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Ta main dans la mienne

Summary:

Dazai se figea brusquement. Lentement, il déposa la tête de Chuuya sur sa cuisse, pour observer la main qui avait soutenue la tête de son ancien partenaire.

Elle était couverte de sang.

Tout à coup, il se retrouva quatre ans en arrière. Lorsqu’il avait soutenu Odasaku, son ami, de la même façon, et que sa main avait été également ainsi couverte de sang. C’était quelques instants avant qu’il ne meure sous ses yeux.

Il se rappelait encore parfaitement la tristesse, la peur, le désespoir qui l’avaient envahi à ce moment-là. Il n’avait rien pu faire, il avait été totalement impuissant alors qu’il avait regardé son ami mourir.

La même scène se reproduisait sous ses yeux.

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Face à un monstre surpuissant, fruit d'expérimentations européennes, la Mafia Portuaire et l'Agence des Détectives Armés s'allient. Dazai est persuadé que tout se déroulera conformément à son plan, comme d'habitude. Mais alors qu'il libère Chuuya de sa Corruption un rien trop tard, ses réactions face à son ancien partenaire mourant, elles, n'étaient absolument pas prévues.

Notes:

J'ai découvert Bungô Stray Dogs l'année passée, et c'est un grand coup de cœur !
J'imagine qu'il doit déjà y avoir des centaines de fics sur l'utilisation de Corruption... Mais j'avais envie d'apporter ma pierre à l'édifice !
J'espère que ça vous plaira !

Chapter 1: Le monstre

Chapter Text

Le building, à l’écart de Yokohama, était relativement vieux et délabré. Bien qu’il n’était pas abandonné, il était clair que les propriétaires n’avaient pas les moyens pour l’entretenir, à tel point que son état s’était considérablement dégradé. La lente montée en ascenseur se fit dans un bruit de cliquetis inquiétants, et lorsque les portes s’ouvrirent enfin sur le dernier étage, la lumière de la cabine clignota un instant. L’homme de main insignifiant qui les guidait les emmena alors le long d’un couloir sombre et tout aussi vieillot que le reste de l’immeuble, ouvrit la porte de la pièce du fond et s’inclina poliment pour les laisser entrer, seuls.

Mori avança donc dans la salle vaste et haute de plafond, Chuuya, son garde du corps pour cette entrevue particulière, sur les talons. Si le patron de la Mafia Portuaire avait accepté de n’avoir qu’un seul garde du corps, une bonne partie des membres de son organisation étaient positionnés autour de l’immeuble et, preuve que la situation était considérée comme grave, les membres de l’agence des détectives armés étaient également impliqués. Mais ça, Mori comptait bien le dissimuler à leur hôte le plus longtemps possible.

L’homme qu’il devait rencontrer, Hata Asato, était le chef d’une petite organisation peu fructueuse et d’habitude discrète. D’une quarantaine d’années, bien portant, parfaitement chauve et un sourire sournois collé aux lèvres, il invita avec tous les égards les nouveaux arrivants à s’installer en face de l’immense table en bois qui les séparait. Le seul homme qui l’accompagnait semblait encore plus jeune que Chuuya. C’était un étranger maigre et élancé, plutôt pâle, aux cheveux blancs légèrement ondulés et aux yeux d’un bleu limpide. Pour certaines raisons, il semblait effrayé et fuyait le regard de tout le monde. Si les deux chefs s’étaient assis, leur accompagnant respectif restèrent docilement debout à leurs côtés.

- Votre requête m’a évidemment profondément surpris, entra Mori dans le vif du sujet de manière parfaitement professionnelle.

- Il va de soi que c’est une sacrée somme que je vous demande, reconnut le chef adverse d’un air serein, voire enjoué.

- Vous menaciez de lancer sur nous une bête féroce si nous venions à refuser de payer, reprit factuellement Mori. Mais suite à notre refus, vous m’invitez ici en précisant que je n’ai droit qu’à un seul garde du corps. Pensez-vous que je sois stupide ?

- Pas du tout, mon cher, le rassura-t-il aussitôt. Je sais que vous savez que c’est probablement un piège. Et pourtant, vous êtes venu.

Hata désigna Chuuya d’un signe de tête.

- Avec votre meilleur élément. Ou, devrais-je dire, votre monstre à vous. Chuuya Nakahara, le manipulateur de gravité. Ne serait-ce pas merveilleux de comparer lequel est le plus fort ?

Il souriait toujours, mais Mori restait de marbre.

- Je sais que l’immeuble est encerclé par vos hommes, reprit Hata sans sembler inquiété par ce fait. Tout comme mes hommes se sont rassemblés dans ce bâtiment, prêts à se battre. Mais nous savons tous les deux que seul le duel qui aura lieu ici a de l’importance.

Mori l’écoutait parler attentivement. Leur adversaire ne semblait pas avoir déjà remarqué l’implication des détectives, ce qui leur offrait un avantage.

Evidemment, Mori n’avait tout d’abord pas pensé assister à cette entrevue grotesque et avait juste prévu d’envoyer ses hommes détruire cette petite organisation qui avait eut l’imprudence de les menacer. Même si monstre il y avait, il n’avait pas douté de la supériorité de Chuuya qu’il comptait envoyer également. Mais c’est Fukuzawa qui l’avait contacté en urgence, expliquant qu’ils avaient de leur côté fait une découverte bien étrange. A l’aide de certains de ses membres les plus intelligents (c’est-à-dire, Ranpo et Dazai), ils avaient mis au point un plan pour faire face à une situation bien plus dangereuse que Mori aurait pu imaginer de prime abord.

Le boss de la Mafia désigna le jeune garçon effrayé d’un signe de tête.

- Est-ce donc lui, votre bête féroce ?

- Tout à fait, approuva Hata en hochant la tête. Jean Gévaudan nous vient tout droit d’Europe, après avoir réussi à échapper à ses propriétaires. C’est une bénédiction que nous soyons les premiers à être tombés sur lui.

Il se mit à rire ouvertement, visiblement exalté.

- Grâce à lui, aucune organisation ne peut plus se mesurer à nous ! Nous allons prendre le contrôle de Yokohama et étendre notre puissance sur le Japon tout entier !

Mori restait parfaitement stoïque, mais il sentait que Chuuya s’impatientait. Cet homme n’avait rien d’un grand dirigeant et le plus jeune devait avoir hâte de mettre un terme à cette comédie.

- C’est la dernière fois que je vous le demande, reprit Hata. Allez-vous nous remettre l’argent ?

Mori lui offrit un sourire affable.

- Il en est bien sûr hors de question.

- Je m’en doutais, soupira faussement leur hôte. Vous ne pouvez pas encore vous rendre compte de la différence de niveau entre nous. Alors, rien de mieux qu’une petite démonstration, n’est-ce pas ?

Il leva la main, s’apprêtant à claquer des doigts. Jean, effrayé, gémit d’inquiétude alors que ses yeux s’écarquillaient, mais il n’osa rien faire pour l’interrompre. Il montrait des signes visibles qu’il avait été dressé à obéir parfaitement.

- Voyons voir, lequel de nos monstres sera le plus fort ? C’est tellement excitant !

Et il claqua des doigts.

Aussitôt, Jean hurla de douleur. Il se recroquevilla sur lui-même, pendant que des lumières aux teintes mauves tournoyaient autour de lui. Immédiatement, Chuuya s’avança pour se placer entre son patron et la menace. Le manipulateur de gravité avait l’air sérieux, concentré, ne sous-estimant pas son adversaire.

Jean se transformait. En quelques secondes, ses membres grandirent, son dos s’arqua, son visage s’allongea. Son cri de douleur se transforma en hurlement bestial.

- Boss, reculez, demanda Chuuya en fronçant les sourcils.

Fukuzawa n’avait pas exagéré. La puissance qui émanait de cette créature était phénoménale. Mori s’était levé de sa chaise et recula, pendant que Chuuya se préparait à la bataille inévitable. Face à eux, un immense loup blanc, qui atteignait presque le plafond, fixa son regard rouge et assoiffé de sang sur ses adversaires.

- Attaque-les, Jean ! Ordonna Hata. N’oublie pas à qui tu dois obéir !

Il avait pris en main un pendentif qui pendait autour de son cou, et Mori devina que d’une manière ou d’une autre, cela lui permettait d’obtenir un certain contrôle sur cette créature.

Le loup se jeta alors sur son adversaire le plus proche, Chuuya, qui répliqua en le frappant de toutes ses forces d’un seul bond. Le monstre recula bien de quelques pas, surpris par la force de l’impact, mais revenait déjà à la charge. Chuuya sauta en arrière un dixième de seconde avant que le loup n’écrase l’endroit où il s’était trouvé juste auparavant, puis l’utilisateur de pouvoir l’attaqua par en haut en écrasant son dos de son poing, utilisant sa maîtrise de la gravité au maximum. L’impact fut si fort que le sol sous la créature craquela. Le monstre grogna, mais il se secoua et repoussa Chuuya aussi facilement que si il avait été une mouche particulièrement gênante. Chuuya se réceptionna contre le mur en face en utilisant son pouvoir pour y rester perché, laissant échapper un « Tss » sonore. Il n’était pas si courant que quelqu’un ou quelque chose résiste aussi facilement à l’un de ses coups les plus puissants.

Pendant ce temps, Hata riait à gorge déployée, fier de la démonstration de pouvoirs qu’il leur présentait.

- Vas-y, Jean ! Ecrase-moi ce minus !

Chuuya repassa à l’attaque le premier, donnant un coup de pied puissant et précis en pleine gueule de la créature, mais celle-ci se contenta de se secouer avant d’attraper vivement son bras gauche. Ses crocs s’enfoncèrent dans sa chaire et Chuuya laissa échapper un cri de douleur, mais la créature le rejetait déjà violemment à l’autre bout de la salle, pas loin de là où se trouvait Mori.

Le loup ouvrit alors la gueule et une boule d’énergie lumineuse s’y forma. Lorsque Chuuya se releva, la boule de lumière fut projetée vers eux. Le mafieux choisit d’éviter le coup en poussant Mori également hors de sa portée, et lorsqu’il vit que le tir était assez puissant pour briser plusieurs murs jusqu’à atteindre l’extérieur du bâtiment, il se rendit compte qu’il avait bien fait. Il valait certainement mieux ne pas tenter d’arrêter cette attaque à mains nues.

- Boss, partez vous mettre à l’abri, lui demanda Chuuya, car la situation était bien trop dangereuse et qu’il ne pourrait se battre tout en le protégeant.

Son bras gauche était en sang, mais il continuait vaillamment à faire face à la créature. Il se jeta sur elle, tentant à nouveau de la frapper de toutes ses forces, mais le monstre, s’habituant à ses mouvements, l’arrêta facilement d’un coup de patte qui l’écrasa au sol. Pendant un instant, on put croire que le monstre l’avait vaincu, mais Chuuya utilisa la gravité pour soulever entièrement le monstre par la patte. Il le lança alors contre le mur qui tomba en ruines.

- Ne le laisse pas faire, Jean ! C’est toi qui a l’avantage !

Hata avait raison. Même si Chuuya se défendait, ses coups ne semblaient pas avoir de grand impact sur la créature. Tandis qu’à l’inverse, le manipulateur de gravité paraissait déjà couvert de blessures. De plus, le monstre semblait de plus en plus rapide, de plus en plus puissant, de plus en plus féroce. Il se mit à concentrer à nouveau une boule d’énergie.

- Vas-y, Jean ! Mitraille-les !

Le loup le prit au mot près et se mit à tirer dans tous les sens. Mori, qui s’était dirigé vers la sortie, dut abandonner toute idée de fuir lorsque non seulement la porte vola en éclats, mais également l’ascenseur au bout du couloir. Jean sembla le viser, mais le tir qui devait l’atteindre fut habilement dévié par Chuuya qui lui décrocha un coup de poing sur la tête. Énervé, la créature tenta alors d’atteindre Chuuya en priorité en le mitraillant de boules d’énergie. Chuuya fuyait et évitait ses tirs qui se multipliaient, si bien que tout l’étage était à présent détruit, et pire, un bruit inquiétant et dramatique se fit entendre. Quelques secondes plus tard, c’est le toit tout entier qui s’écroula sur eux.

Mori avait par réflexe levé les bras au-dessus de sa tête, mais il ne reçut aucun choc. Chuuya s’était précipité sur lui dès qu’il avait compris ce qu’il se passait et les avait protégés des débris en utilisant sa gravité. Le plus jeune dégagea les décombres autour d’eux, puis ils jetèrent un rapide coup d’oeil à la situation. Même si il était en sang, Hata avait miraculeusement survécu, se dégageant péniblement des décombres en regardant la scène d’un air hébété.

- Que fais-tu, Jean ? Tu as failli me tuer aussi !

Mais la créature ne semblait pas l’écouter. Enragée, elle bondit vers les deux membres de la Mafia. Chuuya se jeta vers elle en réponse car, malgré qu’une attaque à distance aurait été plus prudente, il devait s’éloigner le plus possible de Mori. Le manipulateur de pouvoir frappa en premier, mais à nouveau, son coup n’eut pour seul effet que d’énerver davantage le monstre. Chuuya s’apprêta à frapper une nouvelle fois, mais le loup fut plus rapide, et le puissant coup de patte envoya le jeune mafieux contre des décombres proches. Mori vit nettement la tête de Chuuya heurter violemment le béton. Le médecin qu’il était savait très bien que ça, ce n’était vraiment pas bon.

Chuuya s’écroula au sol, inconscient.

- Tu l’as eu ! S’exclama Hata, ravi. Tu peux arrêter, Jean !

Mais le loup ne l’écoutait plus. Il lança un hurlement déchirant.

- J’ai dit arrête, Jean ! Insista Hata en montrant son pendentif.

Pendant ce temps, Mori avait rejoint Chuuya, observant attentivement la scène pour agir en conséquence. La créature secoua sa tête, comme si elle luttait contre quelque chose.

- Jean ! Tu dois m’obéir ! Détransforme-toi !

A la place, la créature concentra une boule d’énergie dans sa gueule.

- Qu’est-ce que tu fais ? S’inquiéta Hata, qui avait définitivement perdu son air si enjoué. Arrête ! Je… Nooooon !

Le coup fut tiré, et Hata disparut tout bonnement de l’étage. Jean, libéré de l’emprise de celui qui le manipulait, ne semblait pas pour autant se calmer. Il concentrait déjà une nouvelle attaque. Mori avait soulevé Chuuya et le porta jusque derrière les décombres, ces mêmes décombres qui avaient assommé le plus jeune il y a un instant. C’était une maigre protection, mais c’était tout ce qu’il avait. Heureusement, la créature semblait l’avoir momentanément oublié et tirait au hasard entre deux hurlements déchirants. Pendant ce temps, Mori tapota la joue de Chuuya, sans succès. Alors qu’il maintenait sa tête avec précaution, il se rendit compte que cette dernière saignait.

Il ne fallait donc plus compter sur Chuuya pour la suite du plan.

Même si il était parfaitement conscient que c’était parce qu’il avait dû le protéger en même temps que Chuuya s’était fait avoir, Mori avait eu beaucoup de mal à imaginer un scénario dans lequel le manipulateur de gravité perdrait. La situation était aussi grave que les détectives l’avaient prévu.

Un tir passa près d’eux, soufflant tout sur son passage, et Mori protégea instinctivement son subalterne de son corps. Ils ne pouvaient pas rester là. Heureusement, Elise arriva à ce moment-là.

- J’ai libéré le passage, Rintarou. Par ici.

Mori se releva et suivit aussitôt son pouvoir à l’apparence de jeune fille. Lorsque le loup les remarqua, cette dernière matérialisa une énorme seringue et se jeta sur lui pour le distraire. Mori regardait à peine le combat, s’engouffrant dans un reste de couloir et se précipitant vers les escaliers qu’Elise avait précédemment libérés des décombres.

Il descendit ainsi plusieurs rangées de marches. Il ne croisa personne, mais ce n’était pas étonnant : tous les hommes de Hata devaient se battre dans les étages inférieurs avec les membres de la Mafia qui s’étaient infiltrés dès les premiers signes de bataille.

Ce n’est que quatre étages plus bas que Mori tomba sur une partie des détectives armés.

Fukuzawa était accompagné de Dazai et d’Atsushi, ainsi que d’Akutagawa. Les autres détectives devaient évacuer les civils aux alentours ou aider la Mafia dans les étages inférieurs.

- Comment est la situation ? Demanda Fukuzawa.

- Aussi terrible que vous l’aviez prédit, reconnut Mori. Ce monstre dépasse l’entendement. Les expérimentations européennes sont effrayantes.

A ce moment-là, Chuuya revint à lui. Il observa la petite assemblée, prenant un peu de temps à rassembler ses pensées. Lorsqu’il prit pleinement conscience que Mori, son patron, le portait comme une princesse, devant tout un groupe de témoins, dont Dazai, il se jeta littéralement hors de ses bras. Mais il perdit aussitôt l’équilibre, et retomba pitoyablement contre Mori qui le rattrapa en le maintenant contre lui.

- Je n’ai pas besoin d’aide, Boss ! S’exclama alors le rouquin, embarrassé, en voulant à nouveau le repousser – sans grand succès, perdant à nouveau l’équilibre.

Dazai, qui avait un sourire narquois depuis qu’il les avait vus, ne retint pas son rire.

- Le pauvre petit Chuuya est fatigué ? Se moqua-t-il ouvertement. Il veut peut-être qu’on le porte jusqu’en bas des escaliers ?

- La ferme ! S’exclama Chuuya dans un mélange de colère et de gêne.

- Raconte-nous tout, Mori, demanda gravement Fukuzawa, coupant court à ces enfantillages.

Mori leur résuma alors tout ce qu’ils avaient ratés. Ils furent interrompu par Elise qui réapparut auprès d’eux.

- Il est incontrôlable, remarqua-t-elle gravement. Hata est bel et bien mort.

Elle tendit le pendentif que Hata avait tenu pendant tout ce temps. Fukuzawa s’en empara pour l’observer de plus près.

- Comme nous en avions fait l’hypothèse, il manque certainement des informations pour avoir le contrôle total sur ce monstre, remarqua calmement Dazai. On passe donc à la suite du plan.

Il regarda Atsushi et Akutagawa qui hochèrent la tête.

- Nous sommes prêts, Dazai, approuva Atsushi.

- Je vous prouverai ma valeur en écrasant ce monstre, ajouta Akutagawa.

Bien qu’ils n’avaient pas été très emballés à l’idée de devoir à nouveau unir leurs forces pour se battre, les deux jeunes hommes ne pouvaient refuser une demande de leur mentor.

- Je viens également avec vous, ajouta Dazai.

Cela surprit quelque peu son chef.

- Je pensais que nous avions conclu que ce n’était pas un pouvoir, et que ta capacité serait inutile ? Remarqua Fukuzawa.

- Nous sommes dans le pire cas de figure où le Nouveau Double Noir ne sera pas suffisant, expliqua gravement Dazai. Ils sont encore trop immatures, et ce monstre est redoutable. Nous allons devoir utiliser la Corruption de Chuuya.

- Ca ne va pas être possible, intervint Mori. Il a très clairement une commotion cérébrale.

Comme pour prouver ses dires, Chuuya, qui avait essayé de se redresser, retomba à nouveau contre lui - ce qui commençait à embarrasser et à agacer sérieusement le rouquin.

- Ca n’impactera pas l’utilisation de Corruption, assura Dazai.

- Ce n’est pas le souci, remarqua Mori. Si il utilise Corruption dans cet état…

- Me suis-je déjà trompé de stratégie ? Souffla-t-il en haussant les épaules. Enfin, bien sûr, la décision revient à Chuuya.

A ce moment-là, le jeune homme en question réussit finalement à aligner deux pas. Même si Dazai ne l’avait jamais forcé à utiliser Corruption, Chuuya avait toujours eu l’impression qu’il n’y avait pas d’autres alternatives lorsqu’il lui demandait de l’utiliser, alors le choix était vite fait.

- Je vais le faire, Boss, décida-t-il, déterminé. Cet idiot a probablement tout prévu.

Mori finit par hocher la tête.

- Très bien. Je compte sur vous.

Cependant, lorsque Akutagawa dut soutenir Chuuya pour monter les escaliers, le boss de la Mafia soupira. Il avait confiance en eux, il ne doutait absolument pas de leur victoire, mais Dazai avait tendance à en faire voir de toutes les couleurs à son ancien partenaire, et il craignait qu’il n’aille parfois trop loin.

- Nous serions inutiles là-haut, remarqua-t-il alors. Rejoignons nos hommes.