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Les Damnés d'Alysia

Summary:

Fanfic canon-divergent des légendaires. Commence durant l'ellipse séparant le tome 10 (La Marque du Destin) du tome 11 (Versus Inferno).

Chapter 1: Retour à Lovinah

Chapter Text

 

La route était en côte, mais le girawa ralentissait à peine. Ténébris tenait les reines. C’était la première fois qu’elle se rendait à Lovinah, mais la route était heureusement assez simple pour l’instant, pour la suite. Gryf n’était d’ailleurs pas très loquace, pour une fois. Pas étonnant après ce qu’ils avaient vécu un mois plus tôt. Après la perte de son meilleur ami, sa blessure… Ténébris non plus n’était pas bavarde. S’il y avait des mots capables de réconforter le jaguarian, elle ne les connaissait pas tout comme il n’y avait probablement pas de mots pour la consoler d’avoir perdu son père une fois de plus. Si quelqu’un avait pu, ça aurait été Korbo. Mais Korbo non plus ne parlait plus. Ou seulement de stratégie, de pouvoir, de pistes… Et même dessus il restait vague. Il avait dit vouloir du temps seul avec ses livres. Allait-il y trouver une solution pour vaincre Anathos ? Probablement pas, mais si ça lui permettait de faire autre chose que déprimer, pourquoi pas !

Gryf, lui, avait voulu aller à Jaguarys. Ça avait été sa seule obsession depuis qu’il s’était réveillé. Et Ténébris étant la seule à ne pas être blessée, c’était naturellement à elle de l’accompagner. Mais elle doutait de plus en plus de la pertinence de cette décision. À chaque pas du girawa, il semblait se retenir de gémir de douleur, parfois, il n’y arrivais pas, alors il cherchait un moyen de le tourner en blague… Mais il devenait clair qu’il aurait du rester à l’hôpital. Ténébris espérait qu’au moins il ne lui claque pas dans les bras.

 

La fumée d’un village apparut au loin. Selon la carte, il se nommait Folacha. Le plan de départ était de ne s’arrêter à aucune ville, mais Ténébris allait devoir aller seule prendre contact avec les jaguarians afin de procurer un nouveau Katseye à Gryf, sans quoi il risquerait une crise de chakounia s’ils allaient plus loin. C’était déjà prévu, mais ça partait du principe que Gryf pourrait se débrouiller seul en montagne. Vu son état, Ténébris ne voulait pas le laisser dans la nature.

Ils arrivaient par le versant Est de Lovinah plutôt que par le sud, afin d’éviter Souledge City et ses envions, Gryf ayant évoqué leur mésaventure de l’autre fois… Mais ils ne savaient pas si les locaux partageraient la haine de leurs voisins à l’égard des jaguarians. Au cas où, Gryf du mettre sa capuche, tout comme Ténébris qui ne voulait pas non plus être reconnue. Mais cette précaution ne semblait pas si nécessaire que ça finalement : Une statue de Jaguarian trônait au centre du village.

Après avoir laissé Gryf dans une chambre de l’auberge, Ténébris demanda au patron :

«Quel est le personnage sur la statue de la place centrale ?

-Le jaguarian ? Il n’a pas vraiment de nom, mais il renvoi à une vieille histoire locale.

-Quelle histoire ?

- Il y a longtemps, les jaguarians venaient souvent près du village pour faire du commerce avec nous. S’étaient des chasseurs. Ils vendaient du milkshark, du yakibou… Surtout la fourrure des yakibous. Ils achetaient nos produits agricoles et du sel. La plupart des tribus jaguarians sont parties il y bien des siècles, dans un endroit lointain hors de la portée des humains… Mais la dernière tribu ne les a rejoins qu’il y a soixante ans.

-Soixante ans ?

-Oui, pendant la dernière guerre Larbo-Rymarienne. Lovinah était officiellement dans le royaume de Larbos depuis longtemps, mais du fait de notre relative isolation, la politique ne nous atteignait pas trop. Mais avec la guerre, c’était différent. Ils voulaient lever des troupes dans chaque ville, dans chaque village. ET ce n’est pas tout : Ils voulaient aussi recruter les jaguarians. C’était la période où Larbos était prêt à tolérer, voir à financer tous les mercenaires, brigands ou pirates tant qu’ils faisaient plus de dégâts à Rymar que chez nous. Et justement, c’est une de ces bandes de brigands qui ont été chargés de rassembler tous les combattants non-humains. La guerre est finie, mais ces brigands hantent toujours nos montagnes.

-C’est étrange. J’ai entendu parler d’un village appelé Souledge City où ils tenaient un discours différent.

-Pfff, n’écoutez pas ce que disent ces crétins ! Je doute qu’ils aient jamais croisé un jaguarian. La dernière tribu était déjà partie quand ce village a été fondé par des Orobanais, venu chercher de l’antimag, car on en avait trouvé un peu dans la montagne. Puis quand la dernière mine a été épuisée pour de bon, ceux qui ne sont pas retournés à Oroban se sont mis à l’élevage. Mais les histoires de jaguarian les ont toujours terrorisés. Dès qu’un des leurs n’est pas fichu de garder toutes ses bêtes, il crie au jaguarian !

-Je vois… Merci pour l’info !»

Des tribus jaguarian en dehors de Jaguarys il y a seulement soixante ans ? C'était du nouveau, il faudrait en reparler à Gryf. 

Bon, le déguisement semblait avoir marché, autrement le vieux aurait eu du mal à cacher son enthousiasme à la vue de Gryf. Et même s’il l’avait repéré, il ne s’en prendrait pas à lui. Ce dernier ne montrait pas de symptôme de chakounia, pas de trace de jaguarian à proximité alors. Ténébris pouvait partir tranquille. Elle savait qu’elle ne trouverait pas Jaguarys elle-même, mais elle n’en avait pas besoin. Il lui suffisait d’arpenter le territoire que les jaguarians surveille.

Elle finit par atteindre une sorte de pyramide creuse, comme celle dont Gryf lui avait parlée. Elle y entra et y déposa une lettre avec le message suivant :

« Gryf est à Folacha. Il revient à Jaguarys. Besoin d’un Katseye. Je reviendrais demain. »

… Même pour un message écrit, Ténébris ne se sentait pas bavarde.

Sortant de la pyramide, elle se demanda si elle était observée. Elle espérait que oui. Qu’ils iraient voir ce qu’elle faisait dans ces ruines et qu’ils iraient vérifier. C’était la seule solution. Ça, où amener Gryf et le laisser faire sa crise de Chakounia en espérant qu’ils viennent le soigner, mais cette idée ne rassurait pas Ténébris. Non pas qu’elle avait peur pour sa propre sûreté, au contraire ! Affronter un Gryf à son sommet, assez fort pour terrasser tout le reste de l’équipe, ou pour battre Skroa d’un seul coup ? Ça ce serait un défi digne d’elle ! Mais justement, Gryf n’était pas à son sommet, et elle craignait qu’une crise n’aggrave son état.

Alors, elle enfourcha son girawa et retourna vers le légendaire, espérant que son état n’ait pas empiré entre-temps.