Actions

Work Header

Mai

Summary:

"J’aimerai tellement attendre une réponse, j’aimerai tellement te dire de m’écrire encore et encore, chaque instant, chaque jour...Mais c’est impossible, j’en suis incapable.

Ne m’écrit pas, Ne m’aime plus, sois Libre et sois Toi."

Notes:

La derniere fic de Farfadet_eclair m'a donné envie d'écrire du Terraink..

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Cher Thomas, 

Tes yeux me manquent. 

Je sais que tu ne les trouves pas particulier, mais j’y voyais tant de choses, tant d’envies et d’affection. J’aimerai tant que ton regard me brûle la peau à nouveau, j’aimerai avoir l’impression d’être contemplé et pas seulement vu. 

Il ne fait pas beau à Tours, mais Paris ne doit pas être bien mieux. Les rues sont silencieuses, les feuilles mortes et les gens transparents, alors que l’automne est loin derrière. L’été arrive bientôt, mais comment profiter du soleil si son reflet ne brille pas dans tes boucles brunes ? 

Mes rêves aussi ont perdu en valeur, sans toi. Encore plus qu’avant notre rencontre, n’est ce pas fou ? Je ne vois plus - mes yeux entendent ta voix, ma bouche se remémore ton odeur et mes mains se rappellent du goût de tes lèvres.

J’ai parfois l’impression de t’avoir offert ma liberté ; mon amour pour le vent, le soleil et la pluie. J’ai mal, mal de la distance et de tout ce silence qui m’entoure ; il y a 10 mois encore c’est tes bras qui entouraient mon corps, ton sourire qui retenait mon cœur.

J’ai peur de grandir sans toi, j’ai peur de grandir.

J’ai peur d’oublier nos souvenirs d’été, j’ai peur d’oublier les champs et le pré.

J’aimerai me fondre dans le papier, que mon amour se dilue avec l’encre. Liras-tu cette lettre en entendant les réminiscences de ma voix ? Liras-tu cette lettre en pensant vraiment à moi, Thomas ? 

Si seulement le monde était vide ; vide de vie et de sens, vide des autres et de conscience. Juste ta peau et la mienne, juste ton rire contre l’oreiller et tes paumes sur mes bras. Sais-tu combien je paierais pour ça ? 

Les gens sont si compliqués, pourquoi penses-tu à eux ? Pourquoi penses-tu à tes parents et à tes amis ? Nous pourrions partir, nous pourrions mourir. Loin des enfers, et sûrement loin du paradis, mais près de moi. Ne veux-tu pas être près de moi ? Les filles ont fondu à mes yeux. Les garçons aussi. Il n’y a plus que toi et le battements de ton cœur, pendant cette dernière nuit d'août. 

Il n’y a plus que ça.

Mais m’aimes-tu ? Moi oui, encore plus que la pluie, encore plus que l’été que l’on a passé, et encore plus que la vie. J’espère que tu arriveras un jour à me lire. 

J'espère que tu arriveras un jour. 

J’ai encore ton livre. Pourquoi me l’a tu offert ? Il me fait si mal ! J’ai parfois envie de le brûler, mais mon cœur s’occupe déjà à ça. J’ai l’impression de ne plus me comprendre Thomas, ne plus me connaitre, mais je ne me connaissais déjà pas avant pourtant. 

Je me regarde parfois dans le miroir et je ne m’y vois pas - Seulement les lèvres que tu as embrassées, seulement les yeux que tu as complimenté, seulement  les joues que tu as caressé...Ou suis-je, si je ne suis pas avec toi ? Où es-tu, Toi ? Ou as-tu emporté l’été, les mots et le cœur que l’on a partagés ?

Pourquoi voir la mer, si je ne peux pas t’attraper la main pour plonger ensemble...

Écris moi, Aime moi, Ne m’oublie pas.

 

D.



                          ***



Cher Damien, 

je n’eu d’yeux que pour toi l’été dernier, et ça n’a toujours pas changé. Je suis heureux qu’ils te plaisent tant, mais devrais-je ?

Ta lettre me fait peur tu sais, t’ai-je vraiment volé ton éclat ? Je ne devrais pas te répondre Damien...et si quelqu’un tombait sur mon texte ? et si ma sœur me trouvait stylo à la main ? J’ai peur moi aussi, tu le sais. J’ai peur de te faire du mal, j’ai peur de leurs regards, j’ai peur d’être trop, par rapport à ce que je vaut vraiment. Mais je t’écris quand même - je t’aime quand même...

Te rappelles-tu du toit ? Les moniteurs avaient annoncé le couvre feu l’heure passée, et pourtant c’est bien toi qui toquait à ma fenêtre, c’est bien toi qui me faisait courir dans les couloirs, sur le sable, dans l’eau..

C’est toi qui est monté vers l’interdit et qui m’a tendu la main pour te rejoindre.

J’ai toujours trouvé tes mains délicates, plus que les miennes. J’ai toujours trouvé que tes bagues leur allaient bien. Tu les avaient enlevés, lorsque nous étions dans ton lit...Tu les enlevaient toujours, pour me tenir et me toucher. Pourquoi ? Je savais sûrement déjà que je te volais quelque chose, là-bas. M’en veux-tu ?

Il faisait chaud ce jour là, le noir de la nuit me faisait pourtant frissonner. Le bruit des vagues aussi. Tu m’as parlé des étoiles, tu m’as parlé de la tienne. Tu m’as parlé de tes rêves, tu m’as parlé de briser ses chaînes. Tu m’as parlé du soleil, du vent et de la pluie, et d’à quel point tu les aimes. Je ne peux pas croire que tout ça a disparu pour toi, je ne peux pas croire que j’ai compté plus que tout ça.

C’est cette nuit-là que je suis tombé amoureux.

Quand la lune a pris place dans le bleu reflet de tes yeux.

Quand j’ai ressenti ce que ça faisait d’être libre, heureux.

Quand je t’ai entendu dire qu’il faut vivre, au lieu de conter aux étoiles ses vœux.

Je t’ai offert mon livre parce que tu m’as offert mille fois plus. Mille fois plus beau, mille fois plus important, mille fois plus déchirant. Je ne t’en voudrais pas, si tu le brûlait. Il est à toi. Comme tout ce qui s’est passé en juillet, comme tout ce qu’il s’est passé en août, comme tout ce qu’il s’est passé après. 

J’aimerai tellement attendre une réponse, j’aimerai tellement te dire de m’écrire encore et encore, chaque instant, chaque jour...Mais c’est impossible, j’en suis incapable. J’aimerais ne pas avoir peur, être courageux comme tu m’as l’a appris dans ce camp...Mais je ne suis qu’un bon élève face aux copies et aux tableaux - pas face aux autres, pas face à ma famille, pas face à moi même.

On se reverra peut être un jour ? Je suis sûre que tu n’as pas changé. Je l’ai vu dans tes yeux, je l’ai vu dans tes larmes du dernier jour - tu es tellements de choses à la fois, tellement d’idées, tellement de vie - tellement tout qu’il n’y a rien d’autre que toi, rien que tu n’es pas déjà et que tu pourrais devenir.

Continue de rêver, Damien. Ça te rend plus beau que n’importe qui. 

Je continuerai de me rappeler, à défaut de t’écrire. Je penserais à toi en regardant la mer, en montant sur les toits, et en écoutant le vent. 

Ne m’écrit pas, Ne m’aime plus, sois Libre et sois Toi.



T.

Notes:

Je trouve que j'ai plutot bien écrit sur celle-ci #Happy

Comme d'hab' les kudos et les commentaires font plaisirs, merci d'avance !!