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Next to you - Forcebook

Summary:

Parfois, la lumière des projecteurs ne suffit pas à éclairer les zones d'ombre.

Book vit sous le regard de milliers de fans, mais c'est un autre regard, anonyme et malveillant, qui commence à l'étouffer. Au milieu de cette traque dont il ne saisit pas les règles, une présence s'impose à ses côtés : Force. Officiellement, il est là pour gérer la sécurité. Officieusement, personne ne sait vraiment qui il est.

Dans un monde où chaque image est contrôlée, la vérité est le secret le plus difficile à protéger.

 

⚠️ Disclaimer :
Cette histoire est une œuvre de pure fiction. Bien que les noms et l'apparence de certains acteurs soient utilisés, les personnages, les situations et les événements décrits sont totalement imaginaires. Cette œuvre ne reflète en aucun cas la réalité, la vie privée ou la personnalité des personnes réelles citées. Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure coïncidence.

Notes:

Avertissement (Disclaimer) : Cette œuvre est une fiction totale. Bien que j'utilise les noms et l'apparence de Force et Book, les personnages et les situations sont purement imaginaires. Cette histoire ne reflète en rien la réalité de leur vie privée ou de leur personnalité ; j'emprunte simplement leurs traits pour les besoins de ce récit.

(See the end of the work for more notes.)

Chapter 1: Out of Control

Chapter Text

Book arriva devant le cinéma en gardant la tête baissée. Il devait retrouver un ami pour la séance.
Blouson fermé jusqu’au menton, capuche relevée, casquette enfoncée sur le front, masque et lunettes dissimulant la moitié de son visage. Il avançait, les mains dans les poches, sans regarder personne, espérant simplement passer inaperçu.
Il avait choisi cet endroit exprès.
Un cinéma un peu perdu, loin des grands centres, une séance en pleine semaine, en fin de matinée. L’heure parfaite pour être tranquille. Du moins, il l’espérait.

Son téléphone vibra.

“ Je suis en retard, désolé. Commence sans moi. “

Book soupira doucement.
Il n’était pas surpris.

Il répondit rapidement, rangea son téléphone et se dirigea seul vers le hall.

À l’intérieur, l’odeur du popcorn et le murmure des conversations l’accueillirent. Book récupéra son billet rapidement, évitant le contact visuel, puis se dirigea vers la salle. Bizarrement, être assis dans le noir, avant même que le film commence, lui semblait soudain bien plus rassurant que d’attendre dans le hall.
Les bandes-annonces défilaient déjà à l’écran. La lumière n’était pas encore totalement éteinte, juste assez tamisée pour que les visages restent flous..
Il choisit un siège un peu sur le côté, ni trop près de l’écran ni trop au centre. Assez discret. Il s’affala contre le dossier, relâchant enfin un peu ses épaules. Autour de lui, quelques personnes s’installaient : des couples chuchotant, un petit groupe d’amis qui riaient doucement, des inconnus absorbés par leur téléphone. Personne ne faisait attention à lui. Du moins, c’était l’impression qu’il avait.

Book inspira profondément. Puis expira.

Enfin.

Il baissa légèrement la tête, joua machinalement avec la fermeture de sa veste. Le film allait commencer. Il se surprit même à l’attendre avec impatience, deux heures où il n’aurait rien à faire, rien à être, personne à regarder.
Ces derniers temps, c’était devenu rare. Tout lui semblait pesant.

Il était chanteur.
Habitué à la célébrité, aux fans, aux sourires forcés, aux photos volées. Pendant longtemps, ça avait été supportable.
Mais plus maintenant.
Des regards insistants, des messages étranges, des informations personnelles qui circulaient sans qu’il ne comprenne comment. Des photos privées. Des détails de sa vie qu’il n’avait jamais partagés publiquement. Il changeait de téléphone trop souvent, surveillait ses réseaux, faisait attention à chaque sortie. Être célèbre avait toujours été compliqué… mais là, c’était différent. Plus oppressant. Plus angoissant.

Ce matin-là, pourtant, il voulait croire que tout ça restait dehors.
Que ce lieu désert était un refuge.
Ici, personne ne le reconnaîtrait.
Ici, il pouvait être tranquille.

Il se laissa aller contre le dossier, ferma brièvement les yeux, bercé par le bruit des bandes-annonces et les murmures étouffés.

“ — Excuse-moi.

La voix le fit sursauter.

Book tourna légèrement la tête. Un homme se tenait là, debout, à côté de son siège.

Pas très grand, plus petit que lui. Une silhouette menue. Il semblait calme, presque trop calme, mais un léger éclat d’excitation brillait dans ses yeux. On devinait qu’il était heureux de le voir. Un petit sourire flottait sur ses lèvres, et sa voix trahissait une petite nervosité, comme s’il se retenait de trop montrer son enthousiasme.
Des petites lunettes sur le nez, des cheveux bruns, des vêtements simples mais bien choisis. Bien coiffé. Rien de particulier.

— Tu es… Book Kasidet, c’est bien ça ?

Avant même que Book n’ait le temps de répondre, l’homme s’assit à côté de lui.
Trop près.

Book se raidit aussitôt. Son dos se colla davantage au dossier, son corps s’inclina presque immédiatement vers la gauche, cherchant instinctivement à créer de la distance. Pourquoi s’asseoir ? Il aurait très bien pu rester debout. Pourquoi là. Pourquoi maintenant.

— Oui… c’est moi, répondit-il après une seconde. Il baissa légèrement la voix. Mais j’aimerais être tranquille, si possible.
L’homme sembla aussitôt se confondre en excuses.

— Oh, pardon, vraiment désolé ! Je voulais pas te déranger, je… je suis juste un grand fan. J’adore ce que tu fais, tes chansons, ta voix… tout.
Book esquissa ce sourire qu’il réservait aux fans, poli, maîtrisé, un peu figé.

— Merci, c’est gentil.

À l’intérieur, pourtant, l’agacement montait.
Ce n’était pas le lieu. Pas le moment. Pas l’endroit pour ça.
Le regard de l’homme changea alors. Subtilement. L’excitation contenue était là, plus perceptible. Un éclat espiègle dans ses yeux, presque impatient, comme s’il avait préparé ce moment depuis longtemps.

— J’ai quelque chose pour toi. Un cadeau !

Book fronça légèrement les sourcils.

L’homme sortit une petite boîte et la lui tendit, sourire aux lèvres.

— Tiens.

Un cadeau… ici, maintenant ? Comment aurait-il pu savoir qu’il serait là.

Il sentit son pouls s’accélérer, mais il se força à rester calme. Ses yeux ne quittèrent pas ceux de l'inconnu, scrutant la moindre de ses expressions.
Ce n'était pas juste un fan enthousiaste devant lui, il le savait. Quelque chose clochait, et cette certitude rendait chaque seconde plus étouffante.
Il respira profondément avant d’ouvrir la boîte. Ses doigts tremblaient légèrement, sa poitrine se serrait. Lorsqu’il souleva le couvercle, le sang se glaça dans ses veines.

À l’intérieur, nichée comme si elle avait attendu ce moment, se trouvait une peluche de renard. Basique, douce, presque enfantine. Pourtant, rien dans cette apparence innocente ne le rassura.
Ce renard… il ramenait des souvenirs qu’il aurait voulu oublier. Son ex avait eu l’habitude de lui offrir des petits animaux, à l’époque, il trouvait ça mignon, presque amusant. Il aimait leur douceur, le côté réconfortant, le geste tendre derrière chaque cadeau. Mais ce qui aurait dû rester un petit plaisir innocent avait viré au cauchemar. Des photos, des audios… des moments intimes enregistrés sans qu’il ne s’en rende compte… avaient fuité. Et le jouet, lui, avait été le symbole involontaire de cette trahison. Chaque fois qu’il le voyait, il revivait la sensation d’être observé, jugé, exposé.
Depuis, il ne supportait plus ces objets. Même les plus anodins, ceux qu’on offrirait à un enfant, éveillaient une gêne, un malaise profond. Ils lui rappelaient la perte de contrôle, l’humiliation, cette intimité violée, et le regard de ceux qui avaient profité de ce scandale. Une simple peluche suffisait à le faire trembler, à lui serrer la gorge.
Et maintenant… ce présent empoisonné était là, dans la boîte, offert par un inconnu dans une salle de cinéma presque vide. La sueur perla sur sa nuque, son regard resta rivé à l’objet. Pourquoi… pourquoi lui offrir ça ? Tout le monde savait, après ce scandale médiatique, que ce genre de cadeau avait un poids particulier pour lui. Si c’était vraiment un fan sincère, il n’aurait jamais pensé à lui offrir quelque chose d’aussi personnel, d’aussi… révélateur. Pourtant, cette figurine rousse était là, comme si quelqu’un voulait qu’il se souvienne de tout, qu’il ressente à nouveau le malaise, l’humiliation, la perte de contrôle.

Chaque souvenir refoulé remontait d’un coup à la surface, et avec lui, le sentiment étouffant de danger, de manipulation.
Book sentit son corps se raidir dans le siège, ses mains agrippant la boîte comme si cela pouvait le protéger. Il savait, il le sentait. Quelque chose n’allait pas. La peluche n’était pas innocente. Le sourire poli qu’il adressa à l’homme qui se tenait à côté de lui était forcé, nerveux, tandis qu’il essayait de garder un semblant de calme.
Book sentit son souffle se bloquer un instant, comme si son cœur refusait de battre normalement. Ses doigts se desserrèrent, laissant la boîte tomber lourdement au sol, tandis qu’il se leva d’un bond, le corps crispé. Ses yeux balayèrent le cinéma presque vide, cherchant un indice, un signe, quelqu’un. La lumière de l'écran créait des ombres déformées sur les sièges. Tout était immobile. Trop silencieux.
Il respira rapidement, essayant de calmer sa panique, mais l’angoisse montait comme un feu sourd dans sa poitrine.
Il était pris au piège. Il le savait. Tout dans la situation criait qu’il y avait quelque chose de dangereux derrière ce geste, et il n’avait aucun contrôle. Aucune idée de ce qui allait se passer, ni de la manière dont cela pourrait se dérouler.

Le silence entre deux bandes-annonces parut durer une éternité. L'homme n'avait pas bougé d'un millimètre. Son sourire, autrefois simplement enthousiaste, semblait maintenant figé, malsain.

— Tu ne dis rien, Book ? murmura l'homme. Sa voix avait perdu sa nervosité. Elle te plaît, n'est-ce pas ? Je l’ai choisie car je sais que tu les aimes.

Book sentit un frisson de dégoût lui parcourir l'échine. Il fit un pas en arrière dans la rangée, mais son bassin heurta violemment l'accoudoir du siège suivant. Il était coincé. L’homme s'engouffra aussitôt dans l'espace, envahissant son périmètre vital jusqu'à ce que Book sente la chaleur du souffle de l'inconnu sur son visage.

— Ne t'en va pas, reprit l'homme, le regard fixe. On n'a pas fini de discuter.

Avant que Book puisse esquiver, la main de l'inconnu s'abattit sur son poignet. Ses doigts étaient fins, mais sa poigne était étonnamment forte. Le choc électrique de ce contact physique tira Book de sa torpeur. La panique qui le paralysait se transforma en un instant de survie pur.

— Lâche-moi ! s'écria Book en tentant de dégager son bras d'un coup sec.
Il se débattit, reculant avec force.

Il refusait de le suivre. Il refusait de se laisser entraîner. Mais l’homme ne lâchait rien. Au contraire, il s’agrippa au blouson de Book, le tirant vers lui avec une force maladive, son visage à quelques centimètres du sien.

— Ne fais pas l'enfant, Book ! disait-il, d’un ton menaçant. Tu sais que je suis le seul à te comprendre... Viens avec moi, maintenant !

L’homme bouillonnait de rage. Ce refus, cette résistance, ce n’était pas prévu dans son scénario. Son expression se fissura, laissant place à une grimace de haine. Devant l'obstination de Book qui continuait de lutter, l’homme lâcha un juron. Dans un mouvement vif, il plongea la main dans sa veste.

Un frottement sourd, celui du métal glissant contre le tissu épais, se fit entendre. Puis, un claquement sec.
Le bruit métallique d'une lame résonna plus fort que la bande-annonce. Book se figea net. La pointe d'un couteau brillait à quelques centimètres de sa gorge.

— J'ai dit : tu viens avec moi, répéta l’homme, la voix tremblante de fureur.

Le froid de l'acier contre sa peau fit monter une sueur glacée sur le front de Book. Il ne parvenait plus à respirer.
Ses yeux s'écarquillèrent, balayant frénétiquement l'obscurité de la salle. Il chercha une silhouette, un mouvement, n'importe quoi dans les rangées d'ombre derrière l'homme. Son regard fouilla chaque recoin sombre, chaque espace entre les sièges, mais il ne voyait rien. Les gradins n'étaient qu'une masse noire, immobile et silencieuse. Personne. Il était tout seul.
La panique l'envahit totalement, une terreur qui lui sciait les jambes. L’homme resserra sa poigne sur son poignet, le tirant brusquement vers lui pour le forcer à avancer. La lame pressa un peu plus sa gorge. L'air manquait. Ses poumons brûlaient.

Dans un dernier élan de survie, il tourna la tête vers le fond de la salle et hurla de toutes ses forces, d'une voix déchirée par la peur :

— FORCE ! FORCE, AIDE-MOI ! ”