu'est-ce qu'on fait pour Carter ? »
« On s'en occupe. »
Elena laissa échapper un rire amer. « Damon a raison depuis le début. Ça va mal se terminer pour elle. »
« Non. Je vais lui prouver qu'il avait tort. »
« Je n'arrive pas à croire au cauchemar qu'on a vécu aujourd'hui. »
Stefan soupira profondément. « Tu ne t'attendais pas à ça ? »
Elena secoua la tête, les larmes menaçant de déborder. « C'était idiot d'espérer une journée normale. Après tout, rien dans ma vie ne l'est. Ma meilleure amie est une sorcière, mon copain est un vampire, et j'ai un sosie déterminé à nous briser les uns après les autres. »
« Je suis désolé. »
« Pourquoi ? Ce n'est pas ta faute. Tu n'y peux rien. C'est la faute de personne. » Sa voix se brisa. « C'est comme ça, c'est tout. »
« Ouais. »
Il lui caressa tendrement la joue, un geste d'une douceur infinie.
« Je vais bien... je vais bien. C'est juste que... » Elle éclata en sanglots. « Oh non... Ça va. Je vais rentrer. C'est mieux. Je t'appelle demain, d'accord ? Bonne nuit, Stefan. »
Elle s'en alla, bouleversée, ses épaules secouées de sanglots. Stefan resta seul dans le couloir vide.
« Bonne nuit », murmura-t-il dans le silence.
***
Chez les Lockwood, Carol et Mason discutaient près de l'escalier, leurs voix basses et chargées de secrets.
« Je pense que c'est une bonne chose pour Tyler que tu sois à la maison. »
« Ouais. Je m'en rends compte. »
« Je vais voir si j'arrive à mettre la main sur la pierre dont tu m'as parlé. » Tyler descendait les escaliers et les rejoignit. « Elle doit être dans une des innombrables cachettes de Richard. À demain. »
Carol monta les marches, laissant les deux hommes face à face.
« À demain. » Mason se tourna vers Tyler. « Tu montes aussi ? »
« Ouais. Je ne vais pas tarder. » Tyler appela sa mère : « Bonne nuit, maman. »
« Bonne nuit, Tyler. »
« Excuse-moi pour tout à l'heure. On oublie ? »
« Ouais. On oublie. »
« Génial. »
Mason s'en alla, laissant Tyler seul dans le hall, son esprit tourbillonnant de questions sans réponses.
***
Au manoir Salvatore, Damon rentrait, épuisé et brûlé. Il se servit un verre lorsqu'il sentit une présence.
« Qu'est-ce que tu fous dans mon salon ? »
Jeremy était assis dans un fauteuil, un pieu à la main, son regard dur et déterminé.
« La porte n'était pas fermée. »
« Et alors ? »
Il approcha le verre de ses lèvres, mais Jeremy l'interrompit.
« À ta place, je n'y toucherais pas. »
Damon hésita.
« Je l'ai coupé avec de la verveine. »
Damon renifla le verre et le reposa avec dégoût.
« Pourquoi t'as fait ça ? »
« Pour pouvoir te planter ce truc... » Il brandit le pieu. « Droit dans le cœur. »
Il jeta le pieu sur la table basse entre eux. Le bois claqua contre le verre.
« Tu es venu chez moi pour me tuer ? »
« Tu ne l'aurais pas volé. Vu que tu m'as tué en premier. »
Damon ramassa le pieu et s'éloigna, l'examinant avec intérêt.
« Qu'est-ce qui t'a ramené à la raison ? »
« Mon père était en guerre contre les vampires. Comme mon oncle. Ils étaient inébranlables. Ils savaient quelle cause ils défendaient. » Jeremy marqua une pause. « Alors je me suis dit que je devais faire comme eux. Me trouver une cause. Mais si je te tuais... ça m'avancerait à quoi ? »
« Je ne suis pas très doué pour le rôle du grand frère attentionné. Du coup, je n'ai ni biscuits ni lait à te proposer. »
Jeremy, furieux, se leva et marcha vers la sortie. « Crétin. »
« Attends. »
Jeremy s'arrêta, se retourna, agacé.
« Mon père aussi détestait les vampires. »
« Sérieux ? »
« Mmh. Pour la même raison que le tien. Sauf que c'était en 1864. À cette époque, ils savaient tailler le bois. »
Jeremy esquissa un sourire malgré lui.
« C'est toi qui as fait ça ? »
« Ouais. J'ai essayé. Mais c'est pas aussi facile que ça en a l'air. »
Damon sourit légèrement, et dans ce sourire passa quelque chose de presque paternel.
***
Dans sa chambre, Caroline était allongée dans son lit, les yeux ouverts. Elle pensait à l'humiliation d'avoir dû être portée dans sa propre maison comme une intruse, Stefan ayant dû faire semblant qu'elle était évanouie pour que sa mère les invite à entrer. Un bruit la fit sursauter. La fenêtre s'ouvrit. Elle se cacha instinctivement, puis vit Matt entrer.
« Oh ! Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Je voulais savoir si la séance "pétage de plombs" d'aujourd'hui était enfin terminée. »
« Tu sais quoi ? Tu devrais partir. Ma mère sera bientôt là. »
« Non. Non... » Il s'approcha. « Caro, tu m'as mis dans le vent toute la journée et j'en peux plus. Et je suis encore plus angoissé que toi. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Je veux dire que... t'as failli mourir. Et ça m'a vraiment fait flipper. Du coup, j'ai beaucoup réfléchi. Et j'ai compris que... je ne pourrais pas supporter de perdre encore quelqu'un maintenant. » Caroline acquiesça, les larmes aux yeux. « Et je me suis aussi rendu compte que même si j'avais très envie de t'étrangler aujourd'hui... » Il sourit doucement. « J'étais à peu près sûr d'être amoureux de toi. Mais j'ai l'impression que tu n'éprouves plus la même chose pour moi. »
Caroline se jeta dans ses bras et l'embrassa passionnément. Il la serra contre lui. Son visage commença à changer – les veines apparurent. Elle ferma les yeux, respira profondément comme Stefan le lui avait appris. Tout redevint normal.
***
Elena dormait paisiblement lorsque Stefan se pencha et l'embrassa doucement. Elle se réveilla en sursaut.
« Salut. Quelle heure il est ? »
« Le jour va bientôt se lever. Viens avec moi. »
Elle se leva et le suivit sans poser de questions.
***
Ils marchèrent vers la grande roue illuminée, spectacle surréaliste dans l'aube naissante.
« Stefan, pourquoi tu m'as emmenée ici ? On va avoir des ennuis. »
« J'ai suggéré au gardien de prendre sa pause... pour que je puisse embrasser ma copie au sommet de la grande roue. »
La grande roue s'illumina soudain, ses lumières colorées chassant les ombres. Elena écarquilla les yeux.
« Stefan... »
« On doit profiter de ces petits moments, Elena. D'accord ? Ce que Katherine a fait à Caroline n'est peut-être qu'un début. On ne sait toujours pas ce qui cloche chez les Lockwood.
Et il y aura toujours le mot qui commence par D. » Il lui prit la main. « Mais... je suis revenu à Mystic Falls pour construire une vie avec toi. On n'a pas le droit de la laisser filer. »
Elena sourit, un vrai sourire cette fois. Il lui caressa la joue.
« Si la roue ne fonctionne pas, comment on va monter tout en haut ? »
« Je suppose que tu vas devoir me serrer très fort. »
Il la prit dans ses bras et bondit dans les airs. Ils atterrirent dans les sièges du sommet de la roue. Elena rit, émerveillée, un son léger comme une clochette.
« Quoi ? »
« J'aime te voir rire. C'est tellement agréable. »
Elena l'embrassa pour le remercier, versant dans ce baiser toute sa gratitude pour ce moment de normalité volé. Puis son sourire s'estompa.
« Le pire n'est pas encore passé, c'est ça ? »
Stefan soupira. « Non... non. »
Elena le fixa intensément. Il la serra contre lui tandis que le soleil se levait sur Mystic Falls, illuminant un monde qui n'avait plus rien de normal.
Chapter 11: Question
Summary:
Après une mystérieuse visite à l’hôpital, Caroline Forbes se réveille changée : elle est devenue vampire.
Tandis qu’à Mystic Falls, Elena, Stefan et Bonnie tentent de retrouver une vie normale, Damon enquête sur les secrets des Lockwood.Lors de la fête foraine, Caroline perd le contrôle et tue Carter. Stefan la protège et devient son guide, tandis que Damon veut l’éliminer.
Accablée, Bonnie s’en prend à Damon, la tension monte, et chacun se retrouve face à ses choix.
Dans la tourmente, Stefan et Elena s’offrent un dernier moment de paix à l’aube, conscients que la guerre contre les monstres vient à peine de commencer.
Chapter Text
Le lendemain, Alaric entrait dans le manoir Salvatore après que Damon lui eut ouvert. Il le conduisit au salon où Stefan et Elena étaient déjà installés, l'air soucieux.
« Merci d'être venu, Rick. Je vous sers quelque chose ? Café ? Bourbon ? Ou du bourbon dans votre café ? »
« Elena m'a dit que vous aviez besoin d'un coup de main. »
« Ouais. On espérait que vous pourriez nous aider à y voir plus clair concernant les Lockwood et leur secret. »
Alaric s'assit, perplexe. « Qu'est-ce qui vous fait penser que je sais quelque chose sur eux ? »
« Pas vous. Mais... peut-être votre défunte épouse devenue vampire. »
« Isobel faisait des recherches quand vous étiez tous les deux à Duke. »
« Elle a étudié Mystic Falls pendant des années. »
« Isobel basait ses recherches sur Mystic Falls sur les traditions et les légendes populaires. À l'époque, je croyais que la plupart étaient... des fictions. »
« Comme l'histoire incroyable des suceurs de sang. »
« Elle étudiait seulement les vampires ? Rien d'autre ? »
« Si. Les lycanthropes aussi. »
Les trois échangèrent des regards surpris.
« Attendez. Sérieux ? Les loups-garous ? »
« N'importe quoi. C'est impossible. Ça fait trop film fantastique. »
« T'en es sûr ? »
« Je suis sur Terre depuis cent soixante ans et des brouettes. J'en ai jamais croisé un seul. Si les loups-garous existent, qu'on me dise où ils se cachent. »
***
Dans la forêt, Mason courait, ses foulées régulières et puissantes. Il s'arrêta devant les ruines de l'ancienne demeure des Lockwood. Au loin, Tyler l'observait, caché derrière un arbre. Mason descendit dans le sous-sol des ruines.
***
« Pourquoi les Lockwood vous semblent suspects ? »
« La verveine n'a eu aucun effet sur le maire, mais l'instrument a réagi à lui. Et il a aussi réagi à son fils, Tyler. »
« Quant à son frère, il avait une façon de bouger et une force totalement inhumaine quand il s'est battu avec un des forains à la fête du lycée. »
***
Tyler observait toujours l'entrée. Mason finit par ressortir et s'en aller. Après quelques instants, Tyler se dirigea vers l'entrée des ruines.
***
« Il m'a clairement fait penser à... un être surnaturel. »
Alaric acquiesça gravement.
« On espère que les recherches d'Isobel pourront nous aider à comprendre tout ça. »
« Ses affaires sont restées à Duke. » Il se racla la gorge. « Elle y a encore son bureau dans la mesure où elle est toujours portée disparue. »
« Il y a un moyen d'y avoir accès ? »
Alaric soupira, agacé.
***
Tyler descendait dans les ruines. Il découvrit des cellules, sinistres et inquiétantes. Il entra dans l'une d'elles et prit des photos avec son téléphone.
***
« Rick, il faut qu'on sache à quoi on a affaire. Si cette histoire de loup-garou est vraie... j'ai lu suffisamment de livres pour savoir que ce n'est pas bon du tout. »
***
Tyler sursauta à un bruit – une chaîne qui balançait contre le mur. Il l'examina, puis aperçut sur le mur des traces de griffures profondes, comme si quelque chose de monstrueux avait tenté de s'échapper.
***
« Ça veut dire que Mason Lockwood est le grand méchant loup sorti tout droit des contes de Perrault. Quant à ce voyou de Tyler, il commence à montrer les crocs. En clair, le petit chaperon rouge – autrement dit moi – va se faire croquer avant la fin. »
***
Matt frappait à la porte des Forbes, mais personne ne lui ouvrait. Pourtant, Caroline était à l'intérieur, terrée dans l'ombre comme une créature de la nuit.
« Caroline ? »
Caroline s'approcha de la porte, mais la lumière filtrait à travers. Elle tendit la main – sa peau se mit à brûler instantanément. Elle recula précipitamment en grimaçant de douleur.
« Caroline ? »
Caroline soupira, puis s'effondra sur le sol, prisonnière de sa propre maison. Dehors, Matt s'en alla. Il l'appela sur son portable, qui était éteint.
« Vous êtes bien sur le répondeur de Caroline. Laissez un message ! »
« Ouais. Je croyais que tu m'avais dit que t'étais chez toi. Tyler organise une super fête au bord de la rivière. Je pensais qu'on pouvait passer la journée ensemble. T'es où ? Appelle-moi vite. »
Il raccrocha. Caroline, désemparée, resta seule dans l'obscurité, un vampire prisonnier du soleil, condamnée à attendre la nuit comme toutes les créatures maudites avant elle.
***
Mystic Falls venait de découvrir qu'elle abritait bien plus de monstres qu'elle ne l'avait jamais imaginé.
Chapter 12: Secret, dilemme et route
Chapter Text
Dans la lumière dorée de cette fin de matinée, Elena rangeait ses affaires avec des gestes mesurés, consciente du regard de Stefan posé sur elle. Une tension palpable flottait dans l'air de sa chambre, mêlée aux parfums familiers de son enfance.
« Tu es vraiment sûre de vouloir faire ça ? » finit-il par demander, sa voix trahissant une inquiétude qu'il tentait vainement de dissimuler.
Elena leva les yeux vers lui, un sourire en coin aux lèvres. « De quoi parles-tu exactement ? De fouiller dans les travaux de ma mère biologique ou d'aller à Duke avec Damon ? »
Un sourire amusé éclaira brièvement le visage de Stefan. « L'un ou l'autre ? Les deux ? »
« Je suis à peu près sûre de moi pour la première partie », répondit-elle en refermant son sac. « Quant à la deuxième, Rick sera là pour me protéger. Et comme lui non plus ne peut pas voir Damon en peinture, on se soutiendra mutuellement. » Elle marqua une pause, son regard s'adoucissant. « J'aurais quand même préféré que tu viennes. »
Stefan s'approcha d'elle, ses pas résonnant doucement sur le parquet de bois. « Tu sais quoi ? On pourrait attendre un jour ou deux. Le temps que Caroline soit hors de danger.
Comme ça, je pourrais vous accompagner. »
Elena scruta son visage, cherchant à déceler ce qu'il taisait. « Ça ne te pose pas de problème que je parte ? Réponds franchement. Parce que si ça te gêne, je reste ici avec toi et on s'occupe ensemble de Caroline. »
« Non », dit-il avec une conviction qu'il s'efforçait de rendre naturelle. « Je veux que tu ailles à Duke. D'accord ? Il faut que tu y ailles. Tu te poses plein de questions sur tes ancêtres, sur Katherine... Ce n'est pas parce que Damon vient avec toi que je vais te laisser passer une si belle opportunité d'obtenir des réponses. »
« Mais tu détestes l'idée », murmura-t-elle, connaissant déjà la réponse.
Un sourire résigné étira les lèvres de Stefan. « Je la déteste. » Leurs regards se croisèrent, complices malgré tout. « Mais toi, je t'aime. »
Le cœur d'Elena se serra. « Moi aussi, je t'aime. »
Leurs lèvres se joignirent dans un baiser qui scellait à la fois une promesse et un au revoir temporaire.
***
En bas, près de la porte d'entrée, Alaric se tenait face à Jenna dans une posture qui trahissait son malaise. La lumière du jour découpait leurs silhouettes dans l'encadrement.
« Ça fait un bail », constata Jenna, les bras croisés.
« Ouais. Disons que le lycée m'a pas mal occupé ces derniers temps. »
Le visage de Jenna s'adoucit imperceptiblement. « Je tiens à ce que vous sachiez que c'est très important pour moi qu'Elena ait un lien avec sa mère biologique. »
Alaric hocha la tête, reconnaissant. « Je me suis dit que le temps était venu... pour moi de m'occuper des affaires de ma femme. » Il hésita, pesant ses mots avec soin. « Écoutez, Jenna... je sais que notre relation a connu pas mal de faux départs, et je voudrais vraiment m'excuser. Mais peut-être qu'une fois que j'aurai réussi à... »
« Non », le coupa-t-elle avec une fermeté teintée de mélancolie. « Ne fais pas ça. Pas de "peut-être", ni rien qui ressemblerait vaguement à des promesses qu'on n'est pas sûrs de pouvoir tenir. »
Au loin, le klaxon impatient de Damon déchira le silence, brisant ce moment fragile.
« Elena, tu descends ! » cria Jenna vers l'escalier, avant de river son regard sur Alaric avec une intensité troublante. « Faites ce que vous avez à faire. »
Stefan apparut bientôt, suivi d'Elena. Alors qu'ils franchissaient le seuil, la jeune fille s'arrêta, soucieuse. « Ça va, toi ? »
Jenna esquissa un sourire las. « Ouais. C'est... les mecs et leurs passés. »
Dehors, près de la voiture, Damon affichait un air faussement désolé. « Désolé que tu ne puisses pas venir, Stefan. »
Elena le rejoignit, lui lançant un regard assassin que Damon ne put manquer.
« Si tu as besoin de quoi que ce soit... » commença Stefan.
« Oh, ne t'inquiète pas », répliqua Damon avec un sourire carnassier. « Je vais très bien m'occuper d'elle. »
En réponse à cette provocation à peine voilée, Elena se tourna vers Stefan et l'embrassa avec une passion démonstrative, royalement indifférente à la présence de Damon dont le visage se ferma progressivement.
« Pardon », lança Stefan avec un sourire victorieux. « Tu disais ? »
« Rien », grinça Damon, furieux. « Allons-y. »
Il monta dans la voiture d'un geste brusque. Elena, satisfaite de son petit effet, sourit à Stefan une dernière fois. « Merci. »
« À ce soir. »
La voiture démarra, emportant Elena loin de lui. Stefan demeura immobile sur le trottoir, les regardant disparaître au coin de la rue.
***
Dans le bureau somptueux de la demeure Lockwood, Tyler tentait d'arracher des informations à sa mère. Les boiseries anciennes semblaient garder les secrets de générations entières.
« Tu es déjà allée voir les vieilles ruines de la forêt ? » demanda-t-il avec une désinvolture feinte.
« L'ancienne propriété », précisa Carol, son regard se perdant dans des souvenirs lointains. « C'était la première maison de maître de la plantation. Une pure merveille d'un point de vue architectural. Si nos ancêtres ne l'avaient pas brûlée, c'est sûrement là-bas qu'on vivrait aujourd'hui. »
Tyler hocha la tête, feignant l'intérêt pour mieux amener sa véritable question. « Et pour le sous-sol super glauque ? C'est quoi, l'histoire ? »
Le visage de Carol se ferma instantanément. « On ne parle pas de ce genre de pièces. »
« Pourquoi ? »
« On n'est pas dans un État du Sud, chéri. On n'aime pas beaucoup se remémorer notre passé d'esclavagiste. »
L'apparition soudaine de Mason dans l'embrasure de la porte interrompit leur échange. « Salut. Vous parlez de quoi ? »
« De rien. Juste des ruines de l'ancienne propriété », répondit Tyler en se levant, mal à l'aise sous le regard scrutateur de son oncle. « Je pensais inviter quelques potes au bord de la rivière. »
Carol soupira. « Sois prudent. S'il y a un problème sur le domaine, on en sera responsables. »
Tyler leva les yeux au ciel avec agacement. « Tu as ma parole. »
Il quitta précipitamment la pièce, laissant Mason face à Carol, l'inquiétude gravée sur son visage.
***
Au Mystic Grill, l'atmosphère était chargée de tension. Bonnie fixait Stefan avec une expression où se mêlaient colère et résignation.
« Je ne sais pas fabriquer une bague qui protège du soleil », affirma-t-elle d'un ton catégorique.
Stefan se pencha légèrement vers elle, sa voix se faisant persuasive. « Emily a fabriqué la mienne et celle de Damon. Elle a dû tout consigner dans son grimoire. »
« Ça ne veut pas dire que j'y arriverai. »
« Bonnie... » Stefan soutint son regard avec intensité. « Tu es capable de tuer un vampire d'un simple regard. Alors tu vas trouver une solution. J'en suis sûr. »
Les mots de Bonnie claquèrent comme un couperet. « Caroline a déjà fait une première victime. Je ne peux pas l'aider à recommencer. »
« On ne va pas l'aider à recommencer », rétorqua Stefan avec douceur mais fermeté. « On va simplement lui donner une chance de survivre. Plus elle restera coupée de son ancienne vie — coupée de toi, d'Elena, de Matt — et plus elle devra se battre pour garder ce qu'il lui reste d'humanité. »
Bonnie détourna le regard, incapable de masquer son tourment. « Comment tu sais qu'elle ne s'en prendra à personne d'autre ? »
« Je ne sais pas », admit Stefan avec une honnêteté brutale. « Mais si on ne fait pas tout ce qui est en notre pouvoir pour l'aider, ou du moins si on ne croit pas qu'elle est capable de tenir le coup... autant lui planter un pieu dans le cœur tout de suite. »
Le silence retomba, lourd de sens. « Je ne suis pas sûre de pouvoir lui faire confiance. Plus maintenant », finit par murmurer Bonnie.
Stefan tendit la main vers elle par-dessus la table. « Aie confiance en moi. »
Bonnie demeura perplexe, déchirée entre la raison et l'espoir.
***
Dans la voiture filant vers Duke, Elena avait choisi de s'asseoir à l'arrière, mettant une distance physique entre elle et Damon. Le paysage défilait derrière les vitres, indifférent aux tensions qui électrisaient l'habitacle.
« Ça va, derrière ? » lança Damon avec une désinvolture qui sonnait faux.
« Laissez-la tranquille », intervint Alaric d'un ton sec.
Damon jeta un coup d'œil dans le rétroviseur, croisant le regard d'Elena. « Ton petit numéro de la fille qui fait semblant de me détester devient franchement ridicule, à la longue. »
Alaric soupira, las. « Je ne suis pas sûr qu'elle fasse semblant après ce que vous avez fait à son frère. »
« Je crois qu'une légère rectification s'impose », répliqua Damon avec un sourire narquois. « Il est revenu à la vie. »
La voix d'Elena s'éleva depuis la banquette arrière, tranchante comme une lame. « C'est vrai. Grâce à la bague qu'il portait sans que tu le saches. »
« Pourquoi es-tu sûre que je ne savais pas ? »
Un silence. « Tu le savais ? »
« Ben oui. »
« Sale menteur. »
Damon arbora son sourire le plus agaçant. « Elena, j'ai vu la chevalière. Une bague d'un goût aussi douteux, ça ne se rate pas. »
Dans le rétroviseur, il vit Elena réfléchir à ses propos, son visage oscillant entre le doute et la colère. Le reste du trajet promettait d'être long.
Chapter 13: La bague de lumière
Chapter Text
Dans la chambre de Caroline, baignée d'une lumière tamisée par les rideaux tirés, l'atmosphère était électrique. Assise sur son lit, la jeune vampire tripotait nerveusement une bague entre ses doigts pâles, tandis que Bonnie préparait son sortilège avec des gestes précis et Stefan observait la scène en silence, adossé au mur.
« Donc, je n'ai pas le droit de choisir moi-même la bague que je vais devoir porter le restant de ma vie ? » lança Caroline avec une pointe d'amertume.
Bonnie leva les yeux vers elle, son visage demeurant impassible. « Tu sais, si tu ne la veux pas... »
« Si, si. C'est bon. Elle la veut », intervint Stefan d'un ton ferme mais rassurant.
Caroline poussa un soupir théâtral. « Mmh... Et maintenant ? »
Le regard de Bonnie se durcit. « C'est le moment où je t'explique les règles. La sorcière à l'origine du sortilège peut annuler les pouvoirs de la bague. Alors si jamais tu fais du mal à quelqu'un, d'une manière ou d'une autre... »
« Je ne ferai de mal à personne », protesta Caroline avec véhémence.
« Tu es un vampire », rétorqua Bonnie, chaque mot pesé avec soin. « Tu as, par définition, des pulsions meurtrières. Et à la seconde où tu les laisseras prendre le dessus, je t'arrêterai. »
Caroline la fusilla du regard, la blessure transparaissant dans ses yeux. « Je te rappelle que tu es censée être mon amie. »
« Je ne peux pas fermer les yeux sur ce qui s'est passé. D'accord ? » La voix de Bonnie tremblait légèrement, trahissant l'émotion qu'elle tentait de contenir. « Et si tu veux qu'on reste amies, tu vas devoir me prouver que la Caroline que je connaissais est toujours là. »
Caroline soupira, défaite.
« Maintenant, pose la bague sur le lit. »
Furieuse mais résignée, Caroline s'exécuta. Puis, comme si elle ne pouvait plus retenir les mots qui lui brûlaient les lèvres, elle éclata : « Tu crois que je l'ai fait exprès ? De tuer ce mec à la fête foraine ? »
« N'empêche qu'il est mort », répliqua Bonnie d'une voix coupante. « Tu veux que je fasse mon boulot ou non ? »
Le silence retomba, lourd et accusateur. Caroline baissa les yeux, vaincue. Bonnie commença alors le sortilège, ses gestes empreints d'une solennité presque rituelle. Elle tira le rideau d'un mouvement sec, et la lumière brutale contraignit Caroline à reculer précipitamment dans l'ombre, comme repoussée par une force invisible. Puis Bonnie s'approcha de la bague, les mains tendues au-dessus du petit anneau d'argent, et récita une incantation dans une langue ancienne, sa voix résonnant étrangement dans la pièce close. Pour finir, elle saisit la bague et la lança à Caroline.
« Fini. »
Caroline, surprise par la simplicité apparente du processus, attrapa la bague et l'enfila à son doigt. « Mmh... C'est tout ? Je veux dire... j'ai rien vu de magique. Pas de chandelles qui vacillent, pas de rafales de vent. Rassure-moi, tu l'avais déjà fait ? »
« Caroline... » murmura Stefan, une note d'avertissement dans la voix.
« Quoi ? Je veux juste être sûre que ça a marché. »
Bonnie, excédée par le doute implicite dans cette remarque, se tourna brusquement et tira violemment les rideaux. La lumière du jour envahit la pièce comme un flot doré et impitoyable.
« Il n'y a pas de... » commença Caroline avant de s'interrompre, choquée.
Elle recula instinctivement, son corps se préparant à la brûlure familière — mais rien ne vint. Le soleil caressait sa peau sans la consumer.
« Ça a marché », confirma Bonnie, un mélange de satisfaction et d'épuisement dans la voix.
Caroline, partagée entre le soulagement et la colère, explosa : « On aurait fait quoi si t'avais raté ton coup ? »
« Elle est tout à toi », répondit simplement Bonnie, ignorant la question.
Mais Caroline n'en avait pas terminé. Les mots jaillirent d'elle comme un torrent trop longtemps contenu, chargés de reproches et de douleur : « Si vous m'aviez dit la vérité, j'aurais su ce que j'étais devenue. J'aurais été voir Stefan. Au lieu de ça, vous m'avez laissée dans l'ignorance. J'avais peur de Damon sans comprendre pourquoi. Et vous n'avez rien dit, rien fait. »
Le nom de Damon résonna dans la pièce comme une accusation. Stefan se raidit instantanément, son visage se fermant. Un éclair de culpabilité traversa ses traits avant qu'il ne le dissimule derrière un masque d'impassibilité. Il connaissait trop bien la capacité de son frère à laisser des cicatrices invisibles, à manipuler et à terrifier. Le fait que Caroline ait été livrée à elle-même face à cette peur instinctive de Damon le hantait plus qu'il ne voulait l'admettre.
Bonnie, quant à elle, se figea sur place. Les paroles de Caroline la frappèrent de plein fouet, ravivant sa propre fureur envers Damon — cet être qui semait la destruction partout où il passait, qui avait transformé son amie en créature de la nuit. Son regard s'assombrit dangereusement. Elle serra les poings, ses articulations blanchissant sous la pression, comme si elle réprimait l'envie d'utiliser ses pouvoirs sur-le-champ. La mention de Damon ravivait en elle une rage sourde, un sentiment d'impuissance face au mal qu'il avait causé et qu'elle n'avait pu empêcher.
« Caroline... » commença Stefan, sa voix rauque trahissant son trouble.
Mais Bonnie ne lui laissa pas le temps de continuer. Sans un mot, elle tourna les talons et quitta la pièce d'un pas raide, ses épaules tendues sous le poids de la colère et de la frustration. La porte claqua derrière elle, laissant résonner dans son sillage tout ce qui n'avait pas été dit.
Stefan resta seul avec Caroline. Un silence pesant s'installa entre eux, chargé de regrets et de non-dits. Caroline détourna enfin les yeux de l'endroit où Bonnie avait disparu et se tourna vers la fenêtre. Le soleil inondait son visage, réchauffant sa peau froide de vampire. Malgré tout — malgré la douleur, malgré la peur, malgré ce qu'elle était devenue — un
sourire se dessina lentement sur ses lèvres.
Pour la première fois depuis sa transformation, elle pouvait à nouveau embrasser la lumière du jour. C'était un petit miracle, une victoire dérisoire peut-être, mais c'était la sienne.
Et dans cet instant fragile, suspendu entre deux mondes, Caroline choisit de s'accrocher à cette lueur d'espoir plutôt qu'à l'obscurité qui menaçait de l'engloutir.
Chapter 14: Leçon de chasse & Archives du passé
Chapter Text
L'université de Duke se dressait majestueuse sous le soleil de l'après-midi, ses bâtiments de pierre évoquant des siècles de savoir accumulé. Alaric franchit les portes du hall d'entrée, flanqué de Damon et Elena, son pas résonnant sur le marbre poli.
« Isobel était officiellement employée par le département d'anthropologie », expliqua-t-il en avançant dans le corridor. « Les phénomènes paranormaux sont pour la plupart profondément enracinés dans les traditions populaires. »
Il s'arrêta devant une jeune femme aux cheveux sombres attachés en chignon strict, consultant des documents près d'un bureau. « Oh, excusez-moi ! Bonjour, Alaric Saltzman. Je vous ai téléphoné. »
La jeune femme leva les yeux, un sourire professionnel éclairant son visage. « Ah oui, bien sûr. Je m'appelle Vanessa Monroe. Je suis étudiante en master de traditions populaires comparées. » Son regard se posa sur Damon et Elena, s'attardant étrangement sur eux, comme si elle cherchait à déchiffrer quelque chose d'invisible. « Donnez-moi une seconde pour attraper les clés. »
« Excusez-moi, je suis venu avec mes amis Elena et Damon », précisa Alaric avec un geste vers ses compagnons. « J'espère que ça ne vous dérange pas trop. »
« Je vous en prie », répondit Vanessa en se dirigeant vers son bureau. « Le bureau d'Isobel est juste à côté. » Elle fouilla dans un tiroir, ses mains tremblant légèrement. « Isobel est l'un de mes trois premiers profs. Je suis en troisième cycle aujourd'hui. Elle était... brillante. Et c'est grâce à elle si je me suis orientée vers les traditions populaires. »
Elle brandit enfin les clés, mais une hésitation traversa son regard. « Euh... je dois vous poser une question délicate. Est-ce qu'il y a eu du nouveau ? »
Le visage d'Alaric s'assombrit. « Non. Rien, malheureusement. »
Vanessa hocha la tête gravement et les conduisit à travers un dédale de couloirs. « C'est par là. Suivez-moi. »
La pièce dans laquelle ils pénétrèrent était plongée dans une obscurité épaisse, saturée de l'odeur du papier ancien et de la poussière accumulée.
« Je vais vous allumer la lumière. Hésitez pas à fouiller. C'est fascinant, n'est-ce pas ? » lança Vanessa avant de s'éclipser discrètement.
Lorsque la lumière jaillit, révélant les murs tapissés de cartes, de photos et de documents annotés, Alaric resta figé, le souffle coupé. C'était comme pénétrer dans l'esprit obsessionnel de sa femme disparue.
« C'est moche, ça », commenta Damon d'un ton désinvolte en examinant une gravure représentant des créatures fantastiques.
Elena, quant à elle, était impressionnée par l'ampleur du travail d'Isobel. Ses yeux parcouraient fébrilement les murs, cherchant des réponses à des questions qu'elle n'avait pas encore formulées.
« Où est-ce qu'elle est passée ? » marmonna Damon en se retournant.
À cet instant précis, Vanessa surgit de l'ombre, une arbalète ancienne mais visiblement fonctionnelle entre les mains. Sans un mot, elle visa Elena. Le temps sembla se figer. Elena ouvrit la bouche dans un cri silencieux de terreur, incapable de bouger. Mais Damon, avec une vitesse surnaturelle, bondit devant elle. La flèche le transperça de part en part avec un bruit sourd et écœurant. Il grimaça sous l'impact, une expression de douleur traversant son visage habituellement impassible. Alaric, réagissant enfin, se jeta sur Vanessa et la maîtrisa, l'arbalète tombant au sol dans un fracas métallique.
***
Quelques instants plus tard, dans le même bureau devenu champ de bataille improvisé, Elena s'efforçait d'aider Damon à retirer la flèche fichée dans son dos. Ses mains tremblaient légèrement tandis qu'elle cherchait une prise sur le projectile.
« Arrache-la ! » grogna Damon entre ses dents serrées. « Elle est hors de ma portée, Elena. Débarrasse-moi de ce truc. Grouille. Je souffre. »
Elena inspira profondément et tira d'un coup sec. La flèche se libéra dans un bruit humide, laissant une plaie qui commençait déjà à se refermer.
« Aïe ! »
Elena s'éloigna précipitamment, laissant tomber la flèche ensanglantée.
Damon soupira, son regard se durcissant dangereusement. « Elle est morte, la garce. »
« T'as pas intérêt à la tuer », répliqua aussitôt Elena en lui barrant le chemin, les bras écartés.
« Je vais me gêner », cracha Damon en avançant vers elle.
« Touche à un seul de ses cheveux et je te jure que je ne t'adresse plus jamais la parole. »
Damon s'immobilisa et la fixa intensément, ses yeux bleus étincelant de colère contenue. « Qu'est-ce qui te fait croire que tes pauvres menaces ont du poids ? » Il s'approcha d'elle jusqu'à ce que leurs visages ne soient séparés que de quelques centimètres. « La flèche que je viens de prendre dans le dos à ta place ? Tu te surestimes. Tu es loin d'avoir autant d'influence sur moi. »
Elena soutint son regard sans ciller, bien que son cœur battît la chamade. « T'as raison. L'espace d'une seconde, j'avais oublié que j'avais affaire à un psychopathe capable de tuer
les gens sur un simple coup de tête. C'est bon. Vas-y. Fais ce que tu veux. »
Un sourire narquois étira les lèvres de Damon. « Oh, toi, tu essaies de me manipuler. »
« Si pour toi me manipuler revient à... dire la vérité, oui, je te manipule. » Elle lui adressa un sourire en coin. « Mmh. »
Damon la dévisagea longuement, comme s'il cherchait à percer ses défenses. Le silence s'étira entre eux, chargé d'une tension indéfinissable.
« Ok... » murmura finalement Elena avant de s'éloigner, le laissant seul avec sa frustration.
***
Dans une pièce adjacente, Alaric tentait de calmer Vanessa, hystérique et tremblante.
« Attendez ! Laissez-moi vous expliquer. J'ai paniqué, d'accord ? » Sa voix était aiguë, brisée par la peur. « Vous auriez fait la même chose à ma place. C'est impossible. Katherine
Pierce ne peut pas être en vie. Et Damon Salvatore est décédé en 1864. Écoutez, j'ai lu très attentivement les travaux d'Isobel. »
Le regard d'Alaric se fit plus dur. « Alors vous saurez que tout ça est réel. »
La porte s'ouvrit sur Elena et Damon. Vanessa les regarda avec un mélange de fascination horrifiée et de terreur viscérale.
Elena s'avança calmement, sa voix étonnamment posée. « Je m'appelle Elena Gilbert. Je suis la fille d'Isobel et une descendante de Katherine Pierce. » Elle désigna Damon d'un geste. « Et lui, c'est Damon Salvatore. Celui sur qui vous avez tiré. »
« À votre place, je serais super gentille avec moi », ajouta Damon avec un sourire carnassier.
Elena reprit, ignorant l'intervention de Damon : « On a besoin de votre aide. Il faut qu'on ait accès à tous les travaux d'Isobel. Tout ce qui concerne Mystic Falls. »
Vanessa resta figée, son esprit luttant pour intégrer cette réalité qui défiait tout ce qu'elle croyait savoir.
***
La forêt s'étendait autour d'eux comme une cathédrale verte, la lumière filtrant à travers les feuillages en rayons obliques. Stefan avait emmené Caroline loin de la ville, là où les arbres étaient assez denses pour dissimuler ce qu'ils s'apprêtaient à faire.
« Bon, je fais quoi si je vois un lapin ? » demanda Caroline, ses mains tripotant nerveusement le bas de son chemisier.
« Tu lui cours après, tu l'attrapes et tu le vides de son sang », répondit Stefan avec un pragmatisme qui sonnait presque clinique.
Caroline fit la grimace. « Tuer des animaux mignons et sans défense... c'est pas par ça qu'on commence quand on devient un tueur en série ? »
Stefan s'arrêta et se tourna vers elle, son expression se faisant plus sérieuse. « En fait, t'as sauté l'étape du tueur en série et tu es devenue directement un vampire. Tu sais, si tu ne prends pas ce qu'on fait au sérieux, il faut me le dire. »
« Mais si, évidemment ! Je te jure. » Caroline le fixa avec une intensité soudaine, et tout son corps se tendit. « Je prends tout ça très au sérieux. Mais le truc, c'est que... j'ai été obligée de fuir le soleil pendant des jours et tout le monde s'éclate au bord de la rivière. Matt y est, lui aussi. Et il s'est enfin décidé à me dire qu'il était amoureux de moi. Et moi, j'arrête pas de l'envoyer balader. Et toi, tu veux que je bouffe des lapins. Et ça me fait franchement flipper, ok ? Mmh. »
Malgré lui, Stefan éclata de rire. C'était un rire spontané, libérateur, qui résonna étrangement dans le silence de la forêt.
« En plus, maintenant, tu te moques de moi », protesta Caroline, vexée.
« Non, non, non. Je ne me moque pas. C'est pas drôle du tout. Il faut me croire. Mais... » Il s'interrompit, observant Caroline avec une tendresse amusée. Caroline soupira bruyamment. « Quand je te vois là... »
Caroline lui lança un regard meurtrier. « Quoi ? »
Stefan choisit ses mots avec soin. « Quand on se transforme en vampire, toutes les émotions qu'on éprouvait naturellement ont tendance à s'exacerber. »
« S'exacerber ? » répéta Caroline, peu familière du terme.
« Oui. Par exemple, quand j'étais humain, j'accordais beaucoup d'importance aux autres et à ce qu'ils ressentaient. S'ils souffraient, je souffrais aussi. Si c'était à cause de moi, j'avais mauvaise conscience. Et à partir du moment où je suis devenu un vampire, ce côté de ma nature... s'est amplifié. »
Caroline le fixa, horrifiée par les implications. « Ce que tu dis, c'est que maintenant je suis passée au stade de folle autoritaire complexée hystérique ? »
Stefan ne put s'empêcher de sourire. « Oh, j'allais pas le formuler comme ça. Mais... » Il s'approcha d'elle et posa doucement une main sur son épaule. « Hé, tu sais quoi ? On va aller chasser, d'accord ? Et ensuite, quand on aura fini, on retrouvera les autres à la fête. »
Le visage de Caroline s'illumina instantanément. « C'est vrai ? »
« Oui. Matt est ton lien le plus étroit avec ce qu'il te reste d'humanité. Et passer du temps avec lui te fera du bien. »
Caroline bondit presque de joie, toute son anxiété momentanément oubliée. « Ça marche. »
« Suis-moi », dit Stefan en s'enfonçant plus profondément dans la forêt.
« Ok... des lapins », murmura Caroline pour elle-même, suivant Stefan d'un pas hésitant, partagée entre appréhension et espoir.
***
De retour dans le bureau d'Isobel, l'atmosphère s'était apaisée. Vanessa, ayant accepté la réalité qui s'imposait à elle, aidait maintenant activement les trois visiteurs. Elle déposa un carton poussiéreux sur la table devant Elena.
« Ce carton contient des documents qui retracent l'arrivée de Katherine à Mystic Falls en avril 1864. »
Elena ouvrit délicatement le carton et commença à feuilleter les documents jaunis, ses doigts effleurant avec révérence ces traces du passé. Des lettres manuscrites, des coupures de journaux, des photographies sépia...
« C'est tout ce qu'il y a sur elle ? » demanda-t-elle, une pointe de déception dans la voix.
« À ma connaissance, oui », répondit Vanessa. Son regard dériva malgré elle vers Damon, qui fouillait avec désinvolture parmi les ouvrages alignés sur les étagères.
Elena surprit ce regard chargé d'inquiétude. Elle plongea la main dans sa poche et en sortit plusieurs fioles de verveine. « Tenez. Prenez-les. »
Vanessa les saisit avec précaution, les examinant à la lumière comme s'il s'agissait de reliques sacrées. « Ça marche vraiment, la verveine ? »
« Mmh-mmh », confirma Elena.
De l'autre bout de la pièce, sans même lever les yeux de son livre, Damon lança d'un ton moqueur : « Non. Pas du tout. »
Vanessa baissa instinctivement la voix jusqu'au murmure. « Il entend tout ce qu'on dit ? »
« Non. Ça serait trop flippant », répondit Damon avec un sourire en coin, feuilletant toujours son ouvrage.
Vanessa soupira, puis chuchota encore plus bas à Elena : « Et il peut lire dans les pensées des gens aussi ? »
Sans manquer un battement, Damon rétorqua : « Vous savez, si vous avez envie de me voir nu, suffit de demander. »
Elena leva les yeux au ciel, son agacement atteignant des sommets. Vanessa, elle, semblait partagée entre la fascination et l'effroi.
« Non, ça, il peut pas », précisa Elena d'un ton sec. « Mais ce qu'il sait bien faire, c'est se comporter comme un petit con de première classe. »
Damon affiche un air théâtralement ennuyé, refermant son livre avec un claquement sec. Vanessa esquissa un sourire complice à l'attention d'Elena et glissa discrètement la verveine dans sa poche. Damon, captant l'échange, sourit à son tour — un sourire qui n'atteignait pas ses yeux et qui promettait que ce petit jeu n'était pas terminé.
Chapter 15: Maledictio sol et luna
Chapter Text
La fête de Tyler battait son plein au bord de la rivière, où l'eau scintillait sous le soleil déclinant. Des rires fusaient de toutes parts, mêlés au son d'une musique qui résonnait entre les arbres. Matt aidait Tyler à descendre les provisions de la camionnette, leurs bras chargés de glacières et de sacs.
« C'est moi ou Amy est encore plus sexy qu'avant ? » lança Tyler avec un sourire appréciateur.
Matt jeta un coup d'œil vers la jeune femme en question. « C'est une bombe, cette fille. Une vraie bombe. »
« Où est Caroline ? » demanda Tyler en posant une glacière.
Le visage de Matt s'assombrit légèrement. « Si seulement je le savais. »
« Vous êtes déjà embrouillés ? »
« Non. Tous les deux, on est bien. Enfin, moi je suis bien. Elle, je ne sais pas où elle en est. »
Mason arriva à ce moment-là dans sa voiture, soulevant un nuage de poussière. Matt le remarqua immédiatement.
« Qu'est-ce qu'il fait là, ton oncle ? »
Tyler, visiblement agacé, s'approcha du véhicule d'un pas déterminé. « T'es venu nous fliquer ou te joindre à nous ? »
Mason le fixa avec une expression grave qui ne lui ressemblait pas. « Ni l'un ni l'autre. Assure-toi que tout le monde soit parti avant la nuit. »
« Pourquoi ? Il se passe quoi, la nuit ? »
« Les mecs qui finissent au fond de l'eau complètement déchirés », répondit Mason d'un ton qui n'invitait pas à la plaisanterie.
Tyler rigola malgré tout, indifférent à l'avertissement.
Mason se pencha vers lui, son visage se durcissant. « T'as entendu ta mère ? S'il y a un problème, c'est la famille qui est responsable. »
« Tu ne vas pas nous plomber la soirée », protesta Tyler.
« Attends. Je ne te dis pas d'aller te coucher. Je te dis juste d'aller faire la fête ailleurs. »
Tyler leva les yeux au ciel, exaspéré. « Ok. On bougera. »
Mason démarra sans un mot de plus, laissant Tyler frustré. Peu après, Stefan et Caroline arrivèrent à la fête. Mason passa devant Stefan, lui lançant un regard noir chargé d'animosité et d'avertissement tacite.
***
« Pourquoi tu lui lances ton fameux regard de vampire sérieux ? » demanda Caroline, intriguée.
Stefan fronça les sourcils. « Mon quoi ? Mon regard de vampire sérieux ? »
« Mmh. C'est pas tout à fait la même chose que ton regard de vampire inquiet, même si aucun des deux ne s'éloigne beaucoup de ton regard de tous les jours. »
Stefan esquissa un sourire en coin. « Oh... je crois que je sais où tu veux en venir. En fait... tu me trouves trop sérieux, hein ? C'est ça. »
« À la base, j'allais pas le formuler comme ça, mais... »
« Mmh-mmh », acquiesça Stefan avec résignation amusée.
***
Caroline s'approcha de Matt, Stefan sur ses talons. Matt conversait avec la jolie Amy, lui tendant un verre avec un sourire.
« Salut, Amy. »
« Salut. On t'a pas vu dans l'eau. Tu rates le meilleur. »
Matt lui montra son plâtre avec un haussement d'épaules. « C'est pas waterproof. »
Amy s'approcha légèrement, son sourire se faisant plus chaleureux. « Dommage. Tu sais, c'est la pleine lune ce soir ? On a prévu un feu de camp et des histoires qui font peur. Ça te dit ? »
Matt lui rendit son sourire, charmé malgré lui. « J'en sais rien. »
Caroline surgit à côté d'eux comme une apparition, son visage affichant un sourire forcé. « Salut, Matt. »
Matt se tourna vers elle, surpris. « Tu faisais quoi ? J'ai pas réussi à te joindre. »
« Je sais. J'ai été retenue, mais je suis là maintenant. » Elle fixa Amy d'un regard assassin, ses yeux se plissant dangereusement.
« Salut, Caroline », dit Amy avec prudence.
Caroline concentra son regard sur elle, ses pupilles se dilatant imperceptiblement. « Trouve-toi un célibataire à harceler. »
Amy s'en alla d'un pas mécanique, le visage vide, hébétée.
Matt explosa. « Hé ! C'était quoi, ça ? »
« Elle était en train de te faire son numéro de charme », répliqua Caroline, agacée.
« Elle est cool. T'as pas à lui parler sur ce ton. »
« T'es en colère ? »
« Tu m'oublies toute la journée et tu te permets de débarquer sans prévenir et de jouer les copines jalouses avec moi ? Je trouve ça franchement moyen. »
Matt planta Caroline sur place et s'éloigna à grands pas. Elle resta surprise, blessée, son assurance s'effritant instantanément. Stefan s'approcha d'elle, son expression mêlant réprobation et compassion.
« Dis donc, je t'ai vue. Tu la manipulais. »
« Elle a eu ce qu'elle méritait », se défendit Caroline.
« Caroline, personne sur cette Terre ne mérite d'être manipulé pour une raison idiote. »
Caroline se tourna vers lui, furieuse. « Mais qu'est-ce que vous avez tous à prendre la défense de cette petite peste ? »
Stefan soupira, exaspéré par son comportement. « Fais attention. Ne laisse pas ta jalousie prendre le dessus. »
« Oh, ça veut dire qu'en plus du reste, maintenant j'ai des problèmes de jalousie aiguë ? J'en ai de la chance. »
« Je te l'avais dit que ce ne serait pas facile. »
Caroline leva les bras au ciel, découragée. « Ouais, ben... c'était bien la peine que je ressuscite. Tous les traits de ma personnalité me tuent à petit feu. »
Stefan lui sourit avec tendresse malgré tout.
« Oh... te fous pas de moi ! » protesta Caroline, exaspérée mais incapable de réprimer un sourire.
***
Le soir était tombé sur l'université de Duke. Dans le bureau d'Isobel, Elena continuait ses recherches avec acharnement, fouillant parmi les documents éparpillés. Damon s'approcha d'elle, nonchalant.
« Alors ? »
« J'ai épluché, mais j'ai rien trouvé de nouveau sur Katherine. »
Damon afficha un air faussement désolé. « Ah mince, quelle galère. C'est pas de bol qu'on ne soit plus amis, parce que si on l'était, je te dirais ce que je sais. »
Elena se redressa brusquement, surprise et agacée par cette révélation calculée.
« C'est trop bête... »
« Attends. Qui manipule qui, maintenant ? » Elle se tourna vers lui, les yeux brillant de défi.
Alaric les interrompit avant que la tension ne monte davantage. « Hé, regardez ça ! »
Il tendit un livre ancien à Vanessa. Elena s'approcha aussitôt, suivie par Damon dont la curiosité était piquée.
Vanessa examina l'ouvrage avec attention, ses doigts effleurant les pages jaunies. « Il n'y a aucune trace de mythes autour des loups-garous à Mystic Falls. Mais on a des archives qui reprennent certaines légendes peu connues. Tenez, tout est dans ce document. »
Elle le tendit à Damon, qui l'examina attentivement. C'étaient pour l'essentiel des dessins de loups stylisés et des symboles mystérieux gravés à l'encre noire.
« Des lycanthropes scandinaves aux légendes aztèques. "Maledictio sol et luna". Si on devait traduire, ça donnerait en gros "la malédiction du soleil et de la lune". »
Alaric fronça les sourcils. « C'est amérindien ? »
« Aztèque. C'est une des origines de la légende des loups-garous connue en Virginie. Pour résumer : il y a 600 ans, les Aztèques vivaient sous les attaques incessantes des
vampires et des loups-garous, qui semaient la terreur dans les campagnes. L'élevage et la chasse étaient devenus impossibles. Et puis un jour, un chaman les a frappés d'une
malédiction, faisant des vampires les esclaves du soleil et des loups-garous les serviteurs de la lune. Résultat : les vampires étaient condamnés à rôder la nuit et les loups-garous à se transformer les soirs de pleine lune. À chaque fois que la lune est pleine, quiconque a le malheur d'être touché par la malédiction se transforme en loup. »
Le silence retomba, lourd de sens. Dans la forêt de Mystic Falls, au même moment, Mason préparait les ruines pour sa future transformation. Il vérifiait méthodiquement les chaînes et les cellules, ses gestes empreints d'une urgence anxieuse.
De retour à Duke, Damon fixa Vanessa avec une intensité nouvelle, tout humour évaporé de son visage. « Ils ont un moyen de maîtriser la transformation ? »
« S'ils pouvaient choisir de muter ou non, ce ne serait plus une malédiction. »
Damon esquissa un sourire sans joie. « Mmh... »
Dans la forêt, après avoir vérifié les cellules, Mason attachait solidement les chaînes à un arbre, ses mains tremblant légèrement.
Vanessa se tourna vers Elena, son expression grave. « Les loups-garous attaquent les hommes, mais leur instinct et des siècles de rivalité les ont aussi programmés à chasser leurs proies de prédilection : les vampires. »
Damon sursauta imperceptiblement. Il se rapprocha de Vanessa, son masque de désinvolture tombant complètement. « Hé, euh... si les loups-garous chassaient les vampires, je crois que je le saurais. »
« Sauf s'il reste trop peu de spécimens en vie aujourd'hui. Il y a des siècles de cela, les vampires les ont chassés presque jusqu'à l'extinction. »
Elena intervint, cherchant à comprendre. « Pourquoi ils auraient fait ça ? »
« Pour sauver leur peau. »
Damon déglutit difficilement. « Mmh... »
Vanessa laissa tomber les mots comme un couperet. « D'après la légende, un loup-garou peut tuer un vampire d'une simple morsure. »
L'inquiétude se peignit sur les visages des trois amis. Damon murmura : « Oh... »
***
La nuit était tombée sur la rivière, enveloppant la fête d'une atmosphère mystérieuse. La lune, ronde et éclatante, dominait le ciel étoilé. Matt se servait un verre, seul près du rivage. Au loin, Caroline l'observait avec Stefan, son cœur se serrant.
« Il est en colère contre moi. »
« Tu devrais lui parler. J'attendrai », l'encouragea Stefan avec douceur.
Caroline le fixa, reconnaissante. Le portable de Stefan sonna, brisant le moment. Il s'éloigna pour répondre.
« Salut. »
« Salut. Écoute, on vient de découvrir quelque chose. Ça va te sembler dingue, tu vas voir. Mais je voulais que tu sois au courant. »
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Caroline s'approcha de Matt, qui se tenait immobile, son verre à la main. Ils se fixèrent en silence.
« Toujours en colère ? » demanda-t-elle d'une voix hésitante.
« Je croyais que c'était terminé, ces histoires de manque de confiance en toi. C'est vrai ? Je t'ai dit ce que je ressentais. Qu'est-ce qu'il te faut de plus ? De quoi t'as besoin ? »
« De rien. De rien du tout. J'ai... j'ai besoin de rien de plus. » Elle s'approcha de lui, ses yeux brillants d'émotion sincère. « Je suis désolée, Matt. Pardonne-moi, s'il te plaît. Je suis
vraiment, vraiment, vraiment désolée. »
« Je ne plaisante pas. Je ne supporterai plus ton cinéma. »
« D'accord. Plus de cinéma. Je t'en fais la promesse. »
Elle l'embrassa avec une douceur désespérée. « Fais-moi confiance. »
Matt répondit à son baiser, se laissant entraîner. « Suis-moi. »
Caroline le suivit dans l'obscurité de la forêt. Stefan, toujours au téléphone avec Elena, écoutait les révélations de Duke.
« Je ne sais pas ce que ça veut dire ou si on doit le prendre au sérieux. Mais ce soir, c'est la pleine lune. Et t'as vu ce que pouvait faire Mason Lockwood. »
« Ouais. Je ferai attention. »
« Non, il y a autre chose à propos des loups-garous. »
« Quoi ? »
« Si on en croit la légende, leur morsure est mortelle pour les vampires. »
Stefan sentit son sang se glacer. Il chercha Caroline des yeux, balayant frénétiquement la foule, mais ne la trouva nulle part.
« Écoute, euh... il faut que je raccroche. On se voit quand tu rentres, d'accord ? »
« D'accord. »
Stefan raccrocha, l'inquiétude lui nouant l'estomac. Il essaya d'appeler Caroline, mais son portable sonnait tout près, dans la voiture. Stefan partit immédiatement à sa recherche, son allure se transformant en course effrénée.
***
Dans les ruines Lockwood, Mason était en train de s'attacher à la hâte, ses gestes rendus maladroits par l'anxiété. Soudain, il entendit des voix au loin. Son visage se décomposa de terreur.
« Qu'est-ce qu'on vient faire ici ? Qu'est-ce que tu mijotes ? On est où, là ? » C'était la voix d'Amy, résonnant entre les arbres.
« Allez, tu vas voir », répondit Tyler.
Mason sentit la panique monter en lui. Tyler conduisait Amy droit vers les ruines, inconscient du danger mortel.
« Allez, c'est plus très loin. »
« Sérieux, Tyler, t'avais besoin de me traîner jusqu'ici ? »
« On me demande de continuer la fête ailleurs. Je la continue ailleurs. »
« On va où comme ça ? »
« C'est là. Au pied de cet arbre. »
« T'es sûr de toi ? »
« Ouais. Allez, viens. »
« Bon, d'accord. »
Tyler et Amy entrèrent dans les ruines. Amy regarda autour d'elle, désorientée. « C'est quoi, cet endroit ? »
« Une ruine... enterrée sous l'ancienne propriété de ma famille. Personne ne saura qu'on est ici. »
« Les autres vont débarquer. »
« Ouais. Sauf si tu veux que je leur dise de ne pas venir. »
Amy se tourna vers lui, soudain sérieuse. « T'es célibataire ? »
« Ouais. Bien sûr. »
« Je te suis. »
Tyler lui montra fièrement les cellules. Mais Mason, horrifié par leur présence, s'était déjà enfui, se précipitant vers sa voiture. Il s'attacha maladroitement à un arbre près du véhicule, puis entra dans l'auto, souffrant de plus en plus. Son corps commença à se tordre, ses os craquant sinistrement. À ce moment précis, sous la pleine lune impitoyable, il se transforma en loup.
***
À Duke, Elena continuait ses recherches et tomba sur une photo de Katherine. Son cœur se serra devant ce visage si semblable au sien.
« Vanessa ? Vous avez fait des recherches sur les sosies ? »
Alaric se redressa, surpris par la question.
« Eh bien, euh... ce mot n'évoque pas la même chose selon les cultures. Mais il fait généralement référence à un double de soi. » Damon fixait la scène avec intensité. « Un être vivant de chair et de sang. »
« Est-ce qu'Isobel a trouvé quoi que ce soit qui explique le lien qui m'unit à Katherine ? »
« Ça, c'est tout ce qu'elle a sur elle, malheureusement. »
Alaric se racla la gorge, mal à l'aise. Elena continuait de faire face à Vanessa, avide de réponses.
« Écoute, la seule chose que je peux te dire, c'est que la plupart du temps, les doubles tourmentent les personnes auxquelles ils ressemblent. Ils les torturent jusqu'à ce qu'ils aient réussi à détruire leur vie. Il y a mieux pour se mettre de bonne humeur. »
« Ouais. Encore une information qu'on avait déjà. Moi, tout ce que je veux savoir, c'est pourquoi on se ressemble autant. »
Damon soupira théâtralement. « Mmh... Que c'est déconcertant. »
« Tu sais quelque chose ou tu fais ton intéressant ? »
« Eh bien, si c'était le cas, je ne te mettrais pas dans la confidence. À moins que tu changes d'attitude. » Il s'approcha d'elle avec un sourire provocateur.
Elena le fixa droit dans les yeux. « T'as raison. Et le pire, c'est que ça sort de la bouche de quelqu'un qui veut être mon ami. Mais tu sais quoi ? On ne manipule pas ses amis. On les soutient. »
Elena se retourna, laissant Damon face à ses propos cinglants, puis quitta la pièce d'un pas décidé.
***
Dans les cellules de la ruine, Tyler et Amy s'embrassaient passionnément, leurs ombres dansant sur les murs anciens.
« Non, attends. » Amy le repoussa doucement.
« Je ne peux pas. Je suis désolée. »
« C'est quoi, le problème ? Allez. »
Il recommença à l'embrasser, mais elle le repoussa plus fermement.
« Non... non, non, non. Attends, attends. Je ne peux pas. J'ai pas envie. »
« Alors pourquoi tu m'as suivi ? »
« J'en sais rien du tout. Je ne sais pas du tout pourquoi je t'ai suivi. Parce que celui qui me plaît, c'est Matt. »
Tyler recula, choqué. « Ça... ça tue. Euh... ok. Euh... »
« Je vais te laisser. »
« Ouais. C'est ça. »
« Encore désolée. »
Amy s'en alla, laissant Tyler déboussolé et humilié.
« Waouh... euh... »
***
Dans la forêt, Stefan ratissait méthodiquement les environs à la recherche de Caroline. Soudain, il entendit un grondement sourd, bestial, tout près. Il s'immobilisa, tous ses sens en alerte, puis continua prudemment en s'approchant de la voiture de Mason. Il aperçut des marques de griffes profondes sur le sol ainsi que des chaînes brisées le long d'un arbre. Il avança lentement, chaque pas pesé avec précaution.
Soudain, à l'arrière du véhicule, il aperçut deux yeux jaunes brillant dans l'obscurité. La vitre explosa dans un fracas assourdissant. Le loup lui bondit dessus avec une violence féroce, ses crocs découverts. Stefan roula sur le côté, évitant de justesse la morsure mortelle, et la créature s'enfuit dans la nuit, laissant Stefan sous le choc, haletant, la terreur gravée sur son visage.
Chapter 16: Vérités et conséquences
Chapter Text
À l'extérieur de l'université de Duke, la nuit avait enveloppé le campus d'un voile sombre et silencieux. Alaric sortit du bâtiment en compagnie de Vanessa, leurs pas résonnant sur le pavé désert.
« Merci », dit Vanessa simplement.
Alaric se tourna vers elle, son expression grave. « Je compte sur vous pour ne pas dire un mot de cette histoire à qui que ce soit. »
« Sinon quoi ? Damon viendra me tuer dans mon sommeil ? Je sais. Il m'a déjà mise au parfum. » Elle marqua une pause, cherchant les mots justes. « Enfin, si vous avez besoin de quoi que ce soit... appelez-moi. »
« J'espère que je n'aurai pas à le faire. » Il la fixa avec intensité.
« Mais... si jamais vous deviez le faire... »
Alaric se tourna complètement vers elle. « La dernière chose dont vous avez besoin, c'est d'être mêlée à ça. Croyez-moi. Vous perdriez le contrôle. Vous ne seriez plus capable de... de vivre votre vie. »
Vanessa hésita, puis demanda ce qui la hantait depuis des heures : « Si Isobel a disparu de cette manière... vous croyez que c'est vraiment à cause de ses recherches ? »
Le visage d'Alaric se durcit, une douleur ancienne refaisant surface. « Isobel... est devenue l'objet de ses recherches. Elle rêvait d'être transformée en vampire. Et elle a eu ce qu'elle voulait. »
Vanessa écarquilla les yeux, stupéfaite. « Ah... c'est ce genre de chose qui met à rude épreuve les mariages les plus solides. »
Un sourire amer étira les lèvres d'Alaric. « Vous voyez, je me demandais ce que ça me ferait de revenir ici. Et, euh... ben, ça va. Je le gère bien. C'est bon de savoir que... que ça fait partie du passé. Vous savez ? Il y a un moment où on doit passer à autre chose. »
« Mmh... »
« Bien. »
Alaric s'éloigna d'un pas plus léger, laissant derrière lui les fantômes d'un passé révolu. Elena s'apprêtait à monter dans la voiture, mais découvrit qu'elle était fermée à clé. Elle força sur la poignée sans succès, son agacement grandissant. Damon la rejoignit avec sa démarche nonchalante habituelle.
« Attends. »
Il ouvrit les portes d'un simple geste de la main.
« Puis-je me permettre ? » Il lui ouvrit la porte avec une courtoisie exagérée, mais lui barra le chemin. « Tu ne peux pas me détester toute ta vie. »
Elena le fixa froidement. « On peut rentrer ? »
Damon la laissa passer, mais lui tendit un livre épais et ancien. « Il suffisait de creuser un peu plus. »
Elena examina la couverture, fronçant les sourcils. « Petrova ? Et alors ? C'est quoi, ce livre ? »
« Katherine était originaire d'Europe. Petrova est son véritable nom. Katherina Petrova, pour être exact. »
« Comment tu sais ça, toi ? »
Un sourire nostalgique effleura les lèvres de Damon. « À l'époque, j'ai vu son nom gravé sur un vieux objet de famille. Les hommes fouinent aussi, tu sais. » Il sourit légèrement. «
Tu me diras ce que ça donne. Je suis curieux d'en savoir plus. »
Elena, surprise par ce geste inattendu, s'apprêta à monter dans la voiture. Mais la voix de Damon la retint.
« Je comprends que tu me détestes. C'est normal. Mais tu me détestais avant et on est devenus amis. Ce... ce serait trop bête si tout ça avait disparu pour toujours. Mmh... » Il hésita, vulnérable pour une fois. « Alors, c'est le cas ? Est-ce que je t'ai perdue pour toujours ? Mmh... »
Elena le regarda, son expression indéchiffrable. « Merci pour le livre, Damon. »
« Mmh... »
Damon la laissa monter et referma la porte avec une douceur inhabituelle, son visage sérieux trahissant une émotion rare.
***
Dans la forêt baignée par le clair de lune argenté, Caroline et Matt se promenaient main dans la main, leurs silhouettes découpées contre les arbres.
« Je crois que c'est l'endroit idéal », murmura Matt en s'arrêtant.
« Pour faire quoi ? »
Il l'embrassa passionnément, répondant à sa question sans mots. Soudain, un bruit les interrompit.
« T'as entendu ? »
Mais Caroline, trop obnubilée par sa bouche, par le désir qui montait en elle, s'en moquait éperdument. Elle l'embrassa à nouveau et le plaqua contre un arbre avec une force
qu'elle ne contrôlait plus tout à fait. Matt s'écorcha le bras contre l'écorce rugueuse. Elle s'arrêta brusquement.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
« Rien. Je suis maladroit. » Il fixa le sang qui perlait sur sa peau. « Il y a un problème ? »
Caroline, soudain affamée, sentit ses crocs pousser malgré elle. Elle se pencha et lécha le sang avec avidité.
« Attends, qu'est-ce que tu fais ? C'est quoi, ce délire ? »
Elle continua, incapable de s'arrêter, le goût du sang réveillant en elle une soif dévorante.
« Caroline... »
Son visage changea, ses veines saillant sous sa peau, ses yeux devenant noirs. Elle le mordit violemment au bras. Matt hurla de douleur, sa voix déchirant le silence de la forêt.
« Arrête ! Caroline ! Caroline... Caroline ! »
Elle s'arrêta brusquement et le fixa, horrifiée par ce qu'elle venait de faire.
Matt, le visage déformé par l'horreur, balbutia : « J'hallucine... ton visage... »
Mais la bête en elle avait pris le dessus. Elle attaqua sauvagement son cou. Stefan surgit de nulle part et la projeta violemment au loin. Il la maintint fermement contre le sol, ses
mains comme des étaux.
« Ça suffit ! Tu m'entends ? Calme-toi ! Calme-toi ! Calme-toi ! »
Caroline se calma progressivement, reprenant le contrôle. Matt s'écroula contre l'arbre, le sang coulant de ses blessures.
« Seigneur... » gémit Caroline en voulant l'aider.
« Non, non, non. Laisse-le ! N'approche pas ! » Stefan la retint avec force. « Il faut qu'on sorte de cette forêt immédiatement. On doit partir. »
« C'était quoi ? »
Un grognement résonna entre les arbres, profond et menaçant. Le loup s'approchait.
« Matt, reste à terre ! Ne bouge pas ! » cria Stefan.
Matt obéit, terrorisé. Stefan chercha frénétiquement le loup du regard, scrutant l'obscurité.
« Toi et moi, on va partir en courant, d'accord ? Comme ça, il nous suivra et ne s'en prendra pas à Matt. Maintenant, tu vas courir le plus vite possible. C'est compris ? »
« Mmh-mmh... » acquiesça Caroline, paniquée.
« Cours ! Allez, cours ! »
Caroline et Stefan se mirent à courir à travers la forêt, leurs pieds martelant le sol. Soudain, Caroline s'arrêta net.
« Attends ! Qu'est-ce que c'est ? »
« C'est un loup-garou. Il veut nous tuer. Et il peut y arriver. »
Tyler surgit à ce moment précis. « Hé ! Qu'est-ce que vous faites là ? »
« Et toi, qu'est-ce que tu... »
Le loup bondit sur Caroline avec une férocité dévastatrice. Tyler et Stefan s'approchèrent lentement, horrifiés.
« Oh... Stefan ! » hurla Caroline, paniquée, tentant de se défendre contre la bête.
Stefan arriva et repoussa le loup violemment, utilisant toute sa force vampirique.
« Non ! » hurla Tyler.
Le loup se tourna vers Tyler, le fixa intensément de ses yeux jaunes luisants, puis s'enfuit dans les ténèbres de la forêt.
***
Quelques instants plus tard, près de la rivière, Caroline hypnotisait Matt, ses yeux plongés dans les siens avec une concentration absolue.
« Tu ne te souviendras pas de ce que je t'ai fait, ni de ce en quoi tu m'as vue me transformer. »
« On était dans la forêt en train de s'embrasser », répéta Matt d'une voix monotone.
« Et là, un animal s'est jeté sur toi et t'a mordu au cou. »
« C'est bizarre. Il est sorti de nulle part. »
Elle s'éloigna, le cœur lourd, et rejoignit Stefan qui attendait à distance.
« Et maintenant, on fait quoi pour Tyler ? »
« Je m'en suis occupé. On va donner de la verveine à Matt. Tu ne pourras plus prendre le contrôle de son esprit. Et surtout, tu ne pourras plus te nourrir de son sang. »
« Ouais... j'arrive pas à le croire. »
« Je sais. »
La voix de Caroline se brisa. « Je m'en suis prise à lui alors que c'est la seule personne sur Terre à qui jamais j'ai voulu faire de mal. »
Stefan posa une main réconfortante sur son épaule. « Ça n'ira pas en s'arrangeant. Tu vas devoir te battre de toutes tes forces. »
« Avoue-le. Je ne devrais pas être avec lui. Pas si ça veut dire le mettre en danger. »
Stefan soupira profondément. « Je suis mal placé pour te dire ce que tu dois faire. Moi-même, si j'avais écouté ma conscience, je me serais éloigné d'Elena depuis longtemps. »
Caroline le fixa avec curiosité. « Ça t'arrive de penser que tu aurais dû ? »
« Mais je sais que j'aurais dû. Mais je ne peux pas. »
***
À l'aube, la lumière dorée filtrait entre les arbres de la forêt. Tyler s'approcha de la voiture de son oncle, toute cabossée, la vitre explosée en mille morceaux. Il fouilla prudemment le véhicule. Mason le surprit, nu et frigorifié.
« Tu me passes mes fringues ? »
Tyler sursauta, choqué. Après une hésitation, il lui lança les vêtements. Mason s'habilla rapidement, ses gestes maladroits trahissant son épuisement.
« C'était toi ? »
Mason hocha la tête gravement. Tyler resta figé, le monde qu'il connaissait s'effondrant autour de lui.
***
Au Mystic Grill, baigné dans la lumière douce du jour, Matt était assis seul à une table, le regard perdu. Amy le rejoignit, inquiète.
« J'arrive pas à croire qu'une bête t'a attaqué. »
« Ouais. »
Caroline entra dans le bar à ce moment précis et les surprit ensemble. Elle les fixa un instant, la jalousie s'embrasant en elle.
« Moi non plus. Il y a pas mal d'accidents de ce genre ces derniers temps. »
« Comment tu te sens ? »
« Ben, j'ai connu mieux. Sinon toi, ça va ? »
« Oui, ça va. Mais je m'inquiète pour toi. »
« Ben, faut pas. Je vais bien. »
« Si tu le dis. Je suis contente de te retrouver ici. »
« Ouais. Moi aussi. »
Caroline s'approcha d'eux, furieuse, incapable de contenir son émotion amplifiée.
« Tu veux parler d'autre chose ? »
« Non, non, non, merci. »
Caroline les interrompit brutalement. « Amy, c'est quoi, ce délire ? »
« On ne fait que discuter. »
« T'appelles ça discuter ? »
« Oui. »
Matt, agacé, intervint : « Et tu te fous de moi ? »
« Non, je ne me fous pas de toi, Matt. Tu lui plais, ça se voit à des kilomètres. »
Amy se leva, mal à l'aise. « Écoute, je suis désolée. Je ne voulais pas... je vais vous laisser. Ça vaut mieux. »
Caroline l'arrêta d'un geste autoritaire.
« Arrête ! Ça suffit », explosa Matt.
Caroline la laissa passer. Amy s'en alla rapidement, laissant Caroline face à Matt, dont la fureur était palpable.
« À quoi tu joues, là ? »
« Quoi ? C'est pas à moi qu'il faut te plaindre. Elle te rôde autour et ça, c'est un truc que je ne supporte pas. »
« T'avais dit que t'arrêtais ton cinéma. »
Caroline le fixa, défiant. « Ouais. Ben, j'ai menti. »
« C'est bon. Oublie. Tu peux tout oublier. »
Matt s'en alla d'un pas déterminé.
« Tu fais quoi, là ? Tu me quittes ? C'est ça que tu veux dire ? » cria Caroline, paniquée.
Matt se retourna, son visage fermé. « Oui. Oui. C'est ce que je viens de faire. »
Il s'en alla, laissant Caroline seule au milieu du bar. Elle s'assit lentement, les larmes commençant à couler le long de ses joues, incontrôlables.
***
Le soir tombait sur la maison des Gilbert. Dans la cuisine baignée d'une lumière douce, Jenna se tenait près du comptoir. Alaric surgit soudainement.
« Rick, je ne pensais pas que vous seriez là sitôt. »
Alaric ne répondit pas. Il s'avança vers elle et l'embrassa avec passion. Jenna, surprise mais heureuse, se laissa porter par ce moment inattendu.
« J'aurais dû le faire dès ce matin », murmura-t-il contre ses lèvres.
Jenna sourit, radieuse. Ils s'embrassèrent à nouveau, scellant un nouveau départ.
***
Sur le perron de la maison, Elena s'apprêtait à rentrer. Damon la suivit, incapable de laisser les choses en suspens.
« Ah, ça nous fait du bien, ces petites virées. »
« Ça ne veut pas dire pour autant que les choses sont redevenues comme avant. »
« Oh, je t'en prie. J'ai déjà commencé à grignoter ton mur de la haine. »
Elena se tourna vers lui, sérieuse, et lui fit face avec détermination. « Il faut que je sache la vérité. Quand tu as brisé la nuque de mon frère, tu savais qu'il portait sa bague ? »
Damon détourna le regard, mal à l'aise. « Non. J'en savais rien. Katherine m'avait sérieusement gonflé et j'ai... je suis parti en vrille. J'ai eu de la chance pour la bague. Je ne sais pas ce que j'aurais fait s'il ne l'avait pas portée. » Il la regarda enfin dans les yeux. « Elena, je te demande pardon. »
« Merci pour la franchise. »
Damon soupira de soulagement, croyant avoir franchi un cap.
Elena poursuivit calmement : « Et pour en revenir à ta question concernant notre amitié... la réponse est oui. Tu m'as bel et bien perdue pour toujours. »
Le visage de Damon se décomposa. Elena s'apprêta à partir.
« Tu le savais déjà tout à l'heure. » Elena ne répondit pas, continuant vers la porte. « Tu t'es servie de moi. »
« J'avais besoin de tes informations sur Katherine. »
La voix de Damon se fit tranchante. « Je croyais qu'on ne se manipulait pas entre amis. »
Elena se figea, visiblement mal à l'aise, la culpabilité l'envahissant.
« Katherine et toi, vous avez beaucoup plus en commun que votre physique. »
Damon s'en alla dans la nuit, laissant Elena abasourdie sur le perron, ses propres mots se retournant contre elle.
***
Le lendemain matin, dans la chambre de Caroline baignée de lumière, la jeune vampire dormait profondément, épuisée par les événements de la nuit. Une silhouette se tenait près de son lit, l'observant en silence. Katherine la réveilla d'un geste doux. Caroline sursauta violemment.
« Elena ? »
« Non. »
Caroline réalisa immédiatement, la terreur s'emparant d'elle. « Katherine. »
Katherine s'assit gracieusement sur le lit, un sourire énigmatique aux lèvres. Caroline s'éloigna instinctivement, morte de peur.
« N'aie pas peur, Caroline. Je ne vais pas te faire de mal. Je suis là pour t'aider. »
Chapter 17: Retour dans le passé
Summary:
Alaric, Stefan, Elena et Damon enquêtent sur les Lockwood et les recherches d’Isobel à Duke, découvrant des secrets sur vampires et loups-garous.
Caroline, devenue vampire, apprend à gérer sa soif et reçoit une bague de lumière, mais reste en colère contre Stefan et Bonnie à propos de Damon.
La fête de Tyler déclenche tensions et jalousies, tandis que Mason, devenu loup-garou, attaque Stefan et Caroline dans la forêt, et Caroline mord accidentellement Matt.
Elena et Damon explorent les archives d’Isobel avec Vanessa, révélant des informations sur Katherine et Mystic Falls, mais Damon se confronte aux conséquences de ses manipulations passées.
Le chapitre se termine avec Katherine apparaissant mystérieusement pour aider Caroline, annonçant de nouveaux dangers.
Chapter Text
Chez Stefan Salvatore, l'atmosphère était étrangement paisible. Katherine était assise confortablement, le journal intime de Stefan ouvert sur ses genoux, absorbée par sa lecture.
Stefan entra dans la pièce et s'immobilisa en la voyant.
« Bonjour Stefan », dit-elle sans lever les yeux.
« Tu ne devrais pas lire le journal de quelqu'un d'autre. »
Katherine leva enfin les yeux vers lui, un sourire amusé aux lèvres. « Je sais. Désolée. C'était trop tentant, toutes tes pensées et tes sentiments, attendant sur ton bureau que je les lise. »
Stefan reprit son journal d'un geste ferme et lui offrit un verre pour détourner la conversation. « En provenance du stock privé de Damon... »
« C'est vrai ! Tu ne bois pas de sang humain. J'ai lu ça. » Elle sirota son verre avec délectation. « J'ai aussi lu le passage sur le loup-garou. Ça a dû être une surprise. »
« Que sais-tu des loups-garous ? »
« Je sais qu'il ne faut pas les caresser. Leur morsure tue, Stefan. Il est préférable de rester loin d'eux pendant la pleine lune. »
« Et... Comment sais-tu ça ? »
Katherine se cala dans son siège, ses yeux brillant d'un éclat nostalgique. « À ton avis, qui est responsable d'avoir débarrassé cette ville des vampires en 1864 ? »
« Les familles fondatrices. »
« Menées par ? »
« Les Lockwood. »
« Tu te souviens du bal des fondateurs, pas vrai ? »
Stefan hocha la tête, les souvenirs affluant. « J'étais ton cavalier. »
« C'était avant que Damon et toi ne sachiez pour moi. »
***
Flashback — Bal des fondateurs, 1864
La salle était magnifique, illuminée par des centaines de bougies. Damon levait son verre, souriant à l'assemblée.
« Que tout le monde se joigne à moi pour lever nos verres pour mon grand ami George Lockwood. George, merci d'avoir défendu le Sud. »
George, grand et imposant, répondit avec un sourire satisfait : « Avec plaisir, M. Salvatore. Après tout, quelqu'un devait bien le faire. »
Tout le monde but. Un homme s'approcha discrètement de Katherine, l'air inquiet.
« Je peux vous parler, Mlle Katherine ? »
« Prenez un verre, Henry. C'est une célébration. »
« S'il vous plaît, Mlle Katherine. »
Ils s'isolèrent dans un coin sombre de la maison, loin des regards indiscrets.
« J'ai fait des recherches sur les attaques de l'autre nuit. Ce n'était pas des vampires. »
Katherine demeura impassible. « C'est une bonne nouvelle, Henry. Il n'y a pas de quoi s'en faire alors. »
« J'ai bien peur que vous ne compreniez pas. Je n'avais jamais vu des gens déchiquetés comme ça. »
Le visage de Katherine se durcit imperceptiblement. « Alors... Ça ne sera pas long avant que les fondateurs lancent une enquête. »
« On doit quitter la ville maintenant. Je vais le dire aux autres. »
Katherine posa une main apaisante sur son bras. « Relax, Henry. Cette ville est notre maison. Et les vampires sont ma famille. Je ne laisserai rien leur arriver. »
***
Retour au présent
« Dès que j'ai rencontré George, j'ai su qu'il serait un problème », dit Katherine, son regard perdu dans ses souvenirs.
Stefan l'observait attentivement. « Donc tu dis que tous les Lockwood sont des loups-garous ? »
« La famille Lockwood a le gène du loup-garou. Ils ne le sont pas tous pour autant. »
« Il y en a combien d'autres ? C'est... Ce n'est que la famille Lockwood ? »
« Non. Il y en a d'autres. Pas beaucoup. Ils sont pratiquement éteints. Ils existent maintenant dans les livres et dans les mauvais films. La plupart vivent en meute, dans certaines régions. »
Elle se leva et s'approcha d'une photo posée sur l'étagère — une vieille photographie d'elle, Stefan et Damon. Elle la contempla longuement.
« C'est à moi de poser une question. Pourquoi tu as gardé cette photo ? Pourquoi ne pas l'avoir brûlée ? Ou déchirée ? J'étais un monstre, Stefan. »
Elle marqua une pause, son masque de légèreté se fissurant imperceptiblement. « Je pensais t'aimer pendant un temps. Je me suis rendu compte après coup que ce n'était pas de l'amour. Je vous aimais bien tous les deux. Mais c'était loin, très loin de ce que j'avais ressenti pour lui. Et j'étais humaine à l'époque. »
Stefan s'approcha d'elle, tous ses sens en alerte. Ce « lui » mystérieux éveillait sa curiosité et sa méfiance. « Lui ? »
Le visage de Katherine changea instantanément. L'assurance habituelle qui l'animait s'effrita, laissant place à une tristesse profonde et inattendue. Ses yeux, d'ordinaire si calculateurs, se voilèrent d'une émotion brute et douloureuse. Son regard se perdit dans le vague, comme si elle contemplait un fantôme invisible, un passé qui la hantait encore après tous ces siècles.
Stefan observa cette transformation avec stupéfaction. Il n'avait jamais vu Katherine vulnérable. La créature manipulatrice et insaisissable qu'il connaissait semblait soudain terriblement humaine, brisée par un souvenir qu'elle ne pouvait chasser. Un nom flottait sur ses lèvres, un nom qu'elle ne prononcerait pas mais qui pesait lourd dans le silence. Elijah. Ce nom résonnait en elle comme une plaie jamais refermée, un amour perdu qui avait marqué son âme immortelle plus profondément que n'importe quelle transformation vampirique.
« Une vieille histoire », murmura-t-elle finalement, sa voix rauque trahissant l'ampleur de sa douleur.
Stefan sentit quelque chose se briser dans cette réponse évasive. La Katherine qu'il connaissait ne montrait jamais sa faiblesse. Mais là, face à ce souvenir, elle était désarmée, vulnérable. Cela le troubla profondément — et l'effraya aussi. Car si Katherine avait réellement aimé quelqu'un d'autre, quelqu'un qui lui faisait encore mal après tout ce temps, qu'est-ce que cela signifiait pour lui ? Pour Damon ? Pour Elena ?
Mais au lieu de creuser cette révélation troublante, Stefan choisit d'agir. Par surprise, il dégaina un pieu imbibé de verveine et la poignarda violemment. Katherine hoqueta de douleur et de surprise. Il la saisit brutalement par le bras et la traîna sans ménagement à travers la maison jusqu'à la cave, ses talons raclant le sol dans une tentative vaine de résistance. Il l'attacha solidement à une chaise avec des chaînes injectées de verveine, puis reprit la discussion d'un ton glacial.
***
« Où en étions-nous ? C'est ça. Tu allais me dire pourquoi tu es revenue ici, non ? »
Katherine grimaça, la verveine brûlant sa peau partout où les chaînes la touchaient. « Tu n'as pas à faire ça. »
« Réponds à la question. »
« Je suis revenue pour elle. »
Stefan s'approcha, menaçant. « On va jouer avec mes règles, maintenant. »
« Tu fais quoi ? »
Stefan s'arma de gants épais, prit une fiole de verveine pure et la versa délibérément sur un tissu. Il l'approcha du visage de Katherine, qui se débattit violemment. La verveine toucha sa peau et elle hurla de douleur, la chair brûlant instantanément.
« Réponds à la question. »
Katherine haletait, des larmes involontaires coulant de ses yeux brûlés. « Tu vas me torturer ? »
« Je vais faire ce qu'il faut pour avoir la vérité. »
Katherine le fixa à travers sa douleur, un sourire amer aux lèvres. « Cette nuit-là, au bal des fondateurs... »
« Je veux plus entendre d'histoires du passé. »
« Oh que si, Stefan. C'est exactement ce que tu veux entendre. »
***
Flashback — Suite du bal des fondateurs
George s'approcha de Katherine qui se tenait seule près d'une fenêtre, observant les invités.
« Elle est toute seule. Cela signifie que je peux vous avoir pour moi ? »
Katherine se tourna vers lui avec un sourire calculé. « Votre père s'est surpassé. »
« Connaissant mon père, il voudrait faire une fête des fondateurs chaque année. »
« Je dois admettre que je suis surprise que vous me cherchiez. »
« Parce que vous êtes au centre de la guerre des frères Salvatore ? »
Katherine s'approcha de lui, sa voix se faisant dangereusement douce. « Non, parce que je suis un vampire qui pourrait vous tuer dans votre sommeil. »
George se figea. « Je vous demande pardon ? »
« Relax, George. Je sais que vous connaissez mon secret. »
« Cette conversation est terminée. »
George commença à s'éloigner mais Katherine le retint d'une main ferme sur son bras.
« Et je connais votre secret aussi. Et je sais que vous êtes fort. Mais pas assez. »
George se dégagea, furieux. « Comment savez-vous qui je suis ? »
« Vous croyez que je m'installerais dans une ville sans connaître mes ennemis ? »
« Que voulez-vous ? »
***
Retour au présent
Stefan s'assit plus près d'elle, son visage à quelques centimètres du sien. « Que voulait-il ? »
Katherine ne répondit pas, se contentant de le fixer avec défi.
Chapter 18: Jeux de vérité et de danger
Chapter Text
Au Mystic Grill, Elena était plongée dans ses cours, ses notes étalées sur la table devant elle. La concentration qu'elle affichait fut brisée par l'arrivée de Damon, qui s'installa face à elle avec son aplomb habituel.
« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda-t-elle sans lever les yeux.
« Donc c'est là que tu passes ton temps quand tu ne poignardes pas les gens dans le dos. »
Elena releva enfin la tête, son regard dur. « Je t'ai piégé pour que tu me dises la vérité. C'est pas te poignarder dans le dos. C'est utiliser tes propres tactiques contre toi. »
Elle commença à ranger ses affaires d'un geste brusque, signifiant clairement que la conversation était terminée.
« Où tu vas ? »
« J'ai été claire, Damon. Je ne veux rien avoir à faire avec toi. »
« OK. On se voit au barbecue de Jenna. »
Elena s'arrêta net, surprise. « Comment t'es au courant ? »
« C'était mon idée. Jenna est allée au lycée avec Mason Lockwood. Donc j'ai pensé qu'un rassemblement serait un bon moyen pour apprendre à connaître ce mec. Donc, j'ai dit à Rick de dire à Jenna que... »
« Jenna sait que tu y seras ? Parce qu'elle ne t'aime pas beaucoup. »
Une employée du restaurant apporta un paquet à Damon à ce moment précis.
« Parfait. Merci. » Il sourit à Elena. « J'espère que ce dessert aux pêches m'y aidera. »
Elena fronça les sourcils, méfiante. « Qu'est-ce que tu prépares ? »
« Je vais faire ingérer de l'argent à Mason Lockwood et prouver que c'est un loup-garou. » Il se leva, satisfait de lui-même. « On se voit au barbecue. »
***
À la maison des Lockwood, baignée dans la lumière matinale, Tyler rattrapa Mason qui s'apprêtait à partir.
« Salut, Mason, tu as une seconde ? »
« Non, mec, il y a un barbecue chez Jenna Sommer. »
« Allez, donne-moi deux minutes. D'accord ? Tu peux pas continuer à m'éviter. Je panique moi. »
Mason soupira, exaspéré. « Tyler, que veux-tu que je te dise ? Oui, je me suis transformé en loup. Non, ça ne t'arrivera pas. »
« Comment tu le sais ? »
« Parce que tu ne déclencheras pas la malédiction. Ton père ne savait rien de tout ça. Et moi non plus jusqu'à ce que ça m'arrive. »
Tyler le fixa intensément. « Comment ça se déclenche ? »
« L'ignorance est un délice. Crois-moi. »
« Tu es revenu en ville avec un secret de famille surnaturel et tu espères que je ne pose pas de questions ? »
« Je ne peux rien dire de plus. Désolé, Tyler. C'est mieux pour toi si je ne dis rien. »
Tyler changea de tactique. « Tu as trouvé la pierre de lune ? »
Le visage de Mason s'éclaira soudain. « Tu sais où elle est ? »
« Qu'est-ce qu'elle a de spécial ? »
« Je te l'ai dit. Elle appartenait à la famille. C'est sentimental. » Il recula vers la porte. « Écoute, ne t'en fais pas pour ça. Oublie ce que j'ai dit, d'accord ? À plus. »
***
Chez les Gilbert, la cuisine débordait d'activité. Elena et Jenna préparaient le repas ensemble, leurs gestes synchronisés par des années de cohabitation.
« Merci de m'avoir laissée inviter Caroline. Elle a besoin de distraction », dit Elena en coupant des légumes.
Jenna leva les yeux de la salade qu'elle préparait. « Ce n'est pas elle qui m'inquiète le plus. Pourquoi Damon vient ? »
« Car Alaric avait pitié. Allez Jenna. Sois gentille. »
« Je serai gentille quand Damon ne mettra plus ses pattes sur toi. »
Mason arriva à ce moment précis, portant plusieurs bouteilles d'alcool. « Bonne nouvelle. J'ai trouvé les verres. »
Elena saisit l'opportunité pour s'échapper. « Je m'en vais. »
Jenna se tourna vers Mason avec un sourire complice. « Tu es là depuis dix minutes et je suis déjà revenue sous les gradins du rallye. »
Mason rit, nostalgique. « Comme au bon vieux temps, hein ? Sauf que j'ai pas piqué la bouteille à mon vieux. »
Alaric entra dans la cuisine, remarquant immédiatement les bouteilles. « Le truc de luxe. Je t'aime déjà. »
« Content d'avoir été invité. »
« Remercie Rick. C'était son idée », précisa Jenna.
Mason parut légèrement surpris. « Vraiment ? »
« Oui, tu sais, j'ai pensé que ça serait sympa de rencontrer les amis de Jenna. Trouver des vieux ragots. »
Mason gloussa. « J'ai des ragots. J'ai des ragots. »
Jenna leva les mains en signe de reddition. « Je n'ai pas de secrets. Que de la honte. »
Jenna, Mason et Alaric levèrent leurs verres ensemble.
« À la honte. Santé », lança Alaric.
Damon choisit précisément ce moment pour faire son entrée.
« Damon », dit Jenna d'un ton glacial.
« On buvait un coup. Laisse-moi te payer un verre, mon pote », intervint Alaric rapidement.
Jenna termina son verre d'un trait et le tendit à Damon avec un sourire forcé. « Tiens. Prends le mien. »
Damon accepta le verre avec son sourire narquois habituel. « Elle ne m'aime pas beaucoup. »
Mason s'avança, la main tendue. « On n'a pas été présentés. Mason Lockwood. »
« Bien sûr. Salut. Damon Salvatore. »
« Je sais. J'ai entendu de grandes choses sur toi. »
« Vraiment ? C'est bizarre. Parce que je suis un con. »
***
Sur la véranda, Elena tentait de joindre Stefan au téléphone, son anxiété grandissante transparaissant dans sa voix.
« Salut, je rappelle encore. T'as eu mon message pour le barbecue de Jenna ? Appelle-moi quand tu peux. »
Caroline arriva, un paquet de chips à la main, qu'elle dévorait avec avidité.
« C'était Stefan ? »
« Il ne m'a pas rappelée. Je sais pas si je dois m'inquiéter. »
« Je suis sûre qu'il va bien. Mon dieu, je peux pas m'arrêter de manger. Stefan dit que c'est un bon moyen pour arrêter la soif. C'est horrible. Combattre l'envie de sang, chaque minute de chaque jour. »
« Je sais que Stefan déteste cette partie de lui. »
Caroline s'arrêta de manger un instant, son visage devenant plus sérieux. « Ouais. Et il déteste le fait que tu sois une tentation. »
Elena la fixa, surprise. « Il a dit ça ? »
« Non, désolée, c'est moi. Le désir de mordre ta jugulaire, c'est la Elena. Je ne sais pas comment il fait quand il est avec toi ? Mais crois-moi, il est là. C'est pourquoi j'ai rompu avec Matt. »
Alaric apparut à la porte. « La nourriture est prête. Venez en chercher. »
Caroline bondit sur ses pieds. « Enfin, je meurs de faim. »
***
Dans la cave humide et sombre de Stefan, l'atmosphère était électrique. Stefan demeurait assis face à Katherine enchaînée, son regard impitoyable ne fléchissant pas.
« On peut rester assis tant que tu le voudras. Et quand tu commenceras à te déshydrater, il y a une tombe avec ton nom dessus. »
Katherine inclina la tête, un sourire ironique aux lèvres malgré sa situation précaire. « J'ai pas arrêté de parler. C'est à ton tour. Tu prétends être humain quand tu es avec Elena ? C'est un appel ? »
« En fait, je ne prétends être rien quand je suis avec elle. C'est ça le truc. J'ai juste à être moi-même. »
« Elle sait que tu es un danger pour elle ? »
« Je ne le suis pas. »
« C'est là que tu te trompes, Stefan. Tu ne parviens pas à te contrôler. Et franchement, je commence à en avoir marre que vous m'utilisiez tous les deux comme bouc-émissaire. Je t'ai contrainte à ne pas avoir peur de moi, c'est vrai. Mais c'est uniquement après que tu es découvert pour moi. Pas avant. »
***
Flashback — Après le bal des fondateurs
Stefan conduisait Katherine à sa chambre à travers les couloirs silencieux de la demeure Salvatore.
« Ta famille m'avait accueillie. J'ai passé un bon moment, Stefan. »
« Combien de temps comptes-tu rester à Mystic Falls ? »
« Autant que je le veux. C'est gentil à ton père de m'héberger. »
« Comment ne pas le faire ? Perdre ta famille dans un incendie. Je suis heureux que tu aies survécu et que tu sois partie d'Atlanta. »
Katherine se tourna vers lui, ses yeux brillant dans la pénombre. « Alors, j'en déduis que ma présence est souhaitée ? »
« Et comment ! Je sais... Qu'on ne se connaît que depuis peu. Et je sais que j'ai de la concurrence. Mais... Je n'avais jamais rencontré... une femme comme toi. Je... Je te regarde et je vois... Un ange. Je caresse ta peau... Et mon corps s'enflamme. Je t'embrasse et je sais que je suis en train de tomber amoureux. »
Stefan l'embrassa avec passion.
« Je suis amoureux de toi. »
Katherine le fixa, troublée. « Il y a tant de choses que tu ignores à mon sujet, Stefan. »
« D'autres choses que je vais aimer. »
« Bonne nuit. »
« Je t'ai énervée ? »
« Non. Tu ne m'as pas énervée. Tu m'as surprise. À demain. »
Katherine entra dans sa chambre et se retrouva face à Damon qui l'attendait dans l'ombre. Il l'embrassa immédiatement.
« Que fais-tu ici ? »
« Je t'ai dit que je viendrais. »
« Eh bien, je suis épuisée. Tu devrais t'en aller. »
« Les aveux de mon frère t'ont-ils émue ? »
« Tu ne devrais pas écouter aux portes. »
« Mon amour ne te suffit pas ? »
Katherine soupira, fatiguée de ce jeu. « Je te l'ai dit. Je suis épuisée. J'aimerais rester seule ce soir. S'il te plaît, pars. »
Elle l'hypnotisa subtilement en prononçant ces derniers mots.
« Bonne nuit, Katherine. »
Une fois seule, elle toucha ses lèvres pour se souvenir du baiser de Stefan, un geste plein de nostalgie et de regrets.
***
Retour au présent
Katherine releva la tête, son regard croisant celui de Stefan avec une intensité nouvelle. « Vas-y, Stefan. Torture-moi, emprisonne-moi, vide-moi de mon sang jusqu'à ce que je
devienne poussière. Ça ne changera rien à la vérité. Je ne t'ai jamais obligé à m'aimer. C'était réel. Mais c'est terminé aujourd'hui. Je ne suis pas là pour toi ou pour Damon et je suis heureuse que tu m'aies oubliée. »
Elle marqua une pause, et son visage se durcit, une lueur de colère authentique traversant ses traits.
« En revanche, tu la mets en danger et ça, je ne peux pas dire que j'apprécie. »
Stefan se figea, déstabilisé. Il scrutait le visage de Katherine, cherchant le mensonge, la manipulation habituelle. Mais ce qu'il y voyait le troublait profondément. Katherine semblait véritablement indifférente au fait que Damon ou lui tournent autour d'Elena. Pas de jalousie, pas de ressentiment, pas même cette étincelle de possession qu'elle avait toujours manifestée autrefois. C'était déconcertant. Katherine Pierce, la manipulatrice par excellence, ne se souciait visiblement pas d'eux.
Mais alors, pourquoi cette inquiétude palpable pour Elena ? Son ton avait changé en prononçant ces derniers mots. Il y avait de l'agacement, certes, mais aussi quelque chose de plus profond. De l'inquiétude ? De la colère ? Stefan ne parvenait pas à déchiffrer cette femme qui, après 145 ans, continuait de le surprendre.
« Qu'est-ce que tu racontes ? » demanda-t-il, sa voix trahissant sa confusion.
Katherine le fixa avec intensité, et pour la première fois depuis le début de cet interrogatoire, Stefan vit passer dans ses yeux quelque chose qui ressemblait à de la frustration authentique.
« Vous êtes tellement aveugles, tous les deux. Toi avec ton régime stupide qui t'affaiblit au point que tu peux à peine la protéger, et Damon qui se comporte comme un monstre impulsif sans réfléchir aux conséquences. »
Stefan se recula légèrement, perturbé par la véhémence de ses propos. « Tu te soucies d'Elena ? »
Katherine détourna le regard, une expression complexe traversant son visage. « C'est... compliqué. »
Compliqué. Le mot résonna dans l'esprit de Stefan. Il y avait quelque chose qu'elle ne disait pas, un secret qu'elle gardait jalousement. Mais quoi ? Pourquoi Katherine Pierce, la créature la plus égocentrique qu'il connaissait, se préoccuperait-elle sincèrement du bien-être d'Elena ?
Ce que Stefan ignorait, c'est que derrière ce masque d'indifférence calculée, Katherine menait un jeu bien plus complexe. Avoir les deux frères Salvatore près d'Elena était, ironiquement, exactement ce dont elle avait besoin. Les voyageurs étaient déjà là, rôdant dans Mystic Falls comme des prédateurs affamés. Leurs éclaireurs observaient, attendaient le moment propice. Et l'un d'entre eux avait déjà frappé — la petite Caroline Forbes en avait fait les frais.
Katherine ferma brièvement les yeux, se remémorant sa visite à Caroline la veille au soir.
***
Elle était apparue dans sa chambre comme un fantôme, observant la jeune vampire nouvellement transformée qui dormait d'un sommeil agité. Lorsque Caroline s'était réveillée, terrifiée, Katherine avait fait quelque chose qu'elle ne faisait jamais : elle s'était excusée.
« Je suis désolée, Caroline. Tu n'aurais jamais dû être mêlée à tout ça. »
Les yeux de Caroline s'étaient emplis de larmes. « Pourquoi moi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? »
« Tu n'as rien fait. L'homme qui t'a attaquée... il en avait après Elena. Parce qu'elle est un double humain, un double. Ils la cherchent, Caroline. Et parfois, des innocents se retrouvent au mauvais endroit, au mauvais moment. »
« Je ne comprends pas... »
Katherine s'était assise sur le bord du lit, un geste étonnamment maternel. « Tu n'as pas besoin de tout comprendre. Mais tu as besoin d'apprendre à survivre. Le régime de Stefan, aussi noble soit-il, est stupide et dangereux. Il t'affaiblit. Et Damon... Damon est un monstre stupide qui laisse ses émotions dicter ses actions. »
« Alors qu'est-ce que je fais ? » avait demandé Caroline, désespérée.
« Tu apprends de quelqu'un qui a survécu pendant 500 ans. Je vais t'entraîner, Caroline. Je vais te montrer comment être forte, comment contrôler tes pulsions sans te priver au point de devenir faible. Tu mérites mieux que ce qui t'est arrivé. »
Caroline l'avait fixée avec méfiance et espoir mêlés. « Pourquoi tu ferais ça pour moi ? »
« Parce que je ne laisse pas les gens que je... » Katherine s'était interrompue, surprise par ses propres mots. « Parce que tu ne mérites pas de souffrir pour des erreurs qui ne sont pas les tiennes. »
***
De retour au présent, Katherine rouvrit les yeux et fixa Stefan avec une détermination froide. « Tu veux la vérité, Stefan ? La voici : Elena est en danger. Un danger bien plus grand que toi ou Damon ne pouvez l'imaginer. Et ironiquement, le fait que vous soyez tous les deux obsédés par elle est la seule chose qui pourrait la maintenir en vie. Mais seulement si vous arrêtez d'être des idiots. »
Stefan la dévisagea, tentant de déceler le mensonge dans ses paroles. Mais tout ce qu'il voyait, c'était une sincérité troublante. Katherine ne jouait pas — du moins, pas de la manière habituelle.
« Quel genre de danger ? » demanda-t-il, sa voix se faisant plus pressante.
Katherine sourit amèrement. « Le genre de danger contre lequel même moi, je ne peux pas la protéger seule. Alors détache-moi, Stefan, ou garde-moi enchaînée ici. Mais ne viens pas pleurer quand Elena disparaîtra sous ton nez parce que tu étais trop occupé à jouer au justicier. »
Le silence retomba dans la cave, lourd de menaces non formulées et de vérités à demi révélées. Stefan demeurait immobile, son esprit tournant à toute vitesse, essayant de démêler le vrai du faux dans les paroles de Katherine. Une chose était certaine : rien n'était simple avec elle. Et cette fois, il avait le sentiment troublant qu'elle disait la vérité — ou du moins, une partie de celle-ci.
Chapter 19: Jeux et masques
Chapter Text
Dans le salon d'Elena, l'atmosphère était détendue et joyeuse. Tout le monde jouait au Pictionary et Damon dessinait avec une application exagérée, son crayon volant sur le papier dans des mouvements théâtraux.
« Robe ! Ballerine ! Ballet ! » cria Jenna, penchée en avant sur sa chaise.
« Chiot ! Chiot ! Un chiot avec un tutu », essaya Caroline, les yeux plissés devant le dessin confus.
« Non », répondit Damon avec un sourire narquois, savourant visiblement leur confusion.
« Un chien. Chien de chasse. Tu n'es qu'un chien de chasse ! » lança Jenna, de plus en plus frustrée, agitant son verre dans les airs.
Mason, observant le dessin avec attention depuis son coin du canapé, déclara calmement : « Danse avec les loups. »
Damon pointa son crayon vers lui avec un sourire carnassier. « Mason a gagné... Encore. »
Jenna fronça les sourcils, incrédule. « C'est un loup, ça ? »
Mason haussa les épaules avec modestie. « J'ai toujours eu un œil pour les canidés. »
L'ironie de cette remarque n'échappa pas à Damon, dont le sourire s'élargit imperceptiblement.
***
Elena s'était réfugiée dans la cuisine pour préparer le dessert lorsque Damon la rejoignit, son sourire en coin toujours en place, les mains dans les poches.
« Tante Jenna est pompette. »
« Tu veux arrêter de jouer avec sa boisson ? » Elena lui lança un regard réprobateur tout en disposant des assiettes.
« Je veux qu'elle m'apprécie. »
« Et le projet Lockwood ? »
« C'est mon nouveau pote. » Damon s'appuya contre le comptoir avec désinvolture. « On est pratiquement frères maintenant. »
Jenna arriva à ce moment, effectivement pompette, titubant légèrement et s'accrochant au chambranle de la porte pour garder l'équilibre.
« Tu es là. C'est pas marrant ? »
« Oui. Merci de m'avoir invité », répondit Damon avec une sincérité surprenante qui déstabilisa momentanément Jenna.
« J'avais le choix ? »
« Je sais ce que vous pensez de moi. »
« Non. Pas du tout. » Jenna pointa un doigt accusateur vers lui, manquant de peu de perdre l'équilibre. « Tu n'es jamais sorti avec quelqu'un comme toi, moi si. »
« Je m'améliore. »
Comme Jenna ne l'écoutait plus, perdue dans ses pensées alcoolisées, les yeux dans le vague, Damon changea de sujet et se dirigea vers l'argenterie de Jenna, effleurant les couverts du bout des doigts.
« C'est chic. »
« Merci. C'est l'argenterie de ma mère. » Jenna se redressa légèrement, un éclair de fierté traversant son visage embrumé.
Damon saisit discrètement un couteau, testant mentalement son poids, avant de le reposer avec un sourire satisfait.
***
Dans la cave de Stefan, Katherine était toujours enchaînée, mais son attitude avait changé. Elle semblait presque sereine, comme si les chaînes ne la dérangeaient plus.
« Entendre la vérité après un siècle et demi de déni, doit être accablant. »
« Ça n'était pas réel. Je me souviens avoir été manipulé », rétorqua Stefan, ses mâchoires serrées.
« Après t'avoir montré qui j'étais réellement. Tu avais si peur de moi. Je devais m'emparer de ta peur. » Katherine inclina la tête, son regard plongeant dans le sien. « Mais avant ça, Stefan ? Avant que tu saches ce que j'étais ? Ces sentiments étaient bien réels. »
« Bien, peu importe les sentiments que j'avais... Ils se sont transformés en haine. »
Katherine haussa les épaules avec indifférence. « Si tu veux, je m'en moque Stefan. Bref, George Lockwood causait toutes sortes de problèmes. Il se servait des vampires pour couvrir ses propres traces. Il a parlé de nous aux familles fondatrices. Mais il souhaitait conclure un marché, équitable. »
« Quel genre de marché ? »
Un sourire glacial étira les lèvres de Katherine. « Un marché pour débarrasser la ville des vampires. »
***
**Flashback**
George marchait en compagnie de Katherine dans le jardin luxuriant de la propriété Lockwood, leurs silhouettes découpées contre le soleil couchant. L'air était lourd du parfum des magnolias en fleurs.
« Je viens de parler à Giuseppe Salvatore. Le rassemblement a lieu ce soir. »
« Bien. Insiste pour qu'il y ait un décompte des corps avant que l'église ne s'embrase. » La voix de Katherine était froide, dénuée d'émotion.
« Je le ferai. »
« Vingt-sept vampires. »
George s'arrêta et se tourna vers elle, son visage dur comme le granit. « Quand les flammes provoqueront un chaos, rampe vers la sortie qui se trouve sous les chœurs. Je serai là pour te libérer. »
« Assure-toi de ne pas être suivi. J'ai besoin que tout le monde croie que j'ai péri dans cet incendie. »
George acquiesça gravement. « Et ma pierre de lune ? »
« Tu l'auras. Mais seulement quand je serai en sécurité. » Katherine le fixa intensément. « Ne me double pas, George. Tu ne veux pas savoir ce qui arrive à ceux qui me trahissent. »
***
**Retour au présent**
« Tu savais... Qu'ils brûleraient les vampires dans l'église ? » La voix de Stefan tremblait de rage contenue.
Katherine sourit amèrement. « J'ai presque enflammé l'allumette. »
« Ils étaient tes amis. Ta famille. Et tu les as vendus ? »
« Sans la moindre hésitation. Je ne peux pas garantir que même avec mes émotions je ne l'aurais pas fait, ce serait mentir. Les choses étaient différentes à l'époque. » Elle marqua une pause. « La survie primait sur tout. Et j'avais quelqu'un à retrouver. Quelqu'un qui comptait bien plus que n'importe lequel d'entre eux. »
Stefan se figea. « Qui ? »
Mais Katherine détourna le regard, refusant de répondre.
***
Dans la cuisine d'Elena, Mason et Alaric étaient assis à table. Damon apporta la tarte avec un couteau en argent planté dedans, un sourire calculateur aux lèvres.
« Mason. Pourquoi ne pas commencer. »
« Bien sûr. »
Mason se servit directement avec sa main, évitant soigneusement le couteau, arrachant un morceau de tarte avec ses doigts.
« Quoi ? Je m'excuse. Je suis un animal. » Il lécha ses doigts avec un sourire provocateur.
Damon observa attentivement sa réaction, ou plutôt son absence de réaction au contact de l'argent. *Intéressant.*
Alaric décida de détourner la conversation. « Alors, Mason, toi et Jenna n'êtes jamais sortis ensemble ? »
« Elle a toujours été accro à Logan Fell. »
« Ma première erreur. Mason était un beau parti. Les filles faisaient la queue », admit Jenna en revenant dans la cuisine, s'appuyant contre le comptoir.
« Vraiment ?! Je te prenais pour un loup solitaire », lança Damon avec un double sens appuyé, ses yeux ne quittant pas Mason.
Mason soutint son regard sans ciller. « Je suis convaincu que je n'étais pas un aussi bon tombeur que toi. Si on portait un toast ? Aux nouveaux amis. Santé ! »
Tous levèrent leurs verres, mais l'air était chargé de tension non dite.
***
Dans le salon, Elena et Caroline rangeaient le jeu. Elena hésita avant de demander : « Serais-je la plus mauvaise amie du monde si je vous abandonnais pour rejoindre Stefan ? »
« Tu veux partir ? »
« Il ne m'a pas répondue. Et j'ai ce mauvais pressentiment. »
« Je sais pas si c'est une bonne idée. »
« Damon contrôle la situation. »
Le visage de Caroline se crispa instantanément, une réaction viscérale qu'elle ne put dissimuler. Ses épaules se tendirent, ses mains se refermèrent en poings serrés. « Je ne veux pas rester près de lui », dit-elle d'une voix tendue, presque tremblante. Ses mains se mirent à trembler légèrement et elle détourna le regard, incapable de soutenir celui d'Elena. Des souvenirs affluèrent — sa chambre, les manipulations, le sang, la peur viscérale qu'elle n'avait pas pu nommer à l'époque. L'idée même d'être proche de Damon la révulsait profondément, réveillant des peurs enfouies qu'elle ne pouvait expliquer sans tout révéler.
« Et j'ai peur de ne pas réussir à me contrôler si tu n'es pas là. Et si je te conduisais ? »
Elena observa son amie avec inquiétude, notant la pâleur soudaine de son teint, la façon dont ses épaules s'étaient voûtées, comme si elle voulait se faire plus petite. « Oui. OK. Ça serait génial. Merci. »
***
Dans la cave de Stefan, la conversation avait pris un tour plus sombre.
« Qu'a obtenu George, en échange de ta liberté ? »
« Quelque chose qu'il voulait plus que tout. »
« Alors tu as envoyé vingt-six de tes amis se faire tuer, uniquement pour faire croire à ta mort ? Non. Tu voulais quelque chose. Qu'est-ce que c'était ? »
« Tout le monde a un passé, Stefan. Le mien devait être enterré, très profondément. » Katherine leva les yeux vers lui. « Il y avait quelqu'un qui me cherchait. Quelqu'un de bien plus dangereux que Klaus ne l'a jamais été. Et je devais disparaître complètement. »
« Qui ? »
« Des gens qui utilisent les doubles pour leurs propres fins. Des Voyageurs, Stefan. Ils chassent les doubles Petrova depuis des siècles. Et ils sont revenus. » Son visage se durcit. « C'est pour ça que je suis là. Pour protéger Elena. Parce qu'ils ne s'arrêteront pas. »
Stefan la dévisagea, cherchant le mensonge. Mais il ne vit que de la détermination.
« Mais grâce à toi, mes plans ont presque échoué avant de commencer. Quand George m'a dit que le rassemblement était imminent, je me suis assurée de pouvoir te voir une dernière fois. »
***
**Flashback**
Katherine était au lit avec Stefan et le mordit tendrement au cou, savourant son sang. Mais soudain, elle se redressa brusquement, le visage déformé par la douleur, ses mains agrippant sa gorge.
« De la verveine ! »
***
« Ton père a utilisé ton amour pour moi contre moi. En empoisonnant ton sang. »
***
« Katherine ! »
***
Dans les bois, Damon et Stefan tentaient désespérément de libérer Katherine qui était emmenée vers l'église par les soldats, leurs cris résonnant dans la nuit.
« On a peu de temps. »
***
« Et Damon, fidèle à lui-même, ruina presque tout. »
***
Quelqu'un tira sur Damon qui s'écroula dans un nuage de fumée de poudre. Stefan se précipita vers lui mais fut abattu à son tour, le projectile traversant sa poitrine.
***
« Non ! » Stefan leva péniblement la tête vers Katherine, le sang coulant de sa bouche. « On est venus te chercher. Te sauver. »
« Je ne voulais pas l'être. »
« Alors on est morts pour rien ! Pour rien ! »
« Je ne vous ai rien demandé, Stefan. » Sa voix était froide, mais ses yeux trahissaient quelque chose d'autre. Du regret ? De la douleur ?
***
Dans la cuisine d'Elena, Damon se retrouva seul avec Mason qui le rejoignit, les mains dans les poches.
« Jenna a proposé un "Guitar Hero". Temps de se faire mutiner. »
« Il se trouve que j'aime "Guitar Hero". Donc, mon ami, vous aboyez à la mauvaise personne. »
« D'accord, fini les sous-entendus. Tu gagnes, c'est hilarant. »
« Merci. »
« Tu crois que je sais pas ce qu'on fait là ? »
« Comment tu sais pour moi ? Ton frère en avait aucune idée. »
« C'est pas important. Je ne suis pas ton ennemi, Damon. »
« T'as essayé de tuer mon frère. »
« C'était une erreur. » Mason se rapprocha, sa voix se faisant plus basse. « J'étais confus, j'ai pas pu m'attacher. Une fois transformé, je perds le contrôle. »
« Quoi, pas d'école de redressement ? »
« Sérieusement. Ne rallumons pas une très vieille rivalité qui ne s'applique pas à nous. »
« Je suis supposé croire que t'es à Mystic Falls pour planter des arbres de paix ? »
« J'ai perdu mon frère. Mon neveu a perdu son père. Je suis là pour ma famille. Soyons au-dessus de ça. » Mason tendit sa main. « On peut coexister, Damon. Les vampires et les loups-garous n'ont pas besoin d'être ennemis. »
Damon serra sa main, son sourire ne quittant pas son visage. « Bien sûr que non. »
Mason sortit de la cuisine et Damon en profita pour prendre discrètement un couteau en argent dans l'argenterie de Jenna, le glissant dans sa poche intérieure.
***
Sur la route, dans la voiture de Caroline, Elena admirait le paysage nocturne, les lumières des lampadaires défilant comme des étoiles filantes.
« Merci pour ça. J'apprécie. »
« Je suis désolée, je sais que je suis pénible. »
« C'est bon, Caroline. »
« J'adore cette chanson. »
Caroline appuya sur un bouton de sa voiture et parla à l'ordinateur. « Qu'est-ce que c'est ? »
L'ordinateur annonça le titre de la chanson d'une voix synthétique.
« Ta-da. »
Un drôle de bruit se fit entendre — un claquement sourd suivi d'un sifflement. Caroline se gara rapidement sur le bas-côté.
« Oh... Merde. »
***
À la maison d'Elena, Mason se préparait à partir, enfilant sa veste.
« Personne n'est tenté par quelques verres au Grill ? C'est comme si j'étais avec des adultes. »
« Je préfère le terme "modèle" », répliqua Jenna avec un sourire.
« D'accord. Eh bien, merci de l'invitation. C'était super. Alaric, on se voit au jeu la semaine prochaine ? »
« Je suis impatient. »
Mason partit et Damon apparut pour partir aussi, ses clés de voiture à la main.
« Eh, vous savez, je devrais aussi y aller. Jenna... Tu es une parfaite hôtesse. »
« Et toi un terrible artiste. » Elle plissa les yeux. « C'est la seule chose qui me rende terrible ? Encore indécise. »
« Ça me va. » Damon se tourna vers Alaric. « Alaric... Ne nous voyons pas au jeu la semaine prochaine. »
***
En pleine route, la nuit était tombée, épaisse et silencieuse. Caroline et Elena attendaient près de la voiture, espérant l'arrivée de la dépanneuse.
« T'es sûre qu'ils vont venir ? On attend depuis longtemps. »
Caroline inspira profondément, rassemblant son courage. Ses mains tremblaient légèrement. « Oui. Il faut que je te dise quelque chose. »
« Quoi ? »
« Katherine est venue me voir. »
Elena se figea, stupéfaite. « Que quoi ? Pourquoi tu n'as rien dit ? »
« À cause de ce qu'elle a dit. »
« Elle t'a menacée ? »
« Non. Elle a commencé par s'excuser. » Caroline se tourna vers Elena, ses yeux brillants dans l'obscurité. « Dire que je n'aurais pas dû être mêlée à tout ça. Que... Que l'homme qui m'a attaquée en avait après toi parce que tu es un double humain. Elle a proposé de m'entraîner. A dit que le régime de Stefan en plus d'être stupide était dangereux car il affaiblit, mais qu'à l'inverse Damon agit comme un monstre. » Elle marqua une pause. « Elle voulait essayer de parler à Stefan ce soir. »
Elena la dévisagea, l'incompréhension se peignant sur son visage. « Attends... Katherine s'est excusée ? Katherine Pierce ? » Sa voix trahissait son incrédulité. « Ça n'a aucun sens. Pourquoi elle se soucierait de toi ? Pourquoi elle critiquerait Stefan et Damon ? » Son esprit tournait à toute vitesse, essayant de comprendre la logique derrière ces révélations. Katherine était censée être un monstre, une manipulatrice sans âme. Alors pourquoi protégerait-elle Caroline ? Pourquoi s'inquiéterait-elle pour Elena elle-même ?
« Je sais que ça paraît dingue mais... Elena, j'ai vu son visage. Elle était sincère. » Caroline serra les bras autour d'elle-même. « Et elle avait raison pour Damon. Il m'a... il m'a fait des choses, Elena. Des choses dont je ne me souvenais pas jusqu'à ma transformation. Il me manipulait, me forçait... » Sa voix se brisa.
Elena pâlit. « Caroline... »
« Je ne peux pas en parler maintenant. Mais Katherine savait. Elle savait et elle s'est excusée. »
« Donc elle est avec lui ? Avec Stefan ? »
« Oui. »
Un garagiste sortit de l'ombre, une lampe torche à la main. « Salut. Quelqu'un a appelé pour un pneu crevé ? »
« Oui, elle. » Caroline essaya de retenir Elena mais elle s'enfuit en courant vers la route.
« Elena, attends ! »
***
Sur la route déserte, Mason et Damon arrêtèrent leurs voitures l'une en face de l'autre et sortirent pour discuter dans l'obscurité, leurs silhouettes découpées par les phares.
« Damon. Quoi ? D'autres métaphores ? » Mason s'approcha, les mains dans les poches.
« Non, je suis lassé. »
Damon lui planta brutalement le couteau en argent en pleine poitrine. Mason grogna de douleur mais se releva et retira le couteau sans paraître trop affecté, le sang coulant de la plaie qui commençait déjà à se refermer.
« Tu sais... Je pense que c'était les loups qui ont répandu ce mythe de l'argent. Sûrement pour des cas comme celui-ci. » Il examina le couteau avant de le jeter au sol avec dédain.
« C'est noté. » Damon recula légèrement, réévaluant la situation.
« Je voulais vraiment que ça marche. » Mason secoua la tête, déçu. « Là tu t'es fait un ennemi. »
« Tu l'étais déjà, Mason. Ne fais pas semblant. » Damon se mit en position de combat.
Mason soupira profondément. « Vous, les vampires, vous ne comprenez vraiment pas qu'il vaut mieux nous laisser en paix. » Sa voix se fit plus grave, presque animale. « On n'attaque pas sans raison. On ne cherche pas la confrontation. Mais quand on est provoqués... » Ses yeux commencèrent à briller d'un éclat doré dans l'obscurité. « On devient ce que vous craignez le plus. »
« Des toutous enragés ? » Damon sourit, mais son corps était tendu, prêt à bondir.
« Des tueurs de vampires. » Mason fit un pas en avant. « Notre morsure est mortelle pour toi, Damon. Pas de remède. Pas d'échappatoire. Juste une agonie lente et douloureuse. » Il inclina la tête. « Et tu viens de signer ton arrêt de mort en me plantant ce couteau. »
« Alors pourquoi tu ne m'as pas encore tué ? »
« Parce que contrairement à toi, je ne suis pas un monstre. » Mason se détourna vers sa voiture. « Mais reste loin de moi et de ma famille. La prochaine fois, je ne serai pas aussi compréhensif. »
Damon le regarda partir, son sourire s'effaçant lentement. Pour la première fois depuis longtemps, il sentit quelque chose qu'il détestait : de l'incertitude.
Mason démarra et disparut dans la nuit, laissant Damon seul sur la route obscure avec la réalisation troublante qu'il venait peut-être de déclencher une guerre qu'il ne pouvait pas gagner.
Chapter 20: La vérité ?
Chapter Text
Dans la cave de Stefan, la tension avait atteint son paroxysme.
« Tu vas me dire pourquoi tu es revenue ? Ou tu jouais un jeu ? »
« T'as rien entendu de ce que j'ai dit ? J'ai répondu déjà cinq fois maintenant. »
« D'accord. Une sixième, alors. »
« Elena est ma descendante. »
« Katherine... Si tu voulais Elena morte, elle le serait déjà. »
Katherine le fixa avec une intensité nouvelle. « Je ne la veux pas morte. Au contraire Stefan, je veux qu'elle vive heureuse et humaine. Qu'elle puisse voir ses enfants grandir. Être médecin, avocate ou tout ce qu'elle souhaitera être. Je veux qu'elle ait ce que je n'ai pas eu. Une vraie vie. Loin des vampires, loin de toi et de Damon. »
Stefan se jeta sur elle avec un pieu en bois mais se retint au dernier moment et s'éloigna.
« Tu peux me haïr, je m'en moque, mais tu sais que vous deux ce n'est pas possible. »
Stefan l'étrangla de nouveau, furieux. « Ne crois pas une seconde que je ne te tuerai pas. »
Katherine le repoussa avec force et se libéra de ses chaînes avec une facilité déconcertante.
« J'ai absorbé de la verveine tous les jours lors des cent quarante-cinq dernières années. Tu m'as eue par surprise une fois, ça ne pouvait pas se reproduire. Ça ne me fait rien, Stefan. »
« Quoi... Pourquoi ? »
« Je t'ai dit. Je voulais juste passer du temps avec toi. Essayé de te faire comprendre le danger qui la guette. Et ce danger, ce n'est pas moi. »
« Il y a quelqu'un ? » La voix d'Elena résonna depuis l'entrée.
***
Elena arriva dans la maison. Katherine la rejoignit et elles se firent face pour la première fois.
« Tu dois être Elena. »
« Comment c'est possible ? Comment peut-on autant se ressembler ? »
« C'est une très longue histoire. »
***
[POV Elena]
Katherine tourna autour d'elle, l'observant avec attention. Et là, Elena le vit — ce regard que Katherine posait sur elle. Ce n'était pas le regard froid et calculateur d'un prédateur. C'était quelque chose de profondément différent, quelque chose qui la troubla jusqu'au plus profond d'elle-même. Katherine la regardait avec une tendresse pure, presque protectrice, comme une personne qui se soucie véritablement de sa famille. Ses yeux brillaient d'une émotion authentique, d'une douceur inattendue qui contredisait tout ce qu'Elena avait entendu sur elle.
Ce regard ressemblait à celui de Jenna quand elle s'inquiétait pour elle, à celui de ses parents dans ses souvenirs les plus précieux. Un regard d'amour familial, inconditionnel et désintéressé.
Elena sentit son cœur se serrer. Qui es-tu vraiment, Katherine Pierce ? se demanda-t-elle, déstabilisée. Tout ce qu'on lui avait dit sur Katherine — le monstre, la manipulatrice, la créature sans âme — semblait soudain incomplet, voire faux. Comment expliquer ce regard ? Cette tendresse évidente ?
Katherine disparut au moment où Stefan arriva en courant.
« Ça va ? »
« Pas vraiment », murmura Elena, encore sous le choc de cette rencontre. « Et toi ? »
« Pas vraiment. »
***
Dans les toilettes du Mystic Grill, Caroline se lavait le visage, tentant de se calmer. Katherine apparut derrière elle dans le miroir.
« Katherine ! »
« Est-ce que ça va ? »
« Non. »
« Je suis désolée. Je n'aurais pas dû te demander de l'éloigner. »
« Je lui ai dit ce que tu m'as dit. Mais pourquoi ne pas lui parler ? »
Katherine soupira, frustrée. « Stefan et Damon ne me laisseront pas m'approcher d'elle. Et je commence à trouver ça vraiment agaçant. »
***
**[Maison des Gilbert — Chambre d'Elena, en fin d'après-midi]**
Elena referma la porte de sa chambre derrière Stefan et s'y adossa, les bras croisés. Par la fenêtre, le soleil déclinant projetait des ombres longues sur le plancher.
« Alors, qu'est-ce qu'elle t'a dit exactement ? » demanda-t-elle, sa voix tendue.
Stefan s'assit au bord du lit, les mains jointes entre ses genoux. « Que les Lockwood sont des loups-garous. Que George Lockwood a conclu un marché avec elle en 1864. Qu'elle a... » Il hésita, comme si les mots lui écorchaient la gorge. « Qu'elle a vendu les vampires de la tombe pour sauver sa peau. »
« Et tu la crois ? »
« Sur ça ? Oui. » Stefan passa une main dans ses cheveux, un geste de frustration qu'Elena connaissait trop bien. « Ça correspond à ce qu'elle est. Ce qu'elle a toujours été. »
Elena s'approcha lentement, venant s'asseoir à côté de lui. « Mais elle dit qu'elle est revenue pour me protéger. Caroline la croit. »
« Caroline est une jeune vampire qui cherche désespérément quelqu'un pour la guider. » Le ton de Stefan se durcit. « Katherine exploite ça. C'est ce qu'elle fait, Elena. Elle trouve les failles et s'y engouffre. »
Le silence s'installa, lourd et inconfortable. Elena fixait ses mains sur ses genoux, sentant quelque chose de compliqué se nouer dans sa poitrine – quelque chose qu'elle n'arrivait pas tout à fait à nommer.
« Ce regard qu'elle m'a lancé... » commença-t-elle doucement.
« Était calculé », coupa Stefan avec une certitude qui la fit frissonner. « Elena, écoute-moi. » Il prit ses mains dans les siennes, les serrant peut-être un peu trop fort. « Katherine obtient toujours ce qu'elle veut. Toujours. Et tu sais ce qu'elle veut maintenant ? »
Elena secoua la tête, même si elle devinait déjà la réponse.
« Nous séparer. » Les mots tombèrent comme des pierres. « Me détruire en t'éloignant de moi. Me faire payer pour l'avoir enfermée, pour ne pas... » Il s'interrompit, détournant le regard.
« Pour ne pas quoi ? »
« Pour ne pas l'avoir crue quand elle m'a dit qu'elle ne m'avait pas manipulé. » Stefan se leva brusquement, marchant vers la fenêtre. « Elle veut que je doute. Que je me demande si tout ce que j'ai cru pendant cent quarante-cinq ans était faux. Et ensuite, quand je serai assez déstabilisé, elle frappera. »
Elena l'observa, notant la rigidité de ses épaules, la façon dont ses poings se serraient et se desserraient. Il avait peur. Stefan Salvatore, qui affrontait les vampires et les loups-garous sans ciller, avait *peur* de Katherine Pierce.
Non. Pas de Katherine elle-même.
De ce qu'elle représentait. De ce qu'elle pourrait révéler. De ce qu'elle lui ferait ressentir.
« On pourrait... » Elena chercha ses mots avec soin. « On pourrait lui donner ce qu'elle veut. »
Stefan se retourna brusquement. « Quoi ? »
« Pas vraiment. » Elena se leva, s'approchant de lui. « Mais faire *semblant*. Si elle pense qu'on se dispute, qu'elle réussit à nous séparer, elle baissera sa garde. Elle révélera ce qu'elle veut vraiment. »
Stefan la dévisagea longuement, et Elena vit passer dans ses yeux quelque chose qu'elle ne put déchiffrer. Soulagement ? Espoir ? Ou quelque chose de plus sombre ?
« Tu veux qu'on joue son jeu », dit-il lentement.
« Je veux qu'on découvre la vérité. » Elena posa une main sur son bras. « Caroline l'écoute. Si Katherine pense que tu m'as perdue à cause d'elle, elle parlera. Elle dira quelque chose. Et Caroline nous le répétera. »
« Caroline pourrait nous mentir. Elle est sous son influence. »
« Peut-être. » Elena hésita, sentant les mots suivants peser sur sa langue comme du plomb. « Mais Caroline n'a aucune raison de nous mentir. Et... Stefan, si Katherine voulait vraiment me faire du mal, j'étais seule avec elle dans cette cave. Elle aurait pu me tuer d'un coup. Au lieu de ça, elle m'a regardée comme... »
« Comme quoi ? »
*Comme si elle tenait à moi*, pensa Elena. *Comme ma famille. Comme quelqu'un qui me protégerait contre le monde entier.*
Mais elle ne dit pas ça. Pas à Stefan qui tremblait presque de tension contenue.
« Comme si elle voulait quelque chose que je ne comprends pas encore », finit-elle par dire.
Stefan la prit par les épaules, plongeant son regard dans le sien avec une intensité qui la fit presque reculer. « Promets-moi que tu ne la croiras pas. Quoi qu'elle dise. Quoi qu'elle fasse. Promets-moi que tu te souviendras qu'elle est dangereuse. »
Elena voulait promettre. Elle voulait dire *oui, bien sûr, je te crois, je te fais confiance*. Mais les mots restèrent coincés dans sa gorge.
Parce qu'une petite voix dans sa tête – une voix qu'elle essayait désespérément d'ignorer – murmurait : *Et si c'était toi qui te trompais ?*
« Je te le promets », dit-elle finalement, et elle détesta la facilité avec laquelle le mensonge franchit ses lèvres.
Stefan sembla se détendre légèrement. « D'accord. Alors voilà ce qu'on fait : ce soir, au Grill, devant Caroline, on se dispute. Je serai inflexible sur Katherine. Tu me défies. Tu pars énervée. Katherine pensera qu'elle gagne. »
« Et ensuite ? »
« Ensuite, on attend. On voit ce qu'elle fait. » Il prit son visage entre ses mains, son regard adoucissant enfin. « Et on reste ensemble, quoi qu'il arrive. On ne la laisse pas gagner. »
Elena hocha la tête, mais quelque chose en elle se serrait douloureusement. *Rester ensemble quoi qu'il arrive.* Comme si leur relation était une guerre, une bataille contre Katherine plutôt qu'un choix libre.
Comme si Katherine avait déjà gagné en devenant le centre de tout ce qu'ils faisaient.
« Je t'aime », dit Stefan, et c'était presque une question.
« Je t'aime aussi », répondit Elena automatiquement.
Mais pour la première fois, elle se demanda si elle le pensait vraiment – ou si elle répétait simplement les mots qu'elle était censée dire, le rôle qu'elle était censée jouer.
Stefan l'embrassa, doux et tendre, et elle lui rendit son baiser. Mais même là, dans ses bras, une partie d'elle restait distante, observant la scène comme une actrice répétant son texte.
Quand il partit pour se préparer, Elena s'assit sur son lit, fixant le mur.
*Faire semblant de se disputer.*
C'était le plan.
Alors pourquoi avait-elle le sentiment que ce serait la partie la plus sincère de sa soirée ?
....
**[Quelques heures plus tard — Mystic Grill]**
Caroline était déjà installée à sa table quand Elena et Stefan entrèrent. Elena vit son amie se redresser imperceptiblement, ses yeux de vampire enregistrant chaque détail – la distance entre Stefan et elle, la raideur de leurs épaules, l'absence de contact physique.
*Elle écoute déjà*, pensa Elena. *Le spectacle commence.*
Stefan alla directement au bar commander. Elena rejoignit Caroline, forçant un sourire.
***
[POV Caroline]
Caroline était assise toute seule à une table près de la fenêtre lorsqu'elle vit Stefan et Elena franchir la porte. Elle se redressa instinctivement, le cœur battant. Elena se dirigea droit vers elle, laissant Stefan commander au bar.
Caroline se lança avant même qu'Elena ne s'assoie : « Mon Dieu, je suis désolée. Je ne voulais pas te mentir ou cacher des choses. »
Elena prit place en face d'elle, son expression indéchiffrable. « C'est bon, Caroline. Mais... tu ne crois pas vraiment Katherine, si ? »
Caroline hésita. C'était le moment. Le moment de dire ce qu'elle pensait vraiment, pas ce que tout le monde attendait d'elle. « En fait... si. »
Elle vit Elena se raidir légèrement.
« Et je sais ce que tu vas dire », continua Caroline rapidement. « Que je suis idiote, ou que je fais la Caroline habituelle. Mais je pense sincèrement que la raison pour laquelle elle est revenue au départ, c'était pour te connaître. Peut-être t'observer de loin. Mais cet homme... celui qui m'as tué... je crois que ça a tout changé. »
Elena resta silencieuse un long moment. « Je ne sais pas si je peux y croire. »
[POV Elena]
Mais même en prononçant ces mots, elle sentait le doute s'insinuer en elle comme un poison lent. Ce regard. Ce maudit regard que Katherine lui avait lancé dans la cave de Stefan.
Cette tendresse qui n'avait aucun sens venant d'un monstre censé être l'incarnation du mal.
Caroline se pencha en avant, sa voix se faisant plus douce mais plus intense. « La réalité, Elena, c'est que tu ne la connais pas. Je ne la connais pas vraiment non plus. En fait, tout ce qu'on sait d'elle – ou plutôt, tout ce que tu sais d'elle – c'est ce que Stefan et Damon ont dit. Or c'était il y a plus de cent quarante ans. Si Damon et Stefan ont pu changer, alors pourquoi pas elle ? »
Les mots de Caroline résonnèrent dans l'esprit d'Elena comme une vérité dérangeante qu'elle avait tenté d'ignorer. Tout ce qu'elle savait sur Katherine venait d'eux. De leurs souvenirs vieux de cent quarante-cinq ans. De leur douleur, de leur colère, de leur sentiment de trahison. Mais était-ce toute l'histoire ? Katherine avait-elle vraiment toujours été ce monstre, ou était-ce juste la version que deux hommes blessés avaient gardée figée dans le temps ?
Elena laissa Caroline à sa table et rejoignit Stefan au bar. Il feuilletait distraitement le menu, mais elle voyait bien qu'il ne lisait rien vraiment.
***
« Je meurs de faim », dit-il sans lever les yeux.
Elena prit une grande inspiration. « Peut-être que Caroline a raison. »
Stefan leva enfin la tête, ses sourcils froncés.
« Katherine ne m'a pas menacée », continua Elena. « Elle ne t'a pas menacé non plus. Ni même Damon. Elle n'a pas été agressive envers Bonnie. Alors... pourquoi ne pas écouter ce qu'elle a à dire ? »
En disant cela, Elena observa attentivement le visage de Stefan. Une partie d'elle voulait désespérément qu'il lui dise qu'elle avait raison, que peut-être Katherine disait la vérité.
Que peut-être il y avait plus dans cette histoire que sa propre version des événements. Mais elle voyait déjà la tension dans sa mâchoire, cette expression fermée qu'il prenait toujours quand on évoquait Katherine. Cette fermeture instantanée, ce refus de considérer une autre possibilité.
« Je pense que Caroline se trompe », dit Stefan d'une voix contrôlée. « Et que Katherine est responsable de ce qui est arrivé à Carter. On doit la prendre au sérieux, Elena.
Aujourd'hui, elle testait jusqu'où elle pouvait aller. Elle voulait voir comment tu réagirais. »
« Si elle voulait me blesser, elle l'aurait fait », répliqua Elena. « Je me tenais devant elle, Stefan. Seule. »
Et c'était vrai. Elena avait été là, dans cette cave sombre, face à Katherine. Vulnérable. Humaine. À sa merci. Et Katherine ne l'avait pas touchée. Au contraire, elle l'avait regardée avec... avec quoi exactement ? De l'amour ? De la protection ? De la tristesse ? Comment un monstre pouvait-il avoir ce regard-là ? Ce regard qui disait je donnerais tout pour que tu aies la vie que je n'ai jamais eue.
« Tu l'as prise au dépourvu », insista Stefan. « Ça ne veut pas dire que tu es en sécurité. »
« Elle ne me fait pas peur. »
Était-ce vrai ? Non, elle avait peur. Mais pas de Katherine elle-même. Elle avait peur de ce que tout cela signifiait. Peur que tout ce qu'on lui avait dit depuis le début soit une version déformée de la réalité. Peur que Stefan ne puisse pas voir au-delà de sa propre douleur, de sa propre version de l'histoire. Peur que leur relation soit construite sur des certitudes qui commençaient à se fissurer.
« Tu devrais », dit Stefan d'un ton sans appel.
Elena sentit quelque chose se briser en elle. « Si ce que tu penses est vrai, on devrait rompre maintenant. »
Les mots sortirent plus durement qu'elle ne l'avait voulu. Mais une partie d'elle était frustrée, en colère même. Pourquoi Katherine aurait-elle tout ce pouvoir sur leur relation ? Pourquoi Stefan lui donnait-il autant d'importance ? Pourquoi une femme qu'il n'avait pas vue depuis plus d'un siècle avait-elle encore le pouvoir de dicter ce qu'ils devaient être l'un pour l'autre ?
Stefan posa le menu, ses yeux verts soudain très sérieux. « Si j'ai appris une chose aujourd'hui, c'est qu'elle obtient toujours ce qu'elle veut. »
« Tu me dis qu'on devrait faire ce qu'elle veut ? » Elena sentit sa voix monter légèrement. « Ou plutôt ce que tu penses qu'elle veut ? »
La colère montait en elle maintenant. Une vraie colère, pas celle qu'elle était censée feindre pour leur petit plan avec Jenna et Bonnie. Pourquoi Stefan était-il si sûr de connaître les intentions de Katherine ? Comment pouvait-il être si certain après toutes ces années ? Comment pouvait-il prétendre savoir ce qu'une femme voulait alors qu'il ne l'avait pas vue vieillir, changer, survivre pendant un siècle et demi ?
« Écoute », dit Stefan, et elle détesta le ton condescendant dans sa voix. « Elle est sadique, Elena. C'est ce qu'elle est. »
« C'est bon, j'ai compris. » Elena sentit sa frustration exploser. « Elle est dangereuse. Mais quand nous sommes ensemble, c'est dangereux aussi. Ma vie entière est devenue dangereuse depuis que je t'ai rencontré. Alors pourquoi tu lui donnes autant de pouvoir sur notre relation ? Pourquoi Katherine Pierce décide-t-elle de ce qui est possible ou non entre nous ? »
C'était la vraie question. Celle qui la rongeait depuis qu'elle était remontée de cette cave. Katherine avait-elle vraiment ce pouvoir, ou était-ce Stefan qui le lui donnait ? En refusant de voir qu'elle avait peut-être changé, en s'accrochant à sa version d'elle vieille de plus d'un siècle, en faisant d'elle le monstre absolu contre lequel tout devait être mesuré, n'était-ce pas lui qui permettait à Katherine de s'immiscer entre eux ?
« C'est la réalité », dit Stefan simplement, comme si c'était une évidence qui ne méritait pas d'être débattue.
« La réalité est nulle. »
À cet instant, Elena aperçut Caroline du coin de l'œil. Elle les observait, l'inquiétude visible sur son visage. Elle écoutait. Évidemment qu'elle écoutait, avec son ouïe de vampire. Leur plan fonctionnait. Katherine saurait bientôt qu'ils s'étaient disputés. Mais était-ce vraiment un plan ? Ou était-ce la vérité qui sortait enfin, déguisée en mensonge ? Les mots qu'elle prononçait sonnaient trop vrais pour n'être que de la comédie.
Elena prit une inspiration tremblante. « C'est ce qu'elle veut, n'est-ce pas ? Elle veut qu'on se dispute. Elle veut s'immiscer entre nous. »
Mais même en prononçant ces mots qu'elle était censée dire, qu'ils avaient planifiés ensemble, Elena n'était plus sûre d'y croire. Katherine avait dit vouloir qu'elle vive heureuse et humaine. Loin des vampires. Loin de Stefan et Damon. Si c'était vrai – et quelque chose au fond d'elle lui disait que ça l'était – alors Katherine ne voulait pas s'immiscer entre eux pour récupérer Stefan. Elle voulait qu'Elena s'éloigne de ce monde dangereux. Elle voulait qu'Elena ait la vie qu'elle-même n'avait jamais eue.
« Elle l'a déjà fait, Elena. »
Le ton de Stefan était définitif. Absolu. Sans place pour le doute ou la nuance. Et c'est à ce moment-là qu'Elena le réalisa, comme une gifle en plein visage : il ne changerait jamais d'avis sur Katherine. Peu importe ce qu'elle dirait, peu importe les preuves qu'elle pourrait apporter, peu importe si Katherine elle-même se mettait à genoux pour demander pardon, Stefan était enfermé dans sa conviction. Katherine était le monstre, point final. Elle l'avait été il y a cent quarante-cinq ans, elle le serait toujours.
Et cette réalisation la terrifiait. Non pas parce qu'elle voulait défendre Katherine – elle ne la connaissait même pas vraiment. Mais parce qu'elle se demandait : qui d'autre Stefan jugeait-il avec cette même inflexibilité ? S'il ne pouvait pas concevoir que Katherine ait changé en cinq cents ans d'existence, comment pourrait-il accepter qu'Elena elle-même puisse évoluer, douter, questionner ? Comment pourrait-il accepter qu'elle ne soit pas toujours celle qu'il avait rencontrée, figée dans sa version idéale d'elle ?
Elena attrapa son sac, incapable de rester une seconde de plus. Sans un mot de plus, elle se dirigea vers la sortie du Grill.
En marchant vers la porte, Elena sentit les larmes lui monter aux yeux. Des vraies larmes, pas celles qu'elle était censée feindre pour leur mise en scène. Tout était devenu si confus. Elle ne savait plus qui croire, quoi penser. Les certitudes sur lesquelles elle avait construit sa vie depuis un an se fissuraient les unes après les autres.
Une seule chose était certaine désormais : elle devait découvrir la vérité par elle-même. Pas la vérité de Stefan. Pas celle de Damon. Pas celle que tout le monde voulait qu'elle croie. La sienne.
Elle franchit la porte du Mystic Grill, laissant derrière elle Stefan au bar, Caroline à sa table, et quelque part dans l'ombre, elle en était certaine, Damon qui observait tout avec cet air indéchiffrable qu'il avait toujours quand il s'agissait de Katherine.
L'air frais de la nuit la frappa au visage, et Elena inspira profondément, essayant de calmer les battements frénétiques de son cœur.
Quelque part dans Mystic Falls, Katherine savait déjà probablement qu'ils s'étaient disputés. Que le plan avait fonctionné.
Mais Elena se demandait si Katherine savait aussi qu'elle venait de planter une graine de doute qui ne cesserait de grandir.
***
Hors du Mystic Grill
[POV Katherine]
La nuit était tombée sur Mystic Falls, enveloppant la ville d'un voile d'obscurité qui semblait refléter l'humeur de ses habitants surnaturels. Damon sortit du bar, inspirant profondément l'air frais de la nuit, quand une silhouette familière émergea des ombres.
Katherine se tenait là, appuyée contre le mur de briques avec cette désinvolture calculée qui lui était propre. Mais quelque chose dans son regard trahissait une tension, une frustration à peine contenue.
« Mauvaise journée ? » demanda-t-elle, sa voix teintée d'une ironie amère
.
Damon s'arrêta net, son corps se raidissant instantanément. « Mauvais siècle. J'ai appris que t'étais en liberté. »
Katherine poussa un soupir exaspéré, se détachant du mur avec une grâce fluide. « Et donc ? Je veux juste parler à Elena. » Son ton était cassant, l'agacement perçant à travers le masque de calme qu'elle tentait de maintenir.
« Tu ne l'approches pas. » La réponse de Damon était catégorique, protectrice.
Katherine sentit la colère monter en elle comme une vague brûlante. Cinq cents ans de survie, cinq cents ans de solitude, et ces deux idiots pensaient encore pouvoir lui dicter sa conduite. Comme si elle leur appartenait. Comme si elle leur avait jamais appartenu.
« Tu penses que tu peux prendre les décisions à sa place ? » cracha-t-elle, ses yeux lançant des éclairs dans la pénombre. « Tu as une tête énervée, et pas juste à cause de mon retour. »
Pourquoi est-ce que personne ne voulait comprendre ? Pourquoi fallait-il toujours qu'ils la voient comme la méchante, la manipulatrice, le monstre ? Elle essayait de protéger Elena, sa propre descendante, et eux la traitaient comme une menace. Comme s'ils avaient le moindre droit de juger ce qu'elle faisait, ce qu'elle était devenue.
Damon haussa les épaules, son visage se durcissant. « Je n'ai pas réussi à tuer un loup-garou. Alors, je ne me sens pas au meilleur de ma forme. »
Katherine arqua un sourcil, son irritation se mêlant brièvement à quelque chose qui ressemblait presque à de l'inquiétude. « Les loups-garous ne sont pas des proies faciles. »
« Qu'est-ce que tu en sais ? »
Oh, si tu savais, pensa Katherine amèrement. Si tu savais tout ce que j'ai appris, tout ce que j'ai survécu pendant que tu vivais ta petite vie pathétique à Mystic Falls, en t'apitoyant sur ton sort parce qu'une fille ne t'aimait pas.
« Pourquoi tu ne demandes pas à ton frère ? » répliqua-t-elle sèchement. « Ne joue pas au héros, Damon. Ça finira mal. »
Damon avança vers elle, provocateur. « J'étais là, c'est déjà fait. Cette fois ça en aura valu la peine. »
Katherine le regarda s'éloigner, sentant la frustration l'envahir complètement. Ils ne comprenaient rien. Rien du tout. Stefan avec ses grands principes et sa morale rigide. Damon avec son cynisme et sa rage mal dirigée. Deux garçons qui jouaient aux hommes, qui pensaient qu'un siècle et demi leur avait appris quelque chose sur le monde, sur la survie, sur l'amour.
Elle serra les poings, ses ongles s'enfonçant dans ses paumes.
Ils ne savaient rien de l'amour. Rien du tout.
Elijah comprendrait, lui.
La pensée traversa son esprit comme une lame chauffée à blanc, déchirant le voile de colère pour révéler la plaie béante en dessous. Cette plaie qui ne guérissait jamais, qui saignait encore après cinq cents ans comme si c'était hier. Comme si c'était maintenant. Comme si ça serait toujours.
Elijah.
Son nom dans son esprit était une prière et une malédiction à la fois.
Toujours Elijah.
Katherine leva les yeux vers le ciel nocturne, cherchant la lune parmi les nuages. Une tristesse si profonde, si intense qu'elle en était presque physique, s'abattit sur elle comme un raz-de-marée. C'était comme un poids sur sa poitrine, écrasant, suffocant, lui rappelant à chaque respiration ce qu'elle avait perdu. Ce qu'elle ne pourrait jamais retrouver. Ce qu'on lui avait arraché.
Cinq cents ans, et elle l'aimait encore avec la même intensité dévorante qu'au premier jour.
C'était pathétique. C'était destructeur. C'était la seule vérité qui comptait vraiment.
Stefan et Damon. Deux copies pâles, deux tentatives désespérées de remplir un vide qui ne pouvait pas l'être. Elle les avait utilisés, manipulés, transformés – non pas par cruauté gratuite comme ils le pensaient, mais par désespoir. Désespoir de ressentir quelque chose. N'importe quoi. Quelque chose qui pourrait ressembler, même vaguement, même faiblement, à ce qu'elle avait connu avec lui.
Mais rien. Personne.
Stefan avec son âme noble et ses yeux verts n'était qu'une ombre. Damon avec son intensité et sa passion brute n'était qu'un écho. Des fantômes d'un sentiment qu'elle avait connu une fois, vraiment connu, et qui lui avait été arraché avant qu'elle ne puisse le saisir pleinement.
« Je t'attendrai, Katerina. Aussi longtemps qu'il le faudra. »
Les mots d'Elijah résonnaient encore dans sa mémoire, aussi clairs que s'il les avait prononcés hier, aussi nets que s'il se tenait derrière elle en ce moment même, sa voix grave et douce enveloppant son nom comme une caresse. Katerina. Pas Katherine. Pas Katie. Katerina. Celle qu'elle était vraiment, avant que le monde ne la brise et ne la refaçonne en quelque chose de dur et de cruel.
Mais c'était il y a cinq cents ans.
Cinq cents années de solitude. Cinq cents années à fuir Klaus, à survivre jour après jour, siècle après siècle. Cinq cents années à regarder par-dessus son épaule, à ne jamais s'attacher, à ne jamais rester. Cinq cents années à espérer contre tout espoir qu'un jour elle pourrait être libre. Libre de le retrouver. Libre de l'aimer sans la peur constante, suffocante, qui l'étranglait à chaque instant.
Libre de poser enfin sa tête contre son torse et de pleurer toutes les larmes qu'elle avait retenues pendant cinq siècles.
Une larme roula sur sa joue, brûlante, suivie d'une autre. Katherine la laissa couler sans les essuyer. Ici, dans l'obscurité, personne ne pouvait la voir. Personne ne pouvait témoigner de cette faiblesse qui la définissait plus que toute sa force, toute sa ruse, toute sa cruauté.
Elijah.
Le nom sortit de ses lèvres dans un murmure brisé, un sanglot qu'elle ne put retenir.
Mon Elijah.
Cinq cents ans, et il était encore le seul. Le seul qui l'avait vue. Vraiment vue. Pas Katherine Pierce, la survivante, la manipulatrice, le monstre. Mais Katerina Petrova, la fille terrifiée qui voulait juste vivre. Qui voulait juste être aimée sans conditions, sans jeux, sans pouvoir.
Il l'avait regardée avec ces yeux – ces yeux qui voyaient tout, qui comprenaient tout – et il lui avait promis la liberté. Il lui avait promis un avenir. Il lui avait promis un amour que même cinq cents ans de séparation ne pourraient pas détruire.
Était-ce vrai ? Était-ce possible ?
Ou était-elle juste une idiote qui s'accrochait à un rêve mort depuis longtemps, à des promesses qu'un homme honorable avait faites à une fille qui n'existait plus ?
Katherine s'appuya contre le mur, sentant ses jambes trembler sous elle. Cinq cents ans de force, de contrôle, de survie, et c'était toujours lui qui pouvait la mettre à genoux sans même être présent.
Est-ce que tu m'attends encore ? La question déchira son cœur comme une griffure. Ou as-tu fini par abandonner, comme tous les autres ? As-tu trouvé quelqu'un d'autre ? Quelqu'un de plus facile, de moins brisé, de moins compliqué ?
L'idée lui était insupportable. Plus insupportable que Klaus lui-même. Plus insupportable que cinq cents ans de fuite. L'idée qu'Elijah ait pu continuer sa vie, qu'il ait pu aimer quelqu'un d'autre, qu'il ait pu oublier ce qu'ils avaient eu pendant ces quelques semaines volées avant que tout ne s'effondre.
Parce qu'elle, elle n'avait jamais oublié. Pas un instant. Pas un jour. Pas en cinq cents ans.
Chaque homme qu'elle avait touché après lui avait été jugé et trouvé insuffisant. Chaque baiser avait été fade. Chaque étreinte avait été vide. Parce que ce n'était pas lui. Ce n'étaient pas ses mains, pas sa voix, pas son regard qui la déshabillait de tous ses masques et la voyait vraiment.
Katherine Pierce, la femme qui avait survécu à tout, qui avait manipulé les Salvatore et échappé à Klaus pendant cinq siècles, était irrévocablement, pathétiquement, désespérément amoureuse d'un homme qu'elle n'avait pas vu depuis 1492.
Et ça la tuait. Lentement. Sûrement. Plus efficacement que n'importe quel pieu ou rayon de soleil.
« Elijah », murmura-t-elle encore dans la nuit, sa voix se brisant sur son nom. « Où es-tu ? »
Mais seul le silence lui répondit, comme il l'avait fait pendant cinq cents ans.
Katherine ferma les yeux, laissant les larmes couler librement maintenant. Demain, elle remettrait son masque. Demain, elle redeviendrait Katherine Pierce, froide, calculatrice, intouchable. Demain, elle continuerait à jouer le rôle qu'elle avait perfectionné pendant cinq siècles.
Mais cette nuit, seule dans l'obscurité, elle pouvait être Katerina Petrova. La fille qui avait donné son cœur à un Original et qui ne l'avait jamais récupéré.
La fille qui attendait toujours, contre tout espoir, qu'il revienne la chercher.
La fille qui l'aimerait jusqu'à son dernier souffle, même si cet amour la détruisait.
Chapter 21: Qui es-tu vraiment, Katherine Pierce ?
Chapter Text
Dans la chambre d'Elena
[POV Elena]
Elena était assise sur son lit, fixant le vide, quand Stefan apparut à sa fenêtre. Elle sursauta légèrement, tirée de ses pensées tumultueuses qui tournaient en boucle depuis qu'elle avait quitté le Grill.
« Ça va ? » demanda-t-il en entrant, son visage empreint d'inquiétude.
Elena hocha la tête mécaniquement. « J'ai détesté cette dispute. »
« Je sais, moi aussi. » Stefan s'approcha d'elle, s'asseyant sur le bord du lit. « Ça faisait trop réel. »
Parce que c'était réel, pensa Elena, sentant les larmes lui monter aux yeux. C'était trop réel parce qu'une partie de moi le pensait vraiment. Chaque mot. Chaque reproche. Chaque question.
Elle se jeta dans ses bras, cherchant du réconfort, cherchant cette certitude qu'elle avait toujours trouvée auprès de lui. Mais même là, blottie contre lui, sentant son odeur familière, écoutant les battements réguliers de son cœur, elle ne pouvait échapper à ses doutes. Ils s'embrassèrent, et le baiser avait un goût amer, comme si quelque chose d'invisible s'était brisé entre eux dans ce bar.
Stefan s'écarta légèrement, ses yeux cherchant les siens. « T'as vu Caroline ? On avait raison. Elle écoutait chaque parole. Tu penses que Katherine la contrôle ? »
« Katherine va vouloir un résumé détaillé », dit Elena doucement, presque mécaniquement.
C'était ce qu'ils avaient prévu. Caroline écouterait, rapporterait à Katherine, et Katherine croirait qu'elle avait gagné. Qu'elle avait semé la discorde. Simple. Net. Efficace.
Sauf que rien n'était simple.
Elena se dégagea doucement de son étreinte, le regardant dans les yeux. « J'espérais que tu avais tort, mais en même temps... je ne peux pas m'empêcher de me dire que Caroline a peut-être raison. »
Elle vit Stefan se raidir légèrement, cette tension familière dans sa mâchoire.
Ce regard. Ce maudit regard de Katherine dans la cave. Comment pouvait-il être si tendre si elle était vraiment un monstre ? Comment pouvait-elle regarder Elena avec autant d'amour – parce que c'était de l'amour, Elena en était certaine maintenant – si elle n'était qu'une manipulatrice sans cœur ? Les monstres ne regardaient pas comme ça. Ils ne parlaient pas de vouloir que quelqu'un vive heureuse et humaine avec cette douleur dans la voix.
Stefan soupira, et Elena détesta le ton patient qu'il prit, comme s'il expliquait quelque chose à une enfant. « C'est Katherine. Elle trouve toujours quelqu'un pour faire le sale boulot. Je pense que Caroline croit sincèrement avoir raison. C'est comme ça que Katherine fonctionne. »
Elena sentit une pointe d'irritation. Toujours si sûr. Toujours si certain de tout savoir.
« Je crois que Damon nous écoutait aussi », dit-elle, changeant de sujet. « Tu vas lui dire que ce n'était pas vrai ? »
« Pour que Katherine y croie, tout le monde doit le croire aussi. » Stefan prit sa main, la serrant doucement. « C'est le seul moyen de la convaincre qu'elle a obtenu ce qu'elle voulait. »
Elena sentit son cœur se serrer. Mais qu'est-ce qu'elle veut vraiment ? Cette question la rongeait, insistante, refusant d'être ignorée. Stefan disait qu'il la connaissait, mais la connaissait-il vraiment ? Qui connaissait-on vraiment après plus d'un siècle ? Les gens changeaient. Elle-même avait changé en un an. Comment Stefan pouvait-il prétendre connaître une femme qu'il n'avait pas vue depuis cent quarante-cinq ans ?
« Tout ça... » Elena chercha ses mots, sa voix tremblante. « Pour quoi ? Se mettre entre nous ? Te récupérer ? »
Stefan prit son visage entre ses mains, la forçant à le regarder. Ses yeux verts étaient intenses, déterminés. « Elle n'est pas là pour ça. OK ? Je la connais, Elena. Je la connais. Et elle est incapable d'aimer »
Tu la connais. Tu es si sûr de la connaître.
Elena soutint son regard, mais ses pensées tourbillonnaient.
Mais moi, Stefan, est-ce que tu me connais ? Est-ce que tu vois mes doutes, mes questions ? Ou est-ce que tu es tellement aveuglé par ta haine pour Katherine que tu ne peux plus voir autre chose ? Que tu ne peux plus voir que j'ai besoin de réponses, pas de certitudes absolues ? Que j'ai besoin que tu me fasses confiance pour découvrir la vérité par moi-même ?
Elena hocha la tête, mais son cœur n'y était pas. « D'accord. »
Le mot sortit creux, vide. Stefan ne sembla pas le remarquer, ou peut-être choisit-il de ne pas le remarquer. Il l'embrassa sur le front et se leva, se dirigeant vers la fenêtre.
« Essaie de dormir un peu. Tout ira bien. »
Puis il disparut dans la nuit, la laissant seule avec ses pensées qui refusaient de se taire.
Elena s'allongea sur son lit, fixant le plafond. Ses pensées étaient ailleurs, perdues dans un labyrinthe de confusion et d'incertitude dont elle ne voyait pas la sortie.
Quelque part dans Mystic Falls, Katherine savait probablement déjà qu'ils s'étaient disputés. Que leur plan avait fonctionné.
Mais Elena ne pouvait s'empêcher de se demander : et si ce n'était pas un plan ? Et si c'était juste la vérité qui avait fini par éclater ?
***
La salle de bain était emplie de vapeur, créant une atmosphère presque irréelle. Elena se tenait devant le miroir, observant son reflet avec une attention inhabituelle tandis que Jeremy se brossait les dents à côté d'elle.
« Alors comme ça Tyler Lockwood est un loup-garou ? »
Elena détourna brièvement le regard du miroir, essayant de paraître décontractée. « On le croit mais on affirme rien. Tout ce qu'on sait pour l'instant c'est que Mason Lockwood en est un. »
« On pourrait le vérifier facilement. »
« Tu oublies ce "on". Je t'ai dit que je n'aurais plus le moindre secret pour toi mais de là à t'impliquer, tu peux rêver. »
Mais même en prononçant ces mots, Elena sentit une vague d'inquiétude la submerger. Jeremy. Son petit frère. La seule vraie famille qui lui restait. L'idée qu'il puisse être en danger, qu'il puisse être blessé à cause de ce monde surnaturel dans lequel elle s'était retrouvée plongée, lui donnait envie de vomir.
« Par définition, comme je suis de la famille je serais forcément impliqué. »
Elena se tourna vivement vers lui, ses yeux brillant d'une intensité nouvelle. « C'est trop dangereux, Jeremy. Reste en dehors de ça, d'accord ? »
Protège-le. Tu dois le protéger. Comme maman et papa auraient voulu que tu le fasses.
Jeremy leva les mains en signe de capitulation. « Bon, ok je disais ça comme ça. »
Il partit, mais Elena resta figée devant le miroir. Ses doigts agrippaient le rebord du lavabo, ses jointures blanches sous la tension. Elle leva lentement les yeux vers son reflet et ce qu'elle vit la glaça jusqu'aux os.
Ce regard. Ce regard.
C'était exactement le même que celui de Katherine. Cette intensité protectrice, presque féroce. Cette détermination à protéger ceux qu'elle aimait, peu importe le prix. Cette peur viscérale de les perdre.
Mon Dieu.
Elena porta une main tremblante à sa bouche. Elle venait de regarder Jeremy exactement comme Katherine l'avait regardée, elle. Avec cette même tendresse inquiète, cette même nécessité absolue de protéger à tout prix.
Est-ce que c'est ça ? La pensée s'imposa avec une clarté aveuglante. Est-ce que Katherine me regarde comme ça parce qu'elle ressent la même chose que moi pour Jeremy ? Parce qu'elle veut me protéger comme je veux protéger mon frère ?
La révélation était vertigineuse, troublante. Elle remettait en question tout ce que Stefan lui avait dit. Si Katherine était capable de ressentir ça, cette inquiétude déchirante, cet amour protecteur viscéral, alors elle n'était pas le monstre sans cœur qu'on lui avait décrit. Elle ne pouvait pas l'être.
Elle comprenait ce sentiment de vouloir désespérément protéger quelqu'un qu'on aimait du danger, de la douleur, de ce monde obscur et violent. C'était exactement ce qu'elle ressentait pour Jeremy. Ce besoin presque douloureux de le garder en sécurité, loin de tout ça.
Mais si Stefan a tort sur Katherine... sur quoi d'autre a-t-il tort ?
Elle secoua la tête, essayant de chasser ces pensées dangereuses qui s'insinuaient comme du poison. Non. Stefan la connaissait. Il avait vécu avec elle. Il savait qui elle était vraiment.
Mais il y a cent quarante-cinq ans, lui souffla une petite voix insidieuse. Les gens changent. Toi-même tu as changé depuis la mort de tes parents. Tu n'es plus la même personne qu'il y a un an. Alors pourquoi pas elle en cinq cents ans ?
Elena ferma les yeux, respirant profondément. Quand elle les rouvrit, son reflet la fixait toujours, avec ce regard qui ressemblait tellement à celui de Katherine que c'en était effrayant. Comme si elles étaient plus que des sosies. Comme si elles partageaient quelque chose de plus profond que la simple ressemblance physique.
Qui es-tu vraiment, Katherine Pierce ? Et pourquoi est-ce que je commence à penser que tout le monde se trompe sur toi ?
***
Elle alla dans sa chambre et chercha quelque chose dans son placard, essayant de se distraire de ses pensées tumultueuses qui refusaient de la laisser tranquille. Lorsqu'elle ferma la porte, elle vit que Stefan était là.
« Je voulais pas t'effrayer. »
Elena sursauta légèrement, portant une main à son cœur. La présence soudaine de Stefan la déstabilisait toujours un peu, ce rappel constant qu'il n'était pas humain, qu'il pouvait entrer et sortir sans bruit. Mais elle se reprit rapidement, allant fermer la porte de sa chambre avant qu'il ne l'embrasse.
« Oh c'est vrai, t'as raison. »
Ils s'embrassèrent, mais Elena sentait son esprit ailleurs, tourmenté par ses doutes. Le baiser était mécanique, dépourvu de la passion qu'elle aurait dû ressentir.
« Ça va ? »
Ils s'enlacèrent, et Elena se força à se concentrer sur le moment présent, sur Stefan, sur eux. Sur ce qu'ils étaient censés être.
« Oui, ça va. D'attaque pour la journée ? »
« Non, j'ai horreur de ces disputes avec toi même si c'est pas réel. »
Parce qu'elles le sont. Parce qu'une partie de moi doute vraiment. Parce que je ne sais plus quoi croire. Parce que chaque mot que je prononce en colère sonne trop vrai pour n'être qu'un mensonge.
« Je suis d'accord mais il faut bien que Katherine y croit elle, pour qu'elle s'imagine qu'elle va atteindre son but, histoire qu'elle nous lâche un peu. »
Son but. Elena sentit une pointe d'irritation. Toujours cette certitude absolue que Katherine avait un but maléfique. Comme si Stefan ne pouvait même pas concevoir qu'elle puisse avoir changé, évolué, qu'elle puisse vouloir quelque chose de bien.
« Oui mais c'est pas pour ça que ce sera facile. Pas plus que de savoir que Caroline ira peut-être ou peut-être pas lui faire son rapport. »
Caroline. Caroline qui défend Katherine. Caroline qui a vu quelque chose en elle. Caroline qui n'est pas stupide, qui n'est pas naïve. Pourquoi tout le monde autour de moi commence-t-il à douter de la version de Stefan ?
« Tout ira bien tu verras et ça même si on est obligés de prolonger notre ruse pour un certain temps encore mais quel autre moyen d'empêcher Katherine de faire du mal ? De te faire du mal ? »
Elena sentit son cœur se serrer douloureusement. Mais si elle ne veut pas me faire du mal ? Si elle veut vraiment me protéger ? Si tout ce qu'elle a dit était vrai ?
« Mais promets-moi qu'elle ne s'immiscera jamais entre nous. On peut faire croire à une dispute, on peut simuler le fait que toutes ces histoires suffisent à semer le trouble mais il faut pas qu'on y croit, ok ? »
Mais j'y crois déjà. La pensée la frappa avec une force brutale. J'y crois parce que je ne sais plus qui a raison. Parce que ton Katherine et la Katherine que j'ai vue ne sont pas la même personne. Parce que tu refuses de voir ce qui est devant tes yeux.
« Ok, j'ai une idée. Aujourd'hui, quand on fera semblant de se disputer, si je te dis "cette fois, j'y arrive plus Elena", ça voudra dire en réalité, "je t'aime". »
Elena le regarda, quelque chose se tordant dans sa poitrine. Un code secret. Des mots cachés. Comme si leur amour devait être dissimulé, déguisé, traduit. Comme si la vérité ne pouvait plus être dite directement.
Est-ce que c'est ça, l'amour ? se demanda-t-elle soudain, la question surgissant de nulle part. Des secrets, des mensonges, des codes ? Ou est-ce que l'amour c'est ce que Katherine a décrit – vouloir que l'autre soit heureux, en sécurité, même si ça signifie les perdre ?
« Et quand moi je dirais, "parfait Stefan, comme tu veux", ça voudra dire "je t'aime aussi". »
Les mots sortirent automatiquement, mais elle se sentait étrangement détachée. Comme si elle regardait la scène de l'extérieur, comme si ce n'était pas vraiment elle qui parlait.
« Marché conclu. »
Elle sourit et ils s'embrassèrent, mais le sourire ne touchait pas ses yeux. Ses pensées étaient ailleurs, perdues dans un labyrinthe de doutes et de questions sans réponses.
Je t'aime, Stefan. Je t'aime vraiment.
Mais même en pensant ces mots, Elena sentit le doute s'insinuer comme une fissure dans du verre.
Mais est-ce que tu m'aimes vraiment, moi ? Elena Gilbert ? Ou est-ce que tu aimes l'idée de moi ? La version de moi qui n'est pas Katherine, qui ne te trahira jamais, qui ne te brisera pas le cœur ?
La question était terrifiante parce qu'une fois posée, elle ne pouvait plus être ignorée.
Stefan la regardait avec ces yeux verts intenses, et pour la première fois, Elena se demanda ce qu'il voyait vraiment. La voyait-il, elle ? Ou voyait-il Katherine – ou plutôt, l'absence de Katherine ? Était-elle juste un remplacement, une version améliorée, une chance de revivre ce qu'il avait perdu il y a cent quarante-cinq ans ?
Est-ce que ton amour pour moi est réel, ou est-ce juste ton besoin de prouver que tu peux aimer quelqu'un qui me ressemble sans que ça se termine en tragédie ?
Elena se dégagea doucement de son étreinte, se détournant pour qu'il ne puisse pas voir son visage.
« Je dois me préparer pour le lycée. »
Sa voix était étrangement plate.
Stefan sembla ne rien remarquer – ou choisit de ne rien remarquer. « Je passe te prendre dans une heure ? »
« D'accord. »
Il l'embrassa sur le front – un geste affectueux, protecteur – puis disparut par la fenêtre.
Elena resta seule dans sa chambre, fixant l'endroit où il se tenait quelques secondes auparavant.
Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu me caches quelque chose ? Que tu refuses de voir la vérité parce qu'elle est trop difficile à accepter ?
Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu es amoureux d'une idée, pas d'une personne ?
Et pourquoi est-ce que j'ai l'impression que si je change, si je deviens quelqu'un de différent de celle que tu penses que je suis, tu ne m'aimeras plus ?
Elle se retourna vers le miroir, observant son reflet une fois de plus. Ce visage qui était le sien mais aussi celui de Katherine. Ces yeux qui avaient regardé Jeremy avec la même
intensité protectrice que Katherine l'avait regardée, elle.
Qui es-tu, Katherine Pierce ? se demanda-t-elle encore. Et qui suis-je, moi ? Suis-je vraiment si différente de toi ? Ou est-ce que Stefan refuse de voir nos similitudes parce que ça le forcerait à remettre en question tout ce qu'il croit savoir ?
Les questions tourbillonnaient dans son esprit, sans réponses, sans fin.
Une seule chose était claire : plus elle connaissait Stefan, plus elle doutait qu'il la connaisse vraiment, elle. Parce qu'il ne voulait pas voir ses doutes. Il ne voulait pas entendre ses questions. Il voulait qu'elle soit certaine, absolue, fidèle à sa vision du monde.
Mais Elena n'était plus certaine de rien.
Surtout pas de l'amour de Stefan.
Surtout pas de qui était vraiment le monstre dans cette histoire.
Chapter 22: Incapable d'aimer
Chapter Text
{POV Katherine]
Pendant ce temps, Katherine marchait seule sur la route sombre qui menait hors de Mystic Falls, ses pas résonnant dans le silence de la nuit. La lune brillait au-dessus d'elle, pleine et lumineuse, témoin silencieux de ses tourments comme elle l'avait été pendant cinq cents ans.
Les larmes avaient séché sur ses joues, laissant des traces salées que le vent frais de la nuit faisait picoter. Elle avait remis son masque maintenant. Katherine Pierce était de retour, froide et calculatrice. Mais sous la surface, Katerina Petrova saignait encore.
Stefan avait tort. Il avait tort sur tant de choses.
« Katherine ne se soucie que d'elle-même. Ça a toujours été elle. Elle n'est pas capable d'aimer. Elle est là pour autre chose. »
Elle entendait encore sa voix proclamer ces mensonges avec cette certitude arrogante, cette conviction absolue. Comme s'il avait le droit de définir ce qu'elle était, ce qu'elle ressentait. Comme s'il la connaissait vraiment.
Incapable d'aimer.
Katherine s'arrêta au milieu de la route, levant les yeux vers la lune. Un rire amer échappa de ses lèvres, se transformant presque en sanglot.
Si seulement tu savais, Stefan Salvatore. Si seulement tu savais à quel point l'amour peut être une malédiction. À quel point il peut te détruire plus sûrement que n'importe quel ennemi.
Elle avait aimé. Elle aimait encore. Avec une intensité qui la consumait, qui la dévorait de l'intérieur. Un amour si profond, si absolu, qu'il avait façonné chaque décision qu'elle avait prise pendant cinq cents ans.
Même maintenant. Surtout maintenant.
Quarante-deux ans. Quarante-deux ans que Klaus ne la chassait plus. Quarante-deux ans qu'ils étaient... amis. Le mot lui-même était absurde, ridicule même. Elle, amie avec l'homme qui l'avait traquée pendant des siècles. Amie avec Kol qui la faisait rire malgré elle. Amie avec Freya qui comprenait ce que c'était d'être une survivante. Dans une moindre mesure, amie avec Finn et Rebekah.
Les Mikaelson. Sa famille de substitution, aussi dysfonctionnelle soit-elle.
Tous sauf un.
Elijah.
Son nom dans son esprit était une douleur physique, une plaie qui ne guérissait jamais.
Soixante-dix ans. Soixante-dix ans qu'Elijah n'était plus en contact avec Klaus. Soixante-dix ans qu'il avait disparu, comme s'il s'était évaporé de la surface de la terre. Soixante-dix ans que Katherine cherchait, désespérément, frénétiquement.
Klaus avait envoyé des messagers. Kol aussi. Freya avait utilisé sa magie. Rebekah avait fouillé l'Europe. Finn avait contacté d'anciens alliés.
Tous les messagers étaient morts. Tous. Leurs corps retrouvés avec une précision chirurgicale, un message clair : laissez-moi tranquille.
Mais Katherine n'avait pas pu. Elle n'avait pas pu le laisser tranquille.
Elle l'avait cherché pendant quarante-deux ans. Quarante-deux ans à suivre chaque piste, chaque rumeur, chaque murmure. Elle avait voyagé sur tous les continents. Écumé chaque ville qu'il avait aimée. Interrogé chaque contact qu'il avait eu.
Rien.
Elijah ne voulait pas être trouvé. Pas par Klaus. Pas par sa famille.
Pas même par elle.
Cette réalisation avait été pire que cinq cents ans de fuite. Pire que la terreur constante d'être traquée. Parce qu'au moins, pendant toutes ces années, elle avait eu l'espoir. L'espoir qu'un jour, quand elle serait libre de Klaus, elle pourrait le retrouver. Qu'il l'attendrait comme il l'avait promis.
« Je t'attendrai, Katerina. Aussi longtemps qu'il le faudra. »
Mais il ne l'attendait pas. Il était parti. Volontairement. Délibérément. Laissant derrière lui une famille qui l'aimait et une femme qui l'aimait plus que sa propre vie.
Katherine sentit les larmes revenir, brûlantes, implacables. Elle les laissa couler cette fois sans essayer de les retenir. Personne ne pouvait la voir ici. Personne sauf la lune qui avait été témoin de toutes ses nuits solitaires.
Et puis Elena était née.
Elena. Sa descendante. Son sang. Sa responsabilité.
Katherine avait dû choisir. Continuer à chercher Elijah – un homme qui ne voulait manifestement pas être trouvé – ou protéger cette fille qui ne savait même pas qu'elle existait. Cette fille qui grandissait innocente, vulnérable, sans se douter des dangers qui la guettaient.
Le choix avait été déchirant. Chaque jour passé à surveiller Elena était un jour de plus sans Elijah. Chaque nuit passée à s'assurer qu'aucun danger ne la menaçait était une nuit de moins à le chercher.
Mais c'était ce qu'il aurait voulu. Elijah, avec son sens de l'honneur, avec sa noblesse agaçante et magnifique, aurait voulu qu'elle protège Elena. Qu'elle assure la sécurité de sa descendante avant son propre bonheur.
Alors c'est ce qu'elle avait fait. C'est ce qu'elle faisait encore.
Elle protégeait Elena. Elle la surveillait de loin. Elle s'assurait qu'aucun vampire, aucun loup-garou, aucune sorcière ne lui fasse du mal.
Et elle mourait un peu plus chaque jour de ne pas le chercher.
« Incapable d'aimer », murmura Katherine à la nuit, sa voix brisée par l'émotion. « Si seulement c'était vrai, Stefan. Si seulement je pouvais ne pas aimer. Si seulement je pouvais l'oublier comme il m'a oubliée. »
Mais elle ne pouvait pas. Elle ne pourrait jamais.
Parce que même après soixante-dix ans de silence, même après quarante-deux ans de recherches infructueuses, même en sachant qu'il ne voulait pas être trouvé, elle l'aimait encore avec la même intensité dévorante qu'au premier jour.
Stefan ne savait rien de l'amour. Ni lui, ni Damon. Leurs sentiments pour elle n'avaient été qu'une obsession adolescente, une infatuation pour une jolie fille qui leur avait montré de l'attention. Ils appelaient ça de l'amour, mais ce n'était que du désir mêlé de possessivité.
L'amour véritable était différent. L'amour véritable te brisait et te reconstruisait. Te détruisait et te sauvait. Te faisait renoncer à ta propre quête pour protéger une fille que tu ne connaissais même pas, juste parce que c'était la bonne chose à faire. La chose qu'il aurait voulu que tu fasses.
Katherine s'appuya contre un arbre au bord de la route, sentant ses jambes trembler sous elle. La fatigue – pas physique, mais émotionnelle – menaçait de la submerger.
Klaus lui avait demandé un jour pourquoi elle continuait à chercher. Pourquoi elle ne passait pas à autre chose. Il y avait eu de la gentillesse dans sa voix, une compréhension rare venant de lui.
« Parce que je lui ai promis », avait-elle répondu. « Il a dit qu'il m'attendrait. Alors je dois le trouver. Je dois savoir pourquoi il est parti. Je dois savoir si... »
Elle n'avait pas terminé sa phrase. Si quoi ? Si elle comptait encore pour lui ? Si elle avait jamais compté ? Si ces semaines ensemble en 1492 avaient été aussi réelles pour lui qu'elles l'avaient été pour elle ?
Klaus n'avait rien dit. Il avait juste posé une main sur son épaule – un geste étonnamment tendre venant de lui – et avait murmuré : « Elijah est un idiot. »
Peut-être. Ou peut-être qu'Elijah avait juste compris ce que Katherine refusait d'accepter : qu'ils ne pourraient jamais être ensemble. Qu'il valait mieux disparaître que de la laisser espérer pour rien.
Mais si c'était ça... pourquoi tuait-il tous les messagers ? Pourquoi ne pas juste envoyer un message clair : laissez-moi tranquille, j'ai tourné la page ? Pourquoi cette violence, ce silence obstiné ?
À moins que...
À moins qu'il souffre autant qu'elle. À moins qu'il se cache non pas parce qu'il l'avait oubliée, mais parce qu'il ne pouvait pas la voir sans se briser. À moins que sa disparition soit sa propre version de la fuite de Katherine – pas pour survivre à Klaus, mais pour survivre à un amour trop grand, trop douloureux, trop impossible.
Katherine ferma les yeux, cette pensée à la fois réconfortante et déchirante.
« Où es-tu, Elijah ? » murmura-t-elle dans la nuit. « Pourquoi ne me laisses-tu pas te trouver ? J'ai arrêté de fuir. Klaus ne me chasse plus. Nous pourrions... nous pourrions enfin... »
Mais elle ne termina pas. Parce qu'elle ne savait pas ce qu'ils pourraient. Cinq cents ans les séparaient. Soixante-dix ans de silence. Des milliers de kilomètres. Et un amour qui refusait de mourir malgré tout.
Katherine rouvrit les yeux, regardant la route devant elle. Elle devait retourner à Mystic Falls. Elle devait continuer à protéger Elena. C'était sa mission maintenant. Sa raison d'être.
Et peut-être – peut-être – si elle gardait Elena en vie, si elle s'assurait que cette fille ait la vie heureuse et normale qu'elle méritait, alors Elijah le saurait. D'une manière ou d'une autre, il le saurait. Et peut-être que ce serait suffisant pour qu'il revienne.
Ou peut-être pas.
Mais Katherine Pierce – Katerina Petrova – était une survivante. Elle avait survécu à Klaus pendant cinq cents ans. Elle avait survécu à la trahison, à la solitude, à la douleur.
Elle survivrait aussi à ça. À cet amour qui la consumait. À cette absence qui la détruisait lentement.
Parce qu'elle n'avait pas le choix.
« Incapable d'aimer », répéta-t-elle une dernière fois, un sourire amer sur les lèvres. « Si seulement, Stefan. Si seulement. »
Puis elle reprit sa marche, seule sur cette route sombre, portant son amour comme une chaîne invisible qui l'attachait à un homme qui avait choisi de disparaître.
La lune continuait à briller au-dessus d'elle, impassible, éternelle.
Comme son amour pour Elijah Mikaelson.
***
Les jardins anglais s'étendaient autour d'elle, verdoyants et parfaitement entretenus, baignés dans la lumière dorée d'un après-midi de printemps. Katherine courait, ses jupes relevées sans se soucier des conventions, son rire cristallin résonnant dans l'air parfumé. Son cœur battait la chamade, non pas de peur – jamais de peur avec lui – mais de joie pure et simple. Une joie qu'elle n'avait jamais connue avant et qu'elle ne connaîtrait plus jamais après.
Derrière elle, Elijah la poursuivait, son visage illuminé d'un sourire rare et magnifique qui transformait ses traits nobles en quelque chose de juvénile, de libre. « Katerina ! » appelait-il, sa voix chaude et amusée, dépouillée de toute la formalité qu'il maintenait habituellement.
Elle se retourna, le regardant approcher, et sentit son cœur déborder d'un amour si intense qu'il en était presque douloureux. C'est lui. C'est lui que j'attendais toute ma vie. C'est pour lui que je suis née.
« Attrape-moi si tu peux ! » lança-t-elle, taquine, ses yeux brillants de malice et d'adoration.
Il l'attrapa quelques secondes plus tard, ses bras se refermant autour de sa taille, la faisant tournoyer. Elle rit, renversant sa tête en arrière, se sentant vivante d'une manière qu'elle n'avait jamais connue auparavant.
Quand il la reposa, son regard était devenu sérieux, intense. « Je t'attendrai, Katerina », murmura-t-il, caressant sa joue. « Aussi longtemps qu'il le faudra. Nous trouverons un moyen. Je te le promets. »
Et elle l'avait cru. Dieu, comme elle l'avait cru.
***
Mais ce souvenir heureux se dissipa comme de la fumée, arraché par un autre, beaucoup plus sombre, comme si son esprit refusait de la laisser savourer la joie sans lui rappeler le prix qu'elle avait payé.
Katherine se tenait dans la demeure des Salvatore, regardant les corps étendus de Damon et Stefan. Morts. À cause d'elle. Pour elle. Leurs visages figés dans une expression de surprise et de douleur.
Son cœur se serra douloureusement. Elle n'avait jamais voulu ça. Jamais voulu qu'ils meurent. Ils n'étaient que des garçons – de beaux garçons, gentils même – mais des garçons quand même. Des distractions. Des tentatives pathétiques de remplir un vide qui ne pouvait pas l'être. Maintenant, c'était fait, et il n'y avait pas de retour en arrière possible.
George apparut derrière elle, silencieux comme une ombre.
« George », murmura-t-elle, sa voix tremblant légèrement malgré ses efforts pour paraître froide.
« Votre voiture vous attend. »
« C'est bien, George. Merci. »
« Maintenant, votre part du marché. »
Katherine se retourna vers lui, son masque de glace fermement en place malgré la tempête qui faisait rage en elle. « Si quelqu'un apprend ma fuite, je vous retrouverai. Et je vous tuerai. Et je le ferai. »
Sa voix était plate, mécanique. Elle remit la pierre de lune, ce symbole de malédiction et de servitude qu'elle avait tant cherché à détruire.
« On emportera nos secrets dans la tombe. Dépêchez-vous. »
Katherine commença à le suivre, mais quelque chose la retint. Une force invisible, une culpabilité qu'elle ne pouvait pas ignorer. Elle se retourna, regardant une dernière fois les corps sans vie de Stefan et Damon. Une douleur aiguë transperça sa poitrine – pas le grand amour déchirant qu'elle ressentait pour Elijah, mais quelque chose de plus doux, de plus triste. Du regret. De la honte.
Elle s'agenouilla entre eux, ses jupes se répandant sur le sol taché de sang. Avec une tendresse qu'elle ne s'était pas permise de leur montrer de leur vivant, elle caressa doucement leurs visages froids. Puis, avec une douceur infinie et désespérée, elle embrassa leurs fronts.
« Je suis désolée », chuchota-t-elle, sa voix se brisant malgré elle. « Je suis désolée de vous avoir utilisés. Je suis un monstre incapable d'aimer vraiment en dehors de lui. »
Les larmes commencèrent à couler, silencieuses d'abord, puis plus abondantes.
« Les vampires peuvent avec le temps apprendre à supprimer juste une part de leur humanité », continua-t-elle, parlant plus à elle-même qu'à eux. « Mais mon cœur... mon cœur n'appartient qu'à un seul homme depuis quatre cents ans. Depuis le moment où il m'a regardée pour la première fois. Depuis le moment où il a dit mon nom. »
Elijah. Mon Elijah. Pardon. Pardon de t'avoir trahi ainsi. Pardon d'avoir laissé ces deux garçons croire que je pouvais les aimer alors que mon cœur t'appartenait déjà entièrement, irrévocablement, éternellement.
Elle posa sa main sur le cœur silencieux de Stefan, puis sur celui de Damon.
« Vous méritez mieux », murmura-t-elle. « Vous méritiez une femme qui pourrait vous aimer complètement. Pas une coquille vide qui cherche désespérément à remplir un vide qui ne peut jamais l'être. Pas quelqu'un dont le cœur est déjà pris, depuis toujours, pour toujours et à jamais. »
Les larmes coulaient librement sur ses joues maintenant, mais elle ne pouvait plus s'arrêter. Toute la douleur, toute la culpabilité, toute la solitude des siècles à venir se déversaient en cet instant. La perte d'Elijah, la fuite éternelle de Klaus, et maintenant ces deux vies gâchées à cause de sa lâcheté, de sa solitude, de son besoin désespéré de ne pas être seule.
« Je vous ai transformés en monstres », dit-elle, sa voix à peine audible. « Non pas par amour, mais par égoïsme. Parce que je ne supportais pas l'idée d'être seule. Parce que pendant un instant, quand vous me regardiez, je pouvais prétendre que j'étais encore Katerina. Celle qui méritait d'être aimée. »
Elle se leva, essuyant ses larmes d'un geste brusque.
« Mais je ne suis plus elle. Je suis Katherine Pierce. Et Katherine Pierce ne peut aimer personne d'autre qu'un homme qui est perdu pour elle. »
***
Le souvenir se dissipa, laissant Katherine seule sur la route sombre. Elle s'arrêta, levant les yeux vers la lune. La même lune qui avait brillé cette nuit-là, il y a cent quarante-cinq ans. La même lune qui avait brillé dans les jardins anglais quand Elijah l'avait tenue dans ses bras. La même lune qui continuait à briller, témoin impassible de sa souffrance éternelle.
Un soupir profond, chargé de cinq cents ans de chagrin, s'échappa de ses lèvres. La tristesse qui l'envahit était si intense, si absolue, qu'elle dut s'appuyer contre un arbre pour ne pas s'effondrer. Ses jambes tremblaient, et pour une fois, elle ne lutta pas contre cette faiblesse.
Elijah.
Son nom était une prière, un gémissement silencieux dans la nuit, un appel que personne n'entendrait jamais.
Toutes ces années, tous ces siècles, et elle l'aimait toujours avec la même intensité déchirante. Peut-être même plus, car maintenant elle savait ce que c'était de vivre sans lui. La torture quotidienne de son absence. Le vide béant dans sa poitrine là où son cœur aurait dû être. Chaque jour qui passait sans lui était un jour de trop, et pourtant les jours continuaient à s'accumuler : quarante-deux ans sans Klaus à ses trousses, soixante-dix ans sans nouvelles d'Elijah.
Quarante deux ans à chercher un homme qui ne voulait pas être trouvé.
Quarante deux ans à se demander si elle comptait encore pour lui, si elle avait jamais vraiment compté.
Stefan et Damon. Deux tentatives désespérées de combler un vide. Deux garçons qu'elle avait utilisés, manipulés, détruits – non pas par cruauté pure comme ils le pensaient, mais par désespoir. Le désespoir de ressentir quelque chose. N'importe quoi. Quelque chose qui pourrait ressembler, même vaguement, même pathétiquement, à ce qu'elle avait connu avec Elijah.
Mais rien. Personne.
Leurs baisers étaient fades. Leurs étreintes étaient vides. Leurs mots d'amour sonnaient creux. Parce que ce n'était pas lui. Ce n'était pas sa voix, pas ses mains, pas son regard qui la voyait vraiment.
Et maintenant, cent quarante-cinq ans plus tard, ils la haïssaient. Ils la considéraient comme un monstre incapable d'aimer.
Si seulement ils savaient, pensa-t-elle amèrement. Si seulement ils savaient que le problème n'était pas que je ne pouvais pas aimer. C'était que j'aimais déjà quelqu'un d'autre. Tellement. Trop. Au point que personne d'autre ne pouvait exister.
Elle pensa à Elena, à sa descendante, à cette jeune fille qui ressemblait tant à ce qu'elle avait été autrefois. Innocente. Pleine d'espoir. Capable d'aimer sans crainte. Tombée amoureuse d'un vampire, comme Katherine l'avait été.
Mais Elena avait le choix. Elena pouvait encore avoir une vie humaine. Se marier, avoir des enfants, vieillir, mourir entourée de ceux qu'elle aimait.
Je ne te laisserai pas faire les mêmes erreurs que moi, se promit Katherine silencieusement, avec une intensité féroce. Je ne te laisserai pas perdre ta vie, ta liberté, ton humanité pour des vampires qui ne comprendront jamais vraiment ce que c'est d'être humain. Je ne te laisserai pas devenir comme moi – figée dans le temps, incapable d'avancer, condamnée à aimer quelqu'un qui est perdu pour toujours.
Stefan pense te connaître, mais il ne te connaît pas. Damon pense te comprendre, mais il ne te comprend pas. Ils te voient comme une version d'eux-mêmes, une extension de leurs désirs. Ils ne te voient pas vraiment toi.
Comme Elijah me voyait moi.
La douleur qui transperça sa poitrine à cette pensée fut si intense qu'elle dut fermer les yeux.
Elijah... Mon Elijah...
Où était-il ? Que faisait-il ? Pensait-il encore à elle ? Ou l'avait-il effacée de sa mémoire, comme on efface une erreur, un moment de faiblesse ?
Klaus lui avait dit un jour, après des verres de bourbon et une rare vulnérabilité : « Elijah ne t'a pas oubliée, Katerina. Mon frère est beaucoup de choses, mais il n'oublie jamais. Surtout pas toi. »
« Alors pourquoi est-il parti ? » avait-elle demandé, sa voix se brisant. « Pourquoi refuse-t-il d'être trouvé ? »
Klaus l'avait regardée avec une tristesse inhabituelle. « Parce qu'Elijah est noble jusqu'à la stupidité. S'il pense que sa présence te met en danger, ou que son amour pour toi te fera du mal, il s'effacera. C'est ce qu'il fait. C'est ce qu'il a toujours fait. »
Ces mots hantaient Katherine depuis. Parce qu'ils avaient du sens. Parce qu'Elijah ferait exactement ça – se sacrifier, disparaître, souffrir en silence si cela signifiait qu'elle serait en sécurité.
Mais je ne suis pas en sécurité, voulait-elle crier. Je suis brisée. Je suis perdue sans toi. Reviens. S'il te plaît, reviens.
Mais il ne revenait pas. Et elle devait continuer. Pour Elena. Pour la promesse qu'elle s'était faite. Pour prouver qu'elle n'était pas juste un monstre égoïste incapable d'aimer.
Si tu m'attends encore quelque part dans ce monde, pensa-t-elle, levant les yeux vers les étoiles, attends-moi encore un peu. Juste un peu plus longtemps. J'ai promis de te retrouver. J'ai promis. Et quand Elena sera en sécurité, quand je saurai qu'elle aura la vie qu'elle mérite, je recommencerai à te chercher. Je fouillerai chaque recoin de cette terre. Je ne m'arrêterai jamais.
Parce que tu es tout ce que j'ai. Tout ce que je veux. Tout ce que je serai jamais.
La lune brillait, indifférente à sa douleur, comme elle l'avait toujours fait. Et Katherine resta là, seule dans l'obscurité, portant le poids de cinq cents ans de promesses brisées et d'amour éternel.
Une larme solitaire roula sur sa joue, reflétant la lumière lunaire comme un diamant liquide. Pour Elena, elle serait forte. Pour Elijah, elle survivrait. Mais cette nuit, juste pour cette nuit, elle se permettait de se souvenir. De pleurer. D'être, l'espace d'un instant, simplement Katerina Petrova – la jeune fille qui avait aimé et perdu, encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien d'elle que cette coquille appelée Katherine Pierce.
Mais je ne suis pas vide, réalisa-t-elle avec une clarté douloureuse. Je suis pleine. Pleine de chagrin, de regrets, d'amour non partagé. Pleine d'Elijah, de son absence, de son fantôme qui me suit partout. Pleine à en déborder. Et c'est pour ça que je dois continuer. Pour lui. Pour elle. Pour tous ceux que je n'ai pas pu sauver.
Elle essuya ses larmes d'un geste brusque, se redressant. Le masque de Katherine Pierce glissa de nouveau en place, froid, calculateur, impénétrable.
Demain, elle recommencerait. Elle surveillerait Elena. Elle la protégerait. Elle jouerait son rôle.
Mais cette nuit, elle avait été Katerina. Et Katerina aimait Elijah Mikaelson avec une dévotion qui aurait dû la tuer il y a longtemps.
Elle reprit sa marche, disparaissant dans la nuit. Mais son cœur, ce cœur qui appartenait à Elijah depuis cinq cents ans, continuait de battre. Continuait d'espérer contre tout espoir.
Continuait d'aimer avec une intensité qui aurait dû s'éteindre mais qui ne faisait que grandir avec chaque année qui passait.
Car c'était tout ce qui lui restait.
L'amour. L'espoir. Et la certitude douloureuse que personne – ni Stefan, ni Damon, ni aucun homme sur cette terre – ne pourrait jamais prendre la place d'Elijah Mikaelson dans son cœur brisé.
Chapter 23: Formation
Summary:
Au Mystic Grill et chez les Gilbert, tensions et révélations se mêlent : Damon provoque, Tyler découvre des secrets sur Mason, Caroline lutte avec sa soif, et Elena s’inquiète pour Stefan. Katherine, captive chez Stefan, révèle un côté protecteur et vulnérable, motivée par le bien-être d’Elena plutôt que par vengeance, et montre que son passé difficile a façonné ses choix.
Elena est troublée par le regard sincère de Katherine, qui lui rappelle sa propre protection de son frère, et commence à douter des certitudes de Stefan. Katherine, elle, porte toujours un amour inextinguible pour Elijah Mikaelson et décide de continuer à protéger Elena tout en gérant sa douleur et ses regrets.
Chapter Text
[Clairière isolée dans la forêt de Mystic Falls]
La nuit était tombée depuis plusieurs heures, et la forêt baignait dans une obscurité presque totale. Seule la lune pleine illuminait faiblement la clairière où Katherine avait emmené Caroline.
[POV Caroline]
Caroline se tenait au centre de la clairière, tremblante, chaque son de la forêt résonnant dans ses oreilles avec une clarté surnaturelle. Le bruissement des feuilles était assourdissant. Le battement de cœur d'un lapin à cinquante mètres lui vrillait les tympans. L'odeur de la terre, de la sève, et pire encore, l'odeur cuivrée et tentante du sang qui coulait dans les veines de tous les êtres vivants autour d'elle.
C'est trop. Tout est trop.
« Concentre-toi. »
La voix de Katherine était calme, patiente – une patience que Caroline ne lui aurait jamais attribuée.
« J'essaie ! Mais tout est tellement... fort. Tellement... » Caroline porta ses mains à ses oreilles. « Je n'arrive pas à faire taire tout ça. »
[POV Katherine]
Katherine observa Caroline avec attention. Elle souffre. Exactement comme j'ai souffert. Comme nous souffrons tous au début.
« Respire. Ferme les yeux. »
« Mais... »
« Ferme les yeux, Caroline. »
Caroline obéit, tremblante.
« Maintenant, écoute. Pas tout. Juste une chose. Choisis un son. Un seul. »
C'est comme ça qu'Elijah m'a appris. Il y a si longtemps. Sa voix douce, patiente, me parlant de sa propre transition alors que j'étais encore humaine.
Le souvenir frappa Katherine avec une force inattendue. Non. Pas maintenant. Concentre-toi sur elle.
[POV Caroline]
Caroline essaya de se concentrer, mais les sons se mélangeaient tous en une cacophonie insupportable. « Je n'y arrive pas. »
« Si, tu y arrives. Écoute ma voix. Juste ma voix. Ignore tout le reste. »
Lentement, Caroline se focalisa sur la voix de Katherine. Douce, régulière, apaisante. Les autres sons commencèrent à s'estomper, à devenir un arrière-plan plutôt qu'une agression constante.
« Bien. Maintenant, ouvre les yeux et regarde-moi. Juste moi. »
Caroline ouvrit les yeux. Katherine se tenait devant elle, son visage éclairé par la lune. Ses yeux étaient compréhensifs, doux même.
« Tu es douée, Caroline. Tu ne sais pas à quel point tu l'es. »
[POV Caroline]
Les mots frappèrent Caroline de plein fouet. Douée ? Moi ?
« Je... je ne me sens pas douée. Je me sens... perdue. Terrifiée. »
Katherine s'approcha, posant une main sur l'épaule de Caroline. « C'est normal. Nous avons tous ressenti ça. Mais tu apprends vite. Plus vite que la plupart. »
« Vraiment ? »
« Vraiment. » Katherine sourit légèrement. « Demain soir, on va en boîte de nuit. »
[POV Caroline]
Caroline la regarda, choquée. « Quoi ? Non ! Je ne peux pas... il y aura trop de monde, trop de bruit, trop de... »
« C'est exactement pour ça qu'on y va. » Katherine croisa les bras. « Tu dois apprendre à gérer le bruit, l'excitation, la tentation. Tu ne peux pas te cacher dans ta chambre pour toujours. »
Une boîte de nuit. Avec tous ces corps. Tout ce sang. Toute cette musique assourdissante.
« J'ai peur. »
« Je sais. Mais je serai là. Je ne te laisserai pas perdre le contrôle. »
Caroline sentit les larmes lui monter aux yeux. « Katherine... ma mère. Si elle découvre ce que je suis... »
Sa voix se brisa. « Elle me détestera. Elle me chassera. Elle essaiera peut-être même de me tuer. »
[POV Katherine]
Katherine sentit son cœur se serrer. Ta mère. Oui, je comprends. Oh, comme je comprends.
« Tu ne peux pas continuer comme ça, Caroline. »
Sa voix était douce mais ferme. « Vivre dans la terreur constante que ta propre mère découvre ce que tu es. Attendre que le regard qu'elle pose sur toi se transforme en horreur et dégoût. »
Comme mon père m'a regardée. Comme toute ma famille m'a regardée quand ils ont su que j'étais enceinte.
« Mais qu'est-ce que je suis censée faire ? » Les larmes coulaient maintenant librement sur les joues de Caroline. « Je ne peux pas lui dire. Je ne peux pas. »
Katherine l'attira dans ses bras, la serrant contre elle. Quand ai-je commencé à me soucier de cette fille ? Quand est-elle devenue plus qu'un simple moyen de protéger Elena ?
« Pour l'instant, tu apprends. Tu deviens plus forte. Et quand le moment viendra – parce qu'il viendra – tu seras prête. »
[POV Caroline]
Caroline s'accrocha à Katherine, sanglotant contre son épaule. Quand est-ce que Katherine Pierce est devenue la seule personne qui me comprend vraiment ?
Après un moment, elle se dégagea, essuyant ses yeux. « Elena... elle pense que tu es un monstre. Stefan et Damon aussi. »
[POV Katherine]
Katherine leva les yeux au ciel, une expression boudeuse traversant son visage – une expression si juvénile, si hors de caractère qu'elle aurait été comique dans d'autres circonstances.
« J'ai l'impression d'être une gamine de dix ans punie. »
Caroline ne put s'empêcher de rire à travers ses larmes. « Quoi ? »
« Stefan et Damon. » Katherine croisa les bras, l'irritation évidente sur son visage. « Ils me surveillent constamment. Ils empêchent Elena de me parler. Ils font comme si j'étais une menace mortelle alors que je suis juste... » Elle soupira, frustrée. « Je suis juste là pour la protéger. C'est tout ce que j'ai toujours voulu. »
Et ils m'empêchent de faire mon travail. Ces deux crétins servent au moins à la protéger même si j'ai l'impression d'avoir dix ans et d'être punie.
« Tu l'aimes vraiment, n'est-ce pas ? Elena. »
[POV Katherine]
Katherine regarda Caroline, surprise par la perspicacité de la question. Cette fille me comprend mieux que je ne l'aurais cru possible.
« Elle est ma descendante. Mon sang. Ma responsabilité. » Elle marqua une pause. « Et oui. Je l'aime. Pas comme j'aime... »
Elle s'arrêta brusquement, le nom refusant de sortir.
« Elijah ? »
[POV Caroline]
Katherine se figea complètement, ses yeux s'élargissant. « Comment... ? »
« Tu as marmonné son nom l'autre soir. Quand tu pensais que je dormais. » Caroline hésita. « Tu l'aimes encore, n'est-ce pas ? Après tout ce temps. »
[POV Katherine]
Katherine détourna le regard, sa mâchoire se crispant. Ne pleure pas. Ne montre pas cette faiblesse. Pas maintenant.
« Ça n'a pas d'importance. Il est parti. Depuis soixante-dix ans. »
« Soixante-dix ans ? » Caroline sembla choquée. « Et tu l'attends toujours ? »
Katherine ne répondit pas immédiatement. Quand elle parla enfin, sa voix était à peine un murmure.
« Je l'attendrai toujours. Je l'attends depuis 500 ans Caroline.»
Pathétique. Je suis pathétique. Cinq cents ans et je suis toujours cette fille stupide qui attend qu'un homme revienne la sauver.
[POV Caroline]
Caroline toucha doucement le bras de Katherine. « Ce n'est pas pathétique. C'est... c'est de l'amour. Du vrai amour. »
Katherine rit amèrement. « L'amour qui détruit. L'amour qui consume. L'amour qui te laisse seule pendant cinq cent ans à te demander si tu comptes encore pour lui. »
« Mais Stefan et Damon... »
« N'étaient jamais lui. » Les mots sortirent féroces, définitifs. « Ils n'ont jamais été lui. Ils étaient... des distractions. Des tentatives pathétiques de combler un vide qui ne pouvait pas l'être. »
Mon Dieu. Elle les a vraiment utilisés. Pendant tout ce temps, elle ne les a jamais aimés.
« Elena doit savoir ça. Elle pense que tu veux récupérer Stefan. »
[POV Katherine]
Katherine secoua la tête avec véhémence. « Stefan ? » Elle rit, mais c'était un son sans joie. « Stefan était un garçon gentil il y a cent quarante-cinq ans. Il l'est toujours. Mais je n'ai jamais voulu Stefan. Pas vraiment. »
Elle se tourna vers Caroline, ses yeux brillant dans l'obscurité. « C'est pour ça que je veux qu'Elena s'éloigne d'eux. De Stefan. De Damon. Parce qu'ils ne la voient pas vraiment. Ils voient moi. Mon visage. Mon fantôme. Et Elena mérite tellement mieux que d'être un substitut. »
Exactement ce que je n'ai jamais eu. La chance d'être aimée pour moi-même. Pas pour ce que je représentais. Pas pour le pouvoir que je détenais. Juste... moi.
Caroline resta silencieuse un moment, absorbant tout cela. « Tu essaies de lui donner la vie que tu n'as jamais eue. »
« Oui. » Katherine sourit tristement. « Pathétique, n'est-ce pas ? »
« Non. » Caroline secoua la tête. « C'est... c'est beau. D'une manière triste et déchirante, mais c'est beau. »
[POV Katherine]
Katherine cligna des yeux, surprise de sentir des larmes menacer de couler. Non. Pas maintenant. Garde le contrôle.
« Bon. » Elle se redressa, remettant son masque en place. « Assez de sentimentalisme. On a du travail. Demain soir, boîte de nuit. Tu dois être prête. »
[POV Caroline]
« Et si je perds le contrôle ? »
« Tu ne le perdras pas. » Katherine sourit, et cette fois, le sourire était authentique. « Parce que je serai là. Et je ne laisserai personne te faire du mal. Pas même toi-même. »
Caroline sentit quelque chose se détendre en elle. Elle me comprend. Vraiment.
« Katherine ? »
« Oui ? »
« Merci. Pour... pour tout ça. Pour m'aider. »
[POV Katherine]
Katherine regarda Caroline – cette fille qu'elle avait d'abord vue comme un simple pion, un moyen d'atteindre Elena. Mais maintenant... maintenant elle voyait quelqu'un qui lui ressemblait. Quelqu'un de perdu, de terrifié, essayant désespérément de survivre dans un monde qui ne voulait pas d'elle.
« De rien. » Elle marqua une pause, puis ajouta doucement, « Tu n'es pas seule, Caroline. Plus maintenant. »
Parce que je sais ce que c'est. D'être seule. D'avoir peur. De ne pas savoir si tu survivras au lendemain.
Et personne ne devrait avoir à vivre ça seul.
Caroline sourit à travers ses larmes. « Alors, boîte de nuit demain ? »
« Boîte de nuit demain. » Katherine lui rendit son sourire. « Et Caroline ? »
« Oui ? »
« Tu vas être extraordinaire. Je te le promets. »
Et pour la première fois depuis sa transformation, Caroline commença presque à le croire.
Dans l'obscurité de la forêt, deux vampires se tenaient ensemble – l'une ancienne et brisée, l'autre nouvelle et terrifiée. Mais ensemble, elles étaient plus fortes.
Et peut-être, juste peut-être, elles pourraient survivre à ce que l'avenir leur réservait.
Ensemble.
Chapter 24: Masques et Mensonges
Chapter Text
[Maison des Forbes]
[POV Caroline]
Liz rassemblait des cartons dans le salon, s'affairant avec une énergie inhabituelle. Caroline arriva, s'arrêtant net en voyant sa mère.
« Oh, un jour de congé ? »
« C'est la journée de bénévolat des amis du patrimoine et c'est toi qui m'y a inscrite. »
« Je sais oui mais je pensais que tu viendrais pas. »
Pitié, ne viens pas. Reste ici. Loin de moi. Loin de ce que je suis devenue.
« Si je compte bien passer la journée avec ma fille. »
Caroline sentit son estomac se nouer. Non. Non, non, non. Tu ne peux pas. Tu ne peux pas passer la journée avec moi. Parce que si tu restes trop près, si tu m'observes trop attentivement, tu vas voir. Tu vas voir que je ne suis plus ta fille. Que je suis devenue l'une des créatures que tu chasses.
« Tu comptes faire semblant de tenir ton rôle de mère ? »
Les mots sortirent plus durement qu'elle ne l'avait voulu, mais c'était la seule façon de maintenir une distance. La distance qui pourrait la protéger. Les protéger toutes les deux.
« J'aurais mon arme si ça peut te rassurer. »
Ton arme. L'arme que tu utiliseras contre moi quand tu découvriras ce que je suis.
Caroline déglutit difficilement, essayant de garder son visage impassible. « Hum hum. »
« Ecoute, accorde-moi une journée. J'étais submergée de boulot, j'ai pas eu de temps à te consacrer. »
« Bon, pour info, je suis de mauvaise humeur. »
Je suis terrifiée. Je suis morte de peur que tu découvres mon secret. Que tu me regardes avec dégoût et horreur. Que tu pointes ton arme sur moi.
« Oh, tu me surprends là. »
Caroline eut un sourire forcé, son cœur battant la chamade dans sa poitrine. Elle s'apprêta à partir, désespérée de s'échapper avant que sa mère ne voie trop.
« Ah au fait, qu'est-ce qu'elle est venue faire si tard cette nuit, Elena ? »
Caroline se figea. Merde. Merde, merde, merde.
« Où est-ce que t'as vu qu'elle est… ? Ah oui, oui, euh, elle est venue oui c'est vrai. Elle avait besoin de discuter d'un truc. Elle et Stefan traversent des moments difficiles. »
Pitié, crois-moi. Pitié, ne pose pas plus de questions. Ne creuse pas plus profond.
« Tout va bien de ton côté ? »
Non. Rien ne va. Je suis un vampire. Je bois du sang. Je pourrais te tuer si je perdais le contrôle. Et tu me détesterais si tu savais.
« Je vais bien. »
« Parce que ces derniers temps tu me sembles différente. »
Le cœur de Caroline manqua un battement. Elle sait. Oh mon Dieu, elle sait. Elle voit que quelque chose ne va pas.
« J'ai rien de différent, je vais bien. »
Sa voix était trop aiguë, trop tendue. Elle pouvait entendre elle-même le mensonge dans ses mots.
« Tu me croiras incapable de remarquer ces choses-là, pourtant je les vois et tu peux me parler, me dire ce que tu as. »
Non, je ne peux pas. Je ne peux jamais te le dire. Parce que si je te dis, tu me perdras. Et je ne peux pas te perdre. Pas toi. Pas ma mère.
Caroline sentit les larmes lui monter aux yeux, mais elle les retint farouchement. « Ecoute, t'essayes de jouer ton rôle de mère mais c'est pas la réalité alors faut pas exagérer, ok ? »
Pardonne-moi. Pardonne-moi d'être cruelle. Mais c'est le seul moyen de te garder en sécurité. De nous garder toutes les deux en sécurité.
Elle partit avant que sa mère ne puisse répondre, avant que les larmes ne commencent à couler. Une fois dehors, elle s'appuya contre le mur, respirant profondément.
Katherine a raison. Je ne peux pas continuer comme ça. Je ne peux pas vivre dans la terreur constante que ma propre mère découvre ce que je suis. Que le regard qu'elle pose sur moi se transforme en horreur et dégoût.
Elle pensa à Katherine, à la façon dont elle l'avait regardée avec compréhension. Katherine qui savait ce que c'était de se cacher, de mentir, de survivre dans un monde qui vous considérait comme un monstre.
Peut-être qu'Elena et Stefan ont tort. Peut-être que Katherine n'est pas le monstre qu'ils décrivent. Peut-être qu'elle est juste quelqu'un qui a appris à survivre. Comme moi.
Comme nous tous.
Caroline essuya ses yeux et se redressa. Elle devait être forte. Pour elle-même. Pour sa mère. Et peut-être, juste peut-être, Katherine pouvait l'aider à apprendre comment.
***
[Parc public de Mystic Falls]
C'était la journée de bénévolat des amis du patrimoine. Tout le monde s'attelait à nettoyer le parc sous un soleil éclatant. Carol Lockwood se tenait sur une petite estrade improvisée, son sourire parfait fermement en place.
« C'est avec constance que les amis du patrimoine tentent de s'acquitter de notre dette éternelle envers notre si belle communauté. Grâce aux donations de la famille Fell, nous pouvons nous rassembler aujourd'hui sur le site de notre nouveau parc public. Enfin, un grand merci à nos bénévoles qui nous apportent toujours une aide précieuse. Merci à tous. »
Elle applaudit et tout le monde fit de même, un concert de mains polies résonnant dans l'air matinal.
Mason sortait des cartons de son camion, ses muscles se tendant sous l'effort. Il sentit une présence derrière lui avant même de se retourner. L'odeur caractéristique des morts-vivants.
« Tu dois être Stefan, l'autre Salvatore. »
Stefan s'approcha, les mains levées en signe de paix. « Le gentil, qui vient te demander pardon. »
« Pas question. »
[POV Mason]
Sa voix était dure, inflexible. Je n'oublierai pas de sitôt le couteau dans mon ventre, la douleur, l'humiliation.
« Ecoute, Damon n'a réagi que par instinct. »
« Non, tu crois ? »
Le sarcasme dans sa voix était palpable. Ces vampires pensent qu'ils peuvent tout faire, tout contrôler. Qu'ils sont au-dessus de tout.
« Si vous continuez tous les deux à vous battre, c'est un pauvre innocent qui va en payer le prix et je veux pas de ça. T'as de la famille ici, t'as pas envie de les décevoir si vite.
Alors qu'est-ce que tu dirais de laisser tomber cette lutte entre mâles dominants et de faire une trêve ? »
« Eh, j'ai moi aussi fait la même offre à ton frère et c'est lui qui l'a décliné d'un coup de couteau dans le ventre. »
« C'était une erreur et je suis venu m'assurer qu'aucun de vous deux n'en commettra d'autre. »
« Dis-lui de se montrer prudent. »
Stefan l'attrapa brusquement par le bras, ses doigts se refermant comme un étau. Ses yeux, d'habitude si doux, étaient maintenant froids et menaçants.
« Il me semble qu'on a pas franchement à s'inquiéter, sauf les soirs de pleine lune. T'es pas si fort le reste du temps, sinon t'aurais tué Damon depuis longtemps. Tu es seul, nous
sommes deux. C'est surtout à toi de te montrer prudent. »
Mason sentit la colère monter en lui, son sang bouillonner dans ses veines. Ce petit vampire arrogant ose me menacer ?
« S'il s'amuse à me provoquer… »
« Plus jamais. »
Stefan lui tendit la main et Mason, après un moment d'hésitation, finit par la serrer. Mais dans ses yeux brillait une promesse silencieuse : Cette trêve ne durera pas.
Mason s'en alla, et Damon apparut derrière Stefan comme une ombre, un sourire narquois aux lèvres.
« Tu fais quoi, là ? »
« Une négociation de paix conclue en ton nom. »
« Mais j'en veux pas de la paix moi. »
***
Stefan se tourna vers son frère, l'exaspération évidente sur son visage. « Ah bon, je l'ai fait par solidarité. »
« Stefan, dis-moi que tu penses pas sérieusement qu'une poignée de main va régler le problème. »
« Euh non en fait je crois qu'à la première occasion Mason Lockwood essaiera de t'enfoncer un pieu dans le cœur et un dans le mien. Et ça parce qu'il t'a pris une furieuse envie de le tuer donc merci à toi. Comme si on n'avait pas assez de problèmes. »
Il s'en alla, laissant Damon seul avec ses pensées et son éternel sourire sardonique.
***
[Mystic Grill]
Jeremy était installé à une table, en train de dessiner. Ses crayons glissaient sur le papier, créant des formes et des ombres qui reflétaient son humeur morose. Il regarda Tyler du coin de l'œil. Sarah et Aimee étaient à la table de billard, leurs rires légers résonnant dans le bar.
Sarah observait Jeremy avec intérêt. « Dites donc, il est devenu plutôt pas mal Jeremy. »
Aimee leva les yeux au ciel. « Oh non Sarah laisse tomber. Marchandise très avariée. »
***
[POV Jeremy]
Jeremy serra les dents, faisant semblant de ne pas avoir entendu. Ouais, marchandise avariée. C'est comme ça qu'ils me voient tous maintenant.
Il se leva et rejoignit Tyler, décidant de tenter sa chance.
« Salut mec, ça roule depuis… ? »
« Depuis quoi ? »
Son ton était sec, presque agressif. Jeremy se crispa.
« J'en sais rien, on s'est pas croisé depuis les funérailles de ton père, alors je me suis dit… »
« Tout va bien, Gilbert. »
« Bon, ok. »
Il s'apprêta à partir, se maudissant d'avoir essayé. Bien sûr qu'il ne veut pas me parler. Personne ne veut me parler.
« Non attends euh, je suis désolé. J'ai eu une sale journée, c'est une sale période. Et toi t'as été cool ce jour-là, à la veillée mortuaire. Merci pour ça. L'ambiance était vraiment
pesante. »
Jeremy se détendit légèrement, surpris par ce soudain changement de ton. « Ouais, c'est l'effet que ça m'a fait aussi. Et qu'est-ce que tu fous là ? »
« Je viens me distraire. »
Aimee et Sarah les rejoignirent, Aimee affichant un sourire radieux.
« Salut, merci pour ton message. On se voit où ? »
« Chez moi bien sûr. Ma mère part pour la journée mais la maison sera vide et le bar bien rempli. »
« Avec citron vert et tout le reste ? »
« Bien sûr. »
Tyler regarda Jeremy, hésitant un instant.
« T'es partant ? »
Jeremy sentit une vague de soulagement le submerger. Quelqu'un qui ne me rejette pas. Quelqu'un qui me traite normalement. « Ouais, ouais, je suis partant. »
« Alors allons-y. »
Ils partirent ensemble, et Jeremy se sentit, pour la première fois depuis longtemps, presque normal.
***
[Parc public de Mystic Falls]
Mason alla donner un coup de main à Liz, qui portait une pile de cartons précaires.
« Oh merci Mason. »
« Sheriff, vous avez une seconde ? »
Liz le regarda, déposant les cartons avec soulagement. « Je ne suis pas en uniforme, appelez-moi Liz. »
« D'accord, Liz. J'avais un truc à vous dire qui peut intéresser le conseil. »
Liz se raidit imperceptiblement. « Je ne sais pas de quoi vous parlez. »
« Je sais que vous et les familles fondatrices vous tenez conseil en secret. »
« Si vous savez qu'on tient conseil en secret, vous savez aussi qu'on ne parle de rien aux non membres. »
Mason s'approcha légèrement, baissant la voix. « Je sais que j'ai rejeté tout ça mais uniquement par besoin d'aller faire ma vie loin d'ici et pas parce que je n'adhère pas à votre cause. Je sais que les vampires sont de retour et vous en avez deux d'ailleurs qui vivent ici, sous votre nez. »
Liz fronça les sourcils, son instinct de sheriff immédiatement en alerte. « Ah oui ? »
« Oui. »
« Qui, dites-moi ? »
« Damon et Stefan Salvatore. »
[POV Liz]
Le cœur de Liz manqua un battement. Non. Non, c'est impossible. « Non, c'est impossible. Je connais bien Damon, savez-vous au moins ce qu'il a fait pour notre ville ? »
« Je me doute que c'est dur à encaisser. »
Liz secoua la tête avec véhémence. « Non, non Mason. Je l'ai vu moi-même tuer un vampire. Il est de notre côté, c'est un allié, un membre du conseil. »
« Réfléchissez. Les premiers morts, ça remonte à quand ? Quand Damon et Stefan sont-ils revenus ? »
Mon Dieu. Liz sentit un frisson glacé parcourir son échine. Il a raison. Les morts ont commencé peu après le retour des frères Salvatore.
« Ils n'ont jamais craint la lumière du jour. »
« Ils ont évolué en 145 ans. Ils ont fait ce qu'il fallait pour régler le problème. »
« Non je regrette. Damon Salvatore est un ami. »
Un ami. Mon ami. Caroline passe du temps avec eux. Oh mon Dieu, Caroline.
Elle regarda Damon et Stefan, qui marchaient un peu plus loin, inconscients de la conversation qui se déroulait à leur sujet. Ils avaient l'air si normaux, si humains. Comment peuvent-ils être des monstres ?
Mason suivit son regard. « Et si je vous le prouve, vous me croirez ? »
Liz les observa à son tour, son esprit de policier analysant, décortiquant, cherchant des signes qu'elle aurait pu manquer. Caroline. Ma fille. Si c'est vrai, si ce sont vraiment des vampires, alors elle est en danger. Ma petite fille est en danger et je ne l'ai même pas vu.
La peur s'insinua dans son cœur comme un poison. Peur pour Caroline. Peur de ce qu'elle pourrait découvrir. Peur que tout ce en quoi elle croyait soit un mensonge.
Elle tourna son regard vers Mason, ses yeux durs et déterminés malgré la terreur qui l'habitait.
« Prouvez-le », dit-elle d'une voix basse et dangereuse. « Et si vous avez raison, je ferai ce qui doit être fait. »
Pour Caroline. Pour protéger ma fille. Même si ça me brise le cœur.
Chapter 25: Révélations Amères
Chapter Text
[Parc public de Mystic Falls]
Caroline et Elena étaient en train de peindre une clôture en bois, leurs pinceaux glissant sur le bois blanchi par le soleil. Caroline parlait avec animation, ses mains gesticulant dans l'air.
« Et donc, d'un coup comme ça, elle me la joue meilleure mère de l'année. Pile au moment où je cherche à tout prix à l'éviter. »
[POV Caroline]
Parce que si elle reste trop près, elle verra. Elle verra ce que je suis devenue. Elle verra le monstre.
Caroline continua, mais en regardant Elena, elle remarqua que son amie était ailleurs, perdue dans ses pensées.
« J'ai l'impression de parler dans le vide, tu t'en fous de ce que je te raconte ? »
[POV Elena]
Elena sursauta, revenant brusquement à la réalité. « Euh, mais non excuse-moi. Et donc après ? »
Ce regard de Katherine. Ces mots de Stefan. "Elle n'est pas capable d'aimer." Mais si elle n'est pas capable d'aimer, pourquoi est-ce qu'elle me regarde comme Jenna me regardait ?
Pourquoi cette tendresse dans ses yeux ?
« Ah et ben, j'ai été bien méchante comme on pouvait s'y attendre. Euh, raconte alors, vous en êtes où avec Stefan ? Du nouveau ? »
Elena secoua la tête, son pinceau traçant des lignes distraites sur le bois. « Non, rien de nouveau. On continue à se prendre la tête. Il me rembarre en permanence parce qu'il est persuadé que Katherine, par jalousie, pourrait s'en prendre à moi et je sais pas comment faire pour qu'il change d'avis. »
Jalousie. Est-ce vraiment de la jalousie ? Ou est-ce autre chose ? Stefan est tellement convaincu qu'elle veut le récupérer, lui ou Damon. Mais si elle ne les a jamais vraiment aimés ?
Caroline fronça les sourcils, pensive. « Je ne pense pas que c'est ce qu'elle souhaite, elle a marmonné hier soir "les deux crétins servent au moins à la protéger même si j'ai l'impression d'avoir dix ans et d'être punie". »
Elena sourit malgré elle, une lueur d'amusement dans les yeux. « Elle a marmonné ? »
« Ouais, c'était assez amusant en fait, parfois elle fait vraiment 17 ans et à d'autres moments elle semble tellement âgée. »
Dix ans et être punie. Les deux crétins. Elle parle de Stefan et Damon comme s'ils étaient... des gardiens agaçants. Pas des amours perdus. Pas des hommes qu'elle désire reconquérir.
Elena sentit quelque chose se déplacer dans son esprit, comme une pièce d'un puzzle qui commençait enfin à trouver sa place.
« Elle t'aide ? »
Caroline hésita, mordant sa lèvre inférieure. « Tu m'en veux si je te dis que oui ? »
Katherine l'aide. Katherine, qui est censée être un monstre, aide Caroline. Caroline qui a peur de sa propre mère. Caroline qui est terrifiée et seule.
Elena allait répondre quand elle vit Damon rejoindre Liz un peu plus loin.
***
Damon s'approcha de Liz avec son habituelle désinvolture, mais ses yeux étaient alertes, observateurs.
« Liz, je vous ai vu parler à Mason, il y a un problème ? »
[POV Liz]
Liz se raidit imperceptiblement, son cœur battant plus vite. Mon Dieu, est-ce qu'il a entendu ? Est-ce qu'il sait ce que Mason m'a dit ?
« Oh non on a juste… Je lui ai demandé son aide pour débroussailler un peu la forêt. »
« Je suis là pour ça, dites-moi, je le ferais. Ou alors je peux lui filer un coup de main. »
Non. Non, reste loin de lui. Si tu es vraiment un vampire, si Mason a raison...
« Oh non ça ira il est… pas de problème, il y arrivera. Non, non ça va aller je vous assure. »
Damon fronça légèrement les sourcils, remarquant son malaise. « Un souci ? Vous semblez contrariée. »
Liz saisit l'excuse qui se présentait. « C'est Caroline, on s'est disputées. »
« Vous voulez que j'aille lui parler ? »
Loin de ma fille. Reste loin de ma fille.
« Inutile Damon mais merci. Le fait est que je l'ai horriblement mal élevée et j'en paye le prix maintenant. »
Elle partit rapidement, et Damon la regarda s'éloigner, une expression pensive sur son visage.
***
[POV Elena]
Elena était en train de peindre un poteau, mais son regard dérivait constamment vers Stefan. Il la regardait aussi, leurs yeux se croisant brièvement avant de se détourner. Caroline les observait, levant les yeux au ciel avec exaspération.
« Oh, oh, des regards pleins de regrets ont été échangés. »
Elena sentit son cœur se serrer. Est-ce vraiment des regrets ? Ou est-ce de la culpabilité ? Culpabilité parce qu'il refuse de voir la vérité sur Katherine ?
« J'en ai marre, je vais lui parler. »
« Dis-lui surtout que c'est inutile ces idioties. »
Ces idioties. Caroline a raison. Tout ça est idiot. Cette peur irrationnelle de Katherine. Cette conviction que Stefan et Damon ont qu'elle veut les reconquérir.
Elena posa son pinceau et alla rejoindre Stefan. Damon rejoignit Caroline au même moment, et ils se mirent tous les deux à observer le couple.
« Elle a un problème ? »
[POV Caroline]
Caroline sentit son corps entier se crisper à sa proximité. Une vague de peur viscérale, primitive, la submergea. Trop près. Il est trop près. Il pourrait me tuer.
Son cœur battait si fort qu'elle était sûre qu'il pouvait l'entendre. Chaque instinct en elle hurlait de s'enfuir, de mettre de la distance entre elle et ce prédateur qui se tenait à quelques centimètres d'elle.
« Ça te regarde pas. »
Sa voix était tendue, presque tremblante. Elle pouvait sentir son odeur, entendre son souffle. C'était trop. Trop proche. Trop dangereux.
« Et pourquoi t'es une peste avec ta mère ? »
Parce que j'ai peur. Parce que je suis terrifiée qu'elle découvre ce que je suis. Parce que j'ai été transformée en monstre et maintenant je dois vivre avec.
« Ça te regarde pas et éloigne-toi de moi. »
Les mots sortirent plus durement qu'elle ne l'avait voulu, mais elle ne pouvait pas contrôler la peur qui pulsait dans ses veines. Elle s'éloigna de lui, mettant de la distance, respirant enfin.
Katherine a raison. Je ne peux pas continuer comme ça. Je ne peux pas vivre dans la terreur constante.
[POV Elena]
Elena était maintenant face à Stefan, son cœur battant dans sa poitrine. Les mots qu'elle s'apprêtait à prononcer pourraient tout changer. Mais elle devait savoir. Elle devait
comprendre.
« Tu l'aimes encore, Katherine ? »
Stefan sembla surpris par la question, presque déstabilisé. « Arrête s'il te plaît, tu te prends la tête pour rien. »
Pour rien. Il dit que c'est pour rien. Mais c'est important. C'est crucial.
« Alors en gros, tu veux même pas en discuter ? J'ai bien compris ? »
Damon et Caroline écoutaient attentivement, Caroline avec inquiétude, Damon avec curiosité.
« Non mais c'est pas que je veux pas en discuter mais pas maintenant, pas devant des oreilles indiscrètes. »
Elena se tourna vers Damon et Caroline. Ils firent comme si de rien n'était, détournant ostensiblement le regard.
« Alors, quand ? »
« J'en sais rien. »
Il ne sait pas. Ou il ne veut pas savoir. Il refuse de parler d'elle parce que... parce que quoi ? Parce qu'il l'aime encore ? Parce qu'il la déteste ? Ou parce qu'il a peur de la vérité ?
« Je l'ai vu, tu te souviens ? J'ai eu l'impression d'avoir affaire à la même que moi, alors comment tu peux la haïr autant et prétendre que tu m'aimes ? »
C'est la vraie question. Celle qui me ronge. Si je ressemble tant à Katherine, si nous sommes si semblables, comment peux-tu la détester et m'aimer ? À moins que...
Une pensée terrible traversa l'esprit d'Elena, une pensée qu'elle n'avait jamais osé formuler auparavant.
À moins que tu ne m'aimes pas vraiment. À moins que tu aimes Katherine à travers moi. À moins que tu vois son visage quand tu regardes le mien.
Et Damon ? Damon qui m'observe toujours avec cette intensité particulière. Damon qui semble si agacé par le retour de Katherine. N'est-ce pas de l'amour refoulé ? De la colère parce qu'elle ne l'a jamais vraiment aimé ?
Mon Dieu. Et si tout ce temps, Stefan et Damon avaient été en colère non pas parce que Katherine les avait trahis, mais parce qu'elle ne les avait jamais vraiment aimés ? Et si toute leur haine venait de cet ego blessé, de cette fierté masculine froissée ? Et si je n'étais qu'un substitut ? Un remplacement pour la femme qu'ils ne pourraient jamais avoir ?
« Ok dans le mille mais je suis pas Damon. »
Pourquoi mentionner Damon ? Pourquoi toujours ramener tout à Katherine et Damon ?
« Non arrête s'il te plaît, ne le mêle surtout pas à notre histoire, ça n'a rien à voir. »
Mais ça a tout à voir. Vous êtes tous les deux obsédés par elle. Vous prétendez la haïr mais vous ne pouvez pas vous empêcher d'en parler, d'y penser, de la laisser contrôler vos vies cent quarante-cinq ans plus tard.
« Ça suffit, cette fois j'y arrive plus, Elena. »
Les mots codés. Ceux qui étaient censés signifier "je t'aime". Mais soudain, ils sonnent faux, creux.
« Parfait Stefan, comme tu veux. »
Elle s'en alla, mais cette fois, les larmes dans ses yeux n'étaient pas feintes. Elles étaient réelles, nées d'un doute qui la rongeait de l'intérieur.
M'aime-t-il vraiment ? Ou aime-t-il l'idée de moi ? L'idée d'avoir ce que Katherine ne lui a jamais donné ?
Damon et Caroline avaient tout entendu. Damon rompit le silence avec son sarcasme habituel.
« C'est important la communication dans une relation amoureuse. »
Caroline lui lança un regard noir avant de partir rejoindre Elena, son cœur battant encore la chamade après leur proximité forcée.
Caroline rattrapa Elena qui marchait rapidement, essuyant furtivement ses yeux.
« Elena, attends ! »
Elena s'arrêta, se tournant vers son amie. Caroline vit immédiatement les larmes, la confusion, la douleur.
« Care, est-ce que... » Elena hésita, sa voix tremblante. « Est-ce que tu crois que Stefan m'aime vraiment ? Ou est-ce qu'il aime Katherine à travers moi ? »
Caroline prit les mains d'Elena dans les siennes, sentant le poids de la question.
« Je ne sais pas », admit-elle honnêtement. « Mais Katherine a dit quelque chose hier. Elle a dit que son cœur appartenait à quelqu'un d'autre depuis cinq cents ans. Pas Stefan. Pas Damon. Quelqu'un d'autre. »
Elena ferma les yeux, une nouvelle larme roulant sur sa joue. « Alors tout ce temps... toute cette haine, toute cette peur... c'était juste parce qu'ils ne pouvaient pas accepter qu'elle ne les ait jamais vraiment aimés ? »
« Je pense que oui », murmura Caroline. « Et je pense qu'ils projettent tout ça sur toi maintenant. Parce que tu lui ressembles. Parce que tu es ce qu'ils ne peuvent pas avoir. »
Elena ouvrit les yeux, regardant Caroline avec une clarté nouvelle, douloureuse.
« Alors je ne suis qu'un substitut. »
Ce n'était pas une question. C'était une réalisation. Terrible. Dévastatrice. Vraie.
Caroline serra les mains d'Elena plus fort. « Non. Tu es Elena Gilbert. Tu es ta propre personne. Et si Stefan ne peut pas voir ça, s'il ne peut pas voir qui tu es vraiment sans voir Katherine à travers toi, alors il ne te mérite pas. »
Elena hocha la tête, mais son cœur était lourd. Parce qu'elle savait que Caroline avait raison.
Et cette vérité faisait plus mal que n'importe quel mensonge.
Chapter 26: Piège et Révélations
Chapter Text
[Manoir des Lockwood]
La musique pulsait dans le salon des Lockwood, un rythme entraînant qui faisait vibrer les murs de la grande demeure. Aimee et Sarah dansaient avec insouciance, leurs rires se mêlant aux basses. Tyler et Jeremy étaient au bar, des verres à la main, observant la scène avec une distance calculée.
Aimee quitta la piste de danse et rejoignit Tyler, un sourire enjoleur aux lèvres.
« Eh, et moi j'y ai pas droit ? »
« Je m'en occupe. »
Ils se dirigèrent vers le minibar, et Tyler commença à préparer les boissons avec des gestes mécaniques.
« C'est cool de nous avoir invitées. Je crois que mon amie Sarah aime bien Jeremy. »
Tyler jeta un coup d'œil à Jeremy, qui observait Sarah avec une expression indéchiffrable. « Oh et bien tant mieux pour elle. »
Une malédiction. Le sang humain. Un seul accident et toute ma vie serait finie.
« Euh, je voulais te dire que j'ai vraiment honte de t'avoir allumé l'autre fois près de la rivière. C'est vraiment pas mon genre de faire ça, promis juré. »
« C'est pas la peine de t'excuser. »
« On est amis ? »
« Ouais, pas de soucis. »
Ils trinquèrent et burent, mais l'esprit de Tyler était ailleurs, hanté par les révélations de Mason.
Sarah, de son côté, avait repéré le sac à dos de Jeremy. Curieuse, elle s'approcha et vit un bloc-notes qui dépassait. Elle le prit, feuilletant les pages avec intérêt.
« Je peux regarder ? »
Jeremy bondit presque de son siège, paniqué. « Non, non, non, pas question. »
Merde. Les dessins. Elle ne peut pas voir les dessins.
« Fais voir. »
« Ouais, vas-y, montre. Voyons ce que Van Gogh nous a fait. »
Jeremy hésita, puis céda à la pression sociale. « D'accord ouais, tu peux regarder. »
Sarah ouvrit le bloc-notes et ses yeux s'écarquillèrent. « Oh, l'angoisse. Des loups démoniaques. »
Tyler se figea. Des loups. Il a dessiné des loups. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il sait ?
Son cœur battait maintenant à tout rompre, un tambour assourdissant dans ses oreilles.
« C'est quoi ces monstres ? »
Il arracha presque le bloc-notes des mains de Sarah, fixant les dessins avec une intensité nouvelle. Les créatures étaient détaillées, précises. Ce n'étaient pas de simples griffonnages. C'étaient des études.
« Rien, je m'entraîne. Et toi Tyler, tu dessines toujours ? »
Il a réagi. Il sait quelque chose. J'en suis sûr maintenant.
Tyler leva les yeux, rencontrant le regard de Jeremy. Il y avait quelque chose là. Une question non posée. Un défi silencieux.
« Ça arrive oui mais moins souvent. Oh euh d'ailleurs je bosse sur un truc en ce moment, je peux te montrer ? »
« Ouais d'accord, vas-y. »
« Alors viens. »
Ils se dirigèrent vers le bureau de son père, laissant Aimee et Sarah derrière eux.
« Toi il te faut de l'eau. »
« Mais je te préviens c'est pas exceptionnel. »
Ils entrèrent dans le bureau, la pièce où son père avait passé tant d'heures, la pièce où Tyler avait découvert les secrets de sa famille.
« Non, arrête, c'est très bien ce que tu fais. »
« C'est sur le bureau là. »
« Ok. »
Tyler ferma les portes derrière eux avec un clic définitif. Le bruit résonna dans le silence soudain, menaçant.
« Euh, Tyler, ils sont où ? Je vois rien là, je trouve rien. »
En un instant, Tyler se jeta sur lui, l'attrapant par le col et le plaquant violemment contre le mur. Sa main se referma autour de la gorge de Jeremy, serrant, coupant l'air.
« Tu les as faits pourquoi tes putains de dessins ? »
« Arrête, j'arrive plus… j'arrive plus à respirer. »
Je pourrais le tuer. Là, maintenant. Un accident. Un seul accident et je serais maudit à jamais.
« Allez, réponds-moi ! Pourquoi ? Pourquoi ces dessins de loups ? »
« Parce que je… Parce que je suis au courant. »
Tyler le lâcha brusquement, reculant comme s'il avait été brûlé. Il sait. Oh mon Dieu, il sait.
« Et tu sais quoi ? Hein ? Tu sais quoi, Jeremy ? »
Jeremy le regarda droit dans les yeux, massant sa gorge endolorie. « Je sais ce que vous êtes. »
Le silence qui suivit était assourdissant.
***
[Parc public de Mystic Falls]
Une petite fille servait de la limonade, son sourire innocent illuminant son visage. Mason prit un verre et la remercia poliment. Damon apparut à ses côtés, son sourire charmeur fermement en place.
« Salut Mason, on travaille dur ? »
« Je fais ce que j'ai à faire. »
« Alors, tu as vu Stefan ? »
« Quelqu'un de vraiment aimable. »
« Comme tu l'as dit, plus que moi. »
« C'est pas toujours une qualité. »
« J'en pense autant. »
« Bonne fin de journée Damon. »
Il partit, et Stefan rejoignit son frère, inquiet.
« Dis-moi que c'était qu'un bavardage de pure politesse. »
« Alors, raconte. C'est quoi cette fausse rupture que vous nous jouez ? »
« Je comprends pas. »
« Oh arrête, tu te disputes pas avec Elena. Encore moins à propos de moi. »
« Laisse tomber, Damon. »
« Comme tu voudras. »
La petite fille s'approcha de Damon, tenant un verre de limonade.
« Monsieur, vous voulez un peu de limonade ? »
« Oh avec grand plaisir ma chérie. »
Il prit le verre et but une gorgée. Immédiatement, une douleur atroce explosa dans sa gorge et son estomac. Il recracha violemment le liquide, se pliant en deux.
Liz observait la scène de loin, son téléphone à la main, son cœur battant douloureusement. C'est vrai. Mon Dieu, c'est vrai. Ils sont vraiment des vampires.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
Stefan aida Damon à s'asseoir, alarmé par sa réaction.
« De la veine de vénus, de la veine de vénus. »
Stefan ramassa le verre, le sentit, et son visage se vida de toute couleur. C'est un piège. Oh mon Dieu, c'est un piège.
Il le reposa soigneusement et vint s'asseoir à côté de Damon, qui toussait violemment.
***
[Bord de la rivière]
Elena était assise seule au bord de la rivière, ses genoux remontés contre sa poitrine, fixant l'eau qui coulait paisiblement. Les larmes avaient séché sur ses joues, laissant des traces salées.
Je ne suis qu'un substitut. Un remplacement pour celle qu'ils ne peuvent pas avoir.
Caroline la rejoignit et s'assit à côté d'elle en silence pendant un moment, respectant sa douleur.
« Ça va ? »
« Non. C'est peut-être mieux comme ça. »
« Non ça ne l'est pas. Je pense que tant qu'ils t'empêcheront de parler véritablement à Katherine tu te poseras des questions. C'est à toi de te faire ta propre opinion sur elle pas à eux de te dire quoi penser. »
Elena tourna son visage vers Caroline, ses yeux rouges et gonflés. « Je suis une amie horrible. On a mis au point ce plan stupide au cas où tu devais faire un rapport à Katherine. »
« Je m'en doute. Bon c'est un peu vrai, elle m'a demandé de veiller sur toi et de lui dire si quelque chose arrive. »
Katherine veut me protéger. Elle veut vraiment me protéger. Et Stefan et Damon veulent m'en empêcher parce que leur ego ne peut pas supporter qu'elle ne les ait jamais aimés.
Caroline vit alors sa mère un peu plus loin, au téléphone, son visage tendu et sérieux.
« Qu'est-ce qu'elle fait ma mère ? Elle s'en va ? Où est-ce qu'elle peut bien aller ? »
Elle se leva, inquiète.
Liz était au téléphone, sa voix basse et urgente.
« Il y a trop de gens ici, je ne peux rien dire. Rejoignez-moi avec Jess à l'entrée et venez avec… il les faudra oui. »
Les frères Salvatore. Des vampires. Dans ma ville. Près de ma fille.
Elle raccrocha et Caroline la rejoignit, son instinct vampirique lui hurlant que quelque chose n'allait pas.
« Il y a un problème ? »
« Oh non, c'est rien, un détail à régler rapidement. »
« Du boulot évidemment. Faut dire que tu m'as étonné. T'as réussi à te poser, quoi, 5 minutes ? »
« C'est important. »
« C'est toujours ce que tu dis. »
« Je suis désolée. »
Elle s'en alla rapidement, et Elena rejoignit Caroline, voyant l'inquiétude sur son visage.
« Alors, qu'est-ce qu'il y a ? »
« J'en sais encore rien mais il y a un truc qui se prépare. »
Un mauvais pressentiment. Très mauvais.
***
[Près du parc]
Damon buvait de l'eau avidement, essayant de diluer la verveine dans son système. Il était furieux, ses yeux brillant d'une rage à peine contenue.
« Je vais le tuer ce mec. »
« Non, non écoute-moi. »
« Fini les amabilités. »
Stefan le força à s'asseoir, le retenant physiquement.
« Je veux plus de tes sales propositions de paix qui donneront jamais rien. Il est mort ! »
« Arrête. Ok j'aime pas ça mais ses menaces ont été claires, il va nous dénoncer, il faut le neutraliser. »
« Ok, allons-y alors. »
Ils virent Mason entrer dans la forêt, seul.
« Dans la forêt, là, corvée de nettoyage, en route. »
Il se leva, toujours affaibli mais déterminé.
***
[Dans les bois]
Caroline et Elena couraient à travers les arbres, Caroline utilisant son ouïe vampirique pour suivre les sons.
« Mais où est-ce que tu vas ? Tu veux m'expliquer ce qu'il se passe ? »
« Il me faut le meilleur endroit pour entendre. »
« Entendre quoi ? »
« Il y a un truc qui se prépare, je le sens. »
Elle se concentra, fermant les yeux, laissant ses sens vampiriques s'étendre.
« Caroline… »
« Chut. »
***
Mason était dans les bois, marchant calmement. Stefan et Damon arrivèrent, encerclant leur proie.
« N'aie pas l'air aussi surpris, tu savais que c'était inévitable. Vas-y cours, je t'accorde un peu d'avance. »
Mason se baissa soudainement, et des coups de feu éclatèrent dans la forêt.
***
Caroline entendit tout. Les coups de feu. Les cris. Le bruit des corps qui tombent.
« Oh non. »
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« C'est Stefan et Damon. »
« Quoi ? »
Non. Non, non, non.
Caroline partit en courant et Elena la suivit, terrifiée de ce qu'elles allaient trouver.
***
Stefan et Damon étaient au sol, affaiblis par la verveine. Liz et ses adjoints arrivèrent, armes à la main, leurs visages durs et déterminés.
« Merci Mason. »
Elle s'agenouilla et injecta de la verveine à Stefan, puis fit de même à Damon. Leurs corps se raidirent puis s'affaissèrent, inconscients.
Pour Caroline. Pour protéger ma fille. Même si ça me brise le cœur.
Mason observait la scène, ses yeux froids et calculateurs.
Et dans les bois, Caroline et Elena approchaient, ne sachant pas encore l'horreur qui les attendait.
***
[Manoir des Lockwood]
Tyler fixait Jeremy avec une intensité nouvelle, une vulnérabilité rare perçant à travers son masque habituel de bravade.
« Qui c'est qui t'a parlé de tout ça ? »
« Mon oncle John avait laissé traîner un vieux journal intime, il avait été écrit par l'un de mes ancêtres et dans un passage il parlait d'un sort qui avait frappé votre famille. »
« Un sort à propos de quoi ? »
« D'une métamorphose en loup-garou. C'est dingue ce truc-là mais quand j'ai su que Matt avait été attaqué par un loup durant une nuit de pleine lune, alors que Mason venait juste de revenir, je me suis dit que c'était une drôle de coïncidence. J'ai vu juste oui ou non ? »
« À propos de mon oncle ? Oui. »
« Mais toi t'en es un ? »
« Un loup ? Enfin, un loup-garou ? Non, du moins pas encore non mais tu m'entends, là. Quand je le dis à voix haute, ça paraît dingue. »
Pas encore. Mais ça pourrait arriver. Un seul accident. Une seule erreur. Et toute ma vie serait finie.
« Ben, rien ne m'étonne, je t'avouerais mais on le sait, je suis un grand adepte de l'irrationnel dans la vie. »
« Si j'en crois mon oncle, il faut que le sort s'enclenche en tuant moi-même quelqu'un, genre meurtre ou accident. Enfin bref, si je provoque la mort de quelqu'un boom, je me retrouve sur quatre pattes en train de hurler à la lune. »
« Et c'est pour te dire ça que Mason est revenu ? »
« Ben tiens, tu parles. Je l'ai forcé à me le dire, je l'ai pris sur le fait. Il est pas revenu pour moi. »
Il prit un dessin sur le bureau, le montrant à Jeremy. C'était une pierre, ovale et lisse.
« Il est venu prendre ça. »
« On dirait un œuf, ou ou je sais pas en fait, qu'est-ce que c'est ? »
***
[Les bois]
Mason menait Liz et les adjoints à travers la forêt sombre, leurs lampes torches perçant l'obscurité. Les adjoints portaient Stefan et Damon, inconscients et affaiblis. Le chemin était escarpé, difficile.
« Dans les caves à gauche, après ces marches. »
« Attention à vous, les balles en bois et l'injection ne feront pas longtemps l'effet. Où est-ce qu'on est ici ? »
« Dans les ruines du manoir de mes ancêtres. C'était le quartier des esclaves. »
Ils descendirent les marches de pierre, pénétrant dans l'obscurité froide et humide des anciennes cellules.
***
[Ancienne cellule des Lockwood]
L'endroit était sinistre, les murs de pierre suintant d'humidité, l'air vicié et lourd. Les adjoints déposèrent Stefan et Damon sur le sol froid.
« Encore merci pour votre collaboration Mason. On va s'occuper du reste. »
« Vous allez les tuer j'espère ? »
« Oui et je vous demande de me laisser. Je n'agis pas au nom de la loi mais du conseil et vous n'avez pas à assister à ça, dans votre propre intérêt. »
« Je sais comment m'y prendre. »
« Non, c'est un ordre. Vous partez maintenant. Au revoir Mason. »
Mason regarda Stefan et Damon une dernière fois, une expression indéchiffrable sur son visage.
« Liz, pas de risques inutiles. »
Il partit, laissant Liz avec ses adjoints et les deux vampires inconscients.
***
[Les bois]
Caroline et Elena couraient à travers les arbres, Caroline utilisant ses sens vampiriques pour traquer leur proie. Soudain, elle s'arrêta net.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Ils sont passés par là. »
Elle se baissa, examinant le sol. Ses doigts effleurèrent quelque chose d'humide.
« C'est quoi ? »
Caroline trouva du sang sur des feuilles, encore frais. Du sang. Leur sang.
Mason apparut derrière elles, sortant des ombres comme un fantôme.
« Qu'est-ce que vous faites ici toutes les deux ? »
Elena se retourna vivement. « T'as vu Stefan ? »
« Je l'ai vu oui, effectivement et j'ai vu Damon aussi. »
« Et ils sont où maintenant ? »
« C'est pas à moi qu'il faut demander ça. Elle, elle va repérer leur trace. »
Il regarda Caroline avec un sourire narquois, cruel.
« Et toi, ta mère sait ce que tu es ? Ça serait un plaisir de lui dire. »
Caroline sentit la panique l'envahir, mais avant qu'elle ne puisse réagir, Mason attrapa Elena et l'étrangla par derrière.
« Sois pas stupide ou elle aura la nuque brisée en un clin d'œil. »
« Je t'aurais avant. »
« On pari ? »
« Oui on parie, je t'aurais. »
Elle se précipita vers lui avec une vitesse surnaturelle. Elle l'attrapa et le plaqua violemment contre un arbre, ses mains se refermant autour de sa gorge.
« Je te l'avais dit. »
Elle lui donna un coup de genou brutal dans l'abdomen et le jeta au sol. Puis elle lui donna un coup de pied dans l'abdomen, l'envoyant valser contre un arbre.
« Viens, dépêche-toi. »
Elles partirent en courant, mais Caroline se tourna vers Elena avec un sourire, une lueur de fierté dans les yeux.
« Katherine a promis de m'en apprendre davantage. »
Je suis plus forte que je ne le pensais. Je peux me défendre. Je peux nous protéger.
Chapter 27: Sacrifice et Révélation
Chapter Text
[Ancienne cellule des Lockwood]
Damon se réveilla brusquement, grimaçant de douleur. Liz lui tira immédiatement dans la jambe. Il hurla.
« Alors, que je vous explique. Je ne tirerai plus si vous me répondez, c'est compris ? Combien de vampires êtes-vous ? »
« Liz, pas ça. »
Elle lui tira de nouveau dessus. Son cri résonna dans la cellule de pierre.
« Comment vous nous trompez ? Comment vous supportez la lumière ? »
Il ne répondit pas. Elle tira sur Stefan, le touchant à l'épaule.
« Je n'hésiterai pas à vous faire endurer les pires souffrances. »
« Mais on était amis. »
Amis. Le mot semble presque ridicule maintenant, dans cette cellule froide et humide, avec des balles en bois dans mon corps.
« C'est vous qui m'avez menti alors répondez et vous mourrez sans souffrir. »
***
Caroline et Elena arrivèrent aux ruines des Lockwood, essoufflées.
« Tu les entends ? »
Caroline se concentra, fermant les yeux, laissant son ouïe vampirique s'étendre.
« Il ne nous dira rien. Il faut les tuer. »
La voix de sa mère. Froide. Déterminée. Mortelle.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Caroline qu'est-ce qu'il y a ? »
« C'est ma mère, elle va les tuer. »
« Les tuer ? »
Elle s'apprêta à descendre les escaliers mais Caroline l'attrapa, la panique éclatant dans sa poitrine.
« Non, Elena, non ! »
« Il faut l'en empêcher ! »
« Je peux pas y aller sinon elle va comprendre pour moi. »
Elle va savoir. Elle va voir ce que je suis. Et elle me détestera. Elle me tuera.
Elena se dégagea et descendit les escaliers en courant.
« Non, Elena ! »
***
Dans la cellule, Liz était toujours avec ses adjoints, armés et prêts.
« Allons-y. Chacun un pieu dans le cœur puis vous les brûlez. »
Ils entendirent un bruit. Un des adjoints alla vérifier. Elena le frappa au visage avec une planche et entra ensuite dans la cellule.
« Elena ? Qu'est-ce que tu viens faire ? »
« Vous empêcher de les tuer, vous n'avez pas le droit. »
Elles entendirent du bruit. La porte se ferma toute seule avec un claquement sinistre.
« C'était quoi ça ? »
« Qui d'autre est avec toi ? »
Caroline entra alors, ses yeux brillant dans l'obscurité. En un éclair, elle tua l'un des adjoints, sa vitesse surnaturelle transformant le meurtre en un simple mouvement fluide. Elle frappa l'autre, le faisant tomber inconscient.
La bouche en sang, ses veines noires apparentes sous ses yeux, Caroline se retourna lentement vers sa mère. Puis son visage redevint normal, humain, vulnérable.
« Salut maman. »
Le silence qui suivit était assourdissant. Liz regardait sa fille, l'horreur et l'incrédulité se peignant sur son visage.
***
Damon et Stefan étaient maintenant réveillés, affaiblis mais conscients. Damon se traîna jusqu'à l'un des adjoints et se nourrit, le sang lui redonnant des forces.
« Bois un peu du sang de l'adjoint. »
« Hors de question, ça va guérir même si ça prendra plus de temps que pour toi. »
« Pour une fois que ton abruti de frère dit quelque chose de sensé. Ce que dit Damon est vrai. Aujourd'hui il le faut, c'est le moment de t'y mettre. »
« Il a dit qu'il refusait, c'est clair ? »
Stefan et son régime stupide. Katherine avait raison. Il s'affaiblit pour rien.
« C'est vraiment une fâcheuse situation. On a deux adjoints qui sont morts et on a vous. Qu'est-ce que je vais faire de vous, hein ? »
Caroline regarda sa mère, les larmes commençant à couler sur ses joues.
« Tu vas rien dire à personne, hein ? Maman ? Maman ? Pitié, allez réponds-moi ! Je sais qu'on s'entend pas bien, je sais que tu me hais mais je suis encore ta fille et toi tu dois le faire, tu dois le faire pour moi. Maman s'il te plaît, sinon c'est Damon qui te tuera. »
« Alors tuez-moi. »
« Non ! »
« C'est trop dur tout ça. Tuez-moi tout de suite. »
Ma fille. Ma petite fille est un monstre. L'une de ces créatures que je chasse. Comment est-ce possible ?
« C'est bien vous qui vouliez me faire endurer les pires souffrances. »
Il l'attrapa soudainement. Tout le monde sursauta.
« Non, non, non, je t'en prie ! »
« Damon, arrête ! »
« Je t'en supplie, laisse-la. »
« Et oh, on se calme là ça va, je vais tuer personne vous êtes mon amie. »
Il regarda les adjoints morts sur le sol.
« Quel désordre… Il faut nettoyer. »
***
[Manoir des Lockwood]
Jeremy regardait le dessin de la pierre de lune, fasciné.
« Et, c'est quoi ce machin ? »
« Une pierre de lune. Sur le web ils disent que c'est un silicate et il y a toujours eu plein de légendes disons surnaturelles qui y sont rattachées. »
Aimee et Sarah entrèrent brusquement dans la pièce, interrompant leur conversation sérieuse.
« On vous a enfin trouvé. »
« Eh mais on est là pour s'amuser les mecs. »
« Oh, vraiment désolée. On vous dérange, c'est pas le moment ? »
« Non c'est bon on a fini. »
« Fais voir, qu'est-ce que c'est ? »
Elle prit le dessin de la pierre avant que Tyler ne puisse réagir.
« Joli ! »
« Ça va là, on joue pas avec ça. »
« Viens me la reprendre alors. »
« Tu m'as eu 5 minutes mais sérieux tu me la rends maintenant. »
« De ce côté. »
C'était elle qui avait la pierre maintenant.
« Fallait mieux regarder. »
Elle partit en courant et Tyler lui courut après, l'irritation montant en lui.
« Tu veux que je te dise, toi t'as de la chance d'être jolie. »
« Je veux que ça soit Jeremy qui vienne le chercher. »
« Oh mais bien sûr. »
Elle monta les escaliers et il la suivit, de plus en plus frustré.
« Sarah, tu fais n'importe quoi. »
« Viens Jeremy, monte avec moi allez. Tu verras à quel point je fais n'importe quoi. »
« C'est gentil mais non merci. »
Tyler monta et tenta de récupérer le dessin, ses mains se tendant vers elle.
« Donne-moi ça. Allez non, non sérieux. File-la moi. Et ça suffit là, arrête. Lâche ça, lâche ça je te dis. »
« Tu me fais mal. »
À force de se débattre, elle finit par trébucher. Tout sembla se passer au ralenti. Son corps bascula en arrière, ses pieds glissant sur la marche. Elle dévala les escaliers tête la première, son cri résonnant dans le couloir. Elle se cogna la tête sur le sol dur, au bas des escaliers, avec un bruit sourd et horrible.
Non. Non, non, non.
« Sarah ! »
« Oh mon dieu, non ! Sarah ! Sarah. »
« Elle a glissé. »
Je l'ai tuée. Oh mon Dieu, je l'ai tuée. La malédiction. C'est enclenché.
« Elle ne bouge plus. Oh non c'est pas vrai. »
Le temps sembla s'arrêter. Tyler descendit lentement les escaliers, son cœur battant si fort qu'il pensait qu'il allait exploser. C'est fini. Ma vie est finie. Je suis maudit.
Sarah ouvrit soudainement les yeux et rigola.
« Je vous ai eu. »
« Oh merde Sarah. »
« C'est lui qui m'a poussée dans l'escalier. »
« Il a pas fait exprès en tout cas. »
Elle se leva, parfaitement indemne.
« C'est bon tu la tiens ? »
« Oui. »
Elles partirent, leurs rires résonnant encore dans le couloir.
Jeremy regarda Tyler, voyant la pâleur de son visage, la sueur sur son front, le tremblement de ses mains.
Tyler s'appuya contre le mur, ses jambes ne le portant presque plus. J'avais cru. Pendant un instant terrible et infini, j'avais cru que je l'avais tuée. Que j'avais déclenché la malédiction.
Mais si ça avait été vrai ? Si elle était vraiment morte ? Ma vie serait finie. Tout serait fini.
Il leva les yeux vers Jeremy, et dans ce regard, Jeremy vit toute la terreur, toute la solitude, tout le fardeau que Tyler portait.
Et il comprit que Tyler Lockwood vivait chaque jour avec cette peur. La peur qu'un seul accident, une seule erreur, transforme sa vie en cauchemar éternel.
Chapter 28: Fractures
Chapter Text
[Maison des Salvatore - Sous-sol]
Damon était dans la cellule. Liz était assise sur un banc, le visage fermé. Caroline, Stefan et Elena descendirent les escaliers. Caroline portait une valise.
« Salut. Désolée j'ai été un peu longue. Alors, combien de temps ma mère va être retenue ici ? »
« Damon nous a dit qu'il faudrait 3 jours pour évacuer la verveine. Peut-être moins mais… »
Stefan se tenait un peu en retrait, encore marqué par les événements.
« Alors bien remis ? »
« Oui je vais beaucoup mieux, merci. Pour ce soir… merci Caroline. »
« Ouais. J'ai sauvé ta vie. Dommage que ma mère préférerait que je ne l'aie pas fait. »
Liz était au téléphone avec Damon qui lui avait tendu son portable.
« Un problème gastrique. Oui ça m'est venu d'un coup et je serai forcément absente demain. »
Elle regarda Damon, puis son regard glissa vers Caroline avant de détourner les yeux.
« Peut-être plus longtemps mais je vous avertirai. Oui, à très vite. »
Elle raccrocha et rendit le téléphone à Damon.
« Merci. Notre cave n'est pas vraiment un 5 étoiles mais vous y serez à l'abri et j'apporterai une couette. Quand votre corps aura drainé la verveine je me chargerai d'effacer vos souvenirs et alors fini tout ça, vous serez enfin une femme libre. »
Caroline, Stefan et Elena s'approchèrent des barreaux.
« Surtout ne laissez pas Caroline m'approcher. »
« Pourquoi ? »
« Je ne veux plus la voir. »
Damon jeta un coup d'œil à Caroline dans le couloir et hors de vue de Caroline, mal à l'aise.
« C'est votre fille, Liz. »
« Elle ne l'est plus. Elle est morte pour moi. »
Ma fille est morte. Cette chose qui porte son visage n'est pas Caroline.
« Liz, vous n'imaginez pas à quel point vous avez tort. »
Caroline posa la valise et s'en alla, des larmes coulant sur ses joues. Elena la suivit. Stefan hésita, regarda Liz avec reproche, puis se dirigea vers le frigo au lieu de suivre les filles.
***
[Cuisine - Maison des Salvatore]
Stefan ouvrit le frigo et prit une poche de sang. Elena revint, cherchant Caroline.
« Stefan, je crois qu'il faudrait… qu'est-ce que tu fais ? »
« Katherine a bu un peu de verveine chaque jour pour être immunisée. Je pourrais faire la même chose avec le sang. J'apprendrai à me contrôler petit à petit. »
« Mais c'est risqué. Stefan, personne ne t'y oblige. »
« J'ai failli mourir cette nuit parce que je suis trop faible. Mason, Liz, ses adjoints… j'étais impuissant. Si Caroline n'avait pas été là… »
« Mais la dernière fois que tu as bu du sang humain c'est… »
« Je t'ai toujours dit que je voulais être plus fort. Là j'ai trouvé le moyen, le seul moyen. Si je ne change rien je ne pourrai plus te protéger. »
Elena s'agaça, voyant le schéma se répéter.
« C'est intéressant. Quand Katherine dit quelque chose qui te concerne, qui concerne ta force, ta faiblesse, soudainement elle a raison. Mais quand elle dit qu'elle est là pour moi ? Là c'est forcément un mensonge. »
« Elena, ce n'est pas pareil… »
Elena fit un geste avec ses oreilles pour lui dire de se taire, que les autres entendaient. « On voit ça plus tard, hein ? »
Stefan haussa le ton. « Damon entendra peu importe où on est parce que justement il boit de ça. Du sang. Il n'y a que le sang qui peut m'aider. »
« Non, attends t'es sérieux là ? Ou tu fais semblant de me hurler dessus parce que là je sais pas si t'es en train de… »
« Je ne joue plus. Je ne joue aucun rôle. Ce soir j'ai cru mourir dans cette cellule. Je ne veux plus jamais me sentir aussi faible. »
Katherine avait raison. Elle a toujours eu raison sur ça. Et je déteste qu'elle ait raison.
Elena le regarda, troublée par son intensité, et partit.
***
[Salon - Maison des Salvatore]
Caroline était seule dans le salon, assise sur le canapé, les genoux remontés. Elena la rejoignit et s'assit à côté d'elle.
« Je te ramène chez toi ? »
« Je… je ne sais pas. »
« Mais pourquoi ? »
« Ma mère me déteste, Bonnie me déteste. Et toi… » Elle hésita. « Toi tu me fais confiance mais je sens que quelque chose ne va pas entre nous. La seule personne qui a vraiment l'air d'essayer de me comprendre, je veux dire vraiment, c'est Katherine. Et Damon et Stefan pensent qu'elle veut te faire du mal, qu'elle est là pour eux, et que je suis une idiote de la croire. »
« Je me pose de plus en plus de questions et ça m'énerve. Tout tourne autour de Katherine mais… elle t'a entraînée. Elle t'a aidée. Ce soir, tu nous as sauvés parce qu'elle t'a appris à te contrôler, à être forte. Pendant ce temps, eux deux ne veulent même pas lui parler. Ou alors ils considèrent que tout ce qu'elle dit qui me concerne est un mensonge. Mais ce qui les concerne ? Là soudainement elle devient crédible. »
Caroline releva la tête. « Tu commences à le voir aussi. »
« Oui. Stefan vient de me le prouver à l'instant. Katherine dit qu'il est faible ? Il boit du sang humain. Katherine dit que je suis en danger ? C'est forcément une manipulation. »
« Elena… tu devrais lui parler. À Katherine. Sans eux. »
Elena parut surprise. « Vraiment ? »
« Je ne pense pas qu'elle veuille te manipuler. Pas cette fois. Elle m'a aidée alors qu'elle n'avait aucune raison de le faire. Elle m'a demandé de veiller sur toi. Et ce soir… ce soir on a failli les perdre tous les deux. Peut-être qu'elle avait raison de s'inquiéter. »
« Katherine va débarquer dans la nuit ? »
« Oui. On devait travailler sur le contrôle. Elle m'a dit que j'étais déjà douée car je suis capable d'aller au lycée sans craquer, mais elle voulait qu'on teste une boîte de nuit. Pour voir si je peux gérer la foule, l'excitation. »
« C'est pas une mauvaise idée. »
« Je pense aussi. Mais là je ne peux me concentrer que sur ma mère. Sur le fait qu'elle me déteste et que dans 3 jours elle ne se souviendra même plus que je suis un vampire. »
« On va y aller toutes les deux. À la boîte de nuit. Avec Katherine. Je vais lui parler. »
Caroline parut inquiète. « Stefan et Damon ne te laisseront jamais sortir Elena. »
« Je sais. Alors on ne leur dira pas. Ils sont tellement obsédés par Katherine qu'ils ne voient plus rien d'autre. Pas même moi. » Elle prit Caroline dans ses bras. « Tu sais ce que tu m'as dit ? Que je méritais mieux qu'être l'ombre de quelqu'un d'autre ? Tu avais raison. »
Caroline s'accrocha à elle. « Tu mérites mieux que ça. »
« Je sais. Et il est temps que je découvre qui je suis sans leur obsession d'elle. »
***
[Maison des Lockwood]
Mason laissait un message vocal à Liz.
« Sheriff, c'est Mason Lockwood. Je voulais m'assurer que tout s'est passé comme vous vouliez. Je vous ai pas revue alors si vous pouviez… rappelez-moi s'il vous plaît. »
Il raccrocha. Tyler arriva.
« Salut. »
« Aujourd'hui j'ai failli tuer une fille. »
« Quoi ? »
« Une chute dans l'escalier à cause de moi et de ma bêtise mais elle n'a rien ça va. Seulement, quand c'est arrivé, au moment où je l'ai vue tomber, j'ai presque espéré que sa chute soit mortelle. Ce truc en moi il est bien là mais je veux pas jouer avec et je veux plus jamais que ça me refasse cet effet. J'en ai plus envie c'est trop dur. »
« Je sais. »
Tyler lui donna les dessins de la pierre de lune et les journaux de ses ancêtres.
« Merci beaucoup. »
« Ouais. »
Il partit. Mason regarda le dessin de la pierre, puis son téléphone. Liz ne rappelle pas. Quelque chose ne va pas.
***
[Maison des Salvatore - Plus tard dans la soirée]
Caroline dormait sur le canapé. Elena la couvrit délicatement et se dirigea vers la porte. Damon arriva.
« Caroline va dormir chez nous ? »
« Oui. Sa mère ne veut pas la voir. »
« Et toi ? »
« Je préfère rentrer. Ce que t'as fait tout à l'heure avec Liz, ça c'est le Damon qui était mon ami. Même si au final ça n'a servi à rien. »
« Elena, Stefan n'a pas bu de sang humain au cas où tu voudrais le savoir mais il lui en faut et tu le sais au fond de toi. »
« C'est toujours comme ça avec vous deux. Tout ce que je sais "au fond de moi", tout ce que je devrais accepter… Mais personne ne me demande ce que moi je veux vraiment. Ce que moi je pense de Katherine. »
« Qu'est-ce que tu racontes ? »
« Ce soir, Caroline nous a sauvés. Elle a utilisé ce que Katherine lui a appris. Pendant que vous étiez dans cette cellule à vous faire torturer, Katherine entraînait Caroline à devenir plus forte. À se contrôler. Et maintenant Stefan veut boire du sang humain parce que Katherine avait raison de dire qu'il était faible. Mais quand ça en vient à moi ? C'est forcément un mensonge. »
« Katherine ne fait rien sans arrière-pensée… »
« Bonne nuit, Damon. »
Elle partit, le laissant songeur.
***
[Bibliothèque - Maison des Salvatore]
Stefan était dans la bibliothèque, tenant toujours la poche de sang. Elena entra.
« Tu peux entrer. »
« Tu es sûr que tu arriveras à te contrôler ? »
« J'en sais rien mais ça vaut le coup d'essayer. Ce soir, dans cette cellule… je ne veux plus jamais me sentir aussi impuissant. »
« Et donc, seulement un peu chaque jour ? »
« Quelques gouttes de sang humain dans mon organisme. Je dois essayer, enfin je crois. »
« Moi aussi je le crois mais je veux pas que tu le fasses tout seul. Et Stefan… » Elle le regarda intensément. « Tu fais ça pour toi. Pour devenir plus fort face aux vraies menaces. Pas pour prouver quelque chose à Katherine. Pas parce qu'elle a dit que tu étais faible. »
« Elena… »
« Non, laisse-moi finir. Ce soir, tu as failli mourir. Mais ce n'était pas à cause de Katherine. C'était à cause de Mason et du sheriff. Des vraies menaces. Alors si tu bois du sang, que ce soit pour nous protéger de ça. Pas à cause de ton obsession d'elle. »
Elle prit un coupe-papier.
« Tu fais quoi ? »
Elle se coupa la main.
« C'est toi et moi Stefan. Pas toi, moi et l'ombre de Katherine. Toujours. »
Elle tendit sa main. Il la regarda, puis but son sang. Son visage se transforma. Elle l'embrassa et son visage redevint normal.
Mais même en l'embrassant, Elena se demandait : est-ce que c'est vraiment nous ? Ou est-ce que Katherine sera toujours là, invisible mais omniprésente, définissant tout ce que nous sommes ?
Chapter 29: Masques et Vérités
Summary:
Caroline apprend à maîtriser sa soif et ses sens de vampire grâce à l’entraînement patient de Katherine, qui se révèle sincère et devient une alliée inattendue. Elle cache sa transformation à sa mère Liz, craignant son rejet, tandis que Mason et Liz surveillent Stefan et Damon pour protéger Caroline, mais restent méfiants. Damon et Stefan, affaiblis par la verveine, sont capturés par Liz et Mason, mais Caroline et Elena les sauvent grâce aux pouvoirs de Caroline, qui gagne confiance en ses capacités. Tyler, confronté à la malédiction des Lockwood, prend conscience de sa peur constante et de ses responsabilités familiales. Stefan choisit de boire du sang humain pour se renforcer, sous la supervision d’Elena, affirmant leur autonomie face à l’influence de Katherine. Le récit explore la peur, le secret, la loyauté, l’émancipation et la montée de la confiance dans les pouvoirs et les choix des personnages.
Chapter Text
[Maison des Gilbert]
La lumière du matin filtrait à travers les rideaux, baignant la chambre d'Elena dans une lueur dorée et douce. Elena et Stefan étaient dans le lit, leurs corps enlacés dans un moment de tranquillité rare. Stefan dormait paisiblement, mais Elena l'observait, son regard scrutant chaque détail de son visage.
Est-ce que je te connais vraiment ? Ou est-ce que je ne connais que l'idée que je me fais de toi ?
Stefan ouvrit soudainement les yeux. « Tu me dévisages. »
« Je te contemple. »
« C'est flippant. »
« C'est romantique. »
Il mit un oreiller sur sa tête dans un geste joueur. Elena l'enleva en riant. Ils s'embrassèrent, un baiser doux mais chargé de secrets non dits.
« Bon, allez, on arrête là, faut que je file sous la douche. »
« Génial comme idée, je te suis. »
« Non, rien que moi. Je suis en retard. Je suis préposée à la déco pour le bal masqué. »
« Oh, moi aussi, j'y vais. C'est pas dingue ça !? »
« T'es sûr que c'est malin d'aller chez les Lockwood aujourd'hui ? Mason a tout fait pour qu'on te tue. »
Mason. Qui vous a piégés. Qui a failli vous tuer tous les deux. Les vraies menaces.
« J'ai pas confiance en Mason. C'est pour ça que j'y vais. Pour l'avoir à l'œil. »
« Comme tu voudras. »
Elena se piqua avec une aiguille qu'elle utilisait pour coudre quelque chose pour le bal.
« Ça t'a fait mal ? »
« Ça va. Un peu tous les jours pour te rendre plus fort. »
Pour te rendre plus fort. Pas parce que Katherine a dit que tu étais faible. Pour nous. Pour nous protéger des vraies menaces.
Il but le sang sur son doigt, un geste devenu rituel entre eux.
« C'est promis. On traversera cette épreuve. »
« Je t'aime, Stefan. »
Mais est-ce que tu m'aimes, moi ? Ou aimes-tu l'idée de moi ? L'idée d'avoir ce que Katherine ne t'a jamais donné ?
***
[Maison des Salvatore]
Quelqu'un frappa à la porte avec insistance. Damon ouvrit, arborant son expression habituelle d'ennui amusé. C'était Jeremy.
« J'ai un truc à te dire. »
« Oui et c'est pas réciproque. »
« Attends, Tyler Lockwood doit tuer quelqu'un pour déclencher le sort. C'est pas un loup-garou pour l'instant. »
« Waou ! C'est fascinant. C'est insuffisant. »
« Mais son oncle, Mason, lui en est un. Il est à la recherche d'une pierre de lune. C'est une pierre spéciale liée à la légende des loups-garous. C'est pour ça qu'il est ici. »
« Une pierre de lune ? »
Intéressant. Très intéressant.
« Oui. »
« Pourquoi tu me dis ça à moi ? »
« J'ai besoin d'une raison ? J'essaie d'être utile. »
« Et ta frangine ? Elle en pense quoi de cette découverte ? »
Jeremy ne répondit pas, son silence étant plus éloquent que n'importe quelle parole.
« Oh, tu ne lui as rien dit, c'est ça ? »
« Elena veut pas que je sois impliqué dans cette histoire. »
« Et tu es un Gilbert et tu peux pas faire autrement. Waou ! Cette tentative de donner un sens à ta vie est aussi flagrante que pathétique. »
« Tu me laisses entrer oui ou non ? »
Il entra dans la maison avant que Damon ne puisse répondre. Damon ferma la porte, un sourire narquois aux lèvres.
***
[Manoir des Lockwood]
Le manoir bourdonnait d'activité, tout le monde se préparant pour le bal masqué du soir. Jenna parlait avec Carol, l'aidant à coordonner les bénévoles.
« Jenna, c'est gentil de venir m'aider à encadrer les bénévoles. »
« Normal, c'est pour la bonne cause. Et puis je suis une femme inconditionnelle du bal masqué pour toujours. »
« Richard l'était lui aussi. De toutes les fêtes de l'année, le bal était sa préférée. »
Richard. Disparu maintenant. Comme tant d'autres dans cette ville maudite.
Matt et Tyler portaient une table ancienne, leurs muscles tendus sous l'effort.
« Doucement, les garçons ! Faites attention à cette table du 19ème siècle. Excuse-moi. Tyler ! »
« C'est bon maman, on gère ! »
On gère. Comme si je gérais quoi que ce soit. Comme si je n'étais pas constamment terrifié de déclencher cette malédiction.
Carol les rejoignit pour superviser. Jenna vit Stefan et le rejoignit avec un sourire chaleureux.
« Stefan, salut ! »
« Bonjour. »
« Euh… Je vais cuisiner ce soir. Ric sera là. Il faudrait que tu viennes. »
« Oh, euh… Je pense qu'on va plutôt vous laisser en amoureux. »
Elle sourit avec complicité et partit, laissant Stefan légèrement embarrassé.
***
Bonnie portait une boîte, marchant dans le manoir avec raideur. Elena était là aussi, l'attendant.
« Tu es là. »
« Je suis là. »
Elle regarda autour d'elle avec méfiance, comme si elle s'attendait à voir apparaître un vampire à chaque coin.
« Caroline ne viendra pas. Je te l'ai déjà dit. »
« Je voulais être sûre. »
« Il faudra bien que tu lui parles un moment ou à un autre. »
« Tu pourrais pas essayer de cacher que t'es de son côté. »
Son côté. Comme s'il y avait des côtés. Comme si Caroline avait choisi d'être ce qu'elle est.
« Y a pas de côté, Bonnie. »
« Reconnais-le. Depuis le jour où Caroline est devenue un vampire on s'est quasiment plus vues. C'était déjà difficile de la perdre. Je pensais pas te perdre toi aussi. »
Me perdre. Parce que je refuse d'abandonner mon amie quand elle a le plus besoin de moi ?
« Viens avec moi. »
« Où ça ? »
« Un peu plus loin. On sera tranquilles. Pour parler. »
Elle prit la main de Bonnie et elles partirent, cherchant un endroit calme dans le chaos de la préparation.
***
[Maison des Salvatore - Cave]
Liz était dans sa cellule, assise sur le banc, fixant le mur avec une expression vide. Caroline arriva, portant un plateau avec de la nourriture à peine touchée.
« T'as pas beaucoup mangé. »
Liz ne répondit pas, ne bougea même pas, comme si Caroline n'existait tout simplement pas.
« Euh… Bonne nouvelle. D'après le docteur Damon tu as presque éliminé la veine de vénus. Donc avec un peu de chance tu seras fraîchement hypnotisée et de retour chez toi dès ce soir. Tu vas continuer à faire comme si j'existais pas encore longtemps ? »
Pitié. Pitié, maman, regarde-moi. Dis quelque chose. N'importe quoi.
« Tu as deviné. Alors va-t'en. »
Ces mots. Froids. Définitifs. Comme des clous dans un cercueil.
Caroline sentit les larmes monter mais refusa de les laisser couler. « Comme d'habitude, tu t'en fous royalement, j'ai compris. C'était déjà le cas avant que je devienne un vampire.
C'est pas comme si j'étais morte un truc du genre. »
« C'est vrai. Tu es vraiment morte ? »
Enfin. Enfin elle me parle. Enfin elle me regarde.
« Oui et non. »
« Comment c'est possible ? »
Caroline s'approcha des barreaux, s'asseyant par terre face à sa mère. Pour la première fois depuis qu'elle était dans cette cellule, Liz la regardait vraiment. Pas avec haine. Pas avec dégoût. Avec... curiosité. Confusion. Peut-être même un soupçon de la mère qu'elle avait été autrefois.
« Je suis morte. J'avais du sang de vampire dans mon organisme quand je suis morte. Et quand je me suis réveillée... j'étais en transition. J'ai dû boire du sang humain pour compléter la transformation. »
« Qui t'a fait ça ? »
Caroline hésita. Katherine le sait probablement, mais moi non.
« Ça n'a plus d'importance maintenant. Ce qui importe, c'est que je suis toujours moi. Je suis toujours Caroline. Ta fille. »
« Tu as tué quelqu'un ce soir. »
« Pour te sauver. Pour sauver Elena, Stefan et Damon. Parce que c'était ça ou vous laisser tous mourir. »
Et je le referais. Encore et encore. Parce que c'est ce qu'on fait pour les gens qu'on aime.
« Les vampires sont des monstres. »
« Je sais ce que tu penses d'eux. De nous. Mais maman... je suis toujours ta fille. Mon cœur bat toujours. Je respire toujours. Je ris, je pleure, j'ai peur, j'aime. Tout ce qui fait de moi Caroline est toujours là. La seule différence c'est que maintenant je suis plus forte. Plus rapide. Et que j'ai besoin de sang pour survivre. »
« C'est une abomination. »
Les mots frappèrent Caroline comme une gifle physique.
« Tu penses vraiment ça de moi ? » Sa voix se brisa. « Tu penses que je suis une abomination ? »
Liz détourna le regard, incapable de soutenir les yeux de sa fille.
Caroline se leva, les larmes coulant maintenant librement. « J'espérais que ma propre mère pourrait voir au-delà de ce que je suis devenue et voir qui je suis toujours. Mais je suppose que j'avais tort. »
Elle monta les escaliers en courant, laissant Liz seule dans la cellule avec ses pensées et ses préjugés.
Et pour la première fois, Liz Forbes se demanda si elle n'avait pas fait une terrible erreur.
Chapter 30: Mensonges et Pierres de lune
Chapter Text
[Maison des Salvatore - Cave]
Alaric arriva avec une boîte, descendant les escaliers avec précaution. Damon le vit et sourit.
« Ric ! »
Alaric vit Jeremy et s'arrêta net, fronçant les sourcils.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
« J'aide Damon. C'est moi qui lui ai parlé de la pierre de lune. »
« Elena sait que tu es ici ? »
« Pas vraiment. »
Encore des secrets. Encore des mensonges.
« C'est quoi ça ? »
« Des travaux de recherches qu'Isobel menait à Duke. Son assistante me les a donnés. »
« Hum… Vanessa, la belle brune. »
« Oui, c'est bien cette Vanessa. Vous vous souvenez de la malédiction Aztèque dont elle nous a parlé ? »
« Le soleil et la lune, blablabla… »
« La malédiction Aztèque, cool. »
Enfin quelque chose d'utile. Enfin un but.
« Oui, apparemment les vampires et les loups-garous faisaient ce qu'ils voulaient jusqu'à qu'on leur jette un sort pour limiter leurs pouvoirs. Depuis les loups-garous sortent en pleine lune et les vampires, eux craignent la lumière du jour. »
« La plupart du moins. »
« Toujours d'après la légende, le sort jeté sur les loups-garous aurait été scellé dans une pierre de lune. »
« Comment ça scellé ? »
« C'est un truc de sorcière. Ce qui sert à sceller le sort est généralement la clé pour l'annuler. »
« Peut-être que Mason croit pouvoir briser la malédiction grâce à la pierre. »
« Oui, si on commence à croire à je ne sais quelle légende farfelue tirée d'un livre d'images, on est des crétins. Qui a la pierre aujourd'hui ? »
« Tyler a dit que d'après les journaux de son grand-père la pierre a disparu il y a environ 40 ans. »
« Tu peux les lui prendre ? »
« Quoi donc ? »
« Les journaux. »
« Alors tu y crois, finalement ? »
« C'est le même bouquin qui dit que les morsures de loup-garous sont fatales aux vampires. On est des crétins. On y va. »
***
[Manoir des Lockwood]
Elena et Bonnie se promenaient sur la vaste propriété des Lockwood, leurs pas craquant sur les feuilles mortes.
« J'en reviens pas. »
« C'est de la folie, je sais. Et je ne sais plus où j'en suis. Caroline ressemble à l'ancienne Caroline, Katherine a vraiment l'air de l'aider. De l'autre côté Stefan et Damon sont convaincus que Katherine cherche quelque chose et ils ont plus l'air dépité qu'elle ne soit pas là pour l'un d'eux. »
Dépités. C'est le bon mot. Leur ego est blessé.
« Ce que je trouve grave c'est pas que vous ayez fait semblant de vous disputer. C'est que j'ai même pas su que c'était pas la joie entre toi et lui. »
« Je suis désolée, je voulais pas te cacher quoi que ce soit mais tu m'as clairement fait comprendre ce que tu pensais des vampires. »
« Et à cause de ça, vous me mettez à l'écart. »
« Non. On te mettra jamais à l'écart. »
« Aujourd'hui, je sais exactement où j'en suis. Et je sais où toi tu en es. Mais nous deux on en est où ? »
« Tu es ma meilleure amie, Bonnie. Je te demande pardon. Je voulais pas laisser toute cette folie autour de Caroline se mettre entre nous. Mais elle a besoin de toi. »
« C'est au-dessus de mes forces. C'est un vampire. Je peux pas. On devrait y retourner. »
Un vampire. Comme si c'était tout ce qu'elle était. Comme si Caroline avait cessé d'être Caroline.
***
Mason portait une boîte, marchant d'un pas décidé. Il vit Stefan et s'arrêta.
« Salut, Stefan. »
« Salut, Mason. »
« Je pensais pas te voir ici. Ni même ailleurs. »
« Oui, j'ai eu un petit accident. Mais tu vois, je vais bien, finalement. »
« Vous avez fait quoi au Sheriff Forbes ? »
« Elle aussi ça va. Mais dorénavant, tu vas devoir faire le sale boulot toi-même. »
« Pas de problème. »
Menace silencieuse. Promesse de violence à venir.
Il partit et tomba sur Bonnie. Quand leurs corps se heurtèrent, elle sentit quelque chose - une vague d'énergie, une vision.
« Excuse-moi. »
Stefan, voyant l'expression de Bonnie, la rejoignit rapidement.
« Ça va ? Tu te sens bien ? »
« Quand on s'est bousculés, j'ai eu une sorte de flash. »
« Tu veux dire comme une vision ? »
« J'ai vu une pierre, ronde, non ovale, il la cherche désespérément. »
La pierre de lune. Mason l'a. Ou sait où elle est.
***
Elena vit Stefan et Bonnie parler ensemble de loin. Damon la rejoignit avec son habituelle désinvolture.
« Damon, qu'est-ce que tu fais là ? »
« Je cherche mon petit frère. Tiens, ça me fait penser… Tu pourrais dire au tien d'arrêter de me suivre comme un toutou. »
« Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Demande ça au petit Jeremy. »
Jeremy arriva au même moment, et Elena sentit la colère monter en elle.
« Qu'est-ce qu'il t'oblige à faire ? »
« Ça va, t'excite pas. Il m'oblige à rien. Damon et moi… »
« Non, non, non, non, non, non, non. Il n'y a pas de Damon et toi. Il y a Damon et les personnes dont il se sert. Et ces personnes là y laissent la vie. Je sais pas ce qu'il manigance mais je veux que tu restes en dehors de ça. »
« Je m'en fous de ce que tu veux, Elena. C'est à cause de toi si je me retrouve embarqué dans cette histoire alors c'est pas à toi de me dire ce que je dois faire ou pas. »
Jeremy. Mon petit frère. En danger à cause de moi. À cause de ce monde dans lequel je l'ai entraîné.
Il partit, furieux, laissant Elena avec un sentiment de culpabilité écrasant.
***
Stefan parlait avec Damon dans un coin isolé.
« Notre ami en a après une pierre de lune qui a hypothétiquement le pouvoir de briser le sort. Katherine veut peut-être la même chose. »
« Pourquoi ? »
« Ah, ça j'en ai aucune idée. C'est du Katherine tout craché. Toujours en train de préparer un mauvais coup. »
« Comment on va mettre la main sur cette pierre ? »
« Jeremy va prendre à Tyler les journaux de son grand-père, apparemment la pierre a disparu il y a une quarantaine d'années. »
« Pourquoi tu veux impliquer Jeremy ? »
« Il se prend pour Indiana Jones. Il s'est impliqué tout seul. »
***
Matt et Tyler aidaient à la décoration, accrochant des guirlandes et des lumières.
« Y a des moments où c'est une fille vraiment super et à la seconde après elle est déchaînée et me pique une crise de jalousie. »
« Oh, écoute, tu sais très bien ce que je pense de Caroline. C'est une idiote hystérique, complexée et peau de vache… »
« Hé ! »
« Mais elle a du cœur. Elle veut bien faire. Il faut que tu la prennes avec ses bons et ses mauvais côtés. »
Caroline. Qui essaie si fort. Qui lutte chaque jour.
« T'as raison. Je vais chercher une rallonge, je reviens tout de suite. »
Il partit. Jeremy rejoignit Tyler avec un sourire forcé.
« Tiens, salut vieux. »
« Salut. »
« Je voulais te dire, j'ai fait quelques recherches sur le dessin de la pierre que tu m'as montré. »
« Quoi ? Pourquoi ? »
« Je sais pas. Par curiosité pour tuer le temps. »
« Ça a donné quoi ? »
« Ben… Apparemment il en est question dans une légende Aztèque mais je voudrais être sûr qu'il s'agit de la même pierre. Tu crois que je peux y rejeter un œil enfin au dessin ? »
« Non. Je l'ai donné à mon oncle. Je lui ai aussi donné les journaux. »
Merde.
« Pourquoi t'as fait ça ? »
« Parce que ça me gonfle les légendes et les malédictions. Je veux plus en entendre parler, c'est clair ? »
« Ouais, ouais, je comprends, laisse tomber. C'est sûrement qu'une vieille histoire débile. »
Stefan et Damon avaient écouté toute la conversation de loin. Ils se regardèrent, une compréhension silencieuse passant entre eux.
Mason a tout. Les journaux. Le dessin. Tout.
***
Elena envoya un texto à Stefan, lui demandant si tout allait bien. Stefan le reçut et répondit qu'il était avec Damon et Bonnie et qu'il la rejoindrait plus tard.
Stefan et Damon rejoignirent Bonnie près du parking.
« Bon, stop, stop ! J'irai pas plus loin. »
« Bien. »
« Qu'est-ce que vous voulez ? »
« Un petit service. »
« Tu crois au père Noël ? »
« Ce que t'es prévisible. »
Il regarda Stefan avec exaspération.
« Heureusement que tu es là. »
« Je sais que t'es pas très partante pour nous donner un coup de main. Mais c'est toi qui as fait le rapprochement entre Mason et la pierre. Et grâce à ça, on a une occasion de prendre l'avantage sur eux. Alors s'il te plaît, écoute ce qu'on a à te dire. »
« Eux ? »
« Lui et Katherine, elle est forcément mêlée à ça. Écoute tu seras mignonne. »
« Je vous écoute. »
Le téléphone de Stefan sonna. C'était Elena.
« Attendez une seconde. Je mets rapidement Elena au courant. »
Il regarda Damon avec insistance.
« Tu peux être gentil, s'il te plaît ? »
« Hum… Je vais essayer. »
Stefan répondit au téléphone.
« Ouais, qu'est-ce qu'il y a ? Tu devrais pas m'appeler. »
« Pardon mais il se passe un truc et je sais pas quoi. Damon a entraîné mon frère dans une embrouille, toi t'es avec Bonnie je sais pas où et moi je suis obligée de trier des masques débiles pour un bal masqué. »
« D'accord, attends. Je vais tout t'expliquer. »
Il s'éloigna. Damon se tourna vers Bonnie avec son sourire le plus charmeur.
« La seule chose que tu as à faire c'est toucher Mason pour voir s'il sait où est la pierre ou s'il a donné la pierre à Katherine. »
« C'est pas comme ça que ça marche. C'est pas moi qui décide de ce que je veux voir. »
« Alors ça, ça nous arrange vraiment pas. Loin de là. Mais dis-moi, le petit tour de passe-passe celui tellement drôle que ma cervelle est en feu. Qu'est-ce que c'est ? »
« C'est moi qui provoque des anévrismes. Tes vaisseaux sanguins explosent. Mais tu cicatrises vite alors je peux recommencer, tant que je veux. »
« C'est spécifique aux vampires ? »
« Ça devrait marcher sur n'importe quelles créatures capables de se régénérer. »
« Bien. Très bien. »
« Damon, je t'aiderai pas à lui faire du mal. »
« Mason est un loup-garou. Katherine, le mal incarné. Les méchants c'est eux. Tu veux jouer les protectrices de la moralité ? Je vais te le présenter différemment. Ils sont une menace pour Elena et toi petite sorcière, tu vas prendre sur toi et nous aider. »
Stefan revint à ce moment précis.
« Il a oublié le point d'interrogation et le s'il te plaît à la fin. »
« Je les oublie toujours. »
***
Mason rejoignit sa voiture dans le parking, ses clés à la main. Il vit un van bloquant sa sortie.
« Ça vous dérange de bouger votre van ? Je peux pas sortir. »
Il vit alors Bonnie essayer d'enlever une table lourde du camion, luttant visiblement.
« Ah, ben, on t'a laissée toute seule pour décharger ? »
« Les garçons m'ont abandonnée. Ils ont parlé de… d'un match de football. Je sais pas, je parle pas cette langue. »
« Attends, bouge pas. Je vais t'aider. »
Piège. C'est un piège parfait.
Il l'aida avec la table, mais dès qu'il la toucha, Bonnie utilisa ses pouvoirs sur lui. Mason se tint la tête, la douleur explosive le faisant tomber à genoux puis sur le sol.
« Désolée. »
Damon arriva instantanément et lui donna un coup violent au visage. Mason s'effondra, inconscient. Bonnie alla dans la voiture de Mason pendant que Damon et Stefan mettaient Mason dans le coffre. Damon entra dans la voiture de Mason et partit avec Bonnie, laissant Stefan derrière pour couvrir leurs traces.
[Maison des Salvatore - Cave]
Caroline était dans la cellule avec sa mère, assise par terre près des barreaux. L'atmosphère était moins tendue maintenant, presque... normale.
« Je me nourris principalement par des poches de sang. C'est pas aussi bon que du sang frais, c'est sûr mais c'est toujours meilleur que le sang d'animaux que Stefan veut à tout prix me faire avaler. »
« Comment tu te les procures ? Tu les voles à l'hôpital ? »
« Damon le fait. J'ai tapé dans ses réserves personnelles du coup. »
« Si tu te nourris comme ça, tu n'as pas besoin de tuer. »
« J'en ai envie. C'est dans ma nature maintenant. Ça fait partie de moi. Mais avec un régime alimentaire sain, j'arrive à me contrôler. J'y arrive de mieux en mieux. En tout cas, mieux que Stefan. Il sait pas boire avec modération. C'est un genre d'alcoolique. »
Katherine avait raison. Le régime de Stefan est stupide. Dangereux.
« Je ne veux pas que tu aies à vivre ça. »
Les mots étaient simples, mais chargés d'émotion. Pour la première fois depuis qu'elle était dans cette cellule, Liz parlait à Caroline non pas comme à un monstre, mais comme à sa fille.
« Je sais. Mais voilà, il faut prendre la vie comme elle vient. Damon est là. »
Elle se leva, entendant les bruits dans la demeure, dans le couloir.
***
[Maison des Salvatore - Bibliothèque]
Damon et Bonnie entrèrent dans la bibliothèque, traînant le corps inconscient de Mason. Damon le mit sans ménagement dans une chaise au centre de la pièce.
« Et voilà son sac. Comme tu l'as demandé. »
Elle le déposa sur le bureau, son visage exprimant clairement son inconfort avec toute la situation.
« Tiens, tu veux bien attraper le coin ? »
« Pourquoi t'as sorti cette toile ? »
« Parce que je veux pas souiller le tapis. »
Du sang. Il va y avoir du sang. Beaucoup de sang.
« J'étais sûre que tu dirais un truc dans le genre. »
« Tu me juges encore. »
Ils étendirent une bâche en plastique sous la chaise, le bruit du plastique résonnant sinistrement dans la pièce silencieuse.
« Il sera plus dans les vapes longtemps. »
Damon fouilla dans le sac de Mason et en sortit des chaînes, un sourire narquois aux lèvres.
« Waou ! On dirait que ce mec avait l'habitude d'être attaché. »
Bonnie s'approcha de Mason et prit sa tête entre ses mains, fermant les yeux.
« Euh… Qu'est-ce que tu fabriques ? »
« Vous cherchez une pierre de lune. Je fais ce que je peux pour l'aider à la trouver. »
« Ah oui, parfait. Essaie de savoir s'il l'a donnée à Katherine. Et de découvrir où elle se cache. Et tant que t'y es, dis-moi ce qu'ils ont l'intention de faire avec. »
Katherine. Toujours Katherine.
Damon attacha Mason avec les chaînes pendant que Bonnie se concentrait, ses doigts tremblant légèrement contre les tempes de Mason.
« Je vois un endroit étroit. C'est sombre. Y a de l'eau. »
« Comme dans un égout ? »
« Non. Comme dans un puits. Ça peut pas être ça. Si, c'est un puits. »
« Tu vois la pierre ? Qu'est-ce qu'elle fait dans un puits ? »
« Je te l'ai dit : Je contrôle pas mes visions. »
Mason attrapa soudainement le poignet de Bonnie, mais Damon la libéra d'un geste brusque.
« Bon, tu sais tout maintenant alors je file. »
« Et madame je critique. Merci ! »
Elle le regarda avec reproche et s'en alla. Damon resta seul avec Mason, son expression devenant plus sombre, plus dangereuse.
« Allez, debout mon petit loup. »
Il le frappa violemment au visage.
***
Bonnie partit mais Caroline arriva dans le couloir, sortant de nulle part.
« Salut, Bonnie. »
Bonnie s'arrêta, surprise et visiblement mal à l'aise.
« Salut. Comment va ta mère ? C'est Elena qui m'a tout raconté. »
« Euh… Je la raccompagne ce soir à la maison. »
Ma mère. Qui me déteste. Qui préférerait que je sois vraiment morte.
« Caroline. Euh… Laisse tomber, je dois y aller. »
« Est-ce que vous avez trouvé la pierre de lune ? »
« Pas encore. Tu te rappelles le vieux puits où on aimait bien jouer quand on était petites ? »
« Oui. »
Les souvenirs. Quand tout était simple. Quand on était juste des petites filles.
« C'était dans la forêt mais où exactement ? »
« Euh… Sur l'ancien domaine des Lockwood. Pourquoi ? »
« Je crois que c'est là que Mason a planqué la pierre. Il faut que j'y aille. »
« Je peux… venir avec toi. »
« Non, ça va aller. »
Elle ne veut pas de moi. Personne ne veut de moi.
Mais Bonnie regarda Caroline, vit la déception sur son visage, et quelque chose se brisa en elle.
« Si tu veux. »
« D'accord. »
Un sourire, petit mais sincère, illumina le visage de Caroline.
***
[Manoir des Lockwood]
Matt et Elena aidaient à la préparation du bal masqué, accrochant des décorations et arrangeant des tables.
« Tu sais où est Caroline ? C'est son truc tout ça. Je comprends pas qu'elle soit pas là. »
« Elle avait autre chose de prévu. »
Autre chose. Comme sauver des vies. Comme apprendre à contrôler ce qu'elle est devenue.
« Euh… Est-ce qu'elle a un nouveau mec ? »
« Matt, s'il te plaît. Non, elle a personne. »
Stefan arriva à ce moment-là, attirant immédiatement le regard d'Elena. Tyler arriva aussi, cherchant des yeux.
« Quelqu'un a vu Mason ? »
« Oui, il est parti en voiture. Il sait pas quand il reviendra. »
Mensonge. Si facile. Si naturel.
« C'est vraiment bizarre. »
Il sortit, inquiet. Stefan reçut un texto de Bonnie. Elena le vit lire le message, vit son expression changer. Elle commença à marcher vers lui, mais il lui fit non de la tête.
Pas maintenant. Pas ici. Encore des secrets.
Elle était bouleversée, mais se tourna vers Matt qui l'observait avec inquiétude.
« Je te demande rien. »
« Je reviens tout de suite. »
Elle partit rapidement, laissant Matt seul avec ses questions.
***
[Maison des Salvatore - Bibliothèque]
Mason était enchaîné à la chaise. Damon réchauffait une barre de fer dans la cheminée, les flammes dansant et crépitant. Mason reprit conscience et cria.
Damon le regarda avec un sourire froid.
« T'es d'humeur bagarreuse. »
Damon s'approcha de Mason. Mason se débattit violemment, faisant basculer la chaise. Il tomba sur le sol avec un bruit sourd.
« Quoi ? »
Damon enfonça la barre de fer chauffée à blanc dans la poitrine de Mason. Le hurlement qui suivit était à peine humain.
« Tu ressens la douleur ? C'est bon à savoir. J'avais peur que tu sois une sorte de bête qui n'apprécie pas la souffrance. »
Il observa la blessure de Mason qui commençait déjà à guérir.
« Oh, mais tu cicatrises vite. C'est pas bon ça. Du coup, je vais continuer à te faire souffrir. Enfin. »
Mason cria de nouveau. Damon retourna vers la cheminée, réchauffant la barre de fer.
« Alors Katherine. D'où tu la connais ? Qu'est-ce qu'elle mijote ? »
Mason sembla surpris, confus. Katherine ? C'est qui celle-là ?
« Tu sais j'ai toute la journée. »
Il enfonça de nouveau la barre de fer dans Mason, arrachant un autre hurlement.
***
[Dans les bois]
Stefan arriva au puits, sa lampe torche perçant l'obscurité. Elena le rejoignit, essoufflée.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Tu devrais pas être ici. »
« Je sais mais je suis quand même là. Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Bonnie pense que la pierre de lune est au fond du puits. »
Il ouvrit le couvercle du puits et se pencha avec une lampe.
« Hé ! Sois prudent. »
« Je remonte dans une minute. »
Il descendit dans le puits, mais dès qu'il toucha l'eau, sa peau commença à brûler. Verveine. Toute l'eau est remplie de verveine.
« Elena !!! »
« Stefan ? »
« Elena !!! »
« Qu'est-ce qu'il y a qu'est-ce qu'il se passe ? Réponds qu'est-ce qu'il se passe là-dedans ? »
« Y a de la veine de vénus ! »
« Stefan !!! Stefan ? »
Non. Non, pas lui. Pas Stefan.
Elena tenta de prendre les chaînes mais elles étaient trop lourdes. Caroline arriva en vitesse vampire.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Stefan est au fond du puits et la chaîne est rouillée. »
« Je vais essayer. »
Elle s'approcha du puits, mais Elena l'attrapa.
« Non, non, non, non. Tu peux pas. Y a de la veine de vénus. Il faut qu'on le sorte de là, Caroline. »
« Mais… »
« Maintenant ! »
Caroline prit la chaîne, utilisant sa force vampirique.
***
[Maison des Salvatore - Bibliothèque]
« Vous vous êtes rencontrés quand ? Elle t'a séduit. Elle t'a dit qu'elle t'aimait. Tu es un être surnaturel. Elle n'a pas pu t'hypnotiser. Elle a sûrement usé de ses autres charmes. Katherine est douée à ce jeu-là. »
Jeremy arriva soudainement.
« Je croyais t'avoir dit de partir !? »
« J'ai trouvé quelque chose dans le carton d'Alaric. »
« C'est quoi ? »
« Euh… J'ai fait des recherches c'est de l'Aconitum Vulparia. On trouve ces plantes dans les régions montagneuses de l'hémisphère Nord. Elle est aussi connue sous le nom d'Aconit tue-loup. »
Damon prit la plante, l'examinant avec intérêt.
« Qu'est-ce que t'as appris d'autre ? »
« En fait, chaque site qui en parle lui donne des propriétés différentes. Pour certains elle provoque la lycanthropie mais c'est bidon. Pour d'autres, elle aurait un pouvoir protecteur. D'autres disent encore qu'elle est toxique. »
« Je mise sur la version toxique. »
Il prit la plante et se dirigea vers Mason.
« Qu'est venue faire Katherine à Mystic Falls ? »
Mason ne répondit pas. Damon mit la plante sur la joue de Mason. La peau brûla immédiatement.
« Pourquoi elle est là ? »
« Je ne sais même pas qui est cette Katherine. »
Il dit la vérité. Il ne la connaît pas.
« Mais où sont les manières ? Je viens tout juste de me rendre compte que je t'avais rien offert à grignoter. »
Il enfonça la plante dans la bouche de Mason.
« Tu te régales ? »
Chapter 31: La marque de l'Alpha
Chapter Text
[Dans les bois - Au puits]
Elena était attachée avec les chaînes pour descendre dans le puits.
« Je te tiens, d'accord. »
« D'accord. »
Bonnie arriva en courant.
« Qu'est-ce qu'il y a ? T'es partie comme une furie. »
« J'ai entendu Elena crier. Aide-moi. Allez ! Tu es prête ? »
« Oui. »
Caroline mit un peu trop de force manquant de faire tomber Elena.
« Pardon. »
« C'est rien tu peux continuer. Vas-y ! C'est pas vrai ! »
Elena descendit dans le puits avec l'aide de Caroline. Elle arriva au fond et trouva Stefan inconscient dans l'eau remplie de verveine. Elle l'attacha avec les chaînes.
« Qu'est-ce que ça donne en bas ? T'en es où ? »
« Remonte-le. »
Caroline tira Stefan du puits. Bonnie le délivra et le mit sur le sol. Elena resta en bas.
« Elena ? Je suis prête on y va quand tu veux. »
« Une seconde. Il faut que je trouve la pierre. »
Elle chercha partout dans l'obscurité, ses mains tâtonnant dans l'eau froide.
« Dépêche-toi ! »
« Attendez, je crois que je l'ai trouvée. »
Elle trouva une boîte en bois et la prit, mais un serpent monta sur son bras. Elle hurla. Un autre serpent se dressa devant elle. Elle ne pouvait pas arrêter de crier.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Réponds Elena ! Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« C'est bon, je l'ai ! Tu peux y aller ! Remonte-moi ! »
Caroline remonta Elena rapidement. Bonnie la délivra. Elena vit Stefan, toujours inconscient, et la panique l'envahit.
« Oh non ! Stefan ? Stefan ? »
Elle se coupa avec une pierre et donna son sang à Stefan. Il but, ses yeux s'ouvrant lentement.
« J'ai trouvé la pierre. Je l'ai remontée. Ça va aller, Stefan. Tout va s'arranger. »
Mais rien ne va s'arranger. Rien n'ira jamais vraiment bien.
Elle le serra contre elle, mais même dans ce moment, même avec la peur de le perdre encore fraîche dans son esprit, elle ne pouvait s'empêcher de se demander : pourquoi étaient-ils toujours en train de risquer leurs vies pour des choses liées à Katherine ?
Et combien de temps encore pourrait-elle continuer à vivre ainsi ?
***
[Maison des Salvatore - Bibliothèque]
La torture continuait, méthodique, impitoyable. Mason était couvert de sang, ses vêtements trempés de sueur et de douleur. Mais il ne parlait toujours pas.
« Tu la voulais pour quoi la pierre ? »
« Tu peux crever. »
« Hum… Mauvaise réponse. »
Jeremy, qui avait observé toute la scène avec un malaise croissant, intervint.
« Si il voulait parler, il l'aurait déjà fait. »
« Ouais. Attention, ça va piquer les yeux. »
« Je n'ai pas la pierre. »
« Je sais où tu l'as cachée. Ce que je veux savoir c'est ce que tu vas en faire. »
« Je n'ai pas la pierre, c'est les journaux qui sont cachés. »
Les journaux. Pas la pierre.
« Pourquoi ? »
« La pierre sert pour un sort. »
« Celui de la lune ? Pour quelle raison un vampire aiderait un loup-garou à rompre un sortilège qui l'empêche de muter quand ça lui chante ? »
« Je ne connais pas ton vampire, je ne veux juste pas être obligé de me transformer. »
« Et Katherine ? »
« Je te dis que je ne la connais pas. »
Damon rit, un son sans humour, presque maniaque.
« Oh, ça y est je crois que j'ai compris. En fait, t'es juste bête. Katherine ne t'aime pas, elle t'utilise, espèce d'abruti. »
Katherine. Toujours Katherine. Même quand elle n'est pas là, elle est partout.
« J'ai plus rien à dire. »
« Ouais, on est d'accord. Va faire un tour, Jeremy. »
« Je reste. »
« Non. Tu vas faire un tour. »
« Je te laisse pas seul avec lui. Il a assez souffert. »
Mason regarda Jeremy, quelque chose comme de la reconnaissance dans ses yeux tourmentés.
« Veille sur Tyler. Il faut pas que ça lui arrive. »
« Damon… »
En un éclair, Damon se précipita sur Jeremy et l'étrangla, le soulevant presque du sol.
« Tu voulais participer ? Voilà ce que c'est ! Il fallait tuer l'autre avant qu'il te tue. Ce type est un loup-garou dès qu'il pourra il me tuera. Alors serre les dents ou tire-toi. »
Il le libéra brusquement. Jeremy tomba à genoux, toussant.
« Il veut que je l'achève de toute façon. Hein, Mason. C'est vraiment une malédiction. »
Jeremy partit en courant, terrifié et écœuré.
« Quand je te regarde j'ai l'impression de me revoir. Dans une version moins élégante et moins intelligente. »
« Je ne connais pas ta Katherine. »
« Je sais en fait t'es fou d'elle ! Je suis passé par là avant toi. Mais Katherine t'arrachera le cœur dès que l'occasion se présentera. Laisse-moi le faire à sa place. »
Katherine. Son obsession. Sa douleur.
Damon leva la main, prêt à arracher le cœur de Mason, quand Katherine apparut soudainement, l'arrêtant d'un geste.
***
« Mais t'es malade ? C'est un loup il a probablement une meute. »
Caroline, Elena, Stefan et Bonnie arrivèrent au même moment, s'arrêtant net en voyant la scène.
Damon regarda Katherine.
« Tu veux sauver ton petit ami ? »
« Mon quoi ? Oh c'est pas vrai vous êtes débiles tous les deux ma parole. Je ne le connais même pas mais je connais les loups, et si tu tues l'un d'eux alors ils viendront en meute. Tu ne vas faire qu'attirer bien plus de danger ici. »
Elle dit la vérité. Elle ne le connaît pas.
Mason la regarda, confus et épuisé.
« Tu dois être la Katherine dont il n'arrête pas de parler ? »
« Oui c'est bien moi. »
« Pourquoi il cherche cette pierre ? » demanda Damon.
« Quelle pierre ? »
« La pierre de Lune. »
« Vous ne risquez pas de la trouver ni toi ni lui. »
Elena ouvrit la boîte qu'elle avait remontée du puits. À l'intérieur, il n'y avait que des journaux jaunis par le temps.
« La pierre a été détruite. »
Le silence qui suivit était assourdissant. Tout ça. Toute cette violence, cette torture, cette peur. Pour rien.
***
[Maison des Salvatore - Bibliothèque]
Mason respirait difficilement, affaibli par la torture. Il regarda Katherine avec méfiance.
« Ma meute viendra et vous tuera. »
Katherine s'approcha lentement de lui, puis avec un geste délibéré, elle écarta le col de sa chemise, révélant son épaule. Une marque y était gravée - un croissant de lune entrelacé avec des symboles anciens, brillant faiblement d'une lueur argentée.
Mason écarquilla les yeux, la reconnaissance et la terreur se peignant sur son visage.
« C'est pas possible. »
« Si ça l'est. Tu reconnais cette marque, n'est-ce pas ? »
La Meute de la Lune. La première meute. Celle dont on raconte les légendes. Celle qui est protégée par...
« L'Alpha Véritable. Tu es marquée par l'Alpha Véritable. »
Katherine hocha la tête, son expression grave.
« Et si ta meute attaque l'un d'eux ou met un pied à Mystic Falls, toi et tous les tiens serez morts avant la fin de la journée. Pas par moi. Par lui. »
Lui. L'Original. Le premier hybride. Klaus.
Mason comprit immédiatement, la pâleur envahissant son visage déjà meurtri. Aucun loup-garou ne défierait l'Alpha Véritable. C'était un suicide. Pire qu'un suicide - c'était la damnation de toute sa lignée.
« Tu... tu es sous sa protection. »
« Oui. Et à travers cette marque eux aussi. Et elle encore plus. »
Son regard glissa vers Elena, et pour la première fois, Mason vit quelque chose de vulnérable dans les yeux de Katherine. Quelque chose qui ressemblait presque à de la peur.
Damon et Stefan se regardèrent, interloqués. Elle peut invoquer la protection d'un Alpha Véritable ? Comment ? Pourquoi ?
Stefan fronça les sourcils.
« Katherine, qu'est-ce que... »
« Pas maintenant, Stefan. »
Elle se tourna vers Mason, refermant son col.
« Tu diras à ta meute que Mystic Falls est sous protection. Qu'Elena Gilbert est sous protection. Et que quiconque ose lever la main sur elle répondra directement devant l'Alpha. C'est compris ? »
Mason hocha la tête faiblement, toute velléité de rébellion éteinte. Klaus. Elle connaît Klaus. Elle porte sa marque de protection. Qu'est-ce que ça signifie ?
Elena observait Katherine avec une fascination nouvelle, troublante. Elle les protège. Elle me protège. Mais à quel prix ? Quelle est sa relation avec cet Alpha Véritable ?
Damon sentit la colère monter en lui.
« Tu aurais pu nous dire ça avant que je ne torture ce type pendant des heures ! »
« Tu ne m'as pas laissé le temps. Tu étais trop occupé à jouer au héros blessé par l'amour perdu. »
La vérité. Crue et brutale.
Stefan regardait Katherine, essayant de comprendre.
« Tu portes la marque d'un Alpha. Depuis quand ? Comment ? »
« Depuis assez longtemps. Et le comment ne te regarde pas. »
Elle se dirigea vers la porte, puis s'arrêta, se tournant vers Elena.
« Le bal masqué est demain soir. J'aimerais te parler. Sans eux. Juste toi et moi. »
Elena hocha la tête lentement, incapable de détourner le regard de cette femme qui ressemblait tant à elle, mais qui portait cinq cents ans de secrets sur ses épaules.
Katherine disparut dans la nuit, laissant derrière elle plus de questions que de réponses.
Mason la regarda partir, puis murmura, presque pour lui-même :
« L'Alpha Véritable... Elle le connaît. »
Stefan et Damon se figèrent.
« Qui est cet Alpha ? »
Mais Mason secoua la tête, refusant d'en dire plus. Certains noms ne devaient pas être prononcés à voix haute. Certains êtres étaient trop dangereux même pour être évoqués.
Et Katherine Pierce, le vampire qui avait brisé leurs cœurs il y a cent quarante-cinq ans, portait la marque de protection de l'un des êtres les plus puissants et les plus terrifiants de leur monde.
Qu'est-ce que cela signifiait pour Elena ? Pour eux tous ?
La réponse, ils le savaient, viendrait bientôt. Et ils n'étaient pas sûrs d'être prêts à l'entendre.
***
Le silence qui suivit le départ de Katherine était lourd, chargé de questions non posées. Elena regardait l'endroit où Katherine s'était tenue quelques secondes auparavant, son esprit tournant à toute vitesse.
Elena s'approcha de Mason, s'agenouillant pour être à son niveau. Sa voix était douce mais ferme.
« Tu n'as pas à nous dire qui il est. Mais peux-tu nous dire ce qu'il est ? »
Mason leva les yeux vers elle, et pour la première fois depuis le début de sa torture, quelque chose qui ressemblait à du respect passa dans son regard.
« C'est l'Alpha de la Meute de la Lune. La toute première meute. »
Il marqua une pause, comme s'il cherchait les mots justes pour expliquer quelque chose qui dépassait la compréhension humaine.
« Ce symbole... je ne le connaissais même pas il y a cinq minutes. Mais dès que je l'ai vu, j'ai su. C'était comme si c'était gravé dans mon ADN. Dans l'ADN de chaque loup-garou qui a jamais existé. »
Sa voix tremblait légèrement, un mélange de crainte et de révérence.
« C'est... c'est comme si mes ancêtres, tous mes ancêtres depuis la nuit des temps, hurlaient en moi pour que je m'incline. Pour que je reconnaisse l'autorité absolue. L'Alpha Véritable. »
Stefan s'approcha, incrédule.
« Qu'est-ce que ça signifie exactement ? »
« Ça signifie qu'elle est marquée. Protégée de tous les loups existant sur cette planète. Aucun loup-garou, peu importe sa force, peu importe sa meute, ne peut lever la main sur elle. C'est impossible. Notre nature même nous l'interdit. »
Damon fronça les sourcils.
« Notre nature ? »
« Tu ne comprends pas. Ce n'est pas une question de choix. Ce n'est pas une question de loyauté ou de peur. C'est inscrit en nous. Dans notre sang. Dans nos os. Quand j'ai vu cette marque, chaque cellule de mon corps a hurlé de se soumettre. De protéger. C'est... c'est plus ancien que n'importe quelle magie. Plus profond que n'importe quel sortilège. »
Caroline, qui était restée silencieuse jusqu'à présent, murmura :
« Elle t'a montré ça pour te prouver qu'Elena était en sécurité. »
Mason hocha la tête.
« Elle porte la marque. Ce qui signifie qu'elle est sous la protection directe de l'Alpha Véritable. Et si elle dit qu'Elena Gilbert est protégée... »
Il regarda Elena avec une intensité nouvelle.
« Alors tu es intouchable pour tous les loups-garous du monde. Sa protection s'étend à toi. »
Elena sentit un frisson parcourir son échine. Katherine. Qui porte la marque d'un être si puissant que même son symbole inspire une terreur instinctive. Et elle utilise cette protection pour moi.
Bonnie s'avança, sceptique.
« Comment peut-elle étendre sa protection à quelqu'un d'autre ? »
« L'Alpha le permet. Il doit le permettre. Ce qui signifie... »
Il déglutit difficilement.
« Ce qui signifie qu'il sait qu'elle est ici. Qu'il sait qu'Elena existe. Et qu'il a donné sa bénédiction pour sa protection. »
Stefan regardait Elena, l'inquiétude évidente sur son visage.
« Elena, je ne sais pas si c'est une bonne chose. Si cet... Alpha sait que tu existes... »
« Katherine a dit qu'elle voulait que je vive heureuse et humaine. Qu'elle voulait me protéger. Peut-être que c'est sa façon de le faire. »
Damon ricana amèrement.
« En te mettant sous la protection d'une créature assez puissante pour contrôler tous les loups-garous du monde ? Ça me semble un peu excessif, même pour Katherine. »
« Tu ne comprends pas. L'Alpha ne donne pas sa protection à la légère. Jamais. Le fait qu'elle porte cette marque, qu'elle puisse l'invoquer pour protéger quelqu'un d'autre... »
Il regarda Katherine avec une expression indéchiffrable.
« Elle doit être très importante pour lui. »
Importante. Pour un être qui inspire une terreur instinctive chez tous les loups-garous. Qu'est-ce que ça signifie ? Qu'est-ce que Katherine a fait ? Dans quoi m'a-t-elle entraînée ?
Elena se leva lentement, son esprit tourbillonnant.
« Tu as dit que la marque te forçait à te soumettre. Que c'était dans ton ADN. Est-ce que tous les loups ressentent la même chose ? »
« Oui. Chaque loup-garou, peu importe où il est sur cette planète, reconnaîtrait cette marque. Et chacun se plierait à son autorité. C'est la loi primordiale. La première loi. Celle qui existait avant toutes les autres. »
Bonnie frissonna.
« C'est terrifiant. »
« C'est nécessaire. Les loups-garous sont des prédateurs. Violents. Territoriaux. Sans l'Alpha Véritable, sans cette autorité absolue gravée dans notre nature, nous nous serions entre-tués il y a des millénaires. Il est notre alpha à tous. Notre père. Notre roi. »
Stefan et Damon échangèrent un regard. Cette révélation changeait tout. Katherine n'était pas juste un vampire manipulateur. Elle était liée à quelque chose de beaucoup plus ancien, beaucoup plus puissant qu'ils ne l'avaient jamais imaginé.
« Et elle utilise cette connexion pour me protéger. »
Pourquoi ? Pourquoi irait-elle si loin ? Si elle voulait juste me manipuler, il y aurait des moyens plus simples. Mais elle invoque la protection de l'être le plus puissant du monde des loups-garous pour moi. Ça n'a pas de sens. À moins que...
« À moins qu'elle dise la vérité. »
Elena murmura à voix haute.
« À moins qu'elle veuille vraiment que je sois en sécurité. »
« Elena, ne tombe pas dans son piège... »
« Quel piège, Damon ? Elle aurait pu nous laisser te tuer Mason. Elle aurait pu laisser sa meute venir à Mystic Falls. Au lieu de ça, elle a révélé quelque chose d'énorme, quelque chose qui la lie à une créature que même les loups-garous craignent, juste pour nous protéger. Pour me protéger. »
La vérité. Crue et indéniable.
Caroline prit la main d'Elena.
« Elle veut te parler demain soir. Au bal masqué. Tu vas y aller ? »
Elena regarda ses amis, puis hocha lentement la tête.
« Oui. Il est temps que je découvre la vérité. La vraie vérité. Pas celle de Stefan et Damon. La mienne. »
Et dans l'ombre de la bibliothèque, entouré du sang de la torture et des révélations terrifiantes, Elena Gilbert prit une décision qui changerait tout.
Elle allait parler à Katherine Pierce. Seule à seule. Et elle allait enfin découvrir qui était vraiment la femme qui portait son visage.
La femme qui portait la marque de l'Alpha Véritable.
La femme qui, contre toute attente, semblait vraiment vouloir la protéger.
***
[Maison des Salvatore - Cave]
Caroline était dans la cellule avec sa mère, assise par terre, lui racontant sa journée avec une animation inhabituelle.
« Alors j'ai tiré la chaîne et j'ai sorti Stefan du puits. La veine de vénus l'avait brûlé, rongé et Bonnie n'a pas été méchante avec moi pour une fois. C'était génial ! Je crois qu'on fait des progrès, tu vois. Je me dis finalement que… Quoi ? Je te fais flipper c'est ça ? »
« Euh… C'est de voir la personne que tu es maintenant… »
Caroline sentit son cœur se serrer. Bien sûr. Je la fais flipper. Je suis un monstre.
« S'il te plaît, ne dis rien. Je croyais qu'on commençait à s'entendre. »
« Tu es devenue une jeune femme forte et sûre d'elle. »
Quoi ?
« Oh, merci c'est gentil. »
« Tu n'es pas obligée de m'effacer la mémoire. Je garderai ton secret. Si tu as peur par rapport aux autres, il te suffit de dire que tu m'as hypnotisée. Je ne dirai rien à personne. Je ne ferai jamais rien dans l'intention de te nuire. »
Les larmes montèrent aux yeux de Caroline. Elle m'accepte. Ma mère m'accepte.
« Ça nous arrive pas de parler comme ça. Jamais. Ça compte pour moi ce qu'on a vécu aujourd'hui. »
« Pour moi aussi. »
« Et je sais, je sais que je peux te faire confiance. Mais tu feras pas confiance aux autres tu pourras pas. »
Elle pleurait maintenant ouvertement, son cœur se brisant.
« Je vais te raccompagner à la maison. Tu vas oublier que je suis un vampire. »
« Je vais oublier que je suis un vampire. »
Pardonne-moi, maman. Pardonne-moi de t'enlever ça.
« Ce que tu te rappelleras c'est que tu as attrapé la grippe. T'as eu une forte fièvre et des frissons. Alors je t'ai fait une soupe. Elle était beaucoup trop salée. On s'est un peu chamaillées. Puis le lendemain, t'étais guérie. Et à partir de ce moment-là, ton égoïste de fille, qui t'aime plus que tout, quoi qu'il arrive est retournée à sa petite vie sans s'intéresser à toi. Et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. »
Mensonge. Tout est un mensonge. Mais c'est le seul moyen de la protéger.
Chapter 32: Secrets de sang et de magie
Chapter Text
[Maison des Salvatore - Cave]
Caroline était dans la cellule avec sa mère, assise par terre, lui racontant sa journée avec une animation inhabituelle.
« Alors j'ai tiré la chaîne et j'ai sorti Stefan du puits. La veine de vénus l'avait brûlé, rongé et Bonnie n'a pas été méchante avec moi pour une fois. C'était génial ! Je crois qu'on fait des progrès, tu vois. Je me dis finalement que… Quoi ? Je te fais flipper c'est ça ? »
« Euh… C'est de voir la personne que tu es maintenant… »
Caroline sentit son cœur se serrer. Bien sûr. Je la fais flipper. Je suis un monstre.
« S'il te plaît, ne dis rien. Je croyais qu'on commençait à s'entendre. »
« Tu es devenue une jeune femme forte et sûre d'elle. »
Quoi ?
« Oh, merci c'est gentil. »
« Tu n'es pas obligée de m'effacer la mémoire. Je garderai ton secret. Si tu as peur par rapport aux autres, il te suffit de dire que tu m'as hypnotisée. Je ne dirai rien à personne. Je ne ferai jamais rien dans l'intention de te nuire. »
Les larmes montèrent aux yeux de Caroline. Elle m'accepte. Ma mère m'accepte.
« Ça nous arrive pas de parler comme ça. Jamais. Ça compte pour moi ce qu'on a vécu aujourd'hui. »
« Pour moi aussi. »
« Et je sais, je sais que je peux te faire confiance. Mais tu feras pas confiance aux autres tu pourras pas. »
Elle pleurait maintenant ouvertement, son cœur se brisant.
« Je vais te raccompagner à la maison. Tu vas oublier que je suis un vampire. »
« Je vais oublier que je suis un vampire. »
Pardonne-moi, maman. Pardonne-moi de t'enlever ça.
« Ce que tu te rappelleras c'est que tu as attrapé la grippe. T'as eu une forte fièvre et des frissons. Alors je t'ai fait une soupe. Elle était beaucoup trop salée. On s'est un peu chamaillées. Puis le lendemain, t'étais guérie. Et à partir de ce moment-là, ton égoïste de fille, qui t'aime plus que tout, quoi qu'il arrive est retournée à sa petite vie sans s'intéresser à toi. Et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. »
Mensonge. Tout est un mensonge. Mais c'est le seul moyen de la protéger.
***
[Maison des Salvatore - Bibliothèque]
Elena partit la première, épuisée par les révélations de la soirée. Caroline la suivit peu après, soutenant sa mère qui marchait d'un pas incertain, la tête embrumée par l'hypnose.
Leurs silhouettes disparurent dans la nuit, laissant derrière elles un silence lourd.
Stefan, Damon et Bonnie restèrent dans la bibliothèque avec Mason, toujours attaché à sa chaise, son corps marqué par des heures de torture. Le sang avait séché sur ses vêtements, formant des taches sombres qui témoignaient de la violence de la soirée.
Damon se servait un verre de bourbon, les gestes mécaniques, l'esprit ailleurs. Stefan observait Mason avec une expression indéchiffrable, quelque part entre la culpabilité et la méfiance. Bonnie se tenait près de la porte, les bras croisés, mal à l'aise.
C'est alors qu'une présence se fit sentir.
Katherine réapparut aussi silencieusement qu'elle était partie, s'appuyant contre le chambranle de la porte avec une élégance nonchalante. Ses yeux, pourtant, étaient sérieux, presque graves.
Katherine regarda Mason directement, sa voix basse mais ferme.
« J'ai oublié une petite chose, tu ne peux pas dire que la pierre est détruite. Juste qu'elle a disparu. C'est un secret. Même si la pierre n'existe plus désormais. »
Un secret. Pourquoi ? Pour protéger qui ? Ou pour protéger quoi ?
Mason la dévisagea, essayant de comprendre. Malgré sa douleur, malgré son épuisement, il sentait que cette femme disait quelque chose d'important. Quelque chose qui dépassait sa propre quête.
« Depuis quand es-tu sous sa protection ? »
Le silence qui suivit sembla s'étirer à l'infini. Katherine ne répondit pas immédiatement, comme si elle pesait chaque mot, chaque conséquence.
« Quarante-deux ans maintenant. »
Quarante-deux ans. Presque un demi-siècle sous la protection de l'Alpha Véritable.
« C'est devenu un ami. Et quand on nous connaît tous les deux, c'est véritablement de la folie à dire. »
Lui et moi, amis ? C'est effectivement de la folie furieuse. Mais c'est devenu une réalité. Une réalité que personne ne comprendrait. Que je ne comprends pas toujours moi-même.
Damon faillit lâcher son verre.
« Un ami ? Tu es amie avec l'Alpha Véritable ? »
Stefan s'avança, incrédule.
« Katherine, qu'est-ce que tu racontes ? Comment peux-tu être amie avec une créature pareille ? »
Katherine tourna son regard vers eux, et pour la première fois, ils virent quelque chose de vulnérable dans ses yeux. Quelque chose qui ressemblait presque à de la solitude.
« Parce que même les monstres ont besoin d'alliés, Stefan. Même les créatures les plus puissantes, les plus terrifiantes, ont besoin de quelqu'un qui les voit pour ce qu'ils sont vraiment. Pas pour ce que le monde pense qu'ils sont. »
La vérité. Crue et déchirante.
Elle se redressa, son masque de froideur se remettant en place, mais pas assez vite pour cacher ce qu'ils avaient vu.
« Il m'a promis que ma lignée serait protégée. Isobel a peut-être fait n'importe quoi, mais Elena, je ne permettrai pas qu'elle soit en danger. Elle l'est déjà suffisamment en étant un double. »
Mason fronça les sourcils, confus.
« Un double ? De quoi tu parles ? Votre ressemblance ?»
Mais Katherine ne répondit pas. Elle se tourna vers Bonnie, son expression devenant soudainement sérieuse, presque maternelle d'une manière étrange.
Katherine s'approcha lentement de Bonnie, qui recula instinctivement.
« Je te conseille, petite sorcière, de faire très attention. La magie n'est pas un jeu. »
Bonnie redressa le menton, défensive.
« Je sais ce que je fais. »
« Non. Tu ne sais pas. Des sorcières plus entraînées que toi sont tombées dans le piège d'en faire trop, toute seule, et trop vite. Tu dois apprendre à maîtriser tes pouvoirs avant de les forcer et d'en subir les conséquences. »
Elle a raison. Je le sens. Chaque fois que j'utilise la magie, c'est comme si quelque chose en moi se fissurait un peu plus. Comme si je payais un prix que je ne comprends pas encore.
« Pourquoi tu me dis ça ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? »
Katherine la regarda intensément, et Bonnie vit quelque chose dans ses yeux qui la fit frissonner. Ce n'était pas de la manipulation. C'était presque de la compassion.
« Parce que j'ai vu ce qui arrive aux sorcières qui brûlent trop vite, trop fort. J'ai vu leurs corps se consumer de l'intérieur. J'ai vu leur magie les dévorer vivantes. Et tu es importante pour Elena. Ce qui signifie que tu es importante pour moi. »
Pour Elena. Toujours pour Elena. Mais pourquoi ? Pourquoi cette obsession de protéger quelqu'un qui lui ressemble, qui porte son visage ?
Stefan intervint, sa voix coupante.
« Arrête de jouer à la protectrice bienveillante, Katherine. On sait tous que tu ne fais rien sans raison. Qu'est-ce que tu veux vraiment ? »
Katherine se tourna vers lui, et l'espace d'un instant, quelque chose de douloureux passa sur son visage.
« Je veux qu'elle vive, Stefan. Je veux qu'elle soit heureuse. Je veux qu'elle ait tout ce que je n'ai jamais eu. C'est si difficile à croire ? »
Oui. Oui, c'est difficile à croire. Parce que tu as passé cinq cents ans à mentir, à manipuler, à détruire. Comment pourrions-nous te croire maintenant ?
Damon ricana amèrement.
« Et nous sommes censés gober ça ? Toi, Katherine Pierce, agissant par altruisme pur ? »
« Crois ce que tu veux, Damon. Ça m'est égal. Mais je te le dis maintenant : Elena est protégée. Par moi. Par lui. Et si quelqu'un, n'importe qui, essaie de lui faire du mal, il devra d'abord passer sur mon cadavre. »
Elle est sérieuse. Par tous les saints, elle est vraiment sérieuse.
Mason observait l'échange, fasciné malgré sa douleur.
« Elena... elle est si importante que ça ? »
Katherine ne répondit pas. Elle se dirigea vers Mason et, d'un geste rapide, défit ses liens. Il tomba presque de la chaise, ses jambes ne le soutenant plus après des heures d'immobilité et de torture.
« Tu vas retourner voir ta meute. Tu vas leur dire que la pierre de lune a disparu. Pas détruite. Disparu. Tu vas leur dire que Mystic Falls est sous protection, et que quiconque y met les pieds sans invitation sera considéré comme une menace directe contre l'Alpha. »
Mason hocha la tête faiblement, comprenant l'avertissement.
« Et Tyler Lockwood. Tu vas t'assurer qu'il comprenne ce qui l'attend. Qu'il comprenne la malédiction. Tu ne l'abandonneras pas. »
Elle se soucie de Tyler ? Pourquoi ?
« Il ne déclenchera pas la malédiction. Je ferai tout pour l'en empêcher. »
« Bien. Maintenant, pars. Et souviens-toi : un seul mot sur la destruction de la pierre, et ta meute ne sera plus protégée par l'accord que je viens de faire. »
Mason se leva difficilement, chancelant. Il regarda Katherine une dernière fois, puis se traîna vers la sortie. Bonnie fit un pas en avant, comme pour l'aider, mais Stefan la retint d'un geste.
« Laisse-le partir. »
Quand Mason eut disparu dans la nuit, Katherine se tourna vers eux.
« Le bal masqué est demain soir. J'y serai. Elena aussi. Et nous parlerons. Seules. »
« Pas question. On ne te laissera pas seule avec elle. »
Katherine sourit, un sourire triste, presque mélancolique.
« Tu n'as pas ton mot à dire, Damon. Elle a déjà accepté. Et tu sais pourquoi ? Parce qu'elle a compris quelque chose que vous refusez de voir. Elle a compris que je suis peut-être la seule personne qui comprenne vraiment ce qu'elle vit. La seule qui puisse l'aider à survivre à ce qui l'attend. »
Stefan s'avança, la mâchoire serrée.
« Et qu'est-ce qui l'attend exactement, Katherine ? Qu'est-ce que tu sais que nous ne savons pas ? »
Katherine le regarda longuement, et dans ses yeux, ils virent cinq cents ans de douleur, de secrets, de survie.
« Plus que vous ne pouvez l'imaginer. Et bien plus que je ne voudrais. »
Elle se dirigea vers la porte, puis s'arrêta, se tournant une dernière fois vers Bonnie.
« Et toi, petite sorcière. Trouve-toi un mentor. Quelqu'un qui peut t'apprendre à contrôler ce pouvoir avant qu'il ne te contrôle. Parce que ce qui est en toi est ancien. Dangereux. Et si tu ne l'apprends pas à le maîtriser, il te consumera. »
Comment le sait-elle ? Comment peut-elle voir ce que je ressens à peine moi-même ?
Bonnie sentit une douleur aiguë lui traverser la poitrine. Grams. Si seulement Grams était encore là. Elle saurait quoi faire. Elle pourrait m'aider.
« Ma grand-mère est morte. Il y a presque un an maintenant. »
La voix de Bonnie se brisa légèrement, la douleur encore fraîche malgré les mois écoulés. Katherine s'arrêta net, se tournant lentement vers elle. Quelque chose passa dans ses yeux - de la surprise, puis quelque chose de plus profond. De la douleur. Du regret.
Le masque de Katherine vacilla pendant un instant, révélant une vulnérabilité brute que personne dans cette pièce n'avait jamais vue auparavant.
« Sheila est morte ? »
Sa voix était à peine un murmure, presque brisée. Sheila. Non. Pas Sheila.
Bonnie hocha la tête, incapable de parler, les larmes menaçant de déborder.
Katherine ferma les yeux, comme si elle absorbait un coup physique. Sa main se porta instinctivement à son cœur, un geste si humain, si vulnérable, qu'il sembla totalement étranger venant d'elle.
« Comment ? »
« Il y a presque un an. Elle... elle s'est sacrifiée pour ouvrir le tombeau. »
Pour sauver Stefan. Pour nous sauver tous. Et elle est morte en le faisant.
Katherine ouvrit les yeux, et ils brillaient d'une douleur ancienne, profonde.
« Bien sûr qu'elle l'a fait. C'est exactement ce qu'une Bennett ferait. Se sacrifier pour les autres. Toujours. »
Damon fronça les sourcils, décontenancé par la réaction de Katherine.
« Tu connaissais Sheila Bennett ? »
Katherine ne répondit pas immédiatement. Elle se tourna vers la fenêtre, regardant dans l'obscurité, comme si elle voyait quelque chose que personne d'autre ne pouvait voir.
« Oui. Je la connaissais. »
Sheila. La seule personne qui m'a aidée sans rien demander en retour. La seule qui a vu à travers mon masque et qui a quand même choisi de me tendre la main. Il y a quarante-deux ans. Quand j'étais au bord du gouffre. Quand lui était maudit et que je ne savais pas comment me sauver.
« Comment la connaissais-tu ? »
Katherine resta silencieuse un long moment, combattant visiblement avec elle-même. Puis, d'une voix si basse qu'ils durent tendre l'oreille pour l'entendre :
« Elle m'a aidée, il y a longtemps. Quand j'en avais besoin. Quand personne d'autre ne l'aurait fait. Il y a 42 ans. »
Elle a brisé la malédiction. Elle a utilisé une magie si ancienne, si puissante, qu'elle aurait pu mourir. Mais elle l'a fait. Pour moi. Pour lui. Et elle ne m'a jamais demandé pourquoi.
Elle a juste... compris.
Bonnie s'avança, son cœur battant.
« Grams t'a aidée ? Pour quoi ? »
Mais Katherine secoua la tête, son masque se remettant lentement en place, bien que fissuré.
« Ça ne vous regarde pas. C'était entre elle et moi. »
Elle se tourna vers Bonnie, et dans ses yeux, Bonnie vit quelque chose qui ressemblait presque à de la tendresse.
« Sheila Bennett était une des sorcières les plus puissantes, les plus sages que j'aie jamais rencontrées. Et maintenant, tu es seule. Sans mentor. Sans guide. »
Comme je l'étais. Seule. Terrifiée. Ne sachant pas vers qui me tourner.
Bonnie essuya rapidement ses yeux, refusant de montrer sa faiblesse.
« Alors qui ? Qui peut m'aider maintenant ? »
Katherine la regarda longuement, et Bonnie vit quelque chose se décider dans son regard. Une décision importante. Coûteuse.
« Il y a Lucy. Lucy Bennett. »
Bonnie fronça les sourcils.
« Lucy Bennett ? Je ne connais personne de ce nom dans ma famille. »
« C'est normal. Elle est... disons qu'elle est une branche éloignée. Mais elle est de ta lignée. »
Stefan s'avança, méfiant.
« Où est-elle ? »
« Elle voyage beaucoup. Elle n'aime pas rester au même endroit trop longtemps. Les sorcières puissantes attirent l'attention. Et Lucy préfère l'ombre. »
Elle regarda Bonnie directement, son expression devenant sérieuse.
« Elle est moins puissante que tu ne le seras si tu fais très attention à la magie. Si tu apprends correctement. Si tu ne brûles pas tes réserves trop vite. Mais elle a l'expérience. Elle a la connaissance. Et surtout, elle comprend le coût de la magie d'une manière que peu de sorcières comprennent. »
Parce qu'elle a payé ce coût. Avec Sheila. Il y a quarante-deux ans.
« Pourquoi m'aiderait-elle ? »
« Parce qu'elle est aussi une Bennett. Et les Bennett ne laissent jamais tomber les leurs. »
Elle sortit son téléphone portable, un geste étrangement moderne et anachronique venant d'elle, puis hésita, regardant Bonnie avec une intensité troublante.
« Je vais l'appeler. Elle viendra pour toi. »
Damon éclata de rire, mais c'était un rire sans humeur.
« Bien sûr. Katherine Pierce, faiseuse de miracles. Tu vas juste appeler une sorcière mystérieuse et elle va venir sauver Bonnie par pure bonté de cœur ? »
Katherine le regarda avec une expression glaciale.
« Non, Damon. Elle viendra parce que je le lui demanderai. Et parce que je lui dois une dette. »
Une dette de quarante-deux ans. Celle que Sheila et Lucy ont contractée ensemble en me sauvant. En le sauvant. Une dette qui n'a jamais été remboursée. Jusqu'à maintenant.
« Pourquoi tu ferais ça ? Pourquoi tu utiliserais cette faveur pour m'aider ? »
Katherine baissa son téléphone, regardant Bonnie avec une intensité déchirante.
« Parce que tu es l'amie d'Elena. Parce que tu es importante pour elle. Et parce que... »
Elle s'arrêta, comme si les mots lui coûtaient. Puis, si doucement que c'était presque inaudible :
« Parce que Sheila m'a aidée quand j'en avais désespérément besoin. Elle ne m'a rien demandé. Elle n'a rien attendu en retour. Elle l'a juste fait. Et je ne l'ai jamais remerciée. Je n'en ai jamais eu l'occasion. »
Et maintenant elle est morte. Morte en se sacrifiant, comme toutes les Bennett avant elle. Et je ne pourrai jamais lui dire à quel point ce qu'elle a fait pour moi a changé tout.
« Katherine, qu'est-ce que Sheila a fait pour toi ? »
Mais Katherine secoua la tête fermement.
« Non. C'est mon secret. Et celui de Sheila. Et je le garderai jusqu'à ma mort. »
Il y a quarante-deux ans, Sheila Bennett a brisé une malédiction que personne ne pensait pouvoir briser. Elle a utilisé une magie si ancienne, si dangereuse, qu'elle aurait dû mourir. Mais elle a survécu. Et lui aussi. Et depuis ce jour, je lui dois tout. Je dois tout à Sheila Bennett.
Elle composa un numéro, portant le téléphone à son oreille. Le silence dans la pièce était absolu, tous retenant leur souffle. Katherine activa le haut-parleur d'un geste, sachant qu'ils écouteraient de toute façon.
« Lucy. C'est Katherine. J'ai besoin que tu viennes à Mystic Falls. »
La voix qui répondit était grave, méfiante, avec un accent du Sud à peine perceptible.
« Katherine Pierce. Ça fait combien de temps ? »
« Cinq ans. À Amsterdam. »
Un silence pesant. Puis, plus durement :
« Qu'est-ce que tu veux ? »
« Ce n'est pas pour moi. Mais pour une Bennett. Bonnie Bennett. La petite-fille de Sheila. »
Le silence qui suivit était différent. Chargé. Katherine ferma les yeux, comme si elle se préparait à un coup.
« Sheila... Comment va-t-elle ? Elle ne répond plus à mes appels depuis des mois. »
Katherine ouvrit les yeux, et la douleur qui s'y reflétait était brute, déchirante.
« Sheila est morte, Lucy. Il y a presque un an. Elle s'est sacrifiée. Comme toutes les Bennett avant elle. »
Sa voix se brisa légèrement sur le dernier mot. Bonnie sentit les larmes couler sur ses joues en voyant cette vulnérabilité brute chez Katherine.
Le silence à l'autre bout du fil était assourdissant. Puis, une respiration tremblante.
« Non. Non, Sheila ne peut pas... Comment ? »
« Elle a ouvert un tombeau scellé par Emily Bennett il y a cent quarante-cinq ans. La magie l'a consumée. Elle est morte en sauvant ceux qu'elle aimait. »
« Putain. » La voix de Lucy était brisée, rauque. « Bien sûr qu'elle l'a fait. Bien sûr. C'était Sheila. Toujours prête à se sacrifier pour les autres. Comme sa mère avant elle. Comme Emily avant elle. Comme... »
« Comme toi et elle l'avez fait pour moi il y a quarante-deux ans. »
Un silence. Lourd de souvenirs, de douleur partagée.
« Qu'est-ce que tu veux, Katherine ? »
« Sa petite-fille est seule, Lucy. Sans mentor. En train de se consumer vivante parce qu'elle utilise une magie qu'elle ne maîtrise pas. Et je refuse de laisser une autre Bennett se sacrifier inutilement. Je refuse. »
Plus jamais. Plus jamais je ne laisserai une Bennett mourir quand je peux l'empêcher. Bonnie ne sera pas une autre Emily.
« Pourquoi tu m'appelles moi ? Pourquoi maintenant ? »
« Parce que je te le dois, Lucy. Toi et Sheila m'avez sauvée cette nuit-là. Vous m'avez sauvée quand personne d'autre n'aurait levé le petit doigt. Quand j'étais au bout du rouleau.
Quand je pensais que tout était fini. »
« Et lui ? » La voix de Lucy était plus douce maintenant, presque compatissante.
« Vous l'avez sauvé aussi. Vous avez brisé une malédiction que personne ne pensait pouvoir briser. Et je ne vous ai jamais remboursé cette dette. »
« On ne t'a rien demandé, Katherine. »
« Je sais. C'est pour ça que je vous la dois. »
Un long silence. Stefan et Damon se regardèrent, stupéfaits. Katherine qui reconnaît une dette ? Katherine qui parle avec une telle... humilité ?
« Tu veux que je forme Bonnie Bennett. La petite-fille de Sheila. »
« Oui. J'ai pensé à Freya un moment, mais... c'est Freya, elle ferait probablement fuir Bonnie avant même de commencer la pratique. »
Lucy rit, amusée.
« Ouais, effectivement. »
Katherine reprit, plus sérieusement.
« Bonnie ne doit pas finir comme ses ancêtres, Lucy. Elle ne doit pas se sacrifier elle aussi. Elle doit apprendre à maîtriser son pouvoir au lieu de le laisser la consumer. Pour qu'elle vive, Lucy. Pour qu'elle ait la vie que Sheila aurait voulu pour elle. »
« Et tu penses que je peux faire ça ? »
« Tu es la seule qui puisse. Tu connais le prix de la magie. Tu l'as vu de tes propres yeux. Tu l'as payé toi-même. »
Un autre silence. Bonnie retenait son souffle, les larmes coulant librement maintenant.
« Elle est puissante ? »
« Plus que Sheila ne l'était à son âge. Mais elle ne le contrôle pas. Elle force. Elle brûle. Si quelqu'un ne l'arrête pas, elle sera morte dans un an. Deux, maximum. »
« Merde. » Lucy soupira longuement. « D'accord. D'accord, je viens. Mais Katherine... »
« Oui ? »
« Cette dette... elle sera remboursée après ça. On sera quittes. »
Katherine ferma les yeux, quelque chose comme du soulagement passant sur son visage.
« Nous ne serons jamais quittes, Lucy. Ce que vous avez fait pour moi cette nuit-là... Je passerai l'éternité à essayer de le rembourser. »
« Katherine Pierce qui se sent redevable. Je croyais que je ne verrais jamais ça. » Un rire amer. « Sheila aurait été fière de toi. »
La voix de Katherine se brisa complètement.
« J'espère. J'espère qu'elle l'aurait été. »
« Où et quand ? »
« Mystic Falls, Virginie. Demain, en fin d'après-midi. 16 heures. »
« Mystic Falls ? Tu es retournée là-bas ? Après tout ce temps ? »
« Il y a des raisons. Des raisons importantes. »
La voix de Lucy était prudente maintenant.
« C'est pour ça que tu es revenue. Pour elle. »
« Oui. Pour elle. Pour Elena. »
« Le double Petrova. » Ce n'était pas une question. « Bien sûr. Ça ne pouvait être que ça. »
« Lucy... »
« Ne t'inquiète pas. Ton secret est en sécurité avec moi. Comme il l'a toujours été. Comme il l'était avec Sheila. »
« Merci. »
« La vieille église abandonnée, à la sortie de la ville ? »
« Tu te souviens. »
« J'ai une bonne mémoire. Pour certaines choses. » Un soupir. « Je serai là. Pour Sheila. Pour sa petite-fille. Et parce que, malgré tout, Katherine Pierce, tu n'es pas le monstre que tu prétends être. »
Katherine ne répondit pas, mais ses mains tremblaient légèrement.
« 16 heures. Ne me fais pas attendre. »
« Je ne te ferai pas attendre. Merci, Lucy. Vraiment. »
« Ouais. À demain. »
La ligne se coupa. Katherine resta immobile un long moment, le téléphone toujours à la main, regardant dans le vide.
Le silence dans la pièce était absolu. Stefan, Damon et Bonnie la fixaient, sous le choc de ce qu'ils venaient d'entendre.
Finalement, Katherine rangea son téléphone avec un geste qui trahissait son épuisement émotionnel.
« Elle sera là demain à 16 heures. À la vieille église abandonnée, à la sortie de la ville. »
Bonnie la regardait, incrédule.
« C'est tout ? Elle a juste... accepté ? »
« Tu es une Bennett. »
« Qui est Lucy Bennett exactement ? »
« Quelqu'un qui a survécu assez longtemps pour apprendre que la magie est un cadeau et une malédiction. Quelqu'un qui a vu ce qui arrive aux sorcières qui pensent être invincibles. Quelqu'un qui pourra enseigner à Bonnie ce que Sheila n'a pas eu le temps de lui apprendre. »
Elle se tourna vers Bonnie, son expression redevenant sérieuse.
« Lucy n'est pas comme Sheila. Elle est plus dure. Plus cynique. Elle ne te ménagera pas. Mais elle t'apprendra. Elle te montrera comment maîtriser ton pouvoir sans le laisser te maîtriser. Et si tu l'écoutes, si tu suis ses conseils, tu deviendras peut-être la sorcière la plus puissante de ta lignée depuis des générations. »
« Et si je ne l'écoute pas ? »
« Alors tu mourras. Lentement. Douloureusement. Ta magie te consumera de l'intérieur jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de toi. Exactement comme ça a failli arriver à Sheila.
Exactement comme ça arrive à toutes les Bennett qui ne comprennent pas le prix de la magie. »
La vérité. Crue et terrifiante. Mais c'est la seule vérité qui compte.
Katherine se dirigea vers la porte, puis s'arrêta sans se retourner.
« 16 heures. La vieille église. Sois à l'heure. Lucy n'aime pas attendre. »
« Katherine... »
Katherine s'immobilisa, sa main sur le chambranle de la porte.
« Merci. Pour Grams. Pour ce qu'elle a fait pour toi. Et pour ce que tu fais pour moi maintenant. »
Le silence qui suivit sembla durer une éternité. Puis, si doucement qu'ils l'entendirent à peine, Katherine murmura :
« De rien, petite sorcière. Fais honneur à ta lignée. Fais honneur à Sheila. Elle le mérite. »
Plus que tu ne le sauras jamais. Plus que je ne pourrai jamais te dire.
Et elle disparut dans la nuit, laissant derrière elle trois personnes ébranlées par cette vulnérabilité inattendue.
***
[Maison des Salvatore - Salon]
Après le départ de Katherine, le silence était assourdissant. Damon vida son verre d'un trait, puis le remplit à nouveau, ses gestes moins assurés qu'à l'habitude.
« Quelqu'un peut m'expliquer ce qui vient de se passer ? Katherine Pierce a pleuré. Katherine. Pierce. A. Montré. Des. Émotions. »
Stefan s'assit lourdement sur le canapé, encore sous le choc.
« Elle a vraiment aimé Sheila. Ce n'était pas feint. »
Bonnie, qui était restée debout près de la fenêtre, regardait fixement l'obscurité où Katherine avait disparu. Des larmes coulaient silencieusement sur ses joues.
« Grams lui a sauvé la vie. Il y a quarante-deux ans. Elle a fait quelque chose pour Katherine que personne d'autre n'aurait pu faire. »
Quarante-deux ans. Le même moment où Katherine a reçu la protection de l'Alpha Véritable. C'est lié. Tout est lié. Mais comment ?
Damon fronça les sourcils.
« Qu'est-ce que Sheila a pu faire de si important pour que Katherine se souvienne encore avec tant de... »
« De gratitude. De vraie gratitude. »
Bonnie se tourna vers eux, essuyant ses larmes.
« Je ne sais pas. Grams ne m'a jamais parlé de Katherine. Jamais mentionné l'avoir aidée. Mais si c'était il y a quarante-deux ans... »
Grams aurait eu environ trente ans. Jeune. Puissante. Au sommet de ses capacités magiques.
« Et maintenant Katherine utilise une faveur vieille de quarante-deux ans pour t'aider. Pour honorer la mémoire de Sheila. »
Damon ricana, mais sans conviction.
« Ou c'est une manipulation de plus. Katherine ne fait jamais rien sans raison cachée. »
Mais même lui ne semblait pas convaincu par ses propres paroles. Ce qu'ils avaient vu dans les yeux de Katherine quand elle avait appris la mort de Sheila était trop réel, trop cru pour être feint.
« Je vais rencontrer Lucy demain. À 16 heures. Avant le bal. »
« Tu veux qu'on vienne avec toi ? »
Bonnie secoua la tête.
« Non. C'est entre sorcières. Et je pense que Lucy ne viendra pas si vous êtes là. »
Les secrets de ma lignée. Les secrets que Grams a gardés. Les secrets que je dois maintenant découvrir par moi-même.
« Et le soir, Katherine révèle tout à Elena. Quelle journée excitante nous attend. »
« On devrait être là. Au bal. Pour surveiller. »
« Oh, on sera là. Crois-moi, on sera là. »
Mais est-ce que ça suffira ? Katherine porte la marque d'une créature si puissante que même son symbole inspire la terreur. Elle a des secrets vieux de quarante-deux ans. Et elle semble vraiment déterminée à protéger Elena. Peut-on encore la considérer comme une ennemie ?
Bonnie se dirigea vers la porte.
« Je rentre. J'ai besoin de me préparer. Pour demain. Pour tout. »
« Bonnie... »
Elle se retourna.
« Sois prudente. Avec Lucy. On ne sait pas vraiment qui elle est. »
« Je sais. Mais Katherine avait raison sur une chose : je ne peux pas continuer comme ça. Je dois apprendre. Avant que ma magie ne me tue. »
Comme elle a failli tuer Grams tant de fois. Comme elle l'a peut-être finalement tuée quand elle a ouvert le tombeau.
Elle quitta le manoir, marchant dans la nuit fraîche. Son esprit tourbillonnait avec tout ce qui s'était passé. La torture de Mason. La révélation de la marque. L'Alpha Véritable. La protection d'Elena. Et maintenant, Lucy Bennett, une sorcière mystérieuse qui connaissait les secrets de sa grand-mère.
Grams, qu'est-ce que tu as fait il y a quarante-deux ans ? Quel secret as-tu gardé toute ta vie ? Et pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé ?
Chapter 33: Secrets dans la nuit
Chapter Text
[Quelque part dans Mystic Falls - Nuit]
Katherine se tenait sur le toit d'un immeuble, regardant la ville endormie. Sa main se posa sur son épaule, là où la marque brillait faiblement sous ses vêtements.
Quarante-deux ans. Quarante-deux ans depuis que Sheila a brisé la malédiction. Depuis qu'elle a risqué sa vie pour sauver la sienne. Depuis qu'elle m'a donné l'espoir que tout pouvait changer.
Son téléphone vibra. Un message de Lucy : "Pour Sheila, je viendrais au bout du monde. J'arrive demain."
Katherine ferma les yeux, sentant quelque chose se briser en elle. Sheila. Tu es morte en te sacrifiant, comme je savais que tu le ferais un jour. Comme toutes les Bennett avant toi.
Mais au moins, ta petite-fille vivra. Je m'en assurerai.
Elle pensa à cette nuit, il y a quarante-deux ans. À la douleur. Au désespoir. À Sheila et Lucy, debout dans un cercle de sel et de sang, chantant des incantations si anciennes que même les murs tremblaient. À la malédiction qui se brisait enfin, libérant celui qu'elle...
Celui que j'avais commencé à voir différemment. Celui qui était devenu plus qu'un simple allié. Un ami. Contre toute logique. Contre toute raison.
Le vent souffla, portant l'odeur de la pluie à venir. Katherine rouvrit les yeux, son expression redevenant dure, déterminée.
Demain, Bonnie rencontrera Lucy. Et elle commencera à comprendre ce que signifie vraiment être une Bennett. Ce que signifie porter ce pouvoir. Ce prix.
Elle pensa à Elena, dormant paisiblement, inconsciente du danger qui l'entourait.
Et demain soir, Elena, je te dirai tout. Sur les doubles. Sur ce que tu es. Sur pourquoi tu es en danger. Et sur pourquoi je suis la seule qui puisse vraiment te protéger de ce qui vient.
Katherine disparut dans la nuit, emportant avec elle le poids de quarante-deux ans de secrets, de gratitude, et d'une amitié impossible qui avait changé le cours de son éternité.
Merci, Sheila. Pour tout. Je te promets que ta petite-fille vivra. Je te le promets.
***
[Manoir des Lockwood]
Tyler arriva et rejoignit sa mère qui admirait les décorations pour le bal masqué.
« C'est super joli. »
« Merci. J'étais contente de voir Matt, aujourd'hui. Il n'était plus venu depuis des semaines. »
« Y a des moments où on se voit moins. Euh… Tu sais où est Mason ? Il a été invisible toute la journée. »
Carol se tourna vers lui, son expression devenant sérieuse.
« En fait, Tyler, Mason est retourné en Floride. »
« Quoi ? »
Non. Il ne partirait pas sans me dire au revoir. Pas après tout ce qu'on a partagé. Pas après m'avoir promis de m'aider avec la malédiction.
« Je suis navrée mon chéri. Je sais à quel point vous vous entendiez bien. »
« Alors comme ça il s'est tiré. Sans même me dire au revoir. »
Sa voix était tendue, entre colère et incompréhension. Mason m'avait dit qu'il resterait. Qu'il m'aiderait à comprendre. À contrôler ce qui pourrait arriver si jamais...
« J'espérais pourtant qu'il reste un peu. Je croyais qu'avec le décès de ton père... Bref, il est parti. Donc dorénavant on ne sera plus que toi et moi. »
Elle posa une main réconfortante sur l'épaule de Tyler, mais il se raidit sous son toucher.
« Ouais. Juste toi et moi. »
Et la malédiction qui dort dans mon sang. Et le secret que je ne peux partager avec personne. Et la peur constante de perdre le contrôle, de tuer quelqu'un, de devenir ce que Mason était.
« Le bal masqué est demain soir. J'aimerais que tu y sois, mon chéri. Que tu représentes la famille Lockwood dignement. »
Tyler hocha la tête mécaniquement, son esprit ailleurs.
« Bien sûr, maman. Je serai là. »
Carol lui sourit, satisfaite, puis retourna à ses décorations. Tyler monta les escaliers vers sa chambre, chaque marche lui pesant comme du plomb.
Mason, pourquoi tu es parti ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
***
[Maison des Gilbert]
Elena arriva dans la cuisine où Alaric et Jenna préparaient toujours le dîner.
« Où est Jeremy ? »
« Il est directement monté dans sa chambre. Il a dit qu'il avait pas faim. »
Jeremy. Mon petit frère. Qu'est-ce que Damon lui a fait voir ? Qu'est-ce qu'il lui a fait vivre ?
Elena monta les escaliers, inquiète, son esprit tournant sans cesse.
***
[Chambre de Tyler - Manoir des Lockwood]
Tyler ferma la porte de sa chambre et s'effondra sur son lit, fixant le plafond. Son téléphone était posé sur sa table de nuit. Il hésita, puis le prit, composant le numéro de Mason.
La sonnerie retentit une fois. Deux fois. Trois fois.
Puis la messagerie : "Vous êtes bien sur le répondeur de Mason Lockwood. Laissez un message."
« Mason, c'est Tyler. Maman dit que tu es retourné en Floride. Je... j'espère que tout va bien. Tu aurais pu me prévenir, mec. On avait des choses à finir, toi et moi. Rappelle-moi quand tu peux. »
Il raccrocha, un mauvais pressentiment lui tordant l'estomac.
Quelque chose ne va pas. Mason ne partirait pas comme ça. Pas sans un mot. Pas après m'avoir dit à quel point c'était important que je comprenne la malédiction.
Son téléphone vibra soudainement, le faisant sursauter. Un message d'un numéro inconnu.
"Mason va bien. Il est retourné vers sa meute. La pierre de lune a disparu. La malédiction ne peut pas être brisée pour l'instant. Fais attention, Tyler. Ne déclenche pas la malédiction. Ne tue personne. C'est la seule façon de rester en sécurité. - Quelqu'un qui veille"
Tyler relut le message trois fois, son cœur battant la chamade.
Quelqu'un qui veille ? Qui sait pour Mason ? Qui sait pour la pierre ? Qui sait pour la malédiction ?
Il tapa rapidement une réponse : "Qui êtes-vous ?"
Mais aucune réponse ne vint. Le numéro semblait avoir été désactivé ou bloqué.
Tyler serra son téléphone dans sa main, la frustration montant en lui. La pierre de lune a disparu. Mason est parti. Je suis seul avec ce secret. Seul avec cette bombe à retardement en moi.
Il pensa à Matt. À Caroline. À Elena. À Bonnie. À tous ses amis qui n'avaient aucune idée de ce qu'il portait en lui. De ce qu'il pourrait devenir.
Je dois faire attention. Plus que jamais. Un accident. Une bagarre qui dégénère. Et tout serait fini. Je deviendrais un monstre.
Il regarda par la fenêtre, vers la nuit qui s'étendait sur Mystic Falls. Quelque part là-bas, quelqu'un savait. Quelqu'un veillait. Mais était-ce un ami ou un ennemi ?
***
[Maison des Gilbert - Chambre d'Elena]
Elena était allongée sur son lit, fixant le plafond, incapable de trouver le sommeil. Son esprit rejouait sans cesse les événements de la soirée.
Katherine. Avec la marque de l'Alpha Véritable. Protégeant sa lignée. Me protégeant. Disant qu'elle veut que je vive heureuse. Qu'elle veut que j'aie tout ce qu'elle n'a jamais eu.
Elle se tourna sur le côté, regardant la photo sur sa table de nuit. Ses parents, souriants, vivants. Avant que tout ne change. Avant que je découvre que ma vie entière était liée à des secrets vieux de cinq cents ans.
Un double. Katherine l'avait appelée un double. Pas juste quelqu'un qui lui ressemblait par hasard. Un double. Quelque chose de magique. De dangereux.
Qu'est-ce que ça signifie ? Pourquoi suis-je en danger ? Et pourquoi Katherine, de toutes les personnes au monde, est-elle celle qui veut me protéger ?
Elle pensa à Stefan et Damon. À leur histoire avec Katherine. À la douleur qu'elle leur avait causée. À la manipulation. Aux mensonges.
Mais ce soir, elle n'avait pas l'air de mentir. Elle avait l'air... sincère. Presque désespérée de me faire comprendre quelque chose.
Son téléphone vibra sur sa table de nuit. Un message de Caroline : "Tu vas bien ? Cette soirée était dingue. On se voit demain avant le bal ?"
Elena sourit légèrement, tapant une réponse : "Oui, ça va. Oui, on se voit demain. J'ai besoin de parler. De tout."
La réponse de Caroline fut immédiate : "Je serai là. Toujours. ❤️"
Caroline. Ma meilleure amie. Qui est maintenant un vampire. Qui a dû effacer la mémoire de sa propre mère. Nous portons tous des fardeaux. Nous gardons tous des secrets.
Elle pensa au bal masqué de demain soir. À sa conversation avec Katherine. Seules. Sans Stefan. Sans Damon. Juste elles deux.
Ai-je peur ? Oui. Mais j'ai aussi besoin de savoir. J'ai besoin de comprendre pourquoi elle porte mon visage. Pourquoi nous sommes liées. Et pourquoi elle semble si déterminée à me protéger.
Elena éteignit sa lampe de chevet, plongeant la pièce dans l'obscurité. Mais le sommeil ne vint pas. Son esprit continuait à tourner, imaginant la conversation du lendemain soir.
Demain, j'aurai des réponses. Demain, je découvrirai la vérité. Et peut-être que cette vérité changera tout. Ou peut-être qu'elle confirmera simplement ce que je commence à soupçonner : que Katherine Pierce n'est pas le monstre que tout le monde pense qu'elle est. Ou du moins, pas seulement ça.
***
[Maison des Gilbert - Chambre de Jeremy]
De l'autre côté du couloir, Jeremy était assis à son bureau, la tête entre les mains. Les images de la soirée défilaient dans son esprit comme un cauchemar éveillé.
Mason. Attaché. Torturé. Le sang. Les cris. Et Damon. Damon qui me demandait si je voulais participer. Si je voulais être complice de ça.
Il frissonna, revoyant le moment où Damon l'avait étranglé. C'est ça ton monde, Elena ? C'est ça que tu choisis ? Des vampires qui torturent. Qui tuent. Qui font du mal sans remords ?
Mais il se souvenait aussi du regard de Mason. De ses derniers mots : "Veille sur Tyler. Il ne faut pas que ça lui arrive."
Tyler. Mon ami. Qui porte le même fardeau que Mason. Qui pourrait devenir ce que Mason était. Un loup-garou.
Jeremy ouvrit son tiroir, sortant le journal qu'il avait commencé à tenir depuis que tout avait changé. Depuis que les vampires étaient devenus réels. Depuis qu'Elena était tombée amoureuse de Stefan.
Il écrivit rapidement, les mots coulant comme une catharsis :
"Aujourd'hui, j'ai vu ce que Damon est vraiment capable de faire. Ce qu'ils sont tous capables de faire. Et j'ai eu peur. Pas pour moi. Pour Elena. Pour nous tous. Parce que si Damon peut faire ça à quelqu'un, qu'est-ce qui l'empêche de le faire à n'importe qui d'autre ?
Mason a dit de veiller sur Tyler. Je ne sais pas ce que ça signifie. Mais Tyler est mon ami. Et si je peux l'aider, si je peux l'empêcher de devenir ce que Mason était, alors je le ferai.
Elena pense que Stefan est différent. Qu'il est bon. Mais est-ce que c'est vrai ? Ou est-ce qu'ils sont tous des monstres qui cachent leur vraie nature ?"
Il referma son journal, le rangeant dans le tiroir. Demain, je parlerai à Tyler. Je découvrirai ce qui se passe vraiment. Et peut-être que je pourrai l'aider. Parce que quelqu'un doit protéger les humains dans cette ville. Quelqu'un doit se tenir entre les monstres et les innocents.
***
[Route de Mystic Falls - Minuit]
Mason conduisait sa voiture sur l'autoroute, s'éloignant de Mystic Falls aussi vite qu'il le pouvait. Son corps était couvert de contusions, ses côtes probablement fêlées, chaque respiration une torture.
Je suis vivant. Par miracle. Grâce à Katherine Pierce. Celle que je ne connaissais même pas. Et qui ressemble comme une jumelle parfaite à la petite Elena.
Il pensa à la marque qu'elle avait montrée. Au symbole qui avait fait hurler chaque cellule de son corps pour qu'il se soumette. L'Alpha Véritable. Elle porte sa marque. Elle est sous sa protection. Et maintenant, Mystic Falls l'est aussi.
Son téléphone sonna. Le numéro de sa meute. Il hésita, puis décrocha.
« Ouais. »
« Mason ! Bordel, où es-tu ? On s'inquiétait. Tu devais appeler il y a des heures. »
« J'ai eu... des complications. Mais je suis en route. Je serai là demain matin. »
« Et la pierre de lune ? Tu l'as ? »
Mason ferma les yeux, se souvenant de l'avertissement de Katherine. Pas détruite. Disparu. C'est un secret.
« Non. La pierre a disparu. Elle n'est plus à Mystic Falls. Quelqu'un l'a prise ou l'a déplacée. Je ne sais pas où elle est. »
Le mensonge coulait facilement. Parce que c'était nécessaire. Parce que l'alternative était la mort de toute sa meute.
« Merde. On comptait sur cette pierre, Mason. Sans elle, on est coincés. Condamnés à se transformer à chaque pleine lune. »
« Je sais. Mais écoutez-moi bien. Mystic Falls est hors limites. Complètement hors limites. Personne de la meute n'y met les pieds. C'est compris ? »
« Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé là-bas ? »
« Mystic Falls est sous protection. Une protection que nous ne pouvons pas défier. Crois-moi. Si on essaie, on mourra tous. »
Un silence. Puis :
« Quel genre de protection ? »
« Le genre dont on ne parle pas. Le genre qui fait que chaque loup-garou sur cette planète sait qu'il doit s'incliner. C'est tout ce que tu as besoin de savoir. »
L'Alpha Véritable. Celui dont on ne prononce pas le nom. Celui dont la seule marque inspire une terreur instinctive.
« D'accord. D'accord, on restera loin de Mystic Falls. Mais la pierre, Mason. On a besoin de trouver une autre solution. »
« On en trouvera une. Mais pas à Mystic Falls. Plus jamais à Mystic Falls. »
Il raccrocha, épuisé. Tyler. J'ai laissé Tyler derrière moi. Avec la malédiction dans son sang et personne pour le guider.
Mais il avait reçu un message plus tôt, d'un numéro inconnu : "Tyler sera surveillé. Il ne déclenchera pas la malédiction. Concentre-toi sur ta propre survie."
Katherine. Ça devait être Katherine. Elle veille sur lui. Pourquoi ? Pourquoi se soucie-t-elle d'un adolescent qu'elle ne connaît même pas ?
Mais peut-être que c'était ça, le pouvoir de l'Alpha Véritable. Protéger. Non pas par peur ou par domination, mais par quelque chose de plus profond. Plus ancien.
Mystic Falls. Une petite ville avec plus de secrets que je ne l'aurais jamais imaginé. Et au centre de tout, Katherine Pierce. Un vampire de cinq cents ans qui porte la marque de l'être le plus puissant du monde des loups-garous.
Mason continua à conduire dans la nuit, laissant Mystic Falls derrière lui. Mais il savait qu'une partie de lui y resterait toujours. Avec Tyler. Avec les secrets. Avec la marque qu'il avait vue et qui hanterait ses rêves pour le reste de sa vie.
***
[Quelque part en route vers Mystic Falls]
Lucy Bennett conduisait sa vieille voiture sur l'autoroute, les phares perçant l'obscurité. Son téléphone était posé sur le siège passager, l'écran affichant toujours la dernière conversation avec Katherine.
Sheila est morte. Ma cousine. Ma sœur de magie. Celle avec qui j'ai accompli l'impossible il y a quarante-deux ans.
Des larmes coulaient silencieusement sur ses joues. Elle ne les essuyait pas.
Nous avons brisé une malédiction que personne ne pensait pouvoir briser. Nous avons utilisé une magie si ancienne, si dangereuse, que nous aurions dû mourir toutes les deux.
Mais nous avons survécu. Et lui aussi. Et Katherine nous a donné sa parole qu'elle nous devrait une faveur. N'importe quand. N'importe où.
Elle pensa à Bonnie, la petite-fille de Sheila. Seule. Sans mentor. En train de se consumer comme tant de Bennett avant elle.
« Je ne te laisserai pas mourir, petite. Je te promets. Pour Sheila. Pour notre lignée. Tu vivras. Et tu apprendras. Et tu deviendras plus forte que nous tous. »
Le panneau sur l'autoroute indiquait : "Mystic Falls - 200 km".
Demain, je rencontrerai Bonnie Bennett. Et je lui enseignerai ce que Sheila n'a pas eu le temps de lui enseigner. Le prix de la magie. Le coût de notre pouvoir. Et comment survivre dans un monde qui veut nous consumer.
Elle accéléra, pressée d'arriver. Pressée de remplir la dette qu'elle devait à Katherine. La dette qu'elle devait à Sheila.
Quarante-deux ans. Tout revient à cette nuit-là. À la malédiction brisée. À l'Alpha libéré. À Katherine qui a pleuré de soulagement et de gratitude. Et maintenant, c'est le moment de rembourser.
***
[Maison des Salvatore - Cave à vin]
Stefan et Damon étaient descendus dans la cave, loin des oreilles indiscrètes. Damon sirotait son bourbon, Stefan arpentait la pièce.
« Alors. Récapitulons. Katherine porte la marque d'un être mystérieux appelé l'Alpha Véritable. Cette marque lui donne une protection absolue contre tous les loups-garous du monde. Elle est amie avec cette créature depuis quarante-deux ans. Et Sheila Bennett l'a aidée d'une manière ou d'une autre, probablement à la même époque. »
« Quarante-deux ans. Ce n'est pas une coïncidence. Tout est lié. »
« Et maintenant, Katherine utilise cette protection pour Elena. Elle dit qu'Elena est un "double" et qu'elle est en danger. Un danger si grand qu'elle a besoin de la protection d'un être que même les loups-garous craignent instinctivement. »
Stefan s'arrêta, se tournant vers son frère.
« Qu'est-ce qu'un double, Damon ? Dans toutes nos années, dans tous nos voyages, as-tu déjà entendu parler de ça ? »
Damon secoua la tête lentement.
« Non. Jamais. Mais Katherine a l'air de penser que c'est crucial. Que c'est ce qui met Elena en danger. »
« Et elle veut tout lui révéler demain soir. Au bal masqué. Seule à seule. »
« On ne peut pas les laisser seules. »
« Elena a accepté. Et tu la connais. Une fois qu'elle a pris une décision... »
« Elle est aussi têtue qu'un âne. Oui, je sais. »
Mais peut-être que c'est nécessaire. Peut-être qu'Elena a besoin d'entendre la vérité. La vraie vérité. Pas celle filtrée par nous, par nos préjugés, par notre histoire avec Katherine.
« Qu'est-ce qu'on fait si Katherine dit la vérité ? Si elle protège vraiment Elena ? »
Damon le regarda, surpris.
« Tu commences à la croire ? »
« Je ne sais pas. Mais tu as vu son visage quand elle a appris pour Sheila. Ce n'était pas du théâtre, Damon. C'était réel. Katherine a pleuré. Katherine Pierce a montré des émotions réelles. Quand est-ce que ça s'est produit pour la dernière fois ? »
Jamais. Pas depuis 1864. Pas depuis qu'elle nous a transformés et qu'elle est partie.
Damon vida son verre, le posant lourdement sur la table.
« Alors quoi ? On fait confiance à Katherine maintenant ? On oublie cent quarante-cinq ans de mensonges et de manipulation ? »
« Non. Mais on écoute. On observe. Et si elle dit vraiment la vérité, si Elena est vraiment en danger, alors peut-être... peut-être qu'on devra accepter son aide. »
Aussi impensable que cela puisse paraître.
« Tu réalises que c'est de la folie, n'est-ce pas ? »
« Tout est de la folie depuis qu'Elena est entrée dans nos vies. Mais c'est notre folie. Et on la protégera. Peu importe ce que ça coûte. »
Les deux frères se regardèrent, un accord silencieux passant entre eux.
Pour Elena. Toujours pour Elena.
Chapter 34: Conversation tardive
Chapter Text
[Toit de l'immeuble - Mystic Falls - 2h du matin]
Katherine se tenait immobile, regard fixé sur la ville endormie. Sa main caressait la marque à travers le tissu de son épaule—une sensation devenue aussi familière que sa propre peau après quarante-deux ans.
Quarante-deux ans. Depuis cette nuit où Sheila et Lucy avaient risqué leur vie pour briser une malédiction que personne ne pensait pouvoir briser. Depuis sa libération. Depuis que tout avait changé entre eux.
Elle sortit son téléphone. Hésita. Puis composa le numéro—celui qu'elle n'utilisait que rarement. Trop dangereux. Trop révélateur.
Trois sonneries.
« Katerina. » La voix était profonde, teinté d'un accent britannique marqué et d'un grondement animal qui vibrait sous chaque syllabe. « C'est rare que tu m'appelles si tard. À moins que tu ne sois en train de fuir quelqu'un, ce qui, admettons-le, est ta principale occupation.»
Katherine sourit malgré elle.
« Je ne fuis personne pour le moment. Quelle déception pour toi.
« Oh, une déception absolue. J'avais déjà préparé mon discours sarcastique sur tes talents de survivante. Quelle perte. »
En arrière-plan, elle entendit les bruits d'une meute. Des grondements. Des voix qui s'entrecroisaient.
« Tu es avec la meute.
« Perspicace comme toujours. Oui, je suis avec la meute de mon géniteur. En train d'apprendre à être un bon petit loup-garou. C'est... pédagogique. »
Le sarcasme était écrasant. Klaus Mikaelson—l'hybride originel, l'Alpha Véritable—réduit à apprendre les bases de sa nature lupine.
« Pédagogique ? » Elle laissa un sourire teinter sa voix. « Pas frustrant ? Pas humiliant ?
« Oh, tous ces mots et bien d'autres. Mais apparemment, être l'Alpha ne signifie pas automatiquement savoir comment diriger une meute. Qui l'aurait deviné ? »
Elle le vit presque—ce sourire dangereux, les yeux qui auraient brillé d'une lueur dorée.
« Toi, un leader incomplet ? Je suis choquée.
« Ne pousse pas ta chance, love. Je peux toujours décider que ta protection n'est plus nécessaire. »
Aucune menace réelle dans sa voix. C'était leur langage—celui du sarcasme, du jeu, du danger. Quarante-deux ans et ils parlaient toujours comme cela.
« Tu ne le feras pas. Tu m'aimes trop.
« Je te tolère. Nuance capitale. »
Katherine rit doucement, puis elle chassa la légèreté de son ton.
« Mystic Falls. Il y a eu des complications. Un loup-garou. Mason Lockwood.
« Ah oui. Celui qui cherche désespérément une pierre de lune mythique pour briser sa malédiction. Pathétique.
« Je lui ai dit de raconter qu'elle avait disparu. »
Une pause.
« Sage. Très sage. Pas besoin d'une meute entière débarquant pour vérifier. Bien que ce aurait été divertissant. Pour moi. »
« Je lui ai montré la marque. »
Le silence qui suivit était complet. Absolu.
« Tu as montré MA marque ? À un loup ? »
« Il allait se faire tuer par Damon. Sa meute l'aurait appris. Mystic Falls se serait transformé en champ de bataille. Je n'avais pas le choix. »
Klaus soupira—un bruit qui semblait venir des profondeurs de la terre.
« Bien sûr que tu n'avais pas le choix. Et maintenant, chaque loup-garou de cette région sait que Mystic Falls est sous ma protection. Fantastique. Ma réputation de créature mystérieuse vient de s'effondrer. »
« Tu n'as jamais vraiment réussi à rester discret, de toute façon. »
« Touché. » Il y avait presque de la joie dans sa voix. « Alors, comment se porte ta petite ville ? Toujours chaotique ? Toujours remplie de doubles et de drames vampiriques ?
« Les Voyageurs bougent. Je sens leur présence même s'ils restent cachés. Ils la cherchent. Ils cherchent Elena.
« Les Voyageurs. » Un grondement traversa la ligne. « Ces parasites magiques. Mais tu as raison—les Voyageurs et les doubles, c'est une combinaison explosive. Très explosive.
Garde l'œil ouvert, Katerina. Et si tu as besoin que je vienne rappeler à ces créatures pourquoi elles doivent rester enfouies...
« Je te le ferai savoir. Mais il y a quelque chose d'autre. Quelqu'un qui pourrait t'intéresser. »
« Je t'écoute. »
Katherine sourit, pensant déjà à sa réaction.
« Caroline Forbes. Une vampire récemment transformée. Et elle est... extraordinaire. »
« Extraordinaire comment ? Elle a des pouvoirs ? Elle peut voler ? Cracher du feu ?
« Non. Mais elle est vive. Piquante. Vivante, même si elle est morte. Elle a cette énergie, cette détermination. Elle va devenir un vampire remarquable. Je le sens. »
« Vive et piquante. Mes qualités préférées. » Un rire grave. « Bien que si elle est morte, je doute qu'elle soit aussi "vivante" que tu le décris.
« Tu comprends très bien ce que je veux dire.
« Peut-être. Ou peut-être que tu vieillis sentimentalement. Cinq cents ans et maintenant tu t'attaches aux gens. C'est pathétique, love. »
« Oh, tais-toi. Tu es plus vieux que moi et tu es coincé avec une meute à apprendre à hurler correctement à la lune. Qui est le sentimental maintenant ? »
Il rit—un rire authentique cette fois. « Point pour toi. Définitivement un point pour toi. »
Un silence confortable s'installa. Puis sa voix se fit légèrement plus sérieuse.
« Et les Salvatore ? Ont-ils enfin arrêté de te blâmer pour tous leurs malheurs ? Ou continuent-ils leur petite croisade pathétique ?
« Ils progressent. Lentement. Stefan commence à comprendre que peut-être, juste peut-être, je ne suis pas le monstre qu'il a imaginé. Damon, par contre...
« Damon est un cas désespéré. Obsessionnel. Dangereux.
« Mais il aime Elena. Et ça le rend gérable.
« Gérable. » Klaus se moquer doucement. « C'est adorable. Presque aussi adorable que "vive et piquante." »
Katherine prit une inspiration.
« Il y a autre chose, Klaus. Quelque chose de grave. »
« Quoi ? »
« Sheila Bennett est morte. Il y a presque un an. »
Le silence qui suivit était écrasant. Katherine entendait sa respiration s'arrêter, puis reprendre. Quand Klaus parla à nouveau, sa voix était celle d'un prédateur. Glaciale. Furieuse.
« Quoi ? »
« Elle s'est sacrifiée. Pour ouvrir un tombeau. Pour sauver des vampires qui ne le méritaient pas. Ou plutôt... à cause de moi. Ils pensaient que j'y était. »
« Sacrifiée. » Le mot était écorché, presque inarticulation. « Sheila Bennett—celle qui a brisé ma malédiction, qui m'a libéré, qui a risqué sa vie pour moi—est morte en se sacrifiant pour des vampires pathétiques. »
La rage dans sa voix fit frissonner Katherine, même à des kilomètres de distance. C'était la voix de l'hybride. Du prédateur. De celui qui pourrait raser des villes avec ses mains nues.
« Oui. »
« Et Bonnie ? Sa petite-fille ? »
« Elle est seule. Sans mentor. En train de se consommer parce qu'elle ne comprend pas le prix de son pouvoir. »
Un grondement. Profond. Primitif. Dangereux.
« La sorcière Bennett sera protégée. Je le dois à Sheila. Et à Ayana. » Sa voix devint du granite brut. « Sa lignée doit perdurer, Katherine. Tu m'entends ? SA LIGNÉE DOIT PERDURER. »
Ayana. La sorcière qui l'avait connu enfant. Qui avait aimé sa mère. Qui avait protégé sa famille avant que tout s'effondre.
« Je sais. C'est pour ça que j'ai appelé Lucy. Elle viendra entraîner Bonnie. Lui enseigner ce que Sheila n'a pas eu le temps de faire.
« Bien. Bien. » Klaus reprit un contrôle apparent. « Mais si ce n'est pas suffisant, si Bonnie est en danger, tu me l'annonces immédiatement. Comprends-tu ? Si tu as besoin de mon aide, tu m'appelles. »
La sincérité était presque désarmante. Klaus Mikaelson, l'hybride meurtrier, prêt à tout pour protéger une lignée qu'il ne connaissait que par le sang et la gratitude.
« Je te le promets. Mais j'avais pensé à Freya pour l'aider...
« Freya ? » Klaus interrompit avec un rire qui semblait venir de nulle part—moitié amusement, moitié avertissement. « Tu veux envoyer ma super grande sœur entraîner une jeune sorcière inexpérimentée ? Katerina, es-tu devenue folle ?
« En réfléchissant, c'est une mauvaise idée. Elle est trop... comme toi...intense. Elle terroriserait Bonnie.
« Intense ? MOI ? Je suis l'incarnation du contrôle et de la retenue. »
« Tu es l'incarnation du chaos et de la destruction. »
« Aussi. » Un sourire dans sa voix. « Mais oui, Freya est... différente. Elle broierait ta petite Bonnie sans même le vouloir. Lucy est un meilleur choix. »
Mais Katherine entendit ce qui vibraient sous ses mots—la fierté, l'affection profonde pour sa sœur aînée. Ces mille ans d'horreur qu'elle avait traversés, et elle en était sortie encore plus formidable.
« C'est ta super grande sœur, après tout. »
« En effet. Ma super grande sœur qui a survécu à mille ans de cauchemar. Les Bennett sont fortes, mais elle...» Il ne termina pas. Il n'avait pas besoin.
« Alors Lucy suffira. »
« Bien. Maintenant, autre chose avant que je retourne à mon passionnant cours sur comment marquer son territoire ? »
Katherine hésita. Puis, parce qu'elle ne pouvait pas s'en empêcher :
« Des nouvelles d'Elijah ? »
Le silence qui suivit était lourd. Chargé d'une douleur que Klaus n'admettrait jamais.
« Non. Il se cache toujours. Quelque part. Faisant son numéro de noble martyr habituel. »
L'amertume était palpable. Elijah. Son frère. Son autre moitié. Celui qui l'avait laissé seul.
« Il reviendra. Tu sais qu'il reviendra. »
« Peut-être. Ou peut-être qu'il a enfin réalisé que rester loin de moi était la meilleure décision de sa vie. »
C'était un mensonge évident. Klaus voulait qu'Elijah revienne—il en suppliait probablement l'univers chaque nuit. Mais il ne l'admettrait jamais.
« Klaus—
« Non, Katerina. Pas de thérapie. Pas ce soir. Elijah a fait son choix. Je respecte ce choix. Fin de l'histoire. »
Un mensonge. Tout était mensonge. Mais c'était son mensonge à lui, et Katherine le respecterait.
« D'accord. Pas de thérapie. »
« Merci. Maintenant, si nous avons fini avec les mauvaises nouvelles, je dois vraiment retourner à mon cours passionnant sur le hurlement à la lune. C'est apparemment un art que
je n'ai pas encore maîtrisé. »
Katherine sourit. « Amuse-toi bien avec ta meute, Alpha Véritable. »
« Je le ferai. Et toi, profite de tes Salvatore, tes doubles, et ta vampire piquante et vivante. »
« Oh, je le ferai. »
« Katerina ? »
« Oui ? »
« Protège Bonnie Bennett. Protège-la comme Sheila m'a protégé. Comme elle nous a tous protégés. Sa lignée doit survivre. C'est important. »
La sincérité était bouleversante.
« Je te le promets. Sur ma vie. Sur notre amitié. Je la protégerai. »
« Bien. Maintenant dors un peu. Tu as une révélation majeure à faire à ton double. Enfin, si tu peux dormir après cinq cents ans sans une ride. C'est agaçant, tu sais. »
Katherine rit. « Jaloux ? »
« Terriblement. » Un dernier éclat de chaleur dans sa voix. « Bonne nuit, Katerina. Et souviens-toi : si tu as besoin de moi, tu m'appelles. Pour n'importe quoi. Les Voyageurs. Les Bennett. Les loups. N'importe quoi. »
« Je sais. Bonne nuit, Klaus. Et bonne chance avec ta meute. »
« J'en aurai besoin. Ces loups sont épuisants. Au moins, les vampires ont du style. Les loups ont juste... des puces. »
Katherine rit encore, raccrochant avant qu'il ne puisse ajouter autre chose. Elle rangea son téléphone et regarda la ville qui commençait lentement à s'éveiller.
Klaus. Son ami impossible. L'hybride qui devrait la terrifier mais qui était devenu son allié le plus loyal. Quarante-deux ans d'amitié née d'une malédiction brisée et d'une gratitude mutuelle.
Je tiendrai ma promesse, Klaus. Pour Sheila. Pour Ayana. Pour toi. La lignée Bennett perdurera.
***
[Quelque part dans les montagnes - Meute de loups-garous]
Klaus rangea son téléphone. Son expression redevint neutre, impénétrable. Les loups autour de lui—ses loups maintenant—l'observaient avec ce mélange de respect et de crainte qu'ils réservaient à l'Alpha Véritable.
Ansel s'approcha, les yeux perçants. « Tout va bien ? »
« Une amie. Des nouvelles de Mystic Falls. » Klaus regarda les montagnes qui s'étendaient devant lui, pensant déjà à Bonnie Bennett.
« Mystic Falls. Ton lieu de naissance, si je me souviens bien. »
« Oui. Une longue histoire. Une vampire manipulatrice, un double Petrova, une dette vieille de quarante-deux ans. » Klaus sourit à peine. « Les détails habituels. »
Ansel hocha la tête. « Tu as toujours eu un don pour les situations impossibles. »
« C'est un talent, je suppose. » Klaus regarda autour de lui à sa meute—sa meute. Des mots qu'il n'aurait jamais cru prononcer. « Maintenant, où en étions-nous ? Ah oui. Maîtriser cet art crucial du hurlement à la lune. »
Mais même en disant cela, il sentait quelque chose changer en lui. Une connexion nouvelle avec les loups. Avec sa propre nature. Quelque chose qu'il avait réprimé pendant si longtemps qu'il avait oublié son existence.
« Tu y arriveras, » dit Ansel. « Tu es le Véritable Alpha. C'est dans ton sang. Dans ton essence. Tu dois juste le laisser émerger. »
Klaus observa les loups autour de lui—sa meute. Ma meute. Des mots chargés de sens maintenant.
« Bien. Recommençons. Encore une fois. Jusqu'à ce que je maîtrise cette compétence apparemment cruciale du hurlement à la lune. »
Mais dans son esprit, il ne pensait qu'à Sheila Bennett. À la sorcière qui l'avait libéré. Qui lui avait donné une chance d'être plus qu'une abomination maudite.
Sheila est morte. Sacrifiée. Et je ne peux rien y faire.
Mais Bonnie Bennett vivrait. Elle prospérerait. Même de loin. Même en apprenant à hurler correctement. Klaus Mikaelson le garantissait.
Quand il leva enfin la tête vers la lune, le hurlement qui sortit de sa gorge n'était pas celui d'un hybride confus. C'était le cri de l'Alpha Véritable. Un son qui résonna dans les montagnes et fit trembler la terre. Un son qui rappelait à chaque loup-garou sur cette planète pourquoi ils devaient s'incliner.
Parce que Klaus Mikaelson protégeait les siens.
Et personne ne se tenait entre lui et ceux qu'il chérissait.
Chapter 35: La Lignée Bennett
Summary:
Elena et Stefan vivent un moment d’intimité fragile au milieu des tensions surnaturelles et de la menace de Mason Lockwood. Jeremy informe Damon de la recherche de la pierre de lune. Les préparatifs du bal masqué masquent des tensions entre les personnages, et relations familiales mises à l’épreuve, comme avec Caroline et sa mère Liz.
Damon capture et torture Mason pour obtenir des informations, exposant sa cruauté, tandis qu’Elena, Caroline et Bonnie incarnent courage et compassion. La pierre de lune, la malédiction et la hiérarchie surnaturelle convergent dans un affrontement symbolique, où Katherine apparaît protégée par la marque de l’Alpha Véritable, révélant l’existence d’une autorité primordiale sur les loups-garous et assurant la protection d’Elena.
Katherine appelle Klaus pour l’informer des menaces à Mystic Falls et assurer la protection de Bonnie Bennett, choisissant Lucy comme mentor. Elle mentionne Caroline Forbes comme vampire prometteuse. Klaus, avec sa meute, renforce son rôle d’Alpha Véritable, combinant autorité et loyauté. Le passage souligne loyauté, dette intergénérationnelle et protection des siens.
Chapter Text
[Vieille église abandonnée - Mystic Falls - 16h]
Bonnie arriva quelques minutes avant l'heure. L'église se dressait comme un spectre gris contre le ciel qui commençait à virer à l'orange—une relique oubliée, dépourvue de vie, dépourvue de foi. Ses vitraux étaient cassés, ses murs fissurés par le temps et l'abandon.
Elle pensa à Grams. À tous les secrets que sa grand-mère avait gardés. À cette nuit, il y a quarante-deux ans, où elle avait fait quelque chose d'assez important pour que Katherine Pierce elle-même se sente redevable.
Bonnie entra dans l'église, ses pas résonnant sur le sol en pierre. La lumière du jour filtrait par les vitres brisées, dessinant des ombres étranges sur les bancs vides. Elle s'arrêta près de l'autel, incapable de se détendre complètement. La magie vibrait en elle—toujours présente, toujours menaçante, comme un animal en cage attendant de sortir.
Elle entendit le bruit d'une voiture avant de voir la femme.
Lucy Bennett ne se présenta pas. Elle entra simplement dans l'église comme si elle en était propriétaire, ses mouvements fluides, prédateurs. Grande—plus grande que Bonnie—avec une carrure qui parlait de force et de puissance. Elle portait un long manteau noir qui semblait absorber la lumière du jour, et ses cheveux longs tombaient sur ses épaules comme une cascade de nuit.
Mais c'étaient ses yeux qui frappaient vraiment Bonnie. Des yeux noisette profonds, anciens. Il y avait quelque chose en eux qui ressemblait à Katherine—cette intensité froide, ce poids de siècles d'expérience condensés en un seul regard. Sauf que Lucy ne cachait pas cette intensité sous un masque. Elle l'affichait comme une arme.
Lucy s'arrêta à quelques mètres de Bonnie, la jaugeant silencieusement. Son expression était indéchiffrable—ni bienveillante ni hostile. Simplement... évaluatrice.
« Bonnie Bennett. »
La voix était grave, riche, avec des sous-tons du Sud profond. Il y avait une autorité naturelle dans chaque syllabe—pas de doute, pas d'hésitation. Juste une affirmation de fait.
« Vous êtes Lucy. »
Bonnie tenta de garder sa voix stable, mais elle tremblait légèrement. Lucy était exactement le genre de femme à inspirer de la crainte. Pas de la peur vampirique—quelque chose de plus ancien, de plus profond.
« Oui. »
Lucy fit un pas vers Bonnie, puis un autre. Elle ne lui tendait pas la main. Elle n'avait pas l'air de quelqu'un qui faisait des poignées de main. Elle avait l'air de quelqu'un qui prenait ce qu'elle voulait.
« Tu te détruis. »
« Je... J'essaie de contrôler ma magie. »
« Tu ne contrôles rien. »
Le ton n'était pas cruel. C'était pire. C'était factuel. Terriblement, impitoyablement factuel.
« Tu forces. Tu brûles. Tu utilises de la magie comme si c'était une arme au lieu d'un instrument de précision. Et ça te tue, petite. Lentement. Mais sûrement. »
Bonnie sentit quelque chose en elle se resserrer. Lucy voyait exactement ce qu'elle avait toujours essayé de cacher. Cette douleur lancinante chaque fois qu'elle utilisait ses pouvoirs. Cette sensation de brûlure, comme si quelque chose en elle se fissurait légèrement à chaque sort.
« Comment vous... »
« Savez ? »
Lucy la coupa avec un sourire qui n'atteint pas ses yeux. Elle leva sa main, et l'air autour d'elle sembla changer. Bonnie sentit la magie—une magie puissante, contrôlée, presque terrifiante par son exactitude.
« Parce que j'ai vu ça avant. »
Lucy baissa sa main, et la magie disparut comme si elle n'avait jamais existé.
« Il y a quarante-deux ans, j'étais avec Sheila. »
Bonnie retint son souffle.
Lucy s'approcha de la fenêtre, regardant vers la petite ville en bas. Son profil était dur, impénétrable.
« Nous étions jeunes. Nous croyions savoir ce que nous faisions. » Un sourire qui n'était pas vraiment un sourire. « Et tu sais quoi ? Nous avions raison. »
Elle se tourna vers Bonnie.
« Nous avons fait quelque chose que personne ne pensait pouvoir faire. Quelque chose de puissant. Quelque chose qui aurait pu nous tuer si nous avions commis une seule erreur. Mais nous ne l'avons pas fait. »
Lucy s'assit sur un des bancs de l'église, avec la grâce d'une prédatrice.
« La magie nous a accompagnées cette nuit-là. Pas contre nous. Avec nous. Sheila sentait chaque courant, chaque veine de pouvoir. Et moi, je les guidais. Et quelqu'un d'autre... »
Elle hésita, comme si en parler était lourd de signification.
« Quelqu'un d'important nous protégeait. Discrètement. Juste au cas où nous tomberions. »
« Qui ? »
Lucy ne répondit pas directement. Elle se pencha en avant, ses mains jointes.
« Cet homme nous a dit quelque chose après cette nuit. Il nous a dit que une sorcière vit plus longtemps quand elle ne se mêle pas des affaires des vampires. Que c'était une excellente idée de rester loin de tout ça. Que les vampires, c'était des jeux sans fin et des dettes sans cesse renouvelées. »
Elle releva les yeux vers Bonnie.
« Et il nous a dit qu'il avait une dette envers nous. Une dette qu'il n'oublierait jamais. »
Bonnie s'assit également, ses jambes refusant de la soutenir plus longtemps.
« Grams a écouté ce conseil ? »
« Pendant quarante-deux ans, oui. Nous avons vécu loin des vampires. Nous avons prospéré. Nous avons gardé nos distances. »
Lucy se leva et marcha lentement dans l'église.
« Et puis Sheila a entendu un appel. Elena Gilbert. Un double. Une situation qui impliquait des vampires, de la magie ancienne, et des secrets qui auraient dû rester secrets. Et malgré tout ce qu'on lui avait dit, malgré toutes les promesses... »
Sa voix s'adoucit légèrement.
« Sheila ne pouvait pas rester à l'écart. »
« Elle s'est sacrifiée. »
« Oui. Elle a rompu le pacte. Elle s'est mêlée des affaires des vampires. Et elle en a payé le prix. »
Lucy se tourna vers Bonnie, et il y avait quelque chose de brut dans son expression. De la douleur, mais aussi quelque chose d'autre. De la détermination, peut-être.
« Et je refuse que ça t'arrive aussi. »
Bonnie se leva brusquement.
« Attendez. Vous dites que vous allez m'aider ? Ici ? À Mystic Falls ? »
« Oui. »
« Mais Katherine a dit que vous alleriez m'entraîner... je pensais... »
« Tu pensais que tu allais disparaître. Que tu allais être emmenée loin d'ici. » Lucy sourit, et cette fois c'était un vrai sourire—sans chaleur, mais honnête. « C'est ce que Katherine craignait aussi au téléphone. Que je te prenne et que je t'éloigne de tout ce que tu connais. »
« Pourquoi vous ne le faites pas ? »
« Parce que tu dois rester. »
Lucy s'approcha de Bonnie.
« Elena a besoin de toi. Tes amis ont besoin de toi. Et plus important encore, tu dois être là pour voir ce qui se passe. Pour comprendre ce que tu es vraiment. Pas en te cachant quelque part, mais en te tenant debout, ici, avec les yeux ouverts. »
« Je ne comprends pas. »
« Sheila a essayé de m'enseigner quelque chose il y a quarante-deux ans. Elle m'a dit : "Lucy, tu peux courir loin des vampires, mais tu ne peux pas courir loin de ton devoir envers ta lignée. La vraie sagesse n'est pas de fuir. C'est de savoir quand combattre et quand se retirer." »
Lucy s'assit à nouveau, et cette fois elle fit signe à Bonnie de s'asseoir à côté d'elle.
« Je suis ici pour te former. À Mystic Falls. Parce que c'est là que tu dois être. Mais je vais te former à rester sans te brûler. À aider Elena sans te sacrifier. À être une Bennett intelligente, pas une Bennett martyre. »
Bonnie s'assit lentement.
« Comment on fait ça ? Comment on aide sans se sacrifier ? »
« D'abord, tu apprends à respirer. À vraiment respirer. La plupart des sorcières force leur magie. Tu dois apprendre à l'accueillir. À lui permettre de couler à travers toi au lieu de la forcer à obéir. »
Lucy leva sa main. L'air autour d'elle vibra légèrement, mais cette fois c'était doux. Contrôlé. Presque calme.
« Tu vois ? C'est doux. C'est intentionnel. Ce n'est pas une bataille entre toi et ton pouvoir. C'est une danse. »
« Et après ? »
« Après, tu apprends à dire non. Tu apprends que sauver tout le monde n'est pas ton travail. Que tu as le droit d'avoir des limites. Que tu as le droit de protéger ta propre vie aussi. »
Lucy baissa sa main.
« Et ensuite ? »
« Ensuite, tu deviens une sorcière qui vit assez longtemps pour vraiment faire une différence. Pas une qui se sacrifie sur l'autel de la compassion. »
Bonnie regarda autour d'elle dans l'église vide.
« Ça va être difficile ? »
« Terribles. »
« Vous allez me faire du mal ? »
« Je vais t'enseigner. Ce n'est pas la même chose. »
Lucy se leva.
« Je vais rester à Mystic Falls aussi longtemps qu'il faudra. Un mois. Six mois. Un an. Ça dépend de toi et de ta volonté d'apprendre. On va commencer demain, après le bal. Tu auras besoin de temps pour traiter ce qui se passe ce soir. »
« Comment vous savez pour le bal ? »
« Katherine m'a tout raconté. »
Lucy se dirigea vers la porte, puis s'arrêta sans se retourner.
« Et Bonnie ? Sheila voulait que tu vives longtemps. Que tu vives bien. Je suis ici pour m'assurer que c'est ce qui se passe. Même si ça signifie te faire souffrir un peu en chemin. »
Elle disparut dans le crépuscule.
Bonnie resta seule dans l'église vide, sentant pour la première fois depuis la mort de sa grand-mère que peut-être, juste peut-être, elle ne serait pas seule dans ce qui venait.
Chapter 36: Une histoire
Chapter Text
[Manoir des Lockwood - Bal Masqué - 19h30]
La demeure des Lockwood brillait de mille feux. Des lampions dorés serpentaient le long de l'allée, et la musique classique flottait dans l'air frais d'octobre.
Katherine Pierce se tenait près de l'entrée, observant la foule avec l'aisance de quelqu'un qui avait survécu à cinq cents ans de bals. Son masque vénitien noir et or encadrait son visage, lui donnant un air à la fois mystérieux et dangereux. Sa robe rouge sang épousait ses formes avec une élégance mortelle.
Elle balaya la foule du regard, cherchant Elena. Et elle la trouva presque immédiatement - Elena près de l'escalier, visiblement nerveuse, Caroline à ses côtés.
Katherine s'avança, sa démarche fluide attirant les regards. Plusieurs invités s'écartèrent instinctivement.
Mais avant qu'elle ne puisse rejoindre Elena, elle les sentit. Damon et Stefan. Stefan se tenait près d'Elena, Damon était positionné stratégiquement dans la salle.
Katherine continua, s'approchant d'Elena.
« Bonsoir, Elena. Tu es ravissante ce soir. Le blanc te va bien. Innocent. Pur. »
Elena la regarda.
« Katherine. Tu es venue. »
« Bien sûr que je suis venue. J'ai dit que je le ferais. »
Son regard glissa vers Stefan et Damon.
Caroline s'avança légèrement « Katherine. Contente de te voir ici. »
Katherine sourit, amusée.
« Caroline. »
« Tu es nouvelle ? »
Toutes les têtes se tournèrent. Lucy Bennett se tenait à quelques mètres, une coupe de champagne à la main. Elle portait une robe émeraude simple mais élégante, et son masque doré ne cachait que partiellement son visage. Ses yeux, d'un brun profond, scrutaient Caroline avec une intensité glaciale qui fit frissonner plusieurs personnes à proximité.
Bonnie apparut derrière elle, visiblement surprise.
« Lucy ? Qu'est-ce que vous faites ici ? Je pensais que vous détestiez ce genre d'événement. »
Lucy ne quitta pas Caroline des yeux.
« Je déteste. Mais quand Katherine Pierce m'invite personnellement en me disant qu'il y aura quelqu'un qui m'intéresserait, je deviens curieuse. »
Katherine souriait avec une satisfaction évidente.
Lucy s'approcha de Caroline lentement, son mouvement prédateur. Caroline recula instinctivement, mal à l'aise sous ce regard qui semblait la disséquer.
« Bonjour. On se connaît ? »
« Non. Mais tu es nouvelle vampire, n'est-ce pas ? »
« Oui. Depuis quelques semaines. Pourquoi ? »
Lucy tourna autour d'elle lentement, comme une prédatrice jaugeant sa proie.
« Et tu peux te contrôler ? Après seulement quelques semaines ? »
« Oui. C'est pas si difficile quand on sait ce qu'on fait. »
Lucy s'arrêta devant elle, ses yeux noisette impénétrables.
« Pas si difficile ? La plupart des nouveaux vampires mettent des années. Toi, tu le fais en quelques semaines. »
Elle attendit, son silence étant une pression. Caroline sentit les regards se tourner vers elle.
« Humaine, j'étais une casse-pieds névrosée qui voulait tout contrôler. Ça a ses avantages maintenant. »
Lucy hocha la tête lentement, un sourire dur apparaissant sur ses lèvres—pas chaleureux, mais reconnaisseur.
« Intéressant. Tu tiens bon. C'est rare. »
Elle se tourna vers Katherine, puis revint à Caroline.
« Je commence à comprendre pourquoi Katherine vous apprécie. »
Bonnie s'approcha, confuse.
« Attendez, Katherine a organisé ça ? »
Katherine hocha la tête.
« Lucy a besoin de quelqu'un qui la comprenne. Caroline a besoin de quelqu'un qui la mette en perspective. C'est logique. »
Lucy prit une gorgée de champagne, ses yeux toujours sur Caroline.
« Toujours en train de jouer les entremetteuses, Katherine ? »
« Le plaisir de voir des gens intéressants se rencontrer. C'est si rare. »
Elena s'avança légèrement, ramenant l'attention sur elle.
« Katherine, tu voulais me parler. En privé. »
Katherine hocha la tête, son expression redevenant sérieuse.
« Oui. On va marcher ? »
Elles commencèrent à se diriger vers les jardins. Katherine s'arrêta, se retournant légèrement vers Damon et Stefan.
« Les deux crétins écoutent, mais tant pis. Au moins, ils seront peut-être attentifs aux dangers. »
Stefan fit un pas en avant, mais Caroline le retint d'un geste.
Caroline murmura à Bonnie, assez bas pour que seuls les vampires puissent entendre :
« Reste près de moi. Je vais écouter et te répéter ce qu'elles disent. »
Bonnie hocha la tête.
Lucy, au lieu de les suivre, s'assit simplement sur l'une des chaises du hall, son verre à la main, ses yeux suivant Katherine et Elena jusqu'aux jardins. Elle ne dit rien, ne fit aucun geste. Elle était simplement présente—une présence froide, observatrice, menaçante dans sa tranquillité.
Elle savait. Elle savait toujours.
***
[Parc des Lockwood - Allée principale - 19h45]
Katherine et Elena marchèrent en silence pendant quelques minutes, s'éloignant de la foule. Le parc était magnifiquement éclairé, des lanternes suspendues aux arbres créant une atmosphère féerique.
Katherine s'arrêta près d'un vieux chêne, se retournant vers Elena. Son masque était toujours en place, mais ses yeux étaient visibles, vulnérables d'une manière inattendue.
« Je vais te raconter une vieille histoire, Elena. Celle des Voyageurs. »
Elena fronça les sourcils.
« Les Voyageurs ? Qui sont-ils ? »
« Ils étaient de ma lignée. Mon clan. Tes ancêtres. »
Le silence qui suivait était lourd. Dans l'ombre des arbres, Damon et Stefan écoutaient, réalisant que quelque chose d'énorme était sur le point d'être révélé.
Caroline, près de l'entrée du parc, murmurait chaque mot à Bonnie, ses yeux vampiriques captant chaque nuance.
Et ailleurs dans le bal, Lucy Bennett restait assise, immobile, regardant vers les jardins. Elle savait déjà. Elle savait toujours.
« Et leur histoire est la raison pour laquelle tu existes, Elena. La raison pour laquelle nous nous ressemblons. Et la raison pour laquelle tu es en danger. »
La vérité. Crue. Terrifiante. Inévitable.
Chapter 37: 2000 ans d'histoire
Chapter Text
Katherine prit une profonde inspiration, son regard se perdant dans l'obscurité du parc comme si elle voyait à travers les siècles.
« Les Voyageurs sont une très ancienne communauté. Si ancienne que la plupart des sorcières aujourd'hui ne savent même pas qu'ils existent. Ils étaient là il y a deux mille ans, dans la Grèce antique. Experts dans la possession d'esprit. Des maîtres de cette magie particulière et terrifiante. »
Elena frissonna malgré elle. Deux mille ans. Une communauté qui existait avant même que le monde moderne ne commence à prendre forme.
« Leurs deux membres les plus puissants étaient Qetsiyah et Silas. Ensemble, ils ont créé le tout premier sort d'immortalité. »
« Le premier sort d'immortalité ? Avant les vampires ? »
Katherine hocha la tête. « Bien avant. Ce sort fut utilisé par Silas... et par Amara, une femme que Silas aimait. Mais Qetsiyah aimait Silas. Quand elle a découvert qu'il avait utilisé leur sort pour devenir immortel avec une autre femme, elle est devenue folle de rage et de chagrin. »
L'amour. Toujours l'amour. La source de toute destruction.
Katherine se tourna vers Elena, ses yeux brillants dans la pénombre. « À la suite de ce sort, les Voyageurs ont tué Qetsiyah. Et ils ont enfermé Amara dans un lieu où elle ne pourrait jamais être retrouvée. Pour la punir. Pour punir Silas à travers elle. »
Elena porta une main à sa bouche. « Ils l'ont enfermée ? Vivante ? Immortelle ? »
« Oui. Immortelle. Incapable de mourir. Incapable de s'échapper. Pendant deux mille ans, Elena. Imagine ça. Deux mille ans de solitude absolue. »
L'horreur. La véritable horreur. Pas la mort. Mais l'immortalité dans l'isolement.
« C'est monstrueux. »
« C'est ce que font les Voyageurs. C'est ce qu'ils sont. Mais leur action a eu des conséquences qu'ils n'avaient pas prévues. »
Katherine marqua une pause, comme si les mots suivants étaient difficiles à prononcer.
« Ces Voyageurs ont créé une séparation dans leur communauté. Une division si profonde qu'elle a entraîné la naissance d'un nouveau groupe. Les sorcières. »
La naissance de la magie telle que nous la connaissons aujourd'hui. Née d'une trahison. D'une division.
« Les sorcières viennent des Voyageurs ? »
« Oui. Et dès leur séparation, les sorcières ont tenté de tenir les Voyageurs à l'écart. De les affaiblir. De leur faire perdre leur puissance. Elles leur ont jeté une Malédiction. Une malédiction terrible qui les empêche de se sédentariser. »
Elena fronça les sourcils, confuse. « Une malédiction qui les empêche de s'installer ? »
« Depuis ce jour, à chaque fois que ce peuple essaye de s'installer dans une ville, de créer un foyer, de construire une communauté stable, ils sont frappés par de terribles fléaux. Maladies. Catastrophes naturelles. Morts inexplicables. Tout ce qui peut les détruire s'abat sur eux. »
Condamnés à errer éternellement. Sans foyer. Sans repos. Sans paix.
« C'est horrible. Ils ne peuvent jamais avoir de chez-eux ? »
« Non. Jamais. Mais les Voyageurs sont intelligents. Patients. Ils ont trouvé un moyen de se réunir malgré la malédiction. Ils ont créé un sort leur permettant de posséder des êtres humains, devenant ainsi des passagers dans le corps d'autres personnes. »
Des parasites. C'est ce qu'ils sont devenus. Des parasites magiques vivant dans les corps d'innocents.
Elena recula légèrement. « Ils possèdent des gens ? Ils volent leurs corps ? »
« Oui. Et le pire, c'est qu'ils peuvent le faire sans que personne ne s'en aperçoive. Ils sont discrets. Patients. Ils attendent. Ils planifient. Et quand le moment est venu, ils frappent. »
Un silence lourd s'installa. Elena essayait de digérer ces informations, son esprit tournant à toute vitesse.
« Mais qu'est-ce que tout ça a à voir avec moi ? Avec nous ? »
Katherine la regarda intensément, et Elena vit quelque chose de douloureux dans ses yeux.
« Il existe une ancienne prophétie. Une prophétie que les Voyageurs gardent précieusement depuis deux mille ans. Elle dit que le sang des deux derniers doubles permettrait de briser les sorts lancés par les sorcières. De rompre la malédiction jetée sur leur peuple. »
Les deux derniers doubles. Nous. Notre sang. Notre mort, probablement.
Elena sentit son sang se glacer. « Les deux derniers doubles ? Tu veux dire... toi et moi ? »
Katherine secoua la tête lentement. « Non, Elena. Pas nous exactement. Mais nos lignées. Les doubles de Silas et d'Amara. »
Elle marqua une pause, laissant l'information s'installer.
« Les doubles représentent la nature qui a tenté de s'équilibrer. Après la création du premier sort d'immortalité, la nature a cherché à corriger ce déséquilibre. Elle a créé des mortels qui porteraient les visages de Silas et d'Amara. Des ancres à la mortalité. Des rappels que tout doit mourir. »
La nature. Toujours en quête d'équilibre. Toujours en train de corriger. De compenser.
« Combien... combien de doubles y a-t-il eu ? »
« Au début, on pensait qu'un double naissait tous les cinq cents ans. Mais en réalité, c'est plutôt tous les cent ans. Ça fait deux mille ans que notre visage est reproduit, Elena. Deux mille ans que le visage d'Amara revient, encore et encore. Et le visage de Silas aussi. »
Deux mille ans de copies. De reproductions. De visages identiques nés et morts, encore et encore.
Elena sentit ses jambes se dérober sous elle. Caroline, écoutant depuis l'entrée du parc, murmura rapidement à Bonnie, qui blêmit.
« Le visage de Silas... à quoi ressemble-t-il ? »
Katherine soupira profondément, comme si la réponse lui coûtait. « À Stefan. »
Le silence qui suivit était assourdissant. Elena entendit un bruit sourd dans les buissons—probablement Stefan lui-même, sous le choc.
« Stefan est... Stefan est un double de Silas ? »
« Oui. Pas le dernier, cependant. Il y en a un autre. Un humain, quelque part dans le monde. Mais Stefan est un double. Et toi aussi, tu es un double d'Amara. »
Elena porta les mains à son visage. « Alors tout ce que Stefan et moi avons... ce n'est pas réel ? »
La question qui brûlait. Qui détruisait. La question qui changeait tout.
Katherine s'avança rapidement, prenant les mains d'Elena dans les siennes. Le geste était si inhabituel, si humain venant d'elle, qu'Elena leva les yeux, surprise.
« Si, c'est réel, Elena. »
« Mais comment ? Si nous sommes juste des copies... »
« Écoute-moi. Est-ce que ça influence vos sentiments ? Probablement. C'est ce que Stefan représente pour toi qui compte. Et ce que tu représentes pour lui. Ce n'est pas le visage. C'est ce qu'il y a derrière. »
La vérité. La seule vérité qui compte vraiment.
Elena secoua la tête, les larmes coulant maintenant librement. « Je suis juste une version de toi qui ne le quittera pas. »
Une copie. Une reproduction. Pas moi. Jamais vraiment moi.
Katherine soupira profondément, et quelque chose de douloureux passa sur son visage.
« Je ne pense pas que ce soit vrai. Pas pour Stefan en tout cas. Il t'a peut-être remarquée à cause de moi, au début. Mais ce sont nos différences qui l'ont fait t'aimer, Elena. Pas nos ressemblances. Toi, tu es bonne. Pure. Tu vois le meilleur dans les gens. Moi, je vois le pire. Toi, tu crois en l'amour. Moi, j'ai passé cinq cents ans à fuir l'amour. Ce sont ces différences qui ont fait qu'il est tombé amoureux de toi, pas notre visage identique. »
La vérité. Même si elle me coûte de l'admettre.
Elena la regarda, cherchant le mensonge, la manipulation. Mais elle ne vit que de la sincérité.
« Tu es sûre que ce n'est pas juste à cause du visage ? Que ce n'est pas juste parce que la nature nous pousse ensemble ? »
Katherine hésita, puis murmura si doucement qu'Elena dut tendre l'oreille. « Si c'était le cas, je serais tombée amoureuse de lui véritablement. »
La confession. Celle que je n'ai jamais faite à personne.
« Mais tu l'as aimé. N'est-ce pas ? »
« Je l'ai aimé, oui. Il comptait pour moi. Lui et Damon. Mais je n'étais pas amoureuse d'eux. Pas comme... »
Elle s'arrêta brusquement, comme si elle avait failli en dire trop.
« Peu importe. Le fait est que Stefan n'a pas pu me faire oublier un autre homme. Ni lui ni Damon. Si le visage était suffisant pour créer un amour véritable, j'aurais dû tomber éperdument amoureuse de Stefan. Mais ce n'est pas arrivé. »
Parce qu'il y avait déjà quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui occupait chaque pensée. Chaque rêve.
Elena observait Katherine avec une nouvelle compréhension. « Tu as aimé quelqu'un d'autre. Quelqu'un que tu aimes toujours. »
Katherine détourna le regard. « Ce que je ressens ou ne ressens pas n'est pas important. Ce qui est important, c'est que tu comprennes que tes sentiments pour Stefan sont réels. Aussi réels que peuvent l'être des sentiments. Le visage peut avoir attiré son attention. Mais c'est ton âme qui a capturé son cœur. »
Katherine soupira, la douleur évidente dans sa voix. « Ce que je regrette le plus, c'est de les avoir séparés. Stefan et Damon. Ils étaient frères. Proches. Ils s'aimaient vraiment. Et je les ai détruits. Je les ai séparés. J'ai transformé leur amour fraternel en haine. Et ça, je ne me le pardonnerai jamais. »
La vérité. La culpabilité qui me ronge depuis cent quarante-cinq ans.
Elle regarda Elena directement, ses yeux brillants de larmes contenues. « Damon était différent avant moi. Plus doux. Naïf. Sensible. Il me rappelait un peu moi, en fait. Celle que j'étais avant de devenir un vampire. Avant que la peur ne me transforme en ce que je suis aujourd'hui. »
Damon. Le doux Damon qui croyait en l'amour. Que j'ai transformé en monstre obsessionnel.
« Tu l'as changé. »
« Oui. Et pas en mieux. Je l'ai brisé. J'ai brisé sa capacité à faire confiance, à aimer sainement. Et Stefan... j'ai brisé sa capacité à voir le bien en Damon. Je les ai tous les deux détruits. Et c'est ça ma plus grande honte. Pas ce que j'ai fait à d'autres vampires. Pas les gens que j'ai tués. Mais ces deux frères que j'ai séparés par égoïsme et par peur. »
La confession. La vraie. Celle que je n'ai jamais osé faire à voix haute.
Le silence qui suivit était lourd, chargé d'émotion. Dans l'ombre, Stefan et Damon écoutaient, immobiles, digérant ces mots qu'ils n'avaient jamais pensé entendre de Katherine.
« Mais pourquoi me dis-tu tout ça maintenant ? Les Voyageurs, les doubles, Silas et Amara... pourquoi maintenant ? »
Katherine se redressa, son masque de protection se remettant partiellement en place.
« Parce que c'est un Voyageur qui a attaqué et tué Caroline. »
La bombe. La raison de tout.
Caroline, qui écoutait depuis l'entrée du parc, sentit son sang se glacer. Bonnie, à ses côtés, laissa échapper un hoquet de surprise.
« Quoi ? »
« La nuit où Caroline a été tuée. Ce n'était pas un accident. Ce n'était pas un vampire errant. C'était un Voyageur. Ils sont ici, Elena. En éclaireurs. Ils te cherchent. Ils cherchent les doubles. Ils cherchent le sang qui brisera leur malédiction. »
La vérité. Terrifiante. Inévitable.
Elena recula, la peur envahissant ses traits. « Ils veulent mon sang ? »
« Ils veulent ton sang et celui d'un double de Silas. Pour briser la malédiction. Pour retrouver leur pouvoir. Pour se venger des sorcières qui les ont condamnés à errer pendant deux mille ans. »
« Mais Stefan... »
« Stefan est en danger aussi. Ainsi que le dernier double humain, où qu'il soit. Les Voyageurs ne s'arrêteront pas. Ils sont patients. Déterminés. Et ils ont attendu deux mille ans. Quelques années de plus ne sont rien pour eux. »
Deux mille ans de patience. Deux mille ans de planification. Et maintenant, ils sont prêts à agir.
Elena sentit ses jambes trembler. « Qu'est-ce qu'on fait ? Comment on les arrête ? »
« On ne les arrête pas. Pas directement. Mais on peut se protéger. On peut les empêcher de t'atteindre. C'est pour ça que je suis revenue. C'est pour ça que j'ai invoqué la protection. Parce que les Voyageurs sont dangereux, mais ils ne sont pas stupides. Ils ne défieront pas un être aussi puissant. »
La protection. La seule chose qui peut tenir les Voyageurs à distance. Pour l'instant.
« Mais pour combien de temps ? Combien de temps avant qu'ils trouvent un moyen de contourner cette protection ? »
Katherine la regarda avec une honnêteté brutale. « Je ne sais pas. Peut-être des années. Peut-être des mois. Mais je te promets une chose, Elena. Tant que je serai en vie, je ferai tout pour te protéger. Parce que tu es ma lignée. Mon sang. Et parce que... »
Elle s'arrêta, cherchant les mots.
« Parce que tu mérites de vivre heureuse. De vivre humaine. De ne pas être sacrifiée pour une prophétie vieille de deux mille ans. »
La vérité. La seule vérité qui compte pour moi maintenant.
Elena sentit les larmes couler à nouveau, mais cette fois, ce n'était pas de peur. C'était de gratitude. De compréhension.
« Merci, Katherine. Pour tout. »
Katherine hocha la tête, son expression s'adoucissant. « De rien, petite double. Maintenant, retournons au bal avant que les frères Salvatore ne décident de débarquer et de ruiner ce moment avec leurs questions pathétiques et leur besoin compulsif de tout contrôler. »
Typique. Toujours typique.
Elena rit malgré elle, essuyant ses larmes. « Ils écoutent toujours, n'est-ce pas ? »
« Évidemment. Ils sont prévisibles comme la pluie. Mais au moins, maintenant, ils savent. Ils savent ce qui se passe. Et peut-être, juste peut-être, ils arrêteront de me traiter comme la méchante de service et commenceront à voir le vrai danger. »
Les Voyageurs. Le vrai danger. Celui que personne ne voit venir.
Elles commencèrent à marcher vers le manoir, leurs silhouettes se fondant dans l'obscurité du parc. Mais avant qu'elles n'atteignent la sortie, Elena s'arrêta.
« Katherine ? »
Katherine se retourna. « Oui ? »
« Cet homme. Celui que tu aimes. Celui que ni Stefan ni Damon n'ont pu te faire oublier. Est-ce qu'il le sait ? »
Katherine resta silencieuse pendant un long moment, son expression indéchiffrable.
« Oui. Il le sait. Ou du moins je pense qu'il le sait. J'espère. »
« Et ? »
« Et rien. C'est impossible. Ça l'a toujours été. Mais parfois, l'impossible est ce qui rend la vie supportable. L'espoir, même futile, est ce qui nous garde en vie. »
L'espoir. Mon seul réconfort. Mon seul poison.
Chapter 38: Les Héritiers du Sang
Chapter Text
[Entrée du parc - En même temps]
Caroline murmurait rapidement à Bonnie chaque mot qu'elle entendait, ses mains tremblant légèrement.
« Un Voyageur m'a tuée. C'était pas un accident. C'était ciblé. C'était... »
Bonnie prit sa main, la serrant fort. « On va les arrêter, Care. Je te le promets. On va les arrêter. »
Mais comment ? Comment arrête-t-on des êtres qui existent depuis deux mille ans ?
Lucy, qui avait écouté en silence, posa une main sur l'épaule de Caroline.
« Les Voyageurs sont dangereux. Mais ils ne sont pas invincibles. Et maintenant que nous savons qu'ils sont ici, nous pouvons nous préparer. »
Caroline la regarda, cherchant du réconfort. « Tu les connais ? »
« Je connais leurs légendes. Leurs histoires. Et je sais qu'ils craignent certaines choses. Notamment les lignées de sorcières puissantes. Les Bennett, par exemple. »
Bonnie sentit un frisson la parcourir. « Ils craignent les Bennett ? »
« Oui. Parce que les Bennett descendent directement des sorcières qui les ont maudits. Notre magie est leur antithèse. Et s'ils sont ici, s'ils sont en éclaireurs, c'est en partie parce qu'ils veulent s'assurer qu'aucune Bennett ne se dresse sur leur chemin. »
Nous sommes leur ennemi naturel. Leur contrepoids. Et ils le savent.
Bonnie recula légèrement. « Alors ils vont venir après moi aussi ? »
Lucy hocha la tête gravement. « Probablement. C'est pour ça que je suis là. Pour t'entraîner. Pour faire de toi une menace qu'ils ne peuvent pas ignorer. Une Bennett si puissante qu'ils n'oseront pas t'affronter. »
La vérité. Terrifiante mais nécessaire.
Caroline serra la main de Bonnie plus fort. « Alors on s'entraîne. On devient plus fortes. Toutes les deux. »
Bonnie hocha la tête, la détermination remplaçant la peur. « Oui. On devient plus fortes. »
Et dans l'ombre du parc, trois femmes—une vampire, une sorcière, et une mentore—se tinrent ensemble, unies face à la menace invisible qui planait sur Mystic Falls.
***
[Parc des Lockwood - Allée principale - 20h15]
Le silence qui avait suivi les révélations de Katherine fut brisé par sa voix, plus douce maintenant, presque professorale.
Katherine se tourna vers l'entrée du parc, sachant parfaitement que Bonnie écoutait à travers Caroline. « En réalité, Bonnie, les Bennett descendent de Qetsiyah. »
La vérité. La connexion ancestrale. Celle qui explique tout.
Caroline s'arrêta net, ses yeux s'écarquillant. Elle murmura rapidement à Bonnie, qui chancela sous le choc de cette révélation.
Bonnie, d'une voix étranglée que seuls les vampires pouvaient entendre. « Quoi ? »
Katherine continua, sachant que sa voix portait jusqu'à eux. « Qetsiyah était la plus puissante sorcière de son époque. Peut-être la plus puissante sorcière qui ait jamais existé. Et tu es son héritière directe, Bonnie Bennett. C'est pour ça que ta magie est si forte. Si dangereuse. Si ancienne. Tu ne descends pas simplement d'une lignée de sorcières. Tu descends de la Première. »
La Première. Celle qui a créé l'immortalité. Celle qui a façonné la magie telle que nous la connaissons.
Lucy, près de Caroline et Bonnie, ferma les yeux, comme si elle avait toujours su cette vérité mais n'avait jamais osé la prononcer à voix haute.
Lucy murmura à Bonnie. « C'est pour ça que Sheila était si puissante. C'est pour ça que toi, tu es si puissante. Nous portons le sang de Qetsiyah dans nos veines. »
« Et toi également Lucy, tu es une Bennett » dit Katherine.
Bonnie sentit ses jambes trembler. Qetsiyah. La sorcière qui a créé l'immortalité. Mon ancêtre. Mon sang.
***
[Parc des Lockwood - Allée principale - 20h30]
Une silhouette émergea de l'ombre des arbres. Stefan. Son masque était toujours en place, mais son expression était celle d'un homme qui venait de voir son monde s'effondrer.
Stefan s'avança vers Katherine et Elena, sa voix rauque. « Je suis un double ? »
La question. Celle qui change tout. Celle qui détruit tout ce que je pensais savoir sur moi-même.
Katherine se tourna vers lui, son expression impossible à déchiffrer. Elle hocha lentement la tête.
« Tu le savais ? Quand on s'est rencontrés ? Tu savais que j'étais un double de Silas ? »
La trahison. La manipulation. Comme toujours avec Katherine.
Mais Katherine secoua la tête fermement, et quelque chose dans ses yeux ressemblait presque à de la douleur.
« Non, Stefan. Je ne le savais pas. »
Stefan s'arrêta, décontenancé. « Quoi ? »
« Je l'ai su uniquement quand j'ai rencontré Amara. Il y a quarante-deux ans. »
Quarante-deux ans. Le moment où tout a changé. Avec Klaus. Avec Sheila.
Elena s'avança, sa voix tremblante. « Tu as rencontré Amara ? La vraie Amara ? Celle qui a été enfermée pendant deux mille ans ? »
Katherine hocha la tête, son regard se perdant dans le passé. « Oui. Elle est libre maintenant. Mais protégée. Très protégée. Personne ne peut l'atteindre sans passer par... »
Elle s'arrêta, refusant de révéler trop. Sans passer par Klaus. Sans affronter l'Alpha Véritable. Sans signer son arrêt de mort.
Stefan. « Libre ? Comment est-elle libre ? »
« C'est une longue histoire. Une histoire qui ne vous concerne pas. Ce qui vous concerne, c'est qu'elle est en sécurité. Et qu'elle m'a appris la vérité sur les doubles. Sur ce que nous sommes vraiment. »
Stefan la fixait intensément. « Pourquoi ne pas l'avoir dit a ton retour ?. »
Katherine le regarda avec une honnêteté brutale. « Qu'est-ce que ça aurait changé, Stefan ? Te dire que tu étais un double ? Que ton visage n'était pas vraiment le tien ? Que tu étais une copie d'un homme qui avait vécu il y a deux mille ans ? »
Elle marqua une pause, observant son expression.
« Tu m'aurais cru ? Alors que tu ne me croyais même pas sur le fait que je voulais juste protéger Elena ? Et puis si tu m'avais cru, Stefan, ça aurait changé quoi ? Ça t'aurait aidé ? Ou ça t'aurait juste détruit ? »
La vérité. Parfois, le silence est plus miséricordieux que les mots.
Stefan ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun son ne sortit. Parce qu'elle avait raison.
Elena prit la main de Stefan. « Katherine a raison. Savoir plus tôt n'aurait fait que te faire du mal. Ça ne change rien à qui tu es vraiment, Stefan. »
Mais Stefan secoua la tête, se dégageant doucement. « Ça change tout, Elena. Tout ce que je pensais savoir sur moi-même... c'est un mensonge. Je ne suis même pas vraiment moi. Je suis juste une copie. Une reproduction. Un double. »
Une copie. Rien d'original. Rien d'unique.
Katherine s'avança, sa voix plus douce qu'elle ne l'avait jamais été avec Stefan. « Tu es toi-même, Stefan. Le visage peut être celui de Silas, mais l'âme est la tienne. Les choix sont les tiens. La bonté en toi, c'est toi. Pas Silas. Toi. »
La vérité. Celle que j'aurais dû lui dire il y a longtemps.
Stefan la regarda, cherchant le mensonge. Mais il ne vit que de la sincérité. Et ça le désarçonna plus que n'importe quoi d'autre.
Une autre silhouette émergea de l'ombre. Damon. Son expression était indéchiffrable, mais ses yeux brillaient d'une émotion qu'il essayait de cacher.
Damon s'approcha lentement, s'arrêtant à quelques mètres de Katherine. « Amara. Elle est vraiment libre ? »
« Oui. »
« Et elle est... comment ? »
Katherine ferma les yeux, comme si le souvenir était douloureux. « Brisée. Détruite. Mais vivante. Elle est une humaine immortelle, Damon. Qetsiyah l'a transformée en quelque chose de pire que la mort. »
Pire que la mort. L'immortalité sans échappatoire.
Elena. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »
Katherine ouvrit les yeux, et ils brillaient de larmes contenues. « Qetsiyah a fait d'elle l'ancre de l'autre côté. Chaque fois qu'un être surnaturel meurt—vampire, loup-garou, sorcière—il passe par elle. À travers elle. Et elle ressent leur mort. Leur douleur. Leur agonie. »
L'horreur absolue. La punition ultime.
Le silence qui suivit était assourdissant. Elena porta une main à sa bouche, horrifiée. Stefan recula. Damon ferma les yeux.
Katherine continua, sa voix tremblante. « Elle ressent ça depuis deux mille ans. Chaque mort. Chaque agonie. Chaque moment de terreur quand un être surnaturel passe de ce monde à l'autre. Ça traverse son corps. Son âme. Et elle ne peut pas mourir. Elle ne peut pas s'échapper. Elle est immortelle. Condamnée à ressentir la mort de milliards d'êtres pour l'éternité. »
La vraie horreur. Pas la mort. Mais l'immortalité dans la souffrance.
Elena sentit les larmes couler. « C'est monstrueux. Comment Qetsiyah a pu faire ça ? »
« Parce qu'elle aimait Silas. Et qu'il l'a trahie. L'amour transformé en haine est la force la plus destructrice de l'univers. Et Qetsiyah a transformé son amour en la vengeance la plus cruelle qu'on puisse imaginer. »
L'amour. Toujours l'amour. La source de toute destruction.
Stefan. « Et Amara... elle est comme ça depuis quarante-deux ans ? Libre mais toujours l'ancre ? »
Katherine secoua la tête. « Non. Quand je l'ai rencontrée, elle était toujours enfermée. Mais ensuite... quelque chose s'est passé. Quelqu'un l'a libérée. Quelqu'un de très puissant. »
Klaus. Il l'a libérée. Pour moi. Parce que je lui ai demandé.
Damon. « Qui ? Qui est assez puissant pour libérer quelqu'un que les Voyageurs ont enfermé pendant deux mille ans ? »
Mais Katherine secoua la tête fermement. « Ça ne vous regarde pas. Ce qui vous regarde, c'est qu'Amara est protégée maintenant. Tout comme Elena. Tout comme vous tous, si les Voyageurs décident de venir ici. »
La protection. La seule chose qui tient les Voyageurs à distance.
Le silence retomba, lourd et inconfortable. Damon regardait Katherine avec une expression que personne ne pouvait déchiffrer. Puis, sa voix à peine audible.
Damon. « On a vraiment compté pour toi ? »
La question. Celle qu'il n'a jamais osé poser. Celle qui le ronge depuis cent quarante-cinq ans.
Katherine se tourna vers lui, et pour la première fois depuis leur retrouvailles, elle le regarda vraiment. Sans masque. Sans protection. Juste Katherine et Damon, comme ils l'avaient été il y a si longtemps.
« Oui. »
La vérité. Simple. Honnête. Douloureuse.
Damon. « Alors pourquoi ? Pourquoi partir ? Pourquoi nous laisser croire que tu étais morte ? »
Katherine ferma les yeux, la douleur évidente sur son visage. « Parce que j'étais en fuite. Parce que je ne pouvais pas vous entraîner dans mon cauchemar. Parce que j'avais peur, Damon. Et parce que... »
Elle ouvrit les yeux, le regardant directement.
« Parce que ce que je ressentais pour toi n'était pas ce que tu voulais que je ressente. Et j'en suis désolée. »
La vérité. Celle qui va le détruire. Mais c'est la seule vérité que je peux lui donner.
Damon. « Qu'est-ce que ça veut dire ? »
Katherine prit une profonde inspiration. « Ça veut dire que oui, vous avez compté pour moi. Toi et Stefan. Vous m'avez rendue heureuse à un moment où je ne pensais plus pouvoir l'être. Vous m'avez fait sentir en sécurité quand je ne l'étais nulle part ailleurs. Vous m'avez fait rire. Vous m'avez fait sentir humaine. »
La vérité. Celle que j'ai enfouie pendant cent quarante-cinq ans.
Elle marqua une pause, cherchant les mots justes.
« Mais ce n'était pas de l'amour. Pas comme tu l'aurais voulu, Damon. C'était de l'affection. De la tendresse. Du soin. Mais ce n'était pas l'amour dévorant, consumant, total que tu voulais. Et j'en suis désolée. Vraiment désolée. »
Parce que tu méritais mieux. Tu méritais quelqu'un qui t'aimerait comme tu voulais être aimé.
Damon la fixait, son expression oscillant entre la colère, la douleur et quelque chose qui ressemblait presque à du soulagement.
Damon. « Tu aurais pu me le dire. À l'époque. Tu aurais pu être honnête. »
Katherine. « Et tu m'aurais laissée partir ? Sans te battre ? Sans essayer de me convaincre ? Sans te détruire pour essayer de gagner mon amour ? »
La vérité. Il se serait détruit.
Damon ouvrit la bouche pour protester, puis la referma. Parce qu'elle avait raison.
« Et moi ? Qu'est-ce que j'étais pour toi ? »
Katherine se tourna vers lui, son expression s'adoucissant légèrement. « Tu étais mon refuge, Stefan. Mon havre de paix. Quand j'étais avec toi, je pouvais oublier la peur. Oublier la fuite. Oublier tout ce qui me poursuivait. Tu étais bon. Pur. Et j'ai cru, pendant un moment, que je pouvais être comme toi. Que je pouvais être bonne aussi. »
Mais je ne pouvais pas. Parce que la bonté exige un sacrifice que je ne pouvais pas faire.
« Mais tu ne m'as jamais aimé. Vraiment aimé. »
Katherine hésita, puis secoua lentement la tête. « Non. Pas comme tu le méritais. Je t'ai aimé, Stefan. Mais pas de la façon dont tu voulais être aimé. Et je m'en excuse. »
L'honnêteté. Brutale. Déchirante. Mais nécessaire.
Le silence qui suivit était absolu. Damon et Stefan se regardèrent, et pour la première fois depuis des décennies, ils virent la même chose dans les yeux de l'autre. La même douleur. La même trahison. Mais aussi, étrangement, le même soulagement.
Parce que maintenant, ils savent. Ils ne peuvent plus se mentir.
Elena s'avança, prenant la main de Stefan. « Katherine a raison. Ce qu'elle ressentait ou ne ressentait pas n'importe plus. Ce qui importe, c'est ce que vous ressentez maintenant.
Ce que vous êtes maintenant. Pas ce que vous étiez il y a cent quarante-cinq ans. »
La sagesse. De la part de quelqu'un qui a dix-sept ans.
Damon regarda Elena, puis Stefan, puis Katherine. Une expression étrange passa sur son visage—quelque chose entre le soulagement et la résignation.
« Alors c'est tout ? Cent quarante-cinq ans d'obsession pour rien ? »
« Pas pour rien, Damon. Pour la vérité. Et maintenant que tu la connais, tu peux enfin avancer. Tu peux enfin lâcher prise. »
Lâcher prise. Le cadeau que je ne pouvais pas lui donner vivante.
Damon rit amèrement. « Lâcher prise. Facile à dire. Difficile à faire. »
« Je sais. Crois-moi, je sais. »
Parce que je ne peux pas lâcher prise non plus. Pas de Klaus. Pas de l'impossible.
Stefan s'avança vers Katherine, son expression plus douce maintenant. « Merci. Pour l'honnêteté. Enfin. »
Katherine hocha la tête. « De rien. C'était le moins que je puisse faire. »
Après cent quarante-cinq ans de mensonges.
Caroline, Bonnie et Lucy émergèrent lentement de l'entrée du parc, s'approchant du groupe. Caroline tenait toujours la main de Bonnie, qui paraissait sous le choc.
Bonnie, sa voix tremblante. « Je descends de Qetsiyah. La sorcière qui a créé l'immortalité. Qui a transformé Amara en ancre. Qui a détruit des vies. »
Katherine se tourna vers elle, son expression devenant sérieuse. « Tu descends de la sorcière la plus puissante qui ait jamais existé. Ce qu'elle a fait—le bien et le mal—ne te définit pas. Ce qui te définit, c'est ce que tu fais de ce pouvoir. Comment tu choisis de l'utiliser. »
Le choix. Toujours le choix. C'est la seule chose qui nous appartient vraiment.
Lucy posa une main sur l'épaule de Bonnie. « Katherine a raison. Qetsiyah était puissante, mais elle a laissé son amour la détruire. Tu peux choisir différemment. Tu peux être différente. »
Bonnie hocha lentement la tête, essayant d'intégrer cette nouvelle réalité. « Je ne serai pas comme elle. Je ne laisserai pas mon pouvoir me détruire. Ou détruire ceux que j'aime. »
La détermination. La force. C'est ce qui fait d'elle une vraie Bennett.
Katherine sourit légèrement. « Bien. Maintenant, je suggère qu'on retourne tous au bal avant que les gens ne commencent à se demander pourquoi la moitié des invités ont disparu dans le parc. »
Le masque. De retour. Protecteur. Nécessaire.
« Et les Voyageurs ? Qu'est-ce qu'on fait ? » demanda Elena.
« On reste vigilants. On se protège. Et on attend qu'ils fassent leur prochain mouvement. Parce qu'ils le feront. C'est inévitable. Mais au moins, maintenant, nous savons qui ils sont. Ce qu'ils veulent. Et nous pouvons nous préparer. » dit Katherine.
La guerre. Silencieuse. Invisible. Mais inévitable.
Damon. « Et Amara ? Elle est vraiment en sécurité ? »
Katherine hocha la tête. « Aussi en sécurité qu'elle peut l'être. Elle est protégée par quelqu'un que même les Voyageurs n'oseraient pas défier. »
Klaus. Mon ami impossible. Mon allié. Mon secret.
« Qui ? Qui est assez puissant pour protéger l'ancre de l'autre côté ? » demanda Stefan.
Mais Katherine secoua la tête fermement. « Ça ne vous regarde pas. Ce qui vous regarde, c'est de protéger Elena. De protéger Bonnie. Et de rester en vie assez longtemps pour que je puisse enfin prendre des vacances loin de Mystic Falls. »
L'humour. Mon mécanisme de défense. Toujours.
Damon rit malgré lui. « Des vacances ? Toi ? Où irais-tu ? En enfer ? »
« Probablement. Mais au moins, l'enfer est prévisible. Mystic Falls, par contre... » dit Katherine.
Imprévisible. Dangereux. Mais étrangement, c'est devenu un foyer.
Le groupe commença à marcher vers le manoir, leurs silhouettes se fondant dans l'obscurité du parc. Mais avant qu'ils n'atteignent l'entrée, Katherine s'arrêta une dernière fois.
Katherine, sans se retourner. « Et Damon ? Stefan ? »
Les deux frères s'arrêtèrent, se tournant vers elle.
« Je suis désolée. Vraiment désolée. Pour tout. Pour vous avoir séparés. Pour vous avoir fait du mal. Pour n'avoir pas été ce que vous vouliez que je sois. Mais j'espère qu'un jour, vous pourrez me pardonner. Pas pour moi. Mais pour vous. Pour que vous puissiez enfin être libres. »
Le pardon. Pas pour moi. Mais pour eux. Pour qu'ils puissent guérir.
Et sans attendre de réponse, Katherine disparut dans l'obscurité, laissant derrière elle deux frères, une double, une sorcière, une vampire et une mentor, tous unis par une vérité qui changerait tout.
Les Voyageurs étaient là.
Et la guerre silencieuse venait de commencer.
